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	<title>Justine Gendron - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Présence autochtone et art engagé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2019/09/17/presence-autochtone-et-art-engage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Justine Gendron]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Sep 2019 16:53:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’exposition Braver le monumental rend hommage à l’oeuvre de Rebecca Belmore.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2019/09/17/presence-autochtone-et-art-engage/" data-wpel-link="internal">Présence autochtone et art engagé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">ans le cadre de la 29<i>ème</i> édition du festival Présence autochtone, plusieurs activités ont pris place à Montréal. Des membres des Premiers Peuples ont partagé des éléments de leurs cultures respectives lors de conférences, rendez-vous gastronomiques, spectacles, présentations de longs et courts métrages, et plus encore. Le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) a, pour sa part, eu l’occasion de présenter la plus importante exposition du travail de l’artiste Rebecca Belmore, <i>Braver le monumental</i>. </span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Cette femme, membre de la Première Nation de lac Seul (Anichinabés), est une artiste de performance multidisciplinaire. Au cours de sa carrière, Rebecca Belmore a été récompensée à l’international pour son travail par des prix tels que le Gershon Iskowitz, de la fondation du même nom, en 2016, le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2013, le Prix en arts visuels de la Fondation Hnatyshyn en 2009, le prix VIVA de la Fondation Jack et Doris Shadbolt en 2004. Elle a également obtenu des doctorats honorifiques à l’Université d’art et de design Emily-Carr en 2017, ainsi qu’à<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario en 2005.</span></p>
<p class="p2"><span class="s2">Une de ses œuvres, reconnue comme l’une de ses plus poignantes, se nomme <i>Onde sonore</i>&nbsp;: celle-ci est constituée de trois sculptures, désormais exposées dans trois parcs nationaux canadiens. Belmore expose des séries de performances revendicatrices à travers le Canada, et ce, depuis 1991. En 2002, l’artiste s’est déplacée en Grèce, en Allemagne, et en Italie pour présenter ses performances et ses oeuvres. Elle est maintenant en résidence à Toronto dans le but de travailler à la réalisation de ses prochaines œuvres.</span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Une exposition engagée</b></span></p>
<p class="p5">L’exposition <i>Braver le monumental</i>, présentée au Musée d’art contemporain de Montréal jusqu’au 6 octobre, est un survol des trente dernières années de l’œuvre de Rebecca Belmore. Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de l’Ontario et coordonnée par la conservatrice de l’art autochtone, Wanda Nanibush. Toujours en présentant à l’aide de médiums diversifiés, Belmore aborde des enjeux tels que les changements climatiques, l’accès à l’eau, les problèmes d’itinérance, entre autres. Les questions abordées dans ces œuvres cherchent à démontrer la nature pressante de la situation actuelle, et l’urgence d’un changement radical qui doit s’opérer. Belmore et ses collaborateur·rice·s tentent de représenter une vision autochtone de ces enjeux, qui marquent comme un fer rouge le vécu des Premiers Peuples.</p>
<p class="p2"><span class="s2">La communauté d’origine de Belmore a vécu plusieurs traumatismes historiques qui ont largement influencé les champs d’intérêt de son art. Née en Ontario, Rebecca Belmore fait partie de la tribu Ojibwé. Le territoire de lac Seul abrite les fameuses rapides Ear Falls, nommées ainsi avant l’acquisition du territoire par le gouvernement, du fait de leur forme en paire d’oreilles. Au début des années 1900, le territoire a été pris de force à la communauté Ojibwé, pour y construire un barrage hydro-électrique. Quelques années plus tard, en 1955, des activités de déforestation ont été mises sur pied pour exploiter les ressources de l’Ontario. Avec ces nouvelles fonctions, le territoire est devenu un site touristique, visité pour ses nombreuses rivières et pour les activités de pêche et de chasse. Afin d’en faciliter l’accès, le gouvernement du Canada a décidé d’y construire l’autoroute 105, en engageant comme<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>main‑d’oeuvre une grande majorité des membres issus de la communauté autochtone locale. Ces dernières ont d’ailleurs été maintes fois revendiquées par le peuple originaire du territoire. Cette Première Nation, les Oji-cris, se distingue pour ses connaissances des plantes et de leurs bienfaits, ainsi que pour le grand respect qu’elle accorde à ses terres et à son environnement.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Ce peuple a vécu plusieurs violences, tant physiques, spirituelles et psychologiques que générationnelles, qui continueront de marquer les générations futures et qui créent des traumatismes au sein de la communauté. C’est entre autres de ces aspects que s’inspire Rebecca Belmore pour son travail. </span></p>
<p class="p4"><span class="s5"><b>Parole aux femmes autochtones</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s6">Étant une artiste féministe de performance, Rebecca Belmore accorde aux femmes une grande visibilité dans son œuvre ; elle leur porte un amour et un respect qui transcendent son oeuvre. Belmore rend hommage aux femmes autochtones disparues et oubliées. Elle évoque les violences subies injustement par ces femmes, mais elle rappelle avec sensibilité et considération la force et l’importance qu’elles ont au sein des Premières Nations, notamment dans la transmission des cultures. Une des pièces les plus marquantes de l’exposition est le jumelage de l’œuvre <i>Sister</i> de Rebecca Belmore – une photographie d’une femme de dos avec les bras en croix – et le magnifique texte de Jeannette C. Armstrong, <i>Indian Woman</i>. Écrit à l’origine en anglais, il est possible d’y voir la résilience face à la souffrance vécue par les femmes autochtones :</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">« Je suis une épouse</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">une païenne</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">une sauvage</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">essentiellement un mammifère</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">Je suis une femelle</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">avec la seule habileté</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">d’élever</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">et de supporter des papooses</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">d’être portée</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">étrangement</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">sur une planche</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">ou perdue</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">au bien-être</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">Je n’ai pas d’émotions </span></p>
<p class="p7"><span class="s6">Les plans sinueux</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">De mon corps foncé</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">ne transportent aucun indice</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">du besoin</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">d’être caressé</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">désiré</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">aimé</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">Il est seulement utilisé</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">pour être violé</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">battu et matraqué</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">dans certains</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">films western</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">Je n’ai pas de beauté »</span></p>
<p class="p7"><span class="s6">(Traduction libre)</span></p>
<p class="p2"><span class="s6">De nombreux événements culturels prennent place à Montréal afin de faire entendre les voix des Premiers Peuples. McGill chapeaute d’ailleurs les Semaines de sensibilisation aux communautés autochtones (<i>Indigenous Awareness Weeks</i>), qui se déroulent du 16 au 27 septembre sur le campus de l’Université. Pour la programmation complète de cette célébration, rendez-vous sur la page Facebook <i>McGill Indigenous Education Advising</i>.</span></p>
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