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	<title>Edouard Paul - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 19 Feb 2014 18:56:42 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Sans limite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/02/18/sans-limite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2014 07:40:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains étudiants n’hésitent pas à sacrifier leur santé pour obtenir de meilleures notes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/02/18/sans-limite/" data-wpel-link="internal">Sans limite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les drogues dites «récréatives» fleurissent dans les milieux étudiants. 60% des 76 étudiants de McGill interrogés par&nbsp;<i>Le Délit&nbsp;</i>admettent en avoir déjà consommé, dont 21% au moins une fois par semaine.</p>
<p>De même, les ligues sportives universitaires font face à l’usage intempestif de stéroïdes par des athlètes en quête de performances toujours plus impressionnantes. Mais qu’en est-il d’un autre «type» de drogue, celui que certains surnomment le «stéroïde académique» ou Adderall?</p>
<p><b>Amphétamine mon amour</b></p>
<p>L’Adderall n’est pas une drogue illégale, comme la cocaïne ou l’ecstasy. C’est d’abord un médicament utilisé afin de traiter le «Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité» ou TDAH («ADHD» en anglais). Ce médicament répond au nom générique de «sels mixtes d’amphétamines à libération&nbsp;prolongée», et est prescrit uniquement sur ordonnance. Une fois prescrit, le dosage adéquat est long à mettre en place: il varie pour chaque personne et l’efficacité ainsi que la non-dangerosité de ce produit ne sont garanties qu’à condition de suivre scrupuleusement les recommandations d’un médecin. Autrement, l’usage intempestif de l’Adderall peut provoquer des effets secondaires comme de la nervosité, des troubles de l’appétit, une sécheresse dans la bouche, ou des changements d’humeur.</p>
<p><span class="mceMediaCredit"><span class="media-credit-mce alignleft" id="293" style="width: 650px;"><span class="media-credit-dt"><img fetchpriority="high" decoding="async" class=" wp-image-20093 alignleft" alt="S-Adderral" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/02/S-Adderral-640x457.jpg" width="512" height="366"></span></span></span></p>
<p>Un étudiant en première année en Développement International à McGill, a indiqué au <i>Délit</i> avoir pris à plusieurs reprises de l’Adderall sans prescription, afin d’accroître sa concentration pour étudier en urgence. Il avoue avoir subi des effets secondaires: «j’étais assoiffé, très agité, et n’avais plus vraiment d’appétit.»</p>
<p>Il ne faut cependant pas négliger les étudiants souffrant réellement de TDAH, qui prennent de l’Adderall à des fins médicales. Une étudiante en troisième année en Développement International explique ainsi au <i>Délit</i> qu’à la suite d’un diagnostic précis établi par un psychologue, elle a été amenée à prendre de l’Adderall. Mais là aussi, malgré le suivi médical très précis, elle a expérimenté des effets secondaires:&nbsp; «j’ai développé un trouble anxieux qui s’est aggravé avec les années. Je faisais des crises de panique assez terrifiantes régulièrement. J’ai longtemps cru que j’étais profondément anxieuse par nature et que le problème ne se résorberait jamais, puis j’ai fait le lien avec l’Adderall et j’ai arrêté d’en prendre. Le trouble anxieux a disparu et les crises de panique aussi.»</p>
<p>Selon les personnes, les effets secondaires peuvent donc être plus ou moins marqués. Mais, comme le rappelle cette étudiante, «même pour une personne qui a été diagnostiquée et qui est suivie par un médecin, il est très difficile de trouver le bon médicament, la bonne dose. On y parvient après beaucoup d’essais et d’erreurs. Une personne qui s’en procure sans l’avis d’un médecin prend le risque de consommer une dose aléatoire et l’effet peut être dangereux».</p>
<blockquote><p>En effet la structure chimique de l’Adderall, qui accroît la production de dopamine, est très proche de celle de la méthamphétamine.</p></blockquote>
<p>Ainsi, l’Adderall ne serait pas quelque chose à prendre à la légère. Cet avis est confirmé par les spécialistes de la santé:&nbsp; «les étudiants pensent que ces drogues sont plus sûres que les drogues de rue (comme la cocaïne ou la méthamphétamine par exemple, <i>ndlr</i>), mais en réalité leurs effets sont très similaires, et elles peuvent être hautement addictives», écrit Natalie Rich dans un article du journal <i>Huffington Post </i>(«<i>Using study drugs to get higher grades: why you should think twice</i>», du 9 avril 2013, «Solliciter les drogues pour obtenir de meilleures notes: pourquoi il faut y réfléchir à deux fois», traduction libre). En effet la structure chimique de l’Adderall, qui est un substitut à &nbsp;la dopamine, est très proche de celle de la méthamphétamine. Pauline Vitte, étudiante en deuxième année de la Faculté de Sciences à McGill, explique ainsi que les effets secondaires sont variés et bien réels, et ce pour des raisons chimiques: les amphétamines présentes dans l’Adderall influent sur la libération de dopamine (cf. schéma), qui transmet entre autres les messages liés aux mouvements, à la concentration, à l’humeur et au sommeil.</p>
<p><b>Un usage détourné</b></p>
<p>Selon un sondage organisé par <i>Le Délit</i>, 25% des 76 étudiants de McGill interrogés reconnaissent avoir déjà pris de l’Adderall. C’est moins que le nombre d’étudiants ayant déjà consommé des drogues «récréatives». Mais plus que les chiffres communiqués par le Département de la santé et des services sociaux des États-Unis, qui indiquaient que seulement 5% des Américains entre 18 et 25 ans avaient déjà utilisés des «drogues d’étude» (Adderall ou Ritalin). Ces chiffres sont néanmoins à relativiser, car ils ne prennent pas en compte uniquement des étudiants et datent d’il y a trois ans (2011). De plus, les étudiants de McGill ayant répondu&nbsp; à notre sondage ont tout à fait pu prendre de l’Adderall de manière légale, ce que l’étude américaine ne prenait pas en compte.</p>
<p>Néanmoins, la production, et donc la consommation illicite (et même licite) d’Adderall et autres «drogues d’études» a fortement augmenté ces dernières années: rien qu’entre 1993 et 2001, la DEA («<i>Drug Enforcement Administration</i>» –service de police fédéral américain) avait noté&nbsp; une hausse de la production d’Adderall (et de Dexedrine, un médicament aux effets similaires à ceux de l’Adderall) de 5767%!</p>
<p>Cela soulève la question suivante: comment se procure-t-on un médicament sans avoir d’ordonnance nominale? En effet, toutes les personnes prenant de l’Adderall n’ont pas été diagnostiquées avec un TDAH: selon une étude publiée dans le <i>Journal of American College Health</i> («<i>Illicit use of prescribed stimulant medication among college students</i>, «L’usage illicite de médicaments prescrits par les étudiants d’université»), le TDAH touche «approximativement 3 à 7% des enfants scolarisés». Bien moins que les 25% des 76 étudiants de McGill ayant admis avoir déjà consommé de l’Adderall dans le récent sondage du <i>Délit.</i></p>
<p>Nous avons aussi pu contacter un étudiant en deuxième année de Mathématiques à McGill, qui nous explique qu’il a pu se procurer des pilules d’Adderall grâce à une ordonnance fournie par le Service de santé mentale de l’Université McGill, après seulement deux rendez-vous. Il les a utilisées en partie pour son usage personnel. Mais d’autres étudiants, ayant témoigné sur le site du quotidien le <i>New York Times</i> (dans le recueil de témoignages interactif «<i>In their own words: Study drug</i>», du 9 juin 2012) expliquent s’en être procuré de manière illégale, comme cette étudiante de Chicago: «comme la charge de travail grandissait, ma recherche d’Adderall commença. En moins de 24 heures j’avais cinq pilules en poche, pour simplement 5 dollars.» Son témoignage s’intitule «5 dollars pour un A». Les «<i>dealers</i>» d’Adderall sont nombreux, se le procurant eux-mêmes illégalement, ou comme l’étudiant en Mathématiques précédemment cité, via une ordonnance. Ce dernier nous explique qu’il vendait des pilules l’année dernière, et qu’une seule d’entre elles pouvait se vendre jusqu’à 20 dollars. «La demande était beaucoup plus forte pendant les examens», ajoute-t-il.</p>
<p><b>Une réponse à la pression?</b></p>
<blockquote><p>Les étudiants ne prendraient pas de drogues d’études si la charge de travail et le niveau de stress auxquels ils sont soumis étaient normaux, et non pas aussi exagérés.</p></blockquote>
<p>Les raisons d’un tel phénomène qu’on qualifie de «dopage académique» résident tout d’abord dans l’impression grandissante qu’ont les étudiants devant une charge de travail qu’ils jugent trop importante. Face à ce qui leur est demandé et la prise de conscience qu’ils ne seront pas capables d’atteindre les objectifs fixés dans les délais impartis, certains étudiants se résolvent à augmenter leur capacité de concentration a l’aide d’une drogue. Cette augmentation de leur propre productivité est purement artificielle et temporaire, mais sert aux étudiants à atteindre leurs objectifs tant qu’ils sont sous l’influence de ce psychostimulant.</p>
<p>Si le stress des étudiants apparaît comme responsable du phénomène Adderall, faut-il remettre en question le cadre dans lequel ces étudiants évoluent? La question doit se poser: les étudiants de nos jours sont-ils poussés a bout? C’est en effet ce que pense un des étudiants ayant répondu anonymement au sondage du <i>Délit</i>: «les étudiants ne prendraient pas de drogues d’études si la charge de travail et le niveau de stress auxquels ils sont soumis étaient normaux, et non pas aussi exagérés», commente-t-il. Cet avis est appuyé par 11% des personnes interrogées par <i>Le Délit</i> (sur 76 au total). En entendant parler d’un tel phénomène, on serait poussé à croire que l’étudiant lambda est submergé de toutes parts par des échéances. On pourrait s’attaquer au système qui préfère favoriser un apprentissage par cœur nécessitant de longues heures de travail et une concentration infaillible, plutôt que d’en appeler à l’aspect critique de l’étudiant, comme étant la cause de cette charge de travail trop importante. Un système qui pousse les étudiants à accumuler les nuits blanches en préparation aux examens. C’est le cas pour l’étudiant de première année en Développement International cité précédemment qui commente: «je prenais de l’Adderall toujours quand j’avais un examen le lendemain et que je devais étudier à la dernière minute, ou quand j’avais un projet à finir!».</p>
<p><b>Quelques milligrammes d’ambition</b></p>
<p>La charge de travail n’est pas le seul facteur à l’origine de ce stress qui pousse des étudiants à consommer des amphétamines. Il y a également l’envie de réussir qui est assez forte pour pousser ces étudiants à la consommation. Une volonté d’être parmi les meilleurs qui pousserait un individu à rendre toute sa capacité de concentration dépendante d’une pilule plutôt que de la soumettre à sa volonté personnelle. Lorsqu’on connaît les abus dérivant d’une telle consommation (mentionnés auparavant), il faut être très ambitieux pour être prêt à faire ce pari. Dans l’article du <i>New York Times</i> à propos de l’Adderall, une étudiante de vingt ans d’Atlanta explique que «l’Adderall fournit aux étudiants un A sans difficulté, et, lorsqu’il faut choisir, la plupart abandonnent leurs principes pour être capable de faire une nuit blanche quand il le faut afin d’obtenir ce GPA de 4.0» (traduction libre). Cela ne s’applique qu’aux consommateurs réguliers et non pas aux simples curieux s’étant soumis à l’épreuve dans le seul but de tester son efficacité.</p>
<p>Ce phénomène n’est-il donc pas aussi la conséquence d’une ambition de plus en plus pathologique, chez les étudiants, poussant à n’importe quels excès lorsqu’il est question de réussite. Ce rehaussement des attentes des étudiants est-il dû à la crise économique qui les a frappés au moment même où ils définissaient justement leurs attentes professionnelles? Une crise qui les a rendus victimes d’une récession économique et d’une compression du marché du travail: d’après le Forum économique mondia, le chômage chez les jeunes en Amérique du Nord était de 17,4% en 2012 (les États-Unis ont par exemple vu le taux de chômage des 15–24 ans augmenter de cinq points de pourcentages, selon l’OCDE, entre 2007 et 2012). Ces individus se voient donc confrontés à une compétition plus importante et se doivent d’être plus performants que les autres. La prise d’Adderall est donc la conséquence directe d’une génération d’étudiants qui a de plus en plus peur quant à son futur bien-être. Une génération désabusée qui sait désormais que seul le meilleur gagne, et qui est parfois prête à tout pour être élu.</p>
<p><b>Concurrence déloyale</b></p>
<blockquote><p>Pour l’instant, le Code de conduite de l’étudiant et des procédures disciplinaires de McGill ne traite pas ce sujet: dans la catégorie «tricherie», seuls sont sanctionnés le plagiat, l’usurpation d’identité et l’usage d’une aide extérieure pendant un examen.</p></blockquote>
<p>Consommer de l’Adderall constitue tout de même une sorte de dopage. Beaucoup de gens considèrent cela comme de la triche vis-à-vis de ceux qui n’en consomment pas et qui n’ont que leur volonté personnelle pour les garder attentifs de longues heures: d’après le sondage réalisé par <i>Le Délit</i>, 48% des gens estiment que l’Adderall est un problème car il crée un déséquilibre entre les étudiants. Quel est le mérite à être le meilleur si on doit sa réussite à une petite pilule bleue? Cependant, de nos jours, il semble que le mérite n’a plus tellement d’importance, il s’agit avant tout de s’approprier cette première place tant désirée, ne serait-ce que pour une bourse. Ou, à terme, afin de permettre à son détenteur de bénéficier de la sécurité de l’emploi.</p>
<p>Ce phénomène a donc comme conséquences de grandes inégalités entre les étudiants consommant cette drogue et ceux qui ne la consomment pas. Plus il se répandra, plus cela deviendra un problème auquel l’administration universitaire devra apporter une solution. Pour l’instant, le Code de conduite de l’étudiant et des procédures disciplinaires de McGill ne traite pas ce sujet: dans la catégorie «tricherie», seuls sont sanctionnés le plagiat, l’usurpation d’identité et l’usage d’une aide extérieure pendant un examen. Mais quelle réponse apporter? Aucun étudiant n’a envie de se voir soumis à un test de drogue avant d’entrer dans sa salle d’examen.</p>
<p>De plus, si on laisse perdurer ce «dopage», les notes d’un étudiant ne reflèteront plus sa productivité réelle, à moins que l’individu ne soit prêt à passer le restant de sa vie active dépendant à l’Adderall pour pouvoir être efficace au travail. C’est le cas de cet homme de&nbsp; vingt-huit ans, originaire de Virginie, qui témoigne sur le site du <i>New York Times</i>: «j’ai gradué avec les honneurs, obtenu un bon travail et suis devenu un adulte. Et vous savez-quoi? Je prends encore de l’Adderall tout le temps.» Mais il avoue que «ce n’est vraiment pas génial».</p>
<p>S’il n’y a plus de relation entre la réussite académique et la productivité de l’individu, alors c’est tout le système éducatif qui est rendu inefficace. Le système universitaire tel que nous le connaissons ne cherche pas tellement à fournir les individus qui ont le mieux appris leurs cours mais plutôt à piocher et mettre en avant ceux qui sont les plus productifs. On ne cherche pas tellement une bonne connaissance mais une méthode efficace d’apprentissage. Bien sûr, tout est relatif, la formation de l’étudiant dans son champ d’étude demeure aussi une priorité. Ainsi, si la charge de travail est trop importante c’est que la façon de travailler n’est pas la bonne. Cependant, prendre une pilule n’est pas la solution au problème, l’individu verra sa valeur productive indexée à la consommation de ce psychostimulant dont il peut finir dépendant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Comment l’Adderall agit sur le corps humain – explication de Pauline Vitté</b></p>
<p><span class="mceMediaCredit"><span class="media-credit-mce alignleft" style="width: 650px;"><span class="media-credit-dt"><img decoding="async" class="wp-image-20098 alignleft" alt="schema adderral" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/02/schema-adderral-640x419.jpg" width="451" height="295" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/02/schema-adderral-640x419.jpg 640w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2014/02/schema-adderral-185x120.jpg 185w" sizes="(max-width: 451px) 100vw, 451px"></span></span></span></p>
<p>L’Adderall agit sur plusieurs neurotransmetteurs, comme par exemple l’épinéphrine (ou adrénaline) et la dopamine. Les individus atteints de TDAH souffrent parfois d’une insuffisance ou sous-activité de dopamine.</p>
<p>La dopamine est un neurotransmetteur, c’est-à-dire une molécule relâchée par des axones dans la fente synaptique, qui, une fois liée à son récepteur, déclenche des réponses physiologiques: elle régule les mouvements, le sommeil, l’humeur, le métabolisme, mais aussi l’attention, la concentration et l’apprentissage.</p>
<p>L’Adderall augmente les effets de la dopamine par deux moyens. Premièrement, du fait de leurs structures chimiques très proches, l’Adderrall a la capacité de se lier aux récepteurs de dopamine, palliant les lacunes de cette dernière, et empruntant ses effets. Deuxièmement, l’Adderall empêche aussi l’action d’autres molécules habituellement chargées d’isoler la dopamine dans la fente synaptique afin d’empêcher les molécules de dopamine de se lier à leurs récepteurs.</p>
<p>Par ces deux effets, l’Adderall augmente les réponses physiologiques normalement assurées par la dopamine, augmentant ainsi la concentration et l’attention lors de l’apprentissage, et peut entraîner un sentiment d’extase. Mais sa prise est donc souvent accompagnée d’effets secondaires tels que la perte de poids, l’insomnie, un métabolisme accru ou encore un appétit réduit.</p>
<p><span style="font-family: Helvetica, Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 11px; line-height: 1.5em;">&nbsp;</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une nouvelle éco-logique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/11/12/une-nouvelle-eco-logique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2013 08:04:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=19242</guid>

					<description><![CDATA[<p>En marge des mouvements écologistes actuels, le Dark Mountain Project propose de briser l’illusion de la civilisation.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’écologie occupe une place grandissante dans notre société. Partout, il s’agit de sensibiliser les citoyens au développement durable. Ainsi, à McGill, les élèves sont encouragés à adopter un comportement éco-responsable. Par exemple, le Conseil Inter-Résidences (IRC) dispose d’un Vice-président à l’environnement, chargé des questions d’écologie pour les résidences et qui organise chaque année l’événement «<i>Fight the Power</i>», qui consiste à réduire au maximum la consommation d’énergie dans chaque résidence. La gagnante remporte un prix de 1000 dollars et des «infrastructures&nbsp; vertes», comme des lampes à basse consommation.</p>
<p>De plus, chaque cafétéria sur le campus pratique le tri sélectif. McGill a également une politique environnementale qu’on peut consulter sur le site Internet de l’université. Celle-ci stipule que McGill doit par exemple «empêcher la surconsommation d’énergie et autres ressources, et réduire la production de déchets et l’émission de substance toxiques pour la biosphère». L’Université a également signé deux conventions environnementales propres au milieu universitaire: la «déclaration de Talloires» et la «déclaration d’Halifax».</p>
<p><span class="mceMediaCredit mceIEcenter"><span class="media-credit-mce aligncenter" id="1" style="width: 650px;"><span class="media-credit-dd"><span class="mceMediaCredit mceIEcenter"><span class="media-credit-mce aligncenter" id style="width: 650px;"><span class="media-credit-dd">&nbsp;</span></span></span></span></span></span></p>
<p><b>Narrer les bonnes histoires</b></p>
<p>Cependant, ce type de politiques n’est pas soutenu par tout le monde. Ainsi, le&nbsp; <i>Dark Mountain Project</i> s’oppose aux politiques environnementales traditionnelles, les jugeant inutiles et hypocrites. Il s’agit d’ un réseau d’écrivains, d’artistes et de penseurs «qui ont arrêté de croire aux histoires que notre civilisation se raconte.», lit-on dans leur manifeste publié en 2009.</p>
<p>À la genèse de cette prise de conscience on trouve deux hommes, Paul Kingsnorth, poète et ancien rédacteur en chef adjoint de la revue environnementale britannique <i>The Ecologist</i>, et Dougald Hine, un entrepreneur et ancien journaliste britannique.</p>
<p>Parmi ces «histoires» qu’on se raconte figurent celles des écologistes traditionnels, et ce pour deux raisons. Dans une entrevue donnée au quotidien britannique <i>The Guardian</i>, Kingsnorth explique que la première est l’échec de l’écologisme, qui n’a pas su empêcher ce qu’il appelle un «écocide» (génocide écologique). La seconde est que «les environnementalistes n’étaient pas honnêtes avec eux-mêmes». En effet, selon Kingsnorth, ces derniers prétendaient qu’en continuant à militer, l’avenir, menacé de chaos par les activités humaines, deviendrait soudain plus beau, comme si «l’impossible pouvait arriver». Ainsi l’action des activistes et partis écologistes est, selon lui, comparable à des soins «palliatifs», donnés trop tard: la Terre est condamnée dans notre modèle de civilisation, quoi qu’on fasse.</p>
<p>Kingsnorth explique ensuite que ce refus de faire face à la réalité, le fait de se cacher derrière des histoires, n’est pas qu’un problème lié à l’environnement, mais qu’il s’applique aussi à l’art. En effet la réponse à la destruction de la planète ne doit pas être seulement «politique, scientifique ou technologique, mais aussi culturelle», comme l’explique le site <i>dark-mountain.net</i> dans la section «Forum Aux Questions». Ainsi le problème à l’origine de l’écocide actuel semble culturel: la civilisation s’est inventée une place à part, l’homme s’est séparé de la nature, dans une logique de progrès qui n’est en fait qu’anthropocentrique.</p>
<p>De son côté, Dougald Hine, en entretien avec <i>Le Délit</i>, ne voit pas son projet comme une initiative invitant activistes écologiques et autres à se ruer vers l’action mais au contraire à ne pas se précipiter. De plus, il ajoute que la plupart des gens impliqués dans le projet sont déjà engagés dans une forme d’action. Ce qui semble plus vital encore que le militantisme pur, selon lui, est avant tout de comprendre que la culture a ses propres impacts et conséquences.</p>
<p>Cette double prise de conscience a mené Kingsnorth&nbsp; et Dougald Hine à écrire: <i>Uncivilization: The Dark Mountain Manifesto</i> (<i>Décivilisation: Manifeste de la Montagne Noire</i>, ndlr). Ce manifeste explique que les histoires religieuses, laïques, politiques et économiques qui façonnent notre civilisation sont présentes à chaque instant au travers des médias; elles «façonnent notre capacité à naviguer dans la réalité» et sont, en fait, les différentes versions de la même grande histoire, qui veut perpétuer notre civilisation et continuer à transcender les barrières posées par la nature. Monsieur Hine définit le terme «décivilisation» répété plusieurs fois dans le document, comme étant bien plus un processus qu’un objectif. Le projet <i>Dark Mountain</i> veut créer de la place pour une culture «décivilisée» («<i>uncivilised</i>»), qui cherche à combattre le solipsisme de l’être humain et le rendre conscient de sa place réelle sur cette Terre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Déconstruire les mythes</b></p>
<p>Cet ouvrage, qui a rassemblé des milliers de personnes dans le monde entier, se fait la critique de la notion de progrès communément admise. Les auteurs refusent l’idée selon laquelle l’humanité tend vers le meilleur et qui définit l’avenir comme «une version améliorée du présent». Ainsi l’idée sur laquelle se fonde ce mouvement est que la planète ne va pas mourir, mais notre civilisation oui. Selon Dougald Hine, la mission du <i>Dark Mountain Project</i> n’était pas de propager un ensemble de solutions, mais il avoue tout de même qu’un des points de départ de l’ouvrage a été de supposer que l’être humain devait être rendu conscient que l’histoire de son exceptionnalité était illusoire. Nous ne pourrons pas maintenir ce rythme de vie détaché de la nature, et rien ne changera cette course vers l’inéluctable. Pas même le commerce équitable ou le tri sélectif.</p>
<p>Il faut donc, selon les auteurs, redessiner notre vision de la société, et éradiquer son socle, qui est le mythe du progrès, reposant lui-même sur le mythe de la nature: «le premier nous dit que nous sommes destinés à l’excellence; le second nous dit que cette excellence est gratuite. ». En effet nous sommes la première espèce à avoir dompté la nature, d’une certaine manière, en maîtrisant ses ressources et bâtissant nos villes. Les auteurs font également cet effarant constat: nous sommes la première espèce à être capable d’éliminer la vie sur Terre. Selon les auteurs, parler de progrès au vu des horreurs que notre civilisation a créées est une aberration: les guerres mondiales, les génocides, l’exploitation sans réserve de toutes les ressources naturelles disponibles sont là pour rappeler que le chemin que nous empruntons ne peut être le bon.</p>
<p>Cependant, pour Dougald Hine ce projet n’a rien d’utopique: il n’existe pas un idéal, précédant la civilisation, auquel nous pourrions retourner. Il s’agit tout d’abord de remarquer les solutions cachées dans la société dans laquelle nous avons évolué.</p>
<p>Des milliers de personnes partagent ces idées, et se regroupent sur des forums en ligne, mais aussi lors d’un festival annuel, le Dark Mountain Festival. Lorsque Monsieur Hine revient sur les débuts de son entreprise il explique que le point de départ a été tout simplement de créer une publication qui puisse abriter une future conversation sur le sujet. Il s’agissait de créer un espace de rencontre entre tous les différents acteurs afin de mener une réflexion collective. C‘est dans cet esprit-là que le festival annuel a pris forme. Le dernier a eu lieu dans un bois du Sud de l’Angleterre, et proposait des activités et des réflexions aux personnes conscientes que nous ne pouvons pas continuer à vivre et consommer au rythme actuel. D’ailleurs, il paraît que si nous vivions tous comme des Américains, il nous faudrait cinq planètes.</p>
<p>En réponse à une des questions du <i>Délit</i>, Dougald Hine a décrit le rôle du projet comme essayant d’identifier les aspects obscures de notre époque et de chercher d’autres possibilités au sein de cette obscurité. Selon lui, «si le rôle d’un prophète est de décrypter les signes d’une époque, que ceux qui ont intérêt a préserver le <i>statu quo</i> préfèrent ignorer, alors le rôle du projet <i>Dark Mountain</i> a, en effet, un côté prophétique».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Phagocytés par la machine politique</b></p>
<p>Enfin, selon Monsieur Hine, le changement de mentalité dans notre société ne pourra pas se faire à travers les institutions politiques, parce que «lorsque les écologistes ont commencé à faire partie des grands courants politiques, ils se sont retrouvés de plus en plus à devoir justifier leurs arguments&nbsp; en termes de raisonnements économiques appuyés par des preuves scientifiques». Comme le disait précédemment Paul Kingsnorth, ils étaient imprégnés des fausses histoires structurant notre civilisation.&nbsp;Cela avait pour conséquence de devoir renoncer à l’argument de base du mouvement qui s’adresse aux racines sociales et culturelles de la destruction environnementale.</p>
<p>Aujourd’hui, comme le dit Dougald Hine, le mouvement écologiste se divise en deux mouvements distincts, les «néo-verts,» orientés sur une résolution technologique au problème, et qui sont obsédés par l’ingénierie géologique, et ceux qui ne sont pas prêts à suivre les néo-verts dans cette folie. Dougald Hine voit son projet <i>Dark Mountain </i>comme un moyen de créer de la place pour que les gens qui ne sont pas prêts à suivre les «néo-verts» puissent trouver d’autres approches qui aient un sens.</p>
<p>Le concept de <i>décivilisation</i> cherche à faire basculer notre vision de l’humanité, d’une perspective égocentrée vers une perspective écocentrée.</p>
<p><span class="mceMediaCredit mceIEcenter"><span class="media-credit-mce aligncenter" id="1" style="width: 650px;"><span class="media-credit-dd"><br>
</span></span></span></p>
<p>LES HUIT PRINCIPES DE LA DÉCIVILISATION: &nbsp;(traduits par <i>Le Délit</i>)</p>
<p>1) Nous vivons à une époque d’effilochage social, économique et écologique. Tout autour de nous, il y a des signes montrant que notre mode de vie est déjà passé dans l’Histoire. Nous affronterons cette réalité honnêtement, et apprendrons à vivre avec.</p>
<p>2) Nous rejetons la croyance selon laquelle les crises convergentes de notre époque peuvent être réduites à un ensemble de «problèmes» nécessitant des «solutions» technologiques ou politiques.</p>
<p>3) Nous croyons que les racines de ces crises reposent dans les histoires que nous nous sommes racontées. Nous cherchons à contester ces histoires qui soutiennent noter civilisation: le mythe du progrès, le mythe du rôle central de l’Homme, et le mythe de notre séparation de la «nature». Ces mythes sont plus dangereux du fait que nous avons oublié que ce sont des mythes.</p>
<p>4) Nous réaffirmerons le rôle de la narration comme allant au-delà du simple divertissement. C’est à travers les histoires que nous tissons la réalité.</p>
<p>5) Les humains ne sont pas la finalité de la planète. Notre art commencera par la tentative de sortir de la «bulle» humaine. Avec une attention toute particulière, nous nous impliquerons de nouveau dans le monde non-humain.</p>
<p>6) Nous célébrerons l’écriture et l’art qui sont ancrés dans la mesure du temps et de l’époque. Notre littérature a été dominée pendant trop longtemps par ceux qui habitent les citadelles cosmopolites.</p>
<p>7) Nous ne nous perdrons pas dans l’élaboration de théories ou d’idéologies. Nos mots seront fondamentaux, basés sur les éléments. Nous écrivons avec de la saleté sous nos ongles.</p>
<p>8) La fin du monde tel que nous le connaissons n’est pas la fin totale du monde. Ensemble, nous trouverons l’espoir au-delà de l’espoir, les chemins qui mènent au monde inconnu au-delà de nous-mêmes.</p>
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		<title>Grand Bond en Avant dans les classements</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/10/08/grand-bond-en-avant-dans-les-classements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2013 05:16:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Chine est en passe de bousculer l’ordre universitaire mondial.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour beaucoup, la Chine est une terre de fantasmes, un <i>eldorado</i>: sa croissance économique impressionne, son histoire et sa culture également. Pour preuve, les instituts culturels&nbsp; chinois Confucius, qui promeuvent la langue et la culture chinoises, sont de plus en plus nombreux dans le monde,&nbsp; ce qui démontre une volonté expansionniste de l’Empire du milieu, mais répond également&nbsp; à une demande croissante de cours de langue. Selon l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), il y a aujourd’hui plus de 360 de ces instituts, alors qu’ils n’ont été créés qu’en 2004.&nbsp;De plus en plus de personnes veulent donc comprendre cette culture, et pour cela beaucoup d’étudiants n’hésitent pas à passer un an ou une session dans une université chinoise.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Un système encadré</b></p>
<p>Le monde étudiant chinois est bien différent du monde nord-américain, dans sa structure comme dans son contenu.Ainsi, Juan Wang, professeure de sciences politiques à McGill, spécialiste de la Chine, son pays d’origine, explique au <i>Délit</i> que les classes sont organisées différemment: il y a une hiérarchie au sein des élèves, avec une «tête de la classe» chargée de l’organisation et de la collecte des devoirs. Il s’agit généralement de l’élève le plus brillant de la classe.Mais, selon Juan Wang, ce n’est pas la seule différence. La Chine étant dirigée par un régime autoritaire, le contenu des cours est parfois «encadré»: il n’y a pas de censure à proprement parler, mais les professeurs de sciences sociales et humaines savent qu’il existe des limites à ne pas franchir. Par exemple, un cours intitulé: «Peut-il y avoir une démocratie en Chine?», ou bien un autre sur l’autonomie du Tibet sont hautement improbables, car&nbsp; ils contredisent les dogmes étatiques.&nbsp;Les cours de sciences politiques ne sont ainsi pas aussi populaires en Chine qu’au Canada, car pour beaucoup d’étudiants, la politique se limite à la doctrine communiste, et la critiquer n’est pas admis dans les universités.&nbsp;La présence du régime se ressent aussi en dehors des cours: il n’y a pas de groupes étudiants en rapport avec la religion ou la politique (au sens militant du terme) sur les campus de l’Université Fudan à Shangai, ou de l’Université de Pékin, contrairement à beaucoup d’universités occidentales, comme McGill.</p>
<p><b>À l’assaut des classements</b></p>
<p>Si les cours proposés par les professeurs ne doivent pas franchir certaines barrières, ils ne sont pas non plus construits comme en Amérique du Nord. En effet, la méthode occidentale (surtout américaine) fait passer la théorie d’abord, tandis que les universitaires chinois sont partisans de l’empirisme, la théorie ne pouvant naître que d’un travail sur le terrain.&nbsp;Cependant, ce mode d’enseignement change, car les universités chinoises doivent modifier la façon de penser de leurs professeurs afin de pouvoir intégrer les classements mondiaux. Cela passe par des publications dans des revues américaines et anglaises, qui sont basées sur le modèle de pensée américain.&nbsp;Ainsi, depuis 2003, l’Université Fudan, la meilleure université chinoise, a gagné plus de 150 places dans le classement de Shanghai et l’Université de Pékin 100 places.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Un système compétitif</b></p>
<p>Au-delà du fonctionnement, les modes de recrutement des universités chinoises sont également différents: là où chacun a plus ou moins sa chance au Canada, la Chine a mis en place un système extrêmement compétitif. Pour entrer dans les universités, les étudiants chinois doivent en effet passer un test, le <i>gaokao.</i> En 2009, le taux d’admission à l’université à la suite de celui-ci était de 57%.&nbsp;Ce test accroît les disparités régionales car les universités situées dans les zones urbaines privilégient les étudiants enregistrés dans leur zone et imposent des critères de sélection encore plus drastiques à ceux venant des zones rurales, ou d’autres parties du pays.&nbsp;Un rapport de l’ambassade de France en Chine explique que «le système éducatif chinois est donc marqué par une grande hétérogénéité des pratiques, notamment du fait d’un système décentralisé». Par exemple, le calcul de la note au <i>gaokao</i> est élaboré au niveau provincial, ce qui désavantage certains étudiants.</p>
<p>Mais les inégalités sont aussi d’ordre économique: pour préparer le <i>gaokao</i>, ainsi que leurs cours, les étudiants chinois les plus fortunés font appels à des tuteurs. Cette pratique est très populaire dans les classes sociales aisées, dès la fin de l’école élémentaire. Ainsi, les moyens financiers d’une famille sont déterminants pour la réussite scolaire de leurs enfants. Cependant – peut-être parce que ce sont, en général, les étudiants plus aisés qui y accèdent – au&nbsp; sein des universités, les inégalités économiques entre les élèves ne sont pas nécessairement plus marquées qu’en Amérique du Nord, et le groupe d’étudiants est plus homogène.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>&nbsp;Un marché de l’emploi inadéquat&nbsp;</b></p>
<p>Les étudiants chinois sont peu nombreux à aller étudier à l’étranger: d’après le Bureau Canadien de l’Éducation Internationale, 80 627 étudiants sont venus de Chine pour étudier au Canada en 2012, et 194 029 sont venus aux Etats-Unis, d’après l’Institut de l’Éducation Internationale. Cela est bien peu en comparaison aux 23,913 millions d’étudiants aux cycles supérieurs chinois.&nbsp;De même, la professeure&nbsp; Juan Wang raconte au<i>&nbsp; Délit</i> que peu de professeurs chinois partent à l’étranger (où, quand ils partent, ils enseignent majoritairement le chinois),&nbsp; car ils sont relativement bien payés en Chine (trois fois le salaire minimum, d’après une recherche russo-américaine disponible sur le site<i> acarem.hse.ru</i>).Mais si les étudiants ne partent pas en majorité à l’étranger, cela pourrait changer car les débouchés sont de plus en plus limités sur le marché du travail en Chine. D’après l’Organisation des Nations Unies (ONU),&nbsp; même si le taux de chômage des jeunes n’était que de 9,4% en 2011 il faut relativiser. En effet ce chiffre masque la réalité, dans laquelle les emplois proposés ne sont pas en rapport avec les compétences et les études des jeunes.&nbsp;La professeure Juan Wang prend l’exemple d’un jeune ayant étudié la littérature anglaise, mais qui se verra proposer pour seul poste celui d’agent immobiliers pour expatriés, car il maîtrise la langue de Shakespeare. Ainsi, il y a aujourd’hui cinq fois plus de diplômés qu’il y a 20 ans en Chine (d’après <i>edu.cn</i>), mais les débouchés proposés ne sont pas toujours adéquats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une source de fascination à l’étranger</b></p>
<p>Inversement, la Chine attire de plus en plus d’étudiants à travers le monde. En 2011, le nombre de ces étudiants a augmenté de 10% (selon le site <i>en.csc.edu.cn</i>) dépassant ainsi la barre des 290 000.&nbsp; Cette même année, 11,05% de ces étudiants venaient du continent américain, soit 32 333 étudiants, dont 23 292 des États-Unis seulement. Cela place le pays en deuxième position au classement des pays ayant la plus grosse contribution d’étudiants internationaux en Chine.Cela tend à prouver que le système universitaire chinois reste attrayant pour des étudiants&nbsp; venant d’un système nord-américain où les méthodes d’enseignement varient considérablement. L’approche méthodique quelque peu «nouvelle» des prestigieuses universités chinoises ne semble pas affecter ces étudiants qui partent avant tout pour découvrir la culture et surtout la langue de cette puissance mondiale, acquérir de l’expérience à l’international ou même pour se préparer à une carrière dans un pays qui récompense généreusement les «cerveaux» étrangers.&nbsp;Il est vrai qu’aujourd’hui, maîtriser le mandarin devient un atout majeur. Passer une session en échange en Chine, voire une année entière, permet des avancées considérables dans l’apprentissage d’une langue qui n’est autrement pas facile à manier pour des occidentaux. Les grandes universités chinoises offrent à ces étudiants un programme intensif d’apprentissage du chinois. Une fois la barrière de la langue passée, l’intégration se fera bien plus facilement car c’est aussi le fait de s’immerger avec succès dans une culture aussi différente qui va se montrer rémunérateur. Cela démontre aussi une grande capacité à s’adapter qui se remarquera facilement sur un CV.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une expérience enrichissante</b></p>
<p>Aline Ducoulombier, étudiante en troisième année à la Faculté de Gestion Desautels à McGill, est partie faire un semestre d’échange à l’Université Jiaotong de Shanghai, une des très prestigieuses universités chinoises, de février à juin 2013. Pendant ses quatre mois d’échange, elle a suivi des cours de marketing international, de finance, de théorie des organisations, de commerce international et de mandarin.&nbsp;Concernant les cours, Aline a pu remarquer quelques différences avec ceux de la Faculté Desautels. Selon elle, les cours s’attardent beaucoup moins sur l’analyse que ce à quoi McGill l’a habitué. De même, elle a remarqué que les professeurs étaient moins exigeants dans le niveau de justification à apporter dans une réponse. Aline dit également avoir été étonnée de voir que peu de ses camarades de classes chinois étaient prêts à intervenir en cours; cela montre que le système universitaire chinois est beaucoup moins inscrit dans une culture de débat, de partage de ses opinions.&nbsp;Pour Aline, qui avait déjà fait deux séjours en Chine auparavant afin de pratiquer son mandarin, cet échange était avant tout un moyen non seulement de continuer la pratique mais aussi de «s’immerger dans un monde qui n’est pas le [sien]», de vivre avec des étudiants chinois avec qui elle ne partage que très peu de choses au premier abord.</p>
<p>Beaucoup d’étudiants en échange en Chine, comme Aline, ne viennent pas forcément pour la qualité des cours mais surtout pour vivre cette expérience d’immersion, qui permet d’obtenir une idée informée sur ce que signifie être étudiant dans une autre partie du monde. Dans sa propre expérience, Aline Ducoulombier a cherché à côtoyer des étudiants chinois pour vivre au mieux ces quatre mois, mais elle avoue avoir trouvé ses camarades de classe chinois peu enclin à tisser des liens avec des étudiants étrangers. Selon Aline, si on veut fréquenter des étudiants chinois il faut être prêt à se couper du monde occidental, chose qui n’est pas facile à faire lorsqu’on se rend pour quatre mois dans un pays dont la culture ne nous est pas familière. De plus, Aline trouve que c’est surtout en échangeant dans leur langue avec ses camarades chinois qu’elle a pu se rapprocher d’eux, donc celle-ci n’est pas une entrave au rapprochement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Une qualité de vie à moindre coût</b></p>
<p>C’est aussi le coût de la vie en Chine qui demeure très intéressant pour un étudiant étranger. Aline décrirait la vie étudiante qu’elle a menée à Shanghai comme étant similaire à celle qu’elle avait à Montréal; c’est-à-dire qu’il y avait tout autant à faire, mais à moindre coût. Par exemple, dans une ville comme Pékin (la plus chère de Chine), le prix d’un repas au restaurant coûte en moyenne 5$CAD, contre 12$CAD à Montréal; une bouteille de 0,5l de bière (produite localement) coûte 0,67$CAD contre 3.25$CAD à Montréal (selon le site <i>numbeo.com</i>). Quant aux fumeurs, ils voient leur budget se réduire considérablement en ne payant pour leur paquet de cigarette plus que 2,53$CAD, en moyenne, au lieu de 9$CAD au Québec. Le prix des transports est lui aussi incroyablement accessible avec 0,35$CAD pour un aller en bus ou en métro, et tout autant pour parcourir un kilomètre en taxi, sachant qu’on en trouve un à tous les coins de rue, à n’importe quelle heure. Un logement 3 ½&nbsp; tout à fait correct coûte, en moyenne, 500$CAD par mois. Quant à Aline, elle a payé 1000$CAD pour une location de 4 mois d’une chambre dans une résidence pour étudiants étrangers, soit l’équivalent d’un mois de location pour une chambre d’une des résidences de McGill.</p>
<p>Ainsi,&nbsp; en modifiant ses critères pour être compétitif sur le marché international du travail, la Chine a pu grimper dans les classements universitaires mondiaux, pour se positionner aujourd’hui comme un concurrent sérieux au modèle éducatif anglo-saxon.</p>
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		<title>Déclin et désengagement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/09/23/declin-et-desengagement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Edouard Paul]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2013 04:54:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment augmenter la participation des jeunes aux élections municipales? </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une table ronde portant sur la participation électorale des jeunes au Québec ainsi que dans le reste du Canada s’est tenue lundi le 16 septembre à la Grande Bibliothèque de Montréal.</p>
<p>L’événement a été organisé par l’Institut du Nouveau Monde (INM), à la demande d’Élections Canada, dans le cadre de la semaine canadienne de la démocratie. Cette initiative s’inspire de la journée internationale de la démocratie des Nations Unies qui est célébrée le 15 septembre. C’est dans ce contexte-ci, et compte tenu de l’approche imminente des élections municipales générales au Québec, qu’Élections Canada et l’INM ont présenté le sujet du déclin du taux de participation électorale des jeunes.</p>
<p>Cinq invités de renom étaient présents à cette table ronde: Marc Mayrand, directeur général des élections du Canada, Alec Castonguay, chef du bureau politique au magazine <i>L’Actualité</i>, Liza Frulla, ancienne ministre et députée, Francois Gelineau, professeur à l’Université Laval, et Cathy Wong, présidente du Conseil des Montréalaises.</p>
<p>Geneviève Baril, directrice du développement des compétences et de la mobilisation citoyennes à l’INM, animait la discussion. Marc Mayrand a pris la parole en premier, donnant une courte explication du phénomène en question. Il a&nbsp; d’abord insisté sur le fait que le problème de la baisse du taux de participation électorale des jeunes n’est pas propre au Canada. Il est présent dans toutes les démocraties libérales du monde qui ne rendent pas le vote obligatoire. Selon lui,&nbsp; Il dit que le déclin de la participation des jeunes aux élections a débuté dans les années 1980.</p>
<p>François Gélineau dit par ailleurs que le Québec est la province où le déclin est le moins accentué, comparativement aux autres provinces du pays. Toutefois, il croit que le déclin du taux de participation des jeunes reste préoccupant parce que la première expérience de vote est déterminante: «un électeur, qui, à la première occasion de voter, ne vote pas, a une très forte probabilité de reproduire ce comportement tout au long de sa vie d’électeur et donc, de ne pas voter.»</p>
<p>Liza Frulla, quant à elle, croit qu’il faut sensibiliser les jeunes avant qu’ils atteignent l’âge de voter. Elle juge important de faire comprendre aux réticents&nbsp; qu’«en politique, c’est la force du nombre qui fait en sorte que l’on peut exercer le changement», et donc que chaque vote compte.</p>
<p>Alec Castonguay croit pour sa part que le manque d’intérêt des jeunes canadiens envers la politique vient de cette façon que les gens ont, de nos jours, de voir la politique comme un objet de consommation. Dans une «societé où on valorise le résultat immédiat», les jeunes ne croient plus en leur capacité à influencer le changement à travers le vote.</p>
<p>Cathy Wong s’est intéressée au cas des premiers votants issus des minorités. Elle se base sur sa propre expérience en tant que fille d’immigrants en provenance du Vietnam. Cathy Wong a parlé du «déchirement identitaire» qui a lieu chez les jeunes issus de minorités et qui n’osent pas exprimer leurs opinions parce qu’ils n’arrivent ni à s’identifier à leur population d’accueil, ni à leur communauté culturelle. Selon Cathy Wong, «on ne peut pas nier tout ce débat identitaire».</p>
<p>Parmi les solutions proposées par les intervenants au problème en question, la principale est de sensibiliser les jeunes Canadiens et Québécois à leur devoirs civiques, et ce le plus tôt possible, par des cours d’éducation civique à l’école par exemple. Ouvrir le débat sur le vote obligatoire est aussi une idée. L’organisateur de cette table ronde et chargé de projet à l’INM, Alexandre Warnet, commente: «Si les générations de demain délaissent la participation électorale, quelle legitimité reste‑t’il?»</p>
<p>&nbsp;</p>
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