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	<title>Come Allard de Grandmaison - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Irréductibles Gaulois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Come Allard de Grandmaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2015 18:47:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les correspondants parisiens du Délit à la marche républicaine.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">S</span>amedi et dimanche la France s’est relevée. Après l’abattement ayant suivi les actes terroristes de cette semaine, d’immenses rassemblements ont eu lieu dans de très nombreux villages et villes de France. Près de quatre millions de citoyens se seraient mobilisés, dont environ 1,5 million à Paris. Ces chiffres sont approximatifs car l’afflux de personnes aurait rendu le comptage impossible selon le ministère de l’Intérieur. La plus grosse marche a donc eu lieu dans la capitale, entre la place de la République et la place de la Nation. Jamais ce parcours n’aura autant été chargé de sens.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Avant cette mobilisation, dix-sept personnes sont tombées sous les balles de barbares. Parce qu’ils étaient journalistes, policiers, juifs. Français. C’est pour chacun d’entre eux que le peuple s’est uni en cette fin de semaine: «Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place». Le chant des Partisans est plus que jamais d’actualité. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>«Marchons, marchons»</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«Deux millions!» disait la télévision branchée sur la chaine d’informations <i>BFM TV</i> dans un kebab sur la route du retour de la Marche Républicaine. À ce moment-là, les marcheurs n’avaient aucune idée du chiffre exact. Tout juste savaient-ils qu’ils n’avaient jamais pris part à un rassemblement d’une telle ampleur. Beaucoup (dont les auteurs de cet article) n’ont même pas pu accéder à République, d’où partait le cortège. «Du jamais vu depuis la libération!» a noté un serveur dans un restaurant <i>McDonald’s</i> environnant. Comme l’avait annoncé le député Henri Guaino, le peuple français a étonné la planète, et Paris fut pour quelques heures «la capitale du monde», selon les mots de François Hollande. Le président français a ajouté avant l’événement sur Twitter: «Le pays va se lever tout entier sur ce qu’il a de meilleur.» </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Avant même l’arrivée aux abords de la place de la République, la foule est dense: les transports en commun sont pratiquement inutilisables, et nous sommes forcés de descendre à la station de métro Miromesnil (à environ quatre kilomètres de République). Au fur et à mesure que nous nous approchons du point de départ officiel, le cortège grossit, empêchant toute progression: nous avons avancé d’approximativement 400 mètres en trois heures. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">En plus de l’étendue de la foule, ce qui surprend et témoigne véritablement de cette unité populaire est la diversité des manifestants: beaucoup de personnes âgées, des familles avec des poussettes, des marginaux, des adolescents, des pères de famille, des étudiants, des politiciens, des étrangers… tous se pressent sur le boulevard, entonnant de multiples «Marseillaise» et applaudissant. Nicolas M., étudiant de 21 ans, explique avoir été séduit par «ce rassemblement de tous bords, spontané et sans étiquette». Les clivages ont effectivement été effacés pendant quelques jours. C’est ce qu’admire Dominique, journaliste de <i>La Vie</i> rédigeant un blogue témoignant de sa vision de la société en tant que chrétienne mariée à un musulman. Elle explique que bien qu’ayant vécu à Montréal pendant deux ans, elle n’y a jamais retrouvé la force de cette masse française si diverse et pourtant extrêmement unie.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Unis en quel nom? </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les manifestants ont applaudi, crié «Ici c’est Charlie!», «Liberté». Mais les slogans sur les pancartes et les commentaires de chacun témoignent tout de même de différentes raisons ayant poussé les gens à sortir dans la rue, au-delà de leur désir de faire front commun après le drame. Certains affichent clairement leur soutien à la liberté d’expression, revendiquent le droit à l’insolence. Les noms des journalistes de <i>Charlie Hebdo</i> fleurissent et on peut lire «C’est l’encre qui doit couler, pas le sang». Un homme d’une soixantaine d’années nous explique que <i>Charlie</i> est le combat de sa jeunesse, que les dessins du journal satirique ont libéré la France autoritaire d’après-guerre. Mais tous ne partageaient pas la posture de <i>Charlie Hebdo</i>, à l’image d’Augustin M., étudiant en région parisienne, qui souhaitait avant tout montrer «l’unité de la France», dire «qu’on n’a pas peur», et pour qui la défense de <i>Charlie Hebdo</i> n’était pas une motivation.</span></p>
<p class="p1">D’autres sont là en solidarité avec les forces de l’ordre, qui ont perdu trois agents et ont été omniprésentes ces derniers jours. Un policier très ému explique pouvoir défiler car il fait partie de la Police Judiciaire, qui n’a pas été mobilisée dans le cadre de l’impressionnant dispositif de sécurité encadrant la marche. Outre les marques de respect à l’égard des journalistes de <i>Charlie Hebdo</i> et des forces de l’ordre, les victimes de l’Hyper Casher de Vincennes n’ont pas été oubliées. Des pancartes «Je suis juif» étaient visibles ponctuellement.</p>
<p class="p1">Au-delà des motivations de chacun, les Français ont marché ensemble pour que perdure dans leur pays une tradition d’humanisme, pour que la tolérance et le respect triomphent face aux intégrismes, islamisme radical en tête. Pour Manon H., étudiante à Paris, la beauté de ce rassemblement résidait dans le fait que «malgré les déchirures internes de la société nous avons prouvé que nous étions encore capables de nous réunir pour rejeter la haine, l’obscurantisme et la terreur».</p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Larmes au poing</b></span></p>
<p class="p1">Le soir même du premier attentat, des milliers de personnes étaient déjà descendues dans la rue. <i>Le Délit</i> était alors présent place de la République à Paris, et sur l’avenue McGill College à Montréal. Le silence était de mise, chacun encore assommé par le massacre de <i>Charlie Hebdo</i> portait son deuil et baissait la tête à la lueur des bougies.</p>
<p class="p1">Cette fin de semaine, le climat était différent. Les larmes séchées, les têtes relevées, la gueule ouverte, les Français résistaient. «On n’a pas peur!» criaient-ils pour montrer qu’ils ne voulaient pas s’abaisser face aux menaces terroristes qui planaient sur l’événement. Cette foule s’était rassemblée pour célébrer l’esprit d’insoumission: «Les esprits libres sont invincibles» pouvait-on lire sur une affiche. C’était un message fort envoyé au monde, et surtout aux intégristes de tout poil. C’était aussi une manière de réparer les vivants. Les rues de Paris sentaient l’espoir et la fierté; elles qui ont si longtemps pué le pessimisme et l’autoflagellation. Entre «Mourir pour des idées» de Brassens et «<i>Get up Stand up!</i>» de Bob Marley, les Parisiens applaudissaient même la police à chacun de ses passages. Un moment unique dans une vie de Français! Les gendarmes et policiers eux-mêmes semblaient surpris par tant de respect.</p>
<p class="p1"><span class="s2">L’effervescence n’était pas non plus digne de Monet et sa <i>Rue Montorgueil</i>, les étendards levés et la foule dansante. Les Français ont su rester pudiques. Ils avaient du mal à chanter à pleins poumons; chacun se retenait, «la Marseillaise» flottait, légère, sur la foule. Comme l’expliquait un père à son jeune fils, «Non, aujourd’hui, ce n’est pas la fête». C’est cela qui a fait la singularité de cette journée: tous étaient partagés entre l’accablement d’hier et l’enthousiasme du moment. Manon H. parle de «réconfort». Incarnant cet esprit d’apaisement, une femme au regard triste fumait son calumet à la fenêtre en dansant au rythme de «Aux armes et caetera» de Gainsbourg: une Marianne libérée et en paix. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Lundi, déjà, on parle de la présence discutable de certains chefs d’État dans le cortège, de la polémique qui retombe sur Dieudonné, de la situation alarmante dont témoignent les professeurs d’école quant aux réactions proterroristes de certains de leurs élèves… Dimanche a marqué la fin d’une semaine tragique, l’apogée d’un mouvement de réactions belles et solidaires; mais le combat perdure. La France doit tirer les leçons de ce drame, ne céder ni à la psychose ni à l’angélisme. C’est en substance le message de nombreux politiciens, journalistes, experts et citoyens. </span></p>
<p class="p1"><span class="s2">Il y a quelques semaines, au micro de <i>France Culture</i>, l’emblématique Plantu citait un proverbe mexicain qui capture parfaitement l’esprit de ces derniers jours: «Ils croyaient nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines.»&nbsp;</span></p>
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		<title>Un cri désenchanté</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/09/10/un-cri-desenchante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Come Allard de Grandmaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2013 05:54:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réflexion sur 'Scoops' de Christophe de Ponfilly</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2002, <i>Scoops</i> paraît aux Éditions du Félin. Il s’agit, selon les mots de l’auteur, d’un «coup de gueule romanesque». En effet, dans cet ouvrage, le grand reporter Christophe de Ponfilly, lauréat du Prix Albert Londres, dénonce les rouages du système médiatique. Il montre, de manière lucide, à quel point le sensationnalisme et la course à l’audimat faussent la réalité.</p>
<p>Tout commence pendant la guerre du Vietnam, lorsque John Leny, un jeune homme franco-américain, décide de rejoindre ce pays pour rencontrer les grands reporters qui l’inspirent et dont les récits ont peuplé sa jeunesse. Sur place, il réalise que l’on peut diviser ces journalistes en deux espèces très différentes: ceux qui écrivent sans vivre les événements, qui ne font que raconter avec lyrisme les instants qu’on leur rapporte; et les autres, les «allumés», ceux qui vouent un culte à la vérité et qui méprisent leur vie. Parmi eux, Pontiac, un Français désabusé, moqueur, mais si authentique et passionné que Leny s’attache à lui, le suit, et devient son apprenti. Il retiendra notamment cette phrase, qui le suivra toute sa vie: «Le journalisme si ça sert à quelque chose c’est à montrer la réalité. La vérité à poil. Les hommes».</p>
<p>Après le Vietnam, Leny enchaîne les reportages pour une grande chaîne américaine, la WWX, avec l’impression croissante de ne pas être à sa place. En effet, on lui demande en permanence de se conformer à ce que montrent les autres chaînes, c’est à dire ce que l’audimat attend. Son chef a ainsi cette phrase, qui résume le cynisme de l’intelligentsia médiatique: «Le bonheur des autres n’intéresse personne. Seules les tragédies passionnent les gens. Le filon est inépuisable». Pour la WWX, Leny parcourt le monde en quête d’images, de témoignages, pour montrer les choses telles qu’elles sont, et non telles qu’elles devraient être. Seulement la tâche est rude, car son patron lui demande de montrer ce que le public attend, c’est-à-dire ce que les autres reporters proposent. Parfois au prix de leur éthique, comme pour ce journaliste qui paie des enfants en Irlande pour lancer un cocktail Molotov sur une voiture afin d’illustrer la violence du conflit qui déchire le pays. Face à cette malhonnêteté intellectuelle, Leny se retrouve bientôt perdu, sa raison d’être l’abandonne. Il va alors tout plaquer, et devenir free-lance: il pense ainsi pouvoir gagner en liberté, travailler sans se compromettre et être enfin la voix de ceux qui n’en ont plus. Mais une fois encore il se trouve soumis à la loi de la demande, car aucune télévision n’accepte de diffuser ses images, ou au prix de coupures au montage. Dégouté, Leny abandonne finalement ses illusions, ses idéaux, et décide de terminer sa carrière dans une apothéose cynique, mais tristement crédible. Il choisit de prendre la WWX à son propre piège, tout en montrant au monde entier la puissance destructrice des médias. Il va monter une série de faux reportages, de plus en plus incroyables, de plus en plus violents, de plus en plus crus, et de moins en moins vrais.Jusqu’à ce que la vérité explose.</p>
<p>Ce livre est une critique aboutie et documentée du monde de l’information, et si nous ne pouvons pas nous identifier au héros, nous partageons au moins ses doutes, ses aspirations, et ses réflexions. Dans la jungle vietnamienne, Leny est rempli d’une &nbsp;étrange impression de solitude. Au fil du livre, l’étrangeté ne vient plus de la peur d’être tué, mais de celle de se mentir. La question se pose. Comment être vrai, fidèle à ses idéaux et ses principes, dans un monde qui ne réclame que l’efficacité, le superficiel? Comment parler des hommes qui souffrent quand ceux qui pourraient les aider n’en ont cure? À travers ces questions, Christophe de Ponfilly nous amène à réfléchir à la manière dont notre société fonctionne. Car si les médias sont montrés sous un jour si mauvais, il ne faut pas oublier que c’est parce qu’ils cherchent justement à séduire leurs auditeurs. Cette logique est biaisée, car le grand reportage n’est pas un bien comme les autres, il n’est pas une offre qui doit s’adapter à la demande globale.&nbsp; Au contraire, le grand reportage doit asséner la vérité, quelle qu’elle soit, et ne pas se compromettre. Les derniers mots du livre expliquent comment la société, en se croyant informée, est en fait manipulée, et ce pour son plus grand plaisir: Il faudrait écrire un texte de réflexion sur la dégradation du métier de journaliste et les dangers que les médias font actuellement courir aux sociétés qui pensent être éclairées sur le monde qui les entoure.&nbsp;<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-18177" alt="C-Livre" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2013/09/C-Livre-414x640.jpg" width="414" height="640" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2013/09/C-Livre-414x640.jpg 414w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2013/09/C-Livre.jpg 1680w" sizes="(max-width: 414px) 100vw, 414px"></p>
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		<title>L’effet Mac à Mcgill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2013/02/18/leffet-mac-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Come Allard de Grandmaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Feb 2013 04:43:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La marque à la pomme est sur la première marche du podium... jusqu'à quand?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans chaque bibliothèque, amphithéâtre, chambre d’étudiant de McGill, on trouve des produits Apple. Ainsi, un sondage réalisé par des étudiants à «<i style="font-size: 13px;">New Rez</i>» montre que 75% des étudiants sont équipés d’un Mac, ce qui pourrait s’appliquer à l’ensemble de McGill. Ce chiffre est confirmé par la boutique Apple de la librairie de McGill&nbsp;: un de ses employé exllplique que les étudiants ainsi que&nbsp;les professeurs, achètent majoritairement des ordinateurs Mac, bien que ceux-ci soient plus chers que la plupart des PC.</p>
<p>Si l’on cherche des données plus globales, le même constat ressort&nbsp;: d’après Trip Chowdhry, un analyste du cabinet Global Equities Research, 70% des étudiants américains entrant à l’université possédaient un Mac en 2010.</p>
<p>Cependant ce chiffre n’est pas représentatif de la réalité des ventes&nbsp;: en 2011 Apple ne possédait que 10,4% du marché, en 4<sup>ème</sup> position derrière HP, Dell et Acer. Alors comment expliquer que la majorité des étudiants soient équipés d mac&nbsp;?</p>
<p>L’effet de mode pourrait expliquer en partie la suprématie d’Apple à McGill, mais cette hypothèse semble insuffisante. La compagnie américaine doit posséder d’autres avantages pour séduire autant&nbsp;: simplicité d’utilisation, logiciels spécifiques…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Intuitif</strong></p>
<p>Un mot qui revient souvent pour qualifier les produits Apple est «&nbsp;intuitif&nbsp;». En effet, les iPods, iMac et autres produits Apple ne sont jamais livrés avec un mode d’emploi, car leur interface est relativement simple, claire, et les produits se découvrent instinctivement. Par exemple, l’iPhone est le premier Smartphone à n’avoir été doté que d’un unique bouton central, rendant superflu et compliqué les autres du même coup. Cela correspond tout à fait aux attentes des étudiants: ceux-ci ont grandi avec les nouvelles technologies, et ne veulent pas s’embarrasser de manuels et guides; ils préfèrent découvrir par eux-mêmes, et bénéficier des différentes applications. L’intégration croissante de Facebook et Twitter dans les iPads et iPhone séduit les jeunes, facilitant à l’extrême le partage de photo, entre autres.</p>
<p>En plus de cette interface agréable et attirante, les objets Apple sont en eux-mêmes des objets de design&nbsp;: c’est leur plus grande force. Ils attirent l’œil, deviennent des marqueurs sociaux que l’on cherche à montrer, à posséder avant les autres. Steve Jobs, le fondateur de la marque, disait lui-même&nbsp;: «Nous avons rendu les boutons de votre écran si beaux que vous aurez envie de les lécher» (Fortune, 24 janvier 2000). Il y a donc un lien puissant, presque affectif, entre Apple et ses consommateurs: chaque déclaration du PDG, chaque annonce, chaque nouveau produit fait l’objet de débats passionnés sur internet. La relation entre Apple et ses utilisateurs est donc alimentée, et a donné lieu à la création de communautés d’Apple-addicts partout dans le monde.</p>
<p>Apple possède donc un avantage réel qui lui permet de se positionner chez les jeunes en particulier comme une marque attractive et reconnaissable.</p>
<p>Cependant, si Apple est tant représentée, c’est parce qu’elle est extrêmement bien intégrée&nbsp;: depuis la création jusqu’à la vente, tout se fait sous la franchise Apple. De fait, les Apple Store sont un cas unique dans l’industrie informatique. Ils permettent de se mettre en avant, de se donner une certaine image, et d’offrir des services personnalisés aux clients&nbsp;: personnalisation de l’ordinateur/iPod, interaction avec les clients…</p>
<p>Les applications sont également une grande force d’Apple&nbsp;: il en existe plus de 650 000. Elles correspondent à tous les besoins, et plaisent aux jeunes pour leur facilité d’installation, leur aspect «&nbsp;social&nbsp;» (des applications comme Instagram, Draw Something ou Snapchat connectent des millions d’utilisateurs dans le monde entier).</p>
<p>De plus, Apple a récemment développé la plateforme iTunesU dont le fonctionnement est similaire à MyCourses&nbsp;: les étudiants ont accès au contenu mis en ligne par leurs professeurs, à leurs notes, mais aussi a de nombreux articles et cours donnés par des professeurs renommés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un circuit fermé</strong></p>
<p>Apple a donc su créer des contenus attractifs, des objets répondant à des besoins spécifiques. Difficile de savoir si ces besoins existent ou si Apple les a créés… Mais l’entreprise a aussi généré des produits étant complémentaires, tout en évitant le piège de l’autoconcurrence, selon Philippe Torres, conseiller en stratégie numérique à la BNP. En effet Apple parvient à rendre attractif différents objets, de l’iPod à l’iMac, en passant par l’Ipad, tout en jouant sur leurs atouts distinctifs. Ainsi, les étudiants tombent facilement dans la «spirale Apple»: la librairie de McGill est témoin de la popularité de l’iPad, même s’il est rarement le seul support informatique des étudiants. Ceux-ci l’achètent en appoint d’un ordinateur..</p>
<p>D’autant plus qu’Apple fonctionne en circuit fermé: les logiciels Apple n’ont pas toujours d’équivalent sur PC et inversement, les formats de fichiers sont parfois différents, les appareils externes comme les disques durs sont parfois utilisables sous un seul système d’exploitation. Ainsi le fait d’acheter un Mac n’est pas seulement un geste d’imitation mais répond aussi dans certains cas à un souci pratique.</p>
<p>Apple est donc de plus en plus présente dans les universités, comme le montre l’inventaire&nbsp; des ordinateurs de l’Université de Virginie&nbsp;: en 2004, seulement 8.3% des ordinateurs possédés par les étudiants étaient des Mac, contre 43.4% en 2009, et probablement plus aujourd’hui. Néanmoins la marque ne compte pas seulement sur les avantages énoncés précédemment pour s’imposer plus encore dans les milieux universitaires&nbsp;: sur le site Apple Canada, le programme «Apple et l’éducation» est mis en avant. Il s’agit pour la compagnie de présenter les avantages de ses produits aux étudiants, de les convaincre d’acheter un Mac plutôt qu’un PC. Tout d’abord, Apple explique que le système Mac est extrêmement interactif, et permet de créer l’équivalent d’un réseau social à l’intérieur même de la salle de classe, au travers d’un partage de fichiers facilité, de logiciels intégrés&nbsp;: «&nbsp;Grâce à la recopie vidéo AirPlay, enseignants et étudiants peuvent présenter le contenu de leur Mac à toute la classe.[…] La fonction Dictée permet aux enseignants et aux étudiants de dicter plutôt que de taper.&nbsp;»</p>
<p>En plus de ce développement volontairement tourné vers les étudiants, Apple propose également des avantages financiers lors de l’entrée à l’université&nbsp;: pour un étudiant de CEGEP ou de l’Université McGill, un Macbook Pro coûte 100 dollars de moins.</p>
<p>Ainsi, Apple voit son influence croitre sur les campus universitaires, ce qui se remarque par la multiplication des espaces de vente au sein des universités. Celui de McGill en est un parfait exemple, avec près de la moitié de l’espace informatique de la librairie consacré à la marque de Cupertino.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Bientôt la&nbsp;fin d’une ère&nbsp;?</strong></p>
<p>Cependant, cette expansion va-t-elle connaître un terme&nbsp;? Une enquête réalisée par l’agence Buzz Marketing Group et relayée par Forbes révèle en effet que les jeunes ne trouvent plus Apple «&nbsp;cool&nbsp;», mais presque ringard, car la marque en est venue à séduire leurs parents, et parfois même leurs grands-parents. Ainsi l’effet de mode Apple pourrait commencer à s’épuiser chez les nouvelles générations (post- 2000), notamment dans le terrain des smartphones et des tablettes, face à des concurrents plus originaux. Microsoft, par exemple, propose avec Surface une tablette inédite, différente: elle est «&nbsp;multiutilisateur&nbsp;», c’est-à-dire qu’elle n’est pas reliée au compte d’un seul usager comme c’est le cas avec l’iPad. Le problème du «tout Apple» ressort ici: à force de vouloir connecter et contrôler la production et l’utilisation de ses produits, Apple a lassé ses clients, qui se sentent «prisonniers». Certains aspects des produits et du système Apple seraient donc des freins à la consommation. De plus, un certain manque d’originalité commence à être reproché à la firme de Tim Cook, notamment concernant l’iPhone 5, qui a déçu bien des utilisateurs attendant mieux qu’un iPhone 4S plus grand et plus fin.</p>
<p>Mais une autre problématique, plus grave, est également à prendre en considération:&nbsp; celle de la maltraitance des ouvriers Apple en Chine. Car il ne faut pas oublier que les beaux objets que les foules s’arrachent ont un coût caché, qui n’est pas mesurable. Celui-ci commence à être connu à travers les polémiques sur les conditions de travail (insalubrité, dortoirs bondés, travail d’enfants) et les suicides dans les usines Foxconn de Shenzen et Chengdu, révélées par le <i>New York Times</i>. Ainsi lorsque Steve Jobs déclarait&nbsp; «Mon travail n’est pas d’être gentil envers les gens. C’est de rendre leur vie meilleure», on peut douter de son honnêteté. A moins qu’il ne divise les gens en plusieurs catégories… Cette face sombre de l’entreprise n’a pour l’instant pas de réel impact sur&nbsp;la réalité des ventes, mais la crise est bien là (il y a eu des «litiges» en octobre 2012 au sein d’une usine Foxconn). Et il n’est pas improbable qu’elle s’étende de la production aux ventes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2013/02/18/leffet-mac-a-mcgill/" data-wpel-link="internal">L’effet Mac à Mcgill</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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