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	<title>Elena Montefiori - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 20 Sep 2026 17:41:01 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un symptôme de plus, ou une rupture historique?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt/" data-wpel-link="internal">Victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dimanche 6 septembre, Saxe-Anhalt, Allemagne. Pour la première fois depuis l’entre-deux-guerres, l’extrême droite ne sonne plus à la porte des Allemands, elle la défonce. Le 6 septembre, l’Alternative pour l’Allemagne, ou <em>Alternative für Deutschland </em>(AFD), recueille<a href="https://www.afp.com/en/node/3837529" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> 43,8 % </a>des suffrages exprimés et pourrait, en cas d’alliance, devenir le premier parti d’extrême droite à diriger un État fédéré <em><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2281487/election-allemagne-saxe-anhalt-loups-afd" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">(Land) depuis 1945</a></em>. Classé « parti extrémiste de droite » par le renseignement intérieur allemand, le contraste est frappant avec ses homologues européens. En effet, l<a href="https://www.letemps.ch/videos/actualite/en-video-pourquoi-et-comment-l-extreme-droite-fait-une-percee-en-allemagne" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’AfD s’écarte de la stratégie de normalisation</a> et de « lissage d’image » menée par le Rassemblement national en France ou par <em>Fratelli d’Italia</em> en Italie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Montée des extrêmes telle que celle déjà observée et largement décrite ailleurs en Europe? Ou réel revers en Allemagne, celui d’un « <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-saxe-anhalt-le-cordon-sanitaire-contre-l-extreme-droite-a-saute-selon-un-specialiste-de-l-europe-9114515" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cordon sanitaire contre l’extrême droite qui saute</a> »? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’<a href="https://ehne.fr/fr/node/22257/printable/print" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe (EHNE)</a>, L’Alternative pour l’Allemagne est un parti national-populiste radical fondé en 2013. Parmi ses dirigeants, on retrouve d’anciens membres de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU). L’AfD serait née de l’opposition à la politique de sauvetage de la Grèce, et est ainsi connue pour son orientation eurosceptique et nationaliste. Or, depuis la crise migratoire de 2015, le parti prend une nette tangente. Alors qu’il se rapproche de mouvements anti-immigration et anti-islam, un conflit interne éclate entre forces modérées et extrêmes, aboutissant à une droitisation de sa ligne politique. En somme, l’AfD est aujourd’hui accusée de porter une politique nationale-conservatrice, anti-islam, anti-immigration, xénophobe, et négationniste. Cette minimisation outrancière de l’existence des crimes contre l’humanité, en particulier de celle de la Shoah, a certainement amplifié l’onde de choc en Europe dimanche dernier. L’AfD n’est pas juridiquement le successeur du parti nazi allemand (NSDAP); cependant, elle fait l’objet de nombreuses analogies concernant sa rhétorique aux symboles ambigus et le profil de son électorat. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces électeurs proviennent en réalité d’un<a href="https://www.ledevoir.com/monde/europe/1007432/apres-victoire-afd-crainte-contagion-europe" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> transfert progressif </a>depuis le parti <em>Die Heimat</em>, <a href="https://www.courrierinternational.com/article/extreme-droite-l-afd-s-allie-a-un-parti-neonazi-dans-le-land-allemand-du-brandebourg" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fief historique des néonazis en Allemagne</a>. Néanmoins, l’AfD n’est ni le NSDAP ni <em>Die Heimat</em>, et l’Allemagne de 2026 n’est pas la République de Weimar. L’AfD se présente aujourd’hui à des élections dans un cadre démocratique structurellement solide – malgré les turbulences actuelles –, et nie toute implication antisémite. Le programme, lui, ne laisse aucun doute : fermeture stricte des frontières, sortie de l’espace Schenghen, expulsions, restriction de l’affichage public de l’islam. Toutes ces promesses tiennent sous le mot d’ordre « remigration ».<a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-09-09/percee-lors-des-elections-regionales/le-chancelier-allemand-accuse-l-afd-de-vouloir-un-nettoyage-ethnique.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> La Presse</a> recueille les mots du chancelier Friedrich Merz mercredi dernier au <em>Bundestag</em>, où il a qualifié ce terme de synonyme de « nettoyage ethnique ». Il s’agit en effet d’un déplacement forcé de population, en écho à la théorie française du « grand remplacement ». Longtemps reléguée aux marges les plus radicales, la proposition de « remigration » semble avoir atteint le sommet du parti. Un glissement du marginal vers l’audible, que Fabian Wichmann, chercheur sur l’extrémisme, évoque comme symptôme d’un environnement politique en changement : <a href="https://www.cbc.ca/news/world/far-right-coded-clothing-germany-9.7323799" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« ils sentent que la culture, la température d’une société est en train de changer ». </a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne, l’urne vient de confirmer ce climat. Cette température, on la retrouve aussi de ce côté-ci de l’Atlantique. Le Canada n’en est pas là, mais le réseau Diagolon, né en 2020 et dont la visibilité s’est accrue lors du convoi de la liberté de 2022, mobilise une esthétique comparable, entre humour potache et symboles détournés. <a href="https://www.noscommunes.ca/documentviewer/fr/44-1/SECU/rapport-6/page-48" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Chambre des communes</a> l’a qualifié d’organisation extrémiste violente. <a href="https://www.policymagazine.ca/ahead-of-the-quebec-election-conservative-leader-eric-duhaime-doubles-down-on-autonomy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La percée récente du Parti conservateur</a> du Québec d’Éric Duhaime relève d’un tout autre registre, mais témoigne de la même banalisation du discours anti-immigration dans le débat public. Dans <em><a href="https://www.policymagazine.ca/ahead-of-the-quebec-election-conservative-leader-eric-duhaime-doubles-down-on-autonomy/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Policy</a></em>, le sociologue politique canadien et enseignant à l’Université McGill Daniel Béland insiste sur l’aspect fulgurant de cette montée en force. La question posée par l’AfD dimanche dernier n’est donc pas seulement celle d’une droitisation allemande, mais celle d’un nouvel environnement politique global.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/victoire-de-lafd-en-saxe-anhalt/" data-wpel-link="internal">Victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Fennell se méprend sur Brontë – et sur le féminisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/fennell-se-meprend-sur-bronte-et-sur-le-feminisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[male gaze]]></category>
		<category><![CDATA[théorie féministe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Emerald Fennell qualifie son cinéma de féministe. Ses films sont-ils au courant?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/fennell-se-meprend-sur-bronte-et-sur-le-feminisme/" data-wpel-link="internal">Fennell se méprend sur Brontë – et sur le féminisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Le simple fait d’être une femme cinéaste est un acte féministe… qu’on le veuille ou non. […] Tout ce que je fais est féministe – c’est ma façon d’être au monde (tdlr) »</em> : voilà l’argumentaire avancé par la réalisatrice Emerald Fennell à l’occasion de la promotion de son film <em>Saltburn </em>(2023), pour le média <em>The Wrap</em>. Ces mots reviennent fréquemment chez Fennell : son regard sur le monde transperce ses films, son féminisme aussi. La formule est séduisante, un peu trop. Réalisatrice femme, cinéma féministe – l’équation est-elle si évidente? L’art féminin est-il systématiquement engagé? À l’issue des deux heures quarante de son dernier film à succès, <em>Les Hauts de Hurle-Vent</em> (Wuthering Heights), la question revient, insistante. L’intention féministe n’aboutit pas à un résultat féministe, malgré l’étiquette que s’auto-attribue la réalisatrice. Elle s’en réclame tant, de ce « cinéma féministe », qu’il finit par tenir lieu de preuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors, l’art ne se définit-il pas par celui ou celle qui le produit? Cette « continuité intention-résultat » convoque la théorie de l’auteur. Depuis Truffaut dans <em>les Cahiers du Cinéma</em>, on présuppose que le cinéaste imprime sa vision dans le film. Or, ceux tentant d’appliquer cette approche à l’art féminin semblent s’opposer à la critique féministe. Virginia Woolf, dans <em>Une chambre à soi</em>, met en garde contre l’écriture en conscience de son propre genre. Une femme qui écrit en tant que femme produirait une œuvre diminuée. Cette idée se répand largement dans le féminisme contemporain, par une revendication du droit des femmes à la « non-revendication ». Imposer le militantisme aux femmes, c’est les y enfermer. Woolf ne plaide pas pour le silence, elle dit qu’il faut le transcender. bell hooks, elle, va plus loin : dans De la marge au centre : <em>théorie féministe</em>, elle affirme que le féminisme n’est « <em>ni un style de vie ni une identité toute faite dans laquelle on peut entrer</em> ». Ce n’est pas l’identité qui compte, c’est l’engagement. Deux féminismes distincts, mais arrivant à une même conclusion : se proclamer féministe ne suffit pas – encore faut-il en faire la démonstration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma de Fennell a‑t-il démontré son engagement féministe? Concernant <em>Saltburn,</em> les avis sont mitigés, méritant sa qualification de « <em>film le plus controversé de l’année</em> » par <em>The Guardian</em>. La narration ne met pas les femmes, mais un homme en évidence : ses ambitions, ses amitiés, sa sexualité. Les personnages féminins, eux, ne semblent pas réussir le test de Bechdel. Elles n’agissent que sexuellement, ou en référence à l’un des personnages masculins. Même la complexité de leurs personnages ne paraît que partiellement développée. Fennell aurait pu s’appuyer sur Venetia, par exemple, pour saisir sa lucidité sur l’absurdité de son environnement et en faire un personnage central de l’histoire. Or, tout s’effondre lorsque Elspeth, sa mère, la décrit comme « <em>une masochiste avec un trouble alimentaire</em> ». Et cet effondrement, je l’ai revécu face à <em>Hurlevent</em>, lorsque Fennell choisit de faire du personnage d’Isabella une femme-enfant qui choisit la soumission, là où Brontë montrait une victime qui trouve la force de fuir. L’adaptation semble avoir desservi le personnage… paradoxal pour une œuvre <em>féministe</em> bénéficiant de près d’un siècle d’avancées sur la question! </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Sur ce point, difficile de lui donner tort : elle applique sur ses<br>acteurs le regard qu’on a toujours réservé aux femmes »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la réalisatrice met en avant, c’est sa volonté de retourner le <em>male gaze</em> contre les hommes. Sur ce point, difficile de lui donner tort : elle applique sur ses acteurs le regard qu’on a toujours réservé aux femmes. En effet, elle filme le corps masculin comme objet de désir, et illustre les fantasmes auxquels leurs amantes les soumettent. Néanmoins, ce geste ne suffit pas. Le cinéma d’Emerald Fennell illustre des femmes, prend en considération ses spectatrices, mais cela suffit-il à le qualifier de féministe? Pour Fennell, apparemment oui. Mon école, celle de Virginia Woolf, désapprouverait probablement</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/fennell-se-meprend-sur-bronte-et-sur-le-feminisme/" data-wpel-link="internal">Fennell se méprend sur Brontë – et sur le féminisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<item>
		<title>Davos 2026 : champ de bataille diplomatique?&#160;</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/davos-2026-champ-de-bataille-diplomatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les déclarations choc éclipsent les discussions économiques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/davos-2026-champ-de-bataille-diplomatique/" data-wpel-link="internal">Davos 2026 : champ de bataille diplomatique?&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’actualité du Forum économique mondial (FEM) de Davos n’a pas pu passer inaperçue. Cette 56e édition, tenue la semaine dernière, s’est distinguée par une virulence particulière, signe d’un contexte géopolitique explosif. Celui-ci apparaît saturé par les conflits persistants au Moyen-Orient, les affrontements sur le sol européen, et l’escalade de la violence aux États-Unis. Ajoute à cela une posture internationale de Donald Trump de plus en plus offensive. De ce fait, les questions économiques du forum semblent avoir cédé sous le poids des fractures politiques. Du 19 au 23 janvier, les grands acteurs économiques et politiques, tels que Donald Trump, Emmanuel Macron, Mark Carney, Volodymyr Zelensky, ou encore Bill Gates et Elon Musk, ont participé au caractère électrique de Davos 2026. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa création en 1971, le forum de Davos se <a href="https://www.weforum.org/about/world-economic-forum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">définit</a> comme une fondation à but non lucratif et une organisation de lobbyisme, ayant pour mission « <a href="https://www.weforum.org/about/world-economic-forum/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>d’améliorer l’état du monde</em></a> (<em>tdlr</em>) ». Les réunions annuelles donnent lieu à la publication de rapports, la création de partenariats et le lancement d’initiatives dans des domaines tels que l’innovation, le climat, ou la santé. Son importance médiatique n’est toutefois pas à sous-estimer. En effet, c’est précisément sur ce facteur que les participants semblent avoir joué cette année. Ces derniers ont tiré avantage de la nature provocatrice de leurs discours pour susciter un grand relais médiatique. C’est notamment le cas du discours de <a href="https://youtu.be/kDJ4w3dNBTI?si=yKXLsZExb19l2IuO" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Mark Carney</a>, qualifié par Anil Wasif, alumni en politiques publiques de McGill, de « <a href="https://www.policymagazine.ca/end-of-an-era-the-reckoning-at-davos/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discours le plus cité de la semaine, voire de la décennie</a> ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Les puissances moyennes doivent agir de concert, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu! »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><sub>Mark Carney, premier ministre du Canada</sub></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le thème du forum, « A Spirit of Dialogue » (Un esprit de dialogue), a été devancé par un flot de déclarations, toutes plus fracassantes les unes que les autres. L’Europe a été l’une des principales cibles des critiques. Zelensky, après avoir passé en revue la scène internationale – allant de la guerre sur son propre sol aux revendications impérialistes sur le Groenland – livre ses réclamations à l’Europe. Il demande une Europe qui serait « à l’initiative d’actions qui définissent le type d’avenir que nous aurons ». Donald Trump, dans un <a href="https://youtu.be/I5bREHuR0Fc?si=NJyz4PjYeyoYHCyk" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">discours</a> d’autocongratulation, déclare quant à lui que « certaines parties de l’Europe ne sont plus reconnaissables&nbsp;», et critique les politiques européennes sur l’énergie et la migration. Le président américain n’a pas manqué de se féliciter de l’ordre économique et politique mondial : « Le Canada existe grâce aux États-Unis&nbsp;», répond-il au discours de Mark Carney. Le premier ministre canadien avait appelé à la vigilance et à l’union des puissances moyennes face à l’hégémonie étasunienne. Par un discours qualifié d’historique par la presse internationale, il a également rappelé tant les positions du Canada en cette période de « rupture de l’ordre mondial » que ses intentions pour l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221931/carney-vision-monde-puissances-moyennes-davos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les puissances moyennes doivent agir de concert, affirme Carney, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu!</a> » Il propose ainsi une alternative pour les états ne pouvant pas se permettre d’agir seuls, restreints dans leurs options par « la taille de leur marché, leur capacité militaire, et leur capacité à imposer leur volonté ». Carney ouvre une porte aux pays du Sud, qui, tandis que l’Europe traverse une crise économique et politique, pourraient connaître une croissance soutenue au cours des prochaines années. L’innovation pourrait devenir un levier de cette croissance, le premier ministre canadien mettant l’accent sur l’intelligence artificielle et appelant à une coopération entre démocraties pour s’affranchir des puissances hégémoniques dans ce domaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche consistant à « <a href="https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/discours/2026/01/20/principes-et-pragmatisme-la-voie-canada-choisie-allocution-du-premier" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">établir des coalitions efficaces, en fonction des enjeux, entre partenaires qui partagent suffisamment de points communs pour agir ensemble</a> » se profile alors comme un pas de plus vers cette « amélioration de l’état du monde », mission officielle du forum de Davos.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/davos-2026-champ-de-bataille-diplomatique/" data-wpel-link="internal">Davos 2026 : champ de bataille diplomatique?&nbsp;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’étranger : Ozon relève le pari de l’inadaptable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/emletranger-em-ozon-releve-le-pari-de-linadaptable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elena Montefiori]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Camus]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[François Ozon]]></category>
		<category><![CDATA[L&#039;étranger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ozon promet de corriger Visconti : pari tenu ou film trop poli pour être vivant?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/emletranger-em-ozon-releve-le-pari-de-linadaptable/" data-wpel-link="internal">&lt;em&gt;L’étranger&lt;/em&gt; : Ozon relève le pari de l’inadaptable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">C’est un livre philosophique qui interroge, qui est assez transgressif. Puis j’ai vu le film de Visconti et je me suis rendu compte que Visconti, que j’adore, s’était planté, donc ça mettait la barre encore plus haut! » confie François Ozon à <em>La Presse</em>, au sujet de son nouveau film tout juste paru en salle, <em>L’étranger</em>. Un film qui interroge en effet, mais qui tente avant tout de prouver qu’aucun texte n’est « inadaptable », comme l’a été tant de fois qualifiée l’œuvre d’Albert Camus après la version de Visconti. Voilà l’enjeu : identifier les paris réussis par Ozon, ainsi que ceux ayant nui à ce film à la promo grandiloquente.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Le film finit par paraître aussi léché qu’une publicité de luxe, prête à être estampillé Chanel »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman <em>L’étranger</em>, écrit en période de colonisation française en Algérie, oscille entre l’essai politique et philosophique. Politique d’abord, car il met en lumière une cohabitation virulente entre Français et natifs à Alger, transgressant des récits idéalisés d’une Algérie où colons et colonisés s’entendent sous le même soleil. Philosophique également, car il met en scène un jeune homme français, Meursault, confronté à la réalisation d’une société absurde. Il est alors étranger à Alger, étranger à lui-même et étranger à ce que la justice lui reproche : ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère, plutôt que d’avoir tué un Arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ozon admet ne pas avoir réellement « choisi » Benjamin Voisin pour le rôle. Ils travaillaient déjà ensemble sur un projet dans lequel l’acteur joue un jeune homme parisien confronté à l’absurdité de son monde. Une proposition qui n’a pas convaincu et qui, faute de financement, n’a jamais vu le jour. C’est en se replongeant dans <em>L’étranger </em>que le réalisateur trouve une nouvelle voie, signant ainsi une seconde adaptation du roman de Camus pour le grand écran. L’acteur et le thème de l’absurde précèdent donc le scénario, et ce choix presque « par dépit » d’une telle adaptation se ressent par un film très (voire trop) esthétique, ainsi qu’une fidélité partielle au texte de Camus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans « tableaux » typiques du cinéma d’Ozon, l’image soigneusement « polie » et « <em>sex symbol </em>» de Benjamin Voisin, tout comme le choix de tourner les images en noir et blanc… ; à force d’en polir chaque ingrédient, le film finit par paraître aussi léché qu’une publicité de luxe, prête à être estampillé Chanel. Je ne peux justifier cette maladresse que par une tentative de traduire l’absurdité du protagoniste, incapable de renoncer au charme et à la beauté – puisque « cet homme va au cinéma et débute une liaison irrégulière au lendemain du décès de sa mère »! Une défense de la transgression, de l’art et du plaisir à laquelle l’adaptation filmée a rendu service malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réutilisation du texte a également servi à en proposer une adaptation de celui-ci à une nouvelle époque, mais que partiellement. Le noir et blanc, tout comme l’insertion des images d’archive ouvrant le film en sont des <br>indices clairs : on réactualise Camus, mais pas dans tous ses aspects! Le visage donné à Marie permet de mieux saisir son vécu que dans le roman, développant alors son personnage qui contraste nettement avec la froideur cynique de Meursault. La structure est également revisitée et le texte original n’apparaît que très peu : j’attendais le fameux incipit du livre, mais il n’est jamais arrivé! Tout est mis en œuvre pour que notre attention ne se tourne que vers les émotions de Meursault, à supposer qu’il en ait. Ozon ne tranche pas ce mystère installé par Camus, il l’amplifie. Je sors de la salle incapable de formuler un avis définitif, comprenant ainsi les critiques évoquant un film qui « trouble ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que la réussite du film se trouve en ces mots : amplifier le mystère plutôt que le résoudre, en cohérence avec l’esprit de Camus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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