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	<title>Julia Couture - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 28 Oct 2026 21:06:08 +0000</lastBuildDate>
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		<title>#Jésus et autres mots-clics</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/jesus-et-autres-mots-clics/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[jésus]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur le documentaire Faites du bruit pour Jésus.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Disponible sur la plateforme de Télé-Québec, le documentaire <em>Faites du bruit pour Jésus</em>, s’interrogeant sur la montée en popularité de l’évangélisme en ligne, fait la une depuis le passage du journaliste Clément Hamelin sur le plateau de <em>Tout le monde en parle</em>. Ma curiosité piquée, je l’ai visionné à mon tour. Cinquante minutes plus tard, j’ai interpellé mon coloc qui l’avait déjà regardé : je devais absolument en parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je le dis d’emblée : je me considère athée depuis que je sais ce que le mot veut dire. Mes parents ne m’ont pas baptisée, je n’ai jamais fait un seul cours de catéchisme. Mon éducation religieuse se résume aux cours d’éthique et culture religieuse du primaire et du secondaire et aux lieux de culte que j’ai visités en voyage. Certains propos plus radicaux tenus par les personnes interviewées dans le documentaire m’ont perturbé, car ils sont à des années-lumières de ma réalité. J’avoue aussi avoir parfois de la difficulté à me saisir du sujet religieux, comme si je ne savais jamais vraiment par quel bout m’attaquer à cette conversation, qui, je crois, est tout de même nécessaire à avoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me demande souvent si mon malaise avec la religion vient de ma culture et de mon éducation québécoises. Telle une véritable héritière de la Révolution tranquille, je garde en moi les histoires du traitement injuste de l’Église envers les femmes de ma famille. Mon incapacité à croire, je la mets sur le dos des ravages que l’institution chrétienne a faits au Québec comme ailleurs. Or, il faut reconnaître que la religion parle encore à beaucoup de gens. Le Québec est un contexte particulier : nos églises se vident de plus en plus pour être finalement converties en condos et en gyms. Un coup d’œil vers notre voisin du sud nous permet de constater que la relégation de la religion à la sphère strictement privée n’est pas la norme partout. Les évangélistes choquent, car ils manifestent leur foi dans l’espace public. La mission fondamentale de leur confession, soit de transmettre la foi aux non-croyants, se situe à l’opposé d’une société québécoise qui fait de la religion une affaire privée. Et cela dérange. Beaucoup.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Le documentaire permet aussi de déconstruire les idées et préjugés sur les personnes croyantes : ce ne sont pas que des personnes âgées ou qui ont grandi dans des familles religieuses »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire <em>Faites du bruit pour Jésus</em> prend la forme d’une série d’entrevues avec des évangélistes – des nouveaux convertis tout comme des fidèles de longue date. Certaines rencontres ont suscité de plus grosses réactions. Je pense entre autres à JNT, youtubeur et ancien party animal nouvellement converti, et André Lefebvre, pasteur ayant renié son homosexualité au profit de sa foi. Clément Hamelin discute avec ces personnes et s’intéresse à ce qui les a amenées à se tourner vers la religion. La réponse m’a paru être souvent la même : ce sont des personnes qui ont un parcours de vie difficile et la religion leur a offert un repère en temps de crise. Ce qui m’a le plus frappée dans les discussions, ce sont les phrases toutes faites qui mettent fin à n’importe quel doute et pensée critique, constat par ailleurs formulé par un ex-croyant à la fin du documentaire. JNT me semblait parler de façon automatique, en répétant souvent les mêmes formules. Ses phrases sont construites d’avance, comme un CD qui se répète. Toujours le même plat, avec une sauce légèrement différente : Dieu a un plan parfait, Dieu est tout puissant, Dieu ceci et Dieu cela. La pratique évangéliste profite, que ce soit volontaire ou non, de la vulnérabilité des gens pour leur tendre sur un plateau d’argent toutes les solutions à leur problème. Ce n’est pas que la religion qui opère de cette façon : on voit cela dans la polarisation en politique, où certains partis offrent à leurs adeptes des réponses clés en main à tous leurs problèmes, peu importe le niveau de complexité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, le documentaire met le doigt sur un problème de société plus large : la radicalisation, surtout celle des jeunes hommes – comme l’observe entre autres Léa Clermont-Dion dans ses travaux pour la Chaire UNESCO-PREV. Nous le voyons plus drastiquement dans les balados masculinistes, mais il ne faut pas oublier que ce glissement idéologique trouve son fondement dans le quotidien. Des propos homophobes comme ceux tenus par certains des hommes interviewés contribuent, lorsqu’ils sont banalisés, à ce mouvement vers des croyances beaucoup plus extrêmes. Certes, les femmes ne sont pas à l’abri, mais les hommes y semblent beaucoup plus vulnérables. Le discours des trois femmes interviewées est beaucoup plus modéré, alors que les deux animateurs du balado <em>Pour de Vrai</em>, JNT et Emmanuel Ouellet, tiennent des propos extrêmement conservateurs, voire rétrogrades. Les réseaux sociaux contribuent à pousser ce type de contenu au devant de l’algorithme : les deux influenceurs ont un certain succès et sont souvent nommés comme points de pivot vers la conversion religieuse. S’il est pour moi impensable que l’homosexualité et le meurtre soient des « péchés » équivalents, une personne constamment exposée à ce type de discours pourrait finir par y croire et se dire qu’il s’agit de la norme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« La pratique évangéliste profite, que ce soit volontaire ou non, de la vulnérabilité des gens pour leur tendre sur un plateau d’argent toutes les solutions à leur problème »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire permet aussi de déconstruire les idées et préjugés sur les personnes croyantes : ce ne sont pas que des personnes âgées ou qui ont grandi dans des familles religieuses. Elles semblent beaucoup plus près de ma réalité; les personnes présentées ont ces airs de monsieur et madame Tout-le-monde. D’un autre côté, en montrant majoritairement des croyants plus extrêmes, le documentaire renforce cette image du zèle religieux, dans un contexte politique où la religion cause déjà beaucoup de tensions. L’angle de l’enquête ne concernait pas les croyants modérés, mais je crois qu’il faut se rappeler que la majorité silencieuse – j’ose l’espérer – ne se reconnaît pas dans ce documentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je salue la capacité qu’a eue Clément Hamelin de poser les bonnes questions au bon moment et de pointer du doigt les incohérences dans les discours des personnes présentes dans son film. Dans un moment particulièrement frappant, il demande au pasteur « anciennement » homosexuel si la période de sa vie où il vivait plus ouvertement son homosexualité lui a fait du mal. Visiblement troublé par la question, il répond qu’il ne saurait le dire. Le journaliste fait avancer la discussion avec beaucoup d’habileté. Lorsque Hamelin ressent que son interlocuteur et lui ne s’écoutent plus, il le souligne, comme lors de sa conversation avec Emmanuel Ouellet. Il perçoit que la discussion n’est plus productive et le nomme, ce qui contribue à faire cesser le dialogue de sourds. Les terrains d’entente entre sa position athée et celle des croyants sont parfois très difficiles à délimiter, voire tout simplement impossibles à trouver. L’attitude du journaliste est plutôt rafraîchissante : malgré un certain malaise parfois apparent, on sent qu’il tente réellement de comprendre les mécanismes sous-jacents à cette tendance religieuse, plutôt que de se camper dans ses idées et ses croyances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai fini le documentaire avec une seule pensée en tête : pourquoi avons-nous si peur du vide? Je peux comprendre l’envie de se tourner vers la religion, qui offre des réponses toutes faites à des questions qui donnent le vertige. La religion comble ce manque de sens, mais n’adresse pas la question à la base : pourquoi ne pas savoir nous perturbe de cette façon? Si, collectivement, le vide nous faisait moins peur, peut-être que nous n’en serions pas à tenter de faire cohabiter des systèmes de croyances tous plus complexes les uns que les autres, et peut-être que la société serait plus ouverte à la différence.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lumière sur les concerts gratuits!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/01/lumiere-sur-les-concerts-gratuits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 04:35:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur le concert de Marie Céleste au Théâtre de la Verdure.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 22 août dernier, je suis allée voir gratuitement le groupe Marie Céleste jouer au Théâtre de la Verdure du parc La Fontaine. Les estrades étaient pleines, et c’est avec enthousiasme que le groupe est entré sur scène. C’était d’ailleurs le dernier concert de leur tournée estivale, une date qu’ils attendaient impatiemment. Pour paraphraser les mots d’un des chanteurs, ils avaient dessiné une étoile sur leur calendrier pour cette soirée. Moi aussi d’ailleurs ; j’écoute ce groupe depuis quelques années déjà, et ils m’ont accompagné dans des moments charnières du début de ma vingtaine. J’étais heureuse de les voir se produire pour la première fois en personne, dans un parc où j’ai passé beaucoup de temps. Leur style musical rock folk, le genre de musique à écouter en allant faire du camping, se prêtait bien au concept de concert en plein air. Le spectacle était habilement ficelé du début à la fin ; un départ plus rythmé, suivi d’un moment plus doux, pour finalement clore le tout sur leurs deux plus grands succès « Maison-monde » et « Elle vit dans les bois ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leurs chansons, le groupe entretient un rapport à la ville qui me rejoint. Originaires d’Alma, ils ont, comme moi, quitté la région pour rejoindre la métropole. Je me reconnais dans leur regard sur Montréal ; il y a quelque chose d’encore neuf, un point d’observation à demi-extérieur. J’interprète souvent leurs chansons comme de petites lettres d’amour à Montréal, une ville qui fait de son mieux pour tailler une place à tout le monde. Tout au long de leur concert, leur affection pour leur ville d’adoption était palpable. Dans le décor du Théâtre de la Verdure, la dernière ligne de leur chanson « Kérosène » était particulièrement touchante : « En attendant, j’ai Montréal qui est belle un peu pareil. » Bercée par la musique du groupe, Montréal avait des airs nostalgiques. Je ne crois pas être la seule à avoir ressenti une vague d’affection pour cette ville que j’appelle maintenant ma maison. Le concert était lumineux ; l’espoir et la joie dictent la direction artistique de Marie Céleste, autant dans la mise en scène que dans leurs chansons. C’est rafraîchissant, comme un vent qui adoucit le chaos des vacances d’été. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Je me reconnais dans leur regard sur Montréal ; il y a quelque chose d’encore neuf, un point d’observation à demi-extérieur »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En arrivant sur place, mon amie s’est exclamée : « awww c’est trop cute les humains. » J’avoue, il y a quelque chose de très mignon dans l’idée même d’un concert ; une poignée d’humains se sont déplacés afin de vivre ensemble un moment autour d’un intérêt commun. Ces spectacles rassemblent des gens qui ne se seraient peut-être jamais croisés autrement et créent ainsi un sentiment de communauté. Derrière moi, il y avait deux hommes un peu plus âgés et français ( j’assume avec l’accent) qui ont dit : « Ah, elle était pas mal celle-là. » Je n’aurais probablement jamais croisé ces personnes dans mon quotidien, mais ça m’a fait plaisir qu’ils goûtent à la musique québécoise en ma présence. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les concerts gratuits rendent la culture accessible et nous permettent aussi de nous rappeler que nous avons plus de choses en commun, les uns avec les autres et qu’il existe des communautés invisibles partout dans la ville. Montréal est belle parce qu’il y a toujours de la musique dans les rues,</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’appel des objets</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/lappel-des-objets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le retour aux médias physiques.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les années 2000 ont été marquées par un virage vers le numérique. Auparavant, la culture devait obligatoirement être consommée par l’intermédiaire d’un objet physique. Elle est aujourd’hui accessible en ligne, donc partout, tout le temps, et au bout de nos doigts. CD, magazines, DVD, livres, vinyles : tout est désormais disponible dans un seul et même objet ; notre téléphone. Pourtant, il semble qu’une nouvelle tendance se dessine. Les jeunes désirent à nouveau collectionner les médias physiques et consommer leur culture comme cela se faisait auparavant. Comme un retour de balancier, la culture retourne à sa matérialité d’origine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Les médias physiques nous permettent de continuer à consommer ce que l’on aime, sans être constamment sur notre téléphone »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La génération Z souffre d’une certaine fatigue de la technologie. Les réseaux sociaux s’homogénéisent, véritable amalgame de la prolifération de contenus produits par l’intelligence artificielle et du contrôle des plateformes par une poignée d’hommes d’affaires aux allégeances politiques plus que douteuses (Amazon, entre autres). </p>



<p class="wp-block-paragraph">En résulte un désir croissant de s’en détacher. Née avec Internet entre les mains, la génération Z est la première à devoir réfléchir à l’impact des téléphones et des plateformes numériques dans sa vie. Le calcul se fait vite : quatre heures par jour sur les réseaux sociaux, multipliées par 365 jours, donnent 1460 heures par année, ce qui correspond à 60 jours complets. Ce chiffre glace le sang. Ce sont des heures impossibles à récupérer, et l’impact négatif des réseaux sociaux sur la qualité de vie est largement documenté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes tournent leur surutilisation des médias sociaux à la blague, parlant de « <em>brainrot</em> » et de disparition de leur capacité d’attention.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Avec ce retour aux objets physiques, il est important de se rappeler de consommer consciencieusement »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce langage souligne tout de même une prise de conscience accrue. Les médias physiques nous permettent de continuer à consommer ce que l’on aime, sans être constamment sur notre téléphone. De plus, les caméras numériques et les CD, qui étaient à la fine pointe de la technologie dans les années 1990–2000, reprennent une place centrale dans la consommation de la culture. Cette tendance a beaucoup de points positifs. Acheter des médias physiques rémunère souvent plus directement les créateurs. Elle rend aussi la consommation de culture plus active. Faire jouer un CD demande davantage d’efforts que d’ouvrir Spotify, et réclame donc davantage notre attention, ce qui est nécessairement plus enrichissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tournant culturel n’est toutefois pas sans risque. Les médias physiques ne sont pas imperméables à notre tendance à romantiser tout ce que nous faisons ; posséder des vinyles fait vintage, posséder une collection de livres donne un air académique, etc. Souvent sans conséquence, cette esthétisation peut aussi devenir « performative ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Acheter des objets culturels dans le seul but de se créer une esthétique conduit rapidement à la surconsommation. Ne consommer que du matériel neuf et acheter à une fréquence élevée de nouveaux produits pour une collection complète contribuent à un cycle de consommation effréné, et surtout inutile. Avec ce retour aux objets physiques, il est important de se rappeler de consommer consciencieusement et de favoriser les prêts et les achats de seconde main. Les bibliothèques, les friperies et les prêts entre proches constituent une bonne façon de satisfaire ce désir de jeter son téléphone dans l’océan, tout en étant au fait de ce qui se crée culturellement.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’effet Heated Rivalry</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/leffet-heated-rivalry/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Heated Rivalry]]></category>
		<category><![CDATA[Hockey]]></category>
		<category><![CDATA[masculin]]></category>
		<category><![CDATA[romantique]]></category>
		<category><![CDATA[stéréotypes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment la série de hockey romance détourne-t-elle les stéréotypes masculins?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Depuis la sortie de la série <em>Heated Rivalry</em> le 28 novembre dernier, j’ai l’impression que mon coin d’Internet est entré dans une sorte de psychose collective. Mes réseaux sociaux sont inondés de contenu sur la série et une bonne partie de mes conversations tournent autour de ce sujet ; <em>Heated Rivalry</em> a consumé mon existence, et je ne crois pas être la seule à être affectée par « l’effet <em>Heated Rivalry</em> ». J’ai l’impression d’un courant de fraîcheur dans ma télévision et dans les discours sur les réseaux sociaux. Mais qu’est-ce qui différencie cette série des autres? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux personnages principaux ont quelque chose de résolument anti-nonchalant. Les deux hommes se désirent pleinement, et ce désir est même exacerbé par l’attente entre leurs rendez-vous. Shane Hollander, l’un des protagonistes, demeure très honnête par rapport à ses sentiments tout au long de leur relation. Lorsqu’il commence à ressentir quelque chose de romantique pour Ilya Rozanov, autre personnage principal, il lui en parle et pousse Ilya à faire de même. Le mot <em>yearning</em> (un mélange de désir, de nostalgie ; du verbe « languir ») décrit le mieux ce qui est montré à l’écran. Les deux personnages sont tout sauf indifférents l’un envers l’autre, ce qui accroche le public ; du moins, c’est ce qui m’a accrochée. Dans une ère où il est à la mode de feindre le détachement émotif, c’est rafraîchissant de voir des personnages qui assument leurs sentiments. C’est aussi assez rare de voir une telle représentation masculine, loin du stéréotype de l’homme qui ne ressent pas d’émotion. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« La romance, souvent discréditée, montre ici tout son pouvoir social ; la série fait sa petite révolution pour le bonheur&nbsp;queer<em>&nbsp;</em>et l’optimisme en amour »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux hockeyeurs ont tendance à se pousser l’un et l’autre à être vulnérables, en se questionnant et en s’ouvrant l’un à l’autre. Même s’il arbore une attitude de<em> bad boy</em>, Ilya est loin de l’homme idéalisé par la société patriarcale, froid, détaché, voire cynique. Il dévoile souvent sa fragilité et ses peurs devant Shane, qui accueille ces émotions avec empathie. Les risques liés à la sexualité d’Ilya sont beaucoup plus élevés que ceux de Shane ; s’il fait son <em>coming out</em>, il ne pourra jamais retourner dans son pays natal, la Russie. On comprend donc son attitude parfois un peu plus distante, qui finit toujours par tomber lorsqu’il réalise que se confier à Shane le rend plus léger. La série reprend le personnage classique du <em>bad boy</em> et déconstruit les lieux communs qui y sont associés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que <em>Heated Rivalry</em> représente, c’est une pause dans les séries <em>queer</em> au ton dramatique. Malgré des thèmes parfois lourds, la série reste une ode à l’amour <em>queer</em>, à la douceur masculine et à l’espoir. Les personnages ne sont pas pris dans une finalité tragique ou une impossibilité de vivre leur amour. Au contraire, le dernier épisode laisse entrevoir un futur heureux dans lequel les personnages peuvent vivre leur relation de façon normale. Ils ont un futur, ce qui les différencie d’un bon nombre de films et séries 2SLGBTQIA+ (par exemple,<em> Call Me by Your Name</em>,<em> Brokeback Mountain</em>, <em>All of us Strangers</em>). La romance, souvent discréditée, montre ici tout son pouvoir social ; la série fait sa petite révolution pour le bonheur <em>queer</em> et l’optimise en amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un océan de balados</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/12/un-ocean-de-balados/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[podcast]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59280</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment expliquer leur popularité grandissante?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il me semble que chaque semaine, je vois passer une nouvelle annonce de balado (<em>podcast</em>) sur l’alimentation, l’astrologie, le <em>dating</em>, le jardinage. Faits par des associations étudiantes, des humoristes ou encore des ex-candidats de téléréalité, ils deviennent une forme de travail universitaire, voilà ce qui est nouveau. Les plateformes audio en sont inondées ; il s’agit d’un véritable raz-de-marrée de discussions. Pourquoi ce format de contenu est-il aussi populaire? Pourquoi ai-je l’impression de me faire assaillir de conversations enregistrées?</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, les balados sont une forme de contenu assez passif. Ils ne demandent pas de s’arrêter pour les consommer ; on peut facilement les écouter en accomplissant d’autres tâches, souvent un peu désagréables, comme le ménage, le lavage ou le voyage en transports en commun. Nous vivons dans une ère où le silence se fait rare – je dirais même qu’il nous paraît collectivement inconfortable. Il y a un besoin, du moins dans la génération Z, de toujours avoir quelque chose pour s’occuper l’esprit. Peut-être est-ce lié au fait que le monde dans lequel nous vivons nous semble de plus en plus désagréable, alors mieux vaut ne pas y penser. Ou encore peut-être parce que nous sommes si habitués à être exposés à du contenu qu’avoir une distraction injectée dans nos oreilles est presque comme une deuxième nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la même veine d’idée, les silences sont souvent liés à des moments de solitude. Les podcasts ont ce pouvoir de nous faire sentir moins seuls, comme si nous étions entre amis. Nous vivons une épidémie de solitude ; les podcasts donnent l’impression d’accompagner notre quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est intéressant dans les podcasts, c’est qu’ils combattent le phénomène TikTok du contenu de courte  durée. Ils durent souvent de 30 minutes à deux heures. Au milieu du tourbillon de contenu instantané d’une <em>For You Page</em>, les balados bougent en sens contraire, en prônant le long format, bien qu’il s’agisse encore de contenu, donc pas nécessairement d’une pause de consommation médiatique. Leur montée en popularité traduit une fatigue face au contenu de courte durée.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« les algorithmes encouragent la polarisation en popularisant les publications provocantes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Jordan Theresa, une créatrice de vidéos de type « essai » sur la culture populaire et les réseaux sociaux (@jordanatheresa sur Instagram), explique souvent que les réseaux sociaux sont l’endroit où la nuance s’en va mourir. Le sensationnalisme et les extrêmes y ont le plus de succès, et les algorithmes encouragent la polarisation en popularisant les publications provocantes, puisqu’elles suscitent le plus de clics. Les balados, qui opèrent le plus souvent sous la forme d’une discussion, permettent à leur créateur d’organiser ses pensées de façon plus cohérente et nuancée, surtout s’il est face à un interlocuteur qui alimente son discours. Bien évidemment, ce ne sont pas non plus des paradis de la nuance et du discours sensé ; les balados animés par des masculinistes aux propos dégradants envers les femmes à la Andrew Tate ou Lucide Podcast sont un bon cas de figure d’absence de raisonnement logique. Puis, les extraits les plus réactifs des balados se retrouvent souvent sous forme de clip sur TikTok, enlevant tout contexte autour de ce qui est dit… La frontière entre contenu de courte durée et balado n’est pas infranchissable ; les deux s’alimentent l’un et l’autre, que ce soit de façon positive ou négative. Tout de même, il faut noter que les balados peuvent être un repos agréable face aux dialogues de sourds mis en scène sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’explique donc ce phénomène sous quatre axes : le besoin de stimulation constante, la fatigue de l’instantané, la solitude grimpante et la crise de la nuance. Nous avons la fâcheuse habitude d’abuser de ce qui est à la mode. Je me demande donc si, dans cette course à la création de discussions enregistrées, nous perdrons de vue le côté organique de la conversation, au profit d’enregistrements rapides, vides de sens, et superficiellement gratifiants.</p>
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		<title>Musique québécoise pour tous·tes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/08/musique-quebecoise-pour-tous%c2%b7tes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[musique québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58959</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peut-on mettre la musique d’ici dans une seule catégorie?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Je n’aime pas la musique québécoise » : phrase à laquelle je me suis trop souvent butée lorsque je partageais mes goûts musicaux. Cela m’a toujours un peu (beaucoup) irritée, sans savoir comment l’expliquer. J’ai du mal à accepter que la musique québécoise soit réduite à une seule et même catégorie, alors que l’on considère la musique américaine comme un regroupement d’une multiplicité de genres et d’artistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dire « je n’aime pas la musique québécoise » est une généralisation infondée. Les mots « musique québécoise » ne constituent pas un genre, mais plutôt une riche catégorie culturelle, voire géographique. Il s’agit tout simplement de musique produite ici même, au Québec, par des individus revendiquant une appartenance au territoire québécois. Il n’y a pas de musicalité particulière associée à cette catégorie ; le genre musical est ce qui se rapproche davantage des goûts personnels. L’industrie musicale d’ici produit autant de musique pop que de rap, en passant par la musique indépendante, la chanson et le punk. Il y a un monde entre des artistes comme Violett Pi et Lynda Lemay, et pourtant, certaines personnes ont l’audace de les placer dans la même catégorie, justifiant ainsi leur dédain de ce qui se produit musicalement au Québec, alors qu’ils n’ont été exposés qu’au mince échantillon de chansons peu diversifiées qui jouent à la radio.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L’industrie musicale d’ici produit autant de musique pop que de rap, en passant par la musique indépendante, la chanson et le punk »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si le malaise réside dans la langue, la musique québécoise est aussi polyglotte. Bien que, politiquement, on essaie parfois de se convaincre du contraire, le Québec est une société diversifiée, remplie d’individus au bagage culturel varié. Les artistes québécois se produisent en anglais ; Patrick Watson, Gabrielle Shonk, Claudia Bouvette et Soran en sont quelques exemples. Les langues autochtones ont également leur place dans ce que je considère comme « musique québécoise ». Des artistes comme Elisapie, Kanen et Laura Niquay façonnent le portrait de la musique d’ici en se produisant dans des langues autochtones ; c’est un des multiples visages du Québec qu’il ne faut certainement pas oublier. L’excuse de la langue ne tient donc pas, et la question persiste : pourquoi rejeter si catégoriquement la musique locale?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas exactement comment y répondre, peut-être est-ce vain de tenter de le faire. Plutôt que de comprendre, j’essaierai finalement de convaincre. Il faut s’intéresser à ce qui se fait près de nous. La musique nous permet de mieux nous comprendre ; je n’oublierai jamais à quel point la chanson <em>St. Denis </em>de Ponteix et Louis-Jean Cormier m’a fait chavirer dans mes premiers mois de vie à Montréal. Mais le plus puissant, c’est le pouvoir que la musique a de nous faire comprendre l’autre. « L’autre », dans le cas de la musique québécoise, c’est notre voisine d’en haut, le travailleur du dépanneur, notre professeur. J’ai la conviction que s’intéresser à la musique d’ici, c’est aussi s’intéresser aux réalités d’ici. Peut-être ainsi pourrons-nous mieux vivre entre nous, mieux vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">P.S. – Quelques suggestions d’artistes en rafale pour commencer votre quête d’empathie musicale : Mon Doux Saigneur, Comment Debord, La Bronze et Marilyne Léonard.</p>
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		<title>Une femme en tête</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/02/20/une-femme-en-tete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julia Couture]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57539</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de la pièce Sa dernière femme. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Sa dernière femme</em>, écrite par l’autrice canadienne Kate Henning et traduite par Maryse Warda, modernise le récit du personnage historique de Kate Parr, sixième épouse de Henri VIII, qui a changé le cours de l’histoire des femmes en se battant pour permettre aux héritières du roi britannique d’accéder au trône. Elle raconte son ascension au pouvoir et ses désirs de réformes, en plus d’explorer le thème universel de l’amour. Cette pièce féministe nous accompagne pendant 2h30 de tension et de retournements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sa dernière femme</em> met en lumière le parcours des femmes dans l’histoire et met de l’avant un discours féministe souvent ignoré. On y voit des personnages féminins forts, qui doivent travailler à l’intérieur d’un système qui les rejette, et toutes les tensions et contradictions qui accompagnent ce processus. Kate Parr et les filles de Henri VIII doivent renoncer à des valeurs qui leur sont chères et une part de leur intégrité afin de favoriser leur accession au trône. Elles se perdent parfois dans le jeu dangereux du pouvoir et doivent participer à leur propre oppression dans le but d’arriver à leurs fins. Mais la fin justifie-t-elle les moyens?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages mis en scène par Eda Holmes sont complexes et bien travaillés ; le roi Henri VIII, que l’on souhaiterait détester à tout prix, révèle un côté parfois humain et vulnérable, ce qui ajoute une dimension plus profonde à son personnage. Les moments d’intimité entre le roi et sa femme sont touchants et donnent l’impression au spectateur d’être seul dans la chambre avec le couple, avec un éclairage focalisé sur leur lit placé au centre de la scène. L’aspect intime de cette disposition détonne avec l’arrière-plan gris à l’allure de béton, ce qui crée une impression de « cellule spatiale » ; il n’y a que la chambre qui existe. Les comédiens portent bien leur rôle : Marie-Pier Labrecque endosse celui de Kate Parr avec habileté et mène la pièce de façon impressionnante. L’interprète d’Henri VIII, Henri Chassé, lui renvoie la réplique avec autant d’assurance. Il n’y a pas de temps mort dans le jeu des acteurs ; les personnages prennent vie devant nos yeux. La pièce prend le pari de la modernité : les costumes contemporains et le décor à l’allure industrielle, ainsi que le registre actuel des répliques contribuent à la réactualisation du sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, il s’agit d’un pari plus ou moins réussi. La modernisation du texte contraste avec le récit et les dialogues, ce qui peut parfois nous faire décrocher de la pièce. Si à d’autres moments, elle nous en rapproche, en rendant l’intrigue et les références historiques plus accessibles, certains aspects historiques liés à la monarchie et à la bureaucratie royale britannique du 16<em>e</em> siècle complexifient inutilement l’histoire, la rendant moins accessible au grand public. De plus, ils contribuent à allonger la durée du spectacle, qui, rappelons-le, s’étend sur 2h30 avec un entracte de seulement quinze minutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, l’hommage à Kate Parr demeure réussi. Dans le contexte social et politique actuel, où certains dirigeants portent des propos dégradants sur les femmes de façon publique, il est d’autant plus pertinent de monter ce genre de pièce, qui nous rappelle que les femmes ont toujours joué un rôle actif dans l’histoire et que leurs voix ne seront pas effacées.</p>
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