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	<title>Charles-Élie Laly - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>«Grandescunt aucta labore»?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles-Élie Laly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2014 06:37:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on s’aperçoit que notre devise est une citation tronquée.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>a devise officielle de l’Université McGill: «tout s’accroît par le travail», est un détournement, pire, une usurpation idéologique. Car que dit Lucrèce – le passeur latin d’Épicure – au vers 1160 du livre II de son célèbre poème <i>De Rerum Natura</i> (<i>De la Nature des Choses</i>)?</p>
<p class="p3"><span class="s2">Tout d’abord, transcrivons la proposition en entier: «<i>quae nunc vix nostro grandescunt aucta labore</i>». Selon le professeur Martin Sirois du Département d’histoire à l’Université McGill, cela veut dire littéralement: «qui maintenant ne grandissent que par notre labeur accru».&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La proposition fait référence aux bœufs, moissons et autres produits de la Terre que nous consommons. Mais attention, l’insistance sur l’accroissement par l’emploi des deux verbes est tout le contraire d’un superlatif valorisant; c’est en effet la marque d’une indignation face à la nécessité absolue du travail pour vivre. Ce carcan est d’autant plus inacceptable qu’il n’est que contemporain selon lui. En effet, Lucrèce contraste cette condition humaine avec celle d’un Âge d’Or sous le règne du titan Saturne (père de Jupiter) et à jamais révolu, où la Terre donnait <i>spontanément</i> ses richesses aux hommes.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce déclassement – analogue à la Chute depuis le Jardin d’Eden – s’inscrit dans une théorie de la cosmologie autant matérialiste que sombre: de même que l’infinité des autres mondes, la Terre est née et mourra; la voici même toute proche de son fatal destin. Un visionnaire du désastre climatique? S’en est-il fallu de quelques siècles pour vérifier ses dires? En tout cas, Lucrèce, toi qui ne demande qu’à «cueillir le jour», justice t’est faite!&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Seulement il y a un autre hic: Lucrèce détourne lui-même le mythe de l’Âge d’Or à son gré. Le même professeur Sirois nous apprend que dans un poème fondateur (7<i>e</i> siècle avant J.-C.) de l’hellène Hésiode, ce dernier tire du déclassement de l’Homme le précepte contraire de Lucrèce, c’est à dire: «Travaille dur!». S’arroger la parole d’un <i>auctor</i> pour mieux en renverser les valeurs ne date donc pas d’hier. Alors, McGill, partisan d’Hésiode ou de Lucrèce?</span></p>
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		<title>Une affaire de com’</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/11/04/une-affaire-de-com/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles-Élie Laly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2014 20:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Spéciaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Délit rencontre Philippe Holl, publicitaire spécialisé entre le Québec et la France.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><i>Philippe Holl a confondé il y a quatre ans et est aujourd’hui PDG de </i>CH&amp;C, <i>agence de communication spécialisée dans l’accompagnement de firmes françaises implantées au Québec et vice versa.&nbsp;</i></p>
<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><b>e Délit</b>: <i>Qu’est-ce qui vous a mené à cette forte spécialisation en créant </i>CH&amp;C<i>?</i></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Philippe Holl:</b> J’ai découvert le Québec parce que je me suis marié avec une Montréalaise, et j’ai fait des allers-retours depuis 25 ans. Cette idée, qui me trottait dans la tête depuis assez longtemps, a vu le jour il y a quatre ans, parce qu’on a commencé à parler de croissance canadienne durable, avec un rapport de l’OCDE qui table sur 2,5% de croissance du PIB par an jusque 2050. Et je m’étais rendu compte que beaucoup de Français se font de fausses idées sur le Canada. Ils pensent que tous les Québécois les aiment, les admirent, les respectent. Ce qui est parfois vrai mais le côté «maudits français» est totalement oublié; de même que le «je me souviens» n’est pas anodin. […] Ainsi, pas mal de marques françaises pensent s’exporter au Québec en se disant que ce sera facile, que puisqu’ils parlent notre langue, on n’aura pas besoin d’adapter notre publicité. Ce qui est une aberration. Montréal est en Amérique du Nord; sa culture est nord-américaine.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que les Québécois s’attendent plus à s’adapter dans les communications en allant en France? Et est-ce que votre chiffre d’affaires se fait dans ce sens?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H.</b>: Il se fait principalement dans le sens Québec-France, ou Canada-France. Nos trois plus gros clients sont canadiens. Toutes les grosses compagnies françaises (<i>L’Oréal, Lafarge, Ubisoft</i>, etc.) sont déjà là depuis longtemps. De toutes manière, les très grosses compagnies font appel à leur propre réseau de communication globale, ou à des agences internationales comme par exemple <i>Publicis</i>. C’est logique qu’ils ne fassent pas appel à nous. On travaille donc surtout avec des grandes compagnies au Canada, et des PME [petites et moyennes entreprises] en France. Excepté l’année dernière: on a accompagné <i>Unilever</i> avec le lancement de la moutarde <i>Maille</i> au Canada.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La problématique pour s’implanter au Canada c’est que très peu d’agences locales couvrent tout le pays. C’est soit le Québec, soit le Canada anglophone.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>En quoi peuvent consister, vos services conseils?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H</b>.: Il y a d’abord les relations publiques. Par exemple, sur huit millions de Québécois, environ six millions ont un compte en banque chez le <i>Mouvement Desjardins</i> [client majeur]. C’est une situation de quasi monopole qui n’a pas de pendant en France. Ils se sont implantés à Paris il y a deux ans, mais absolument personne ne les connaît; voire on les confond avec un site de jardinage en ligne. Il y a donc un travail de notoriété à faire. Et après un réseau à mettre en place avec la diplomatie canadienne et québécoise en France. Il faut tirer parti de relations en place, comme les jumelages Montréal-Lyon et Québec-Bordeaux. Dans toutes les régions françaises, il y a un engouement certain avec le Québec; il faut surfer sur cette volonté, et les suivre dans leur développement économique! Enfin, il y a toute une stratégie de communication à mettre en place; selon la finalité: soit du digital, soit de la télé, soit de la presse. On crée le contenu le plus souvent, ou pour les grands groupes québécois on se cantonne à adapter leurs campagnes existantes. Il y a des expressions qui ne sont pas exploitables ici [en France]!</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">&nbsp;<b>LD</b>: <i>Est-ce que les différences culturelles sont un frein aux échanges? Notamment, commerciaux?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H</b>.: Non, ce n’est pas un frein. C’est toujours riche d’échanger avec des gens qui ont des méthodes différentes. L’avantage pour le monde des affaires c’est que les systèmes juridiques québécois et français sont très proches. Ce n’est pas le code Napoléon mais c’est dans l’esprit. Par contre, le vocabulaire dans le système financier est très différent. […] Donc on doit parfois mettre les clients en relation avec des avocats ou le <i>Mouvement Desjardins</i>. […] J’entends d’ailleurs des gens qui disent que c’est long d’ouvrir une entreprise au Canada, ce qui est complètement faux; et en France ça va très vite aussi.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Les échanges entre la France et le Québec restent modérés. La France n’est que le quatrième partenaire commercial du Québec, et le Québec a dix fois plus d’échanges avec les États-Unis. Est-ce un filon viable?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H.</b>: Les échanges sont importants [3.7 milliards CAD en 2013]. Bien sûr, il y a un plan géographique et historique, mais beaucoup va changer avec l’accord de libre-échange Canada-Union Européenne.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que vous vous attendez à un fort impact sur vos affaires?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H</b>.: Oui, ça va être avec un accélérateur. Je ne connais pas tous les détails mais j’y voit des points positifs. […] On attend des éléments concrets pour 2015. Voici ce qu’on dit aux entreprises françaises qui cherchent des points de croissance. Ils se sont tournés vers les BRICs [Brésil, Russie, Inde, Chine]. Mais ouvrir au Québec, c’est une facilité et une stabilité incomparables. Est-ce qu’on préfère sept points de croissance avec un risque? Ou 2.5 sur les cinquante prochaines années? […] Denis Coderre expliquait en visite à Paris que les affaires à Montréal, c’est comme arriver à Dorval plutôt qu’à JFK [aéroport de New York]: c’est plus simple.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Pour les aspects réseaux et conseils, en quoi est-ce que vous différez des délégués commerciaux [accompagnateurs des entreprises dans les chambres de commerce]?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H.</b>: Demandez aux entreprises françaises ce qu’elles pensent d’<i>Ubifrance</i> [Agence française publique pour le développement international des entreprises]. Ils donnent des états du marché, ce ne sont pas des commerçants.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>S’il fallait donner un conseil à une entreprise québécoise et à une entreprise française pour le commencement d’une relation d’affaires?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H.</b>: Pour les Français: qu’ils apprennent l’anglais, soient plus gentils et plus modestes. Les québécois: moins modestes, moins gentils. (<i>Rires</i>)</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">&nbsp;<b>LD</b>: <i>Quel a été un de vos succès, qui illustrerait une coopération franco-québécoise?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H</b>.: Plus que notre apport [aux clients], je pense aux grandes entreprises, qui en elles-mêmes sont un accélérateur dans les deux sens. Par exemple, l’ouverture de <i>Desjardins</i> à Paris n’est pas insignifiante, c’est un geste fort qui va aider le tissu économique dans les deux sens. Les grands groupes n’ont besoin de personnes; par contre les PME qui vont en bénéficier sont celles qui au total contribueront le plus à l’emploi et aux échanges. […]</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>LD</b>: <i>Est-ce que vous vendez le Québec comme une porte vers les États-Unis?</i></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>P.H</b>.: Montréal, pour moi, c’est la porte d’entrée sur l’Amérique du Nord; de même que Paris sur l’Europe. Pas Londres. […] Si l’on veut envahir l’Europe, il faut passer par la France, géographiquement et culturellement.</span></p>
<blockquote>
<p class="p3">Les chiffres des relations économiques Québec-France:</p>
</blockquote>
<p class="p3"><strong>3,7 milliards de dollars</strong><i> – Le montant des échanges commerciaux Québec-France en 2013</i></p>
<p class="p3"><strong>35 000 dollars US PPA</strong> <i>– Le PIB par habitant au Québec et en France en 2011 selon le pouvoir d’achat. Le niveau de vie est donc similaire.</i></p>
<p class="p3"><strong>4e</strong><i> – La place de la France comme partenaire commercial avec le Québec, avec 2,3% des exports et 3,3% des imports en 2011 (à comparer avec les Etats-Unis 67 et 30%).</i></p>
<p class="p3"><strong>2e</strong><i> – La place de la France comme investisseur au Québec, soit des liens plus directs, notamment dans l’aéronautique, les technologies et l’agroalimentaire.&nbsp;</i></p>
<p class="p3"><strong>43%</strong><i> – La part des échanges franco-canadiens qui se faisaient avec le Québec, alors que la Belle Province représente 19,5% du PIB du Canada.</i></p>
<p class="p3"><strong>45 &amp; 27%</strong><i> – Les parts des exports dans les PIB québécois et français respectivement.&nbsp;</i></p>
<p class="p3"><strong>AECG</strong><i> – Accord économique et commercial global, le traité de libre échange entre le Canada et l’Union Européenne a été conclu le 26 septembre 2014.&nbsp;</i></p>
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		<item>
		<title>Le théâtre de la lutte sociale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/le-theatre-de-la-lutte-sociale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles-Élie Laly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2014 05:36:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Forum citoyen sur la fiscalité québécoise s’est (tant bien que mal) tenu à Montréal.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Un&nbsp;</span>large bandeau portant ce message: «S’illles veulent couper, qu’illes commencent par leur tête» m’accueille devant l’Institut du Nouveau Monde. L’instinct héréditaire et l’appartenance à Desautels (en plus peut-être de mon rigorisme en matière d’orthographe) décident immédiatement de mon ralliement: avec l’ordre, contre les socialo-anarchistes encagoulés.&nbsp; La politique est viscérale, identitaire, confessionnelle. C’est donc en abandonnant ma prétention à l’objectivité – d’où le «je» – qu’il me faut aborder le thème de la fiscalité.</p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Remise en contexte</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le 12 juin, le ministre des Finances, M. Carlos Leitão, ancien mcgillois, annonce la remise à plat du régime fiscal et la création d’une commission d’examen dédiée. Celle-ci est dirigée par M. Luc Godbout, qui doit conseiller le gouvernement via un rapport d’ici décembre. Il a pour objet d’«accroître l’efficacité, l’équité et la compétitivité du régime fiscal tout en assurant le financement des services publics». En d’autres termes, il s’agit de trouver un plan d’action pour réduire les déficits publics (estimés à 3.1 milliards de dollars pour l’exercice 2013–2014, soit environ 3% du budget; par ailleurs, le service de la dette y représente 11%). Pour ce faire, la commission a, entre autres consultations, recours à celle des citoyens, «qui doit apporter un éclairage nouveau [aux experts]» selon M. Godbout. Concrètement, les membres de la commission doivent parcourir le Québec et entendre la voix du peuple lors de six forums. Ceux-ci sont organisés par l’Institut du Nouveau Monde – une association spécialisée dans la démocratie participative.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>La confrontation avec les manifestants</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">J’entre dans l’histoire fiscale du Québec en ouvrant les portes du luxueux Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM, sous des chants appelant à la mort du patronat. Contrairement à mes attentes, le Forum Citoyen sur la Fiscalité Québécoise à Montréal est un événement à la symbolique et à la portée suffisamment fortes pour déplacer une centurie (plutôt soixante-dix manifestants au pic de la soirée) face à l’ «Austérité». Les manifestants envahissent la salle à plusieurs reprises en scandant des propos inintelligibles mais dont la logique peut se résumer ainsi: le rapport de la commission est déjà écrit (en substance) et donc cette consultation n’est qu’une mascarade. Avec l’appui de pompiers, les invasions sont successivement repoussées à l’extérieur. L’alarme, les sirènes et les gyrophares rouges chargent l’atmosphère, et avivent certainement la fougue révolutionnaire. Le forum se tient dans la rue puisque certains participants débattent avec les manifestants à coups de reproches tels que : «Vous paralysez les citoyens» versus «C’est une consultation publique pour l’austérité, une dépense publique, […] un processus de légitimation».</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">&nbsp;Les échanges relèvent généralement d’une lutte pour l’espace sonore plutôt que de l’argumentation; et des manifestants avouent naïvement avoir rallié le mouvement le soir-même au «souper ras-le-bol» à UQAM, afin de continuer ensuite par une tournée des bars. Néanmoins, certains sont plus renseignés, tel David Sanschagrin (journaliste et étudiant en sciences-politiques) qui dénonce un «rapport pré-écrit» étant donnés les écrits passés de M. Godbout et son appartenance (ainsi que deux autres chercheurs de la commission) au collectif de recherche CIRANO, accusé d’être un «<i>think-tank</i> néo-libéral». Plus fondamentalement, il critique la méthode comme un «produit d’experts» et non le résultat d’un processus politique. Je m’interroge cependant sur le paradoxe de vouloir défendre la démocratie tout en empêchant un archétype de participation citoyenne d’avoir lieu. Je note en passant qu’il leur a manqué l’argument des potentiels conflits d’intérêt liés à la participation d’acteurs du privé dans la commission: le président de Deloitte Québec et la vice-présidente de la Banque de Nouvelle-Écosse. Quant aux organisateurs: les membres de l’Institut du Nouveau Monde, ils avouent s’être attendus à la manifestation (une autre a déjà eu lieu à Lévy) et tiennent le même constat paradoxal. Enfin, après une heure d’interruption et contre toute attente, le forum débute à l’intérieur. Bilan des hostilités: les deux tiers des participants sont partis; nous sommes une trentaine.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le déroulement du forum citoyen&nbsp;</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Par conscience professionnelle, je m’assois à la table «fiscalité des entreprise», l’un des quatre axes de réflexion sur la fiscalité. Les autres sont: «équité», «tarification» (ou plus précisément: l’assiette fiscale), et «travail-épargne». Toutes les tables se rejoignent finalement dans leur grogne sociale, notamment dans le désir de lutter contre les paradis fiscaux, la volonté d’augmenter les recettes de la province plutôt que d’effectuer des coupes supplémentaires, et la nécessité d’imposer plus les (grandes) entreprises relativement aux particuliers. Pour ma part, je constate la difficulté de répondre aux questions précises de l’énoncé en ne connaissant que la Taxe sur les Produits et Services (TPS, taxe fédérale de 5%) et la Taxe de Vente du Québec (TVQ, taxe provinciale de 9.975%). Bien que cela eût pu être décrié comme une influence sur les citoyens, je regrette de ne pas avoir accès au budget de la province ou au rapport sur la fiscalité des sociétés – rédigé par cette même commission, ils sont accessibles sur le site du gouvernement.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Dans l’ombre par absence de chiffres, chacun ébauche de vagues directions à prendre sur des sujets nous concernant – bien sûr en notre faveur – jusqu’à ce qu’un profil plus philosophique à ma table questionne les fondations de la fiscalité, le paradigme de la croissance économique, et la nature même de l’économie. Sans aller si loin, c’est déjà plus éclairés, que nous aboutissons implicitement à trois interrogations majeures. Tout d’abord, nous constatons la tension entre les deux critères qui guident la mise en place d’une fiscalité – non pas la gestion des revenus mais la répartition de la charge – que sont la croissance économique et l’équité. Est-ce que la fiscalité doit simplement minimiser son effet dissuasif sur chaque transaction ou épargne entreprise afin de maximiser la richesse globale? Ou bien, doit-elle avoir pour but principal l’éducation et la justice dans l’application de ses différents taux?&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le «philosophe» déconcerte ensuite tout le monde en questionnant l’imposition sur les entreprises. Il suggère que seul le citoyen devrait être imposé; directement. Si les revenus et le patrimoine des entreprises n‘étaient pas imposés, alors ceux-ci seraient assimilables aux revenus des actionnaires, qui deviendraient personnellement responsables de toutes les dettes de la compagnie. Cela remet donc en question la notion d’identité morale de la société de capitaux (également appelée «société anonyme»), qui permet la dissolution du risque grâce à une responsabilité limitée à la participation (valeur des actions) de chaque associé.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">&nbsp;La simplification administrative est évidente, mais deux critiques me viennent à l’esprit. Déjà, quel serait l’impact sur l’entrepreneuriat? Puis, l’apport de capital ne se justifierait plus que proportionnellement au pouvoir de décision, donc toute participation minoritaire serait défavorable. Ainsi, et, à fortiori, si l’on désire modérer les inégalités de richesses, comment les grandes entreprises verraient-elles jour?</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">&nbsp;Enfin, dans ce contexte de forum citoyen, une lutte s’organise naturellement sur la question : à qui doit échoir la responsabilité de décider de fiscalité? Quelle est la part du citoyen? Plusieurs voix s’élèvent contre la gestion par les techniciens; alors que les experts sont assis en face d’eux. Le forum s’achève dans une atmosphère délétère, de révolte née d’une union contre les commissaires gouvernementaux. Moi-même, passablement néo-libéral, me laisse porter par cette contestation populaire.</span></p>
<p class="p3"><b>Vue d’ensemble</b></p>
<p class="p5"><span class="s1">C’est le théâtre de la lutte social qui se trame au complexe Pierre-Dansereau. La seconde scène – l’agora face aux Trente ou la vindicte populaire devant les oligarques cois – n’est pas moins acerbe que la première: le blocus des manifestants.&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Les participants au forum ne sont certes pas représentatifs de lèensemble de la population montréalaise. Ce sont des membres de la classe moyenne francophone, qui plus est arborant pour beaucoup le manifeste «10 milliards de dollars de solutions» de la «Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics». Autant dire que si la commission peut être taxée de néo-libéralisme, la coalition qui a insidieusement dirigé la grogne sociale lors des débats peut se faire apposer – ou «imposer» – la critique d’«engagée politiquement». Néanmoins, jouer sur les extrêmes ne révèle que mieux l’enseignement d’une pièce.&nbsp;</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">De cette consultation, je ne tiendrai donc pas de modèle particulièrement efficace pour faire évoluer une question économique et sociale comme la fiscalité, ni la concrétisation de l’idéal démocratique; mais bien le renouvellement de ma conscience politique. Par ce biais, l’objectif de l’Institut du Nouveau Monde est atteint; chacun s’est exprimé, chacun a joué son rôle.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2014/10/07/le-theatre-de-la-lutte-sociale/" data-wpel-link="internal">Le théâtre de la lutte sociale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>«Au pire, ça marche!»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/22/au-pire-ca-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles-Élie Laly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Sep 2014 04:23:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>
		<category><![CDATA[Innovations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cinq entrepreneurs en herbe se lancent dans un projet à caractère social d’envergure.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">F</span>édérer la jeunesse québécoise par l’entreprenariat social, voilà le projet que se sont donné Bernard d’Arche et Théo Bourgery, McGillois et membres fondateurs de <i>La Route des Possibles</i>.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Qu’est-ce? Un tour du Québec par cinquante jeunes, ponctué de conférences d’entrepreneurs sociaux. Il faut tout de suite préciser qu’un même concept existe en France, et que c’est fort de leur participation à un «Tour de France d’entreprenariat social» l’été dernier que les deux étudiants se proposent de transposer l’expérience au Québec.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le modèle: <i>Ticket for Change</i></b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À la source du projet, il y a un modèle: <i>Ticket for Change</i>. Ce programme français — malgré son intitulé trompeur—, s’est d’abord voulu une réaction à un article du journal <i>Libération</i>, intitulé: «Jeunes français, barrez-vous!» (thème pour le moins familier des français de Montréal). Il s’est donné pour objet de montrer à la jeunesse des initiatives marquantes, qui font bouger les lignes à travers le pays, et ainsi de lui donner la force d’entreprendre, d’effectuer les changements qui lui tiennent à cœur. Comment peut-on s’y prendre pour remplir une pareille mission? <i>Ticket for change</i> (et bientôt <i>La Route des Possibles</i>) a opté pour une double stratégie: le développement personnel d’un groupe de jeunes par un Tour de France de quinze jours, ainsi qu’une communication extrêmement poussée autour du programme afin d’élargir son impact.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>La copie: <i>La Route des Possibles</i></b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’aspect pédagogique de <i>La Route des Possibles</i> est géré par Bernard d’Arche et Théo Bourgery. Quant à la coordination, la communication et la recherche de partenaires financiers, Clémence Crépeau, Marine Bonnell et Cécile Branco en sont respectivement responsables.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La méthode de formation se schématise par la «pédagogie en U». Le U reflète les trois phases du projet: inspiration, introspection, et passage à l’action. Tout d’abord, c’est l’émerveillement, la volonté de «faire briller les yeux» des participants, par la découverte d’initiatives phares. Par exemple, les exhortations de Jacques Attali (économiste, écrivain et homme politique socialiste français) et d’Emmanuel Fabert (PDG chez Danone) ont ponctué le tour français. Ensuite, il y a une phase de sortie du monde, de questionnement de soi; de là la plongée vers le monde intérieur à la base du U. Cette phase peut inclure des sessions de méditations ou des exercices de définition de son identité, en se projetant par tranches d’âge jusqu’à sa mort par exemple. L’expérience, décrite comme un défi de taille, est encadrée — «on veut éviter les suicides» plaisante Théo Bourgery. Elle doit mener à une meilleure connaissance de soi afin d’en sortir renforcé et prêt à passer à l’action. La dernière phase est donc créatrice: il s’agit de définir un projet et de le présenter le dernier jour devant tous les acteurs. Comme chaque fois, un accompagnateur permet une véritable formation et s’assure de la cohésion du groupe. <i>Ticket for Change</i> s’est soldé lors des présentations par environ un tiers de «retours sur expérience», un tiers&nbsp;de présentations d’idées vagues et un tiers de projets concrets selon les deux étudiants. Cela est peut être insuffisant pour Bernard d’Arche, qui projette d’allonger la dernière phase; néanmoins, l’objectif étant avant tout initiatique pour Théo Bourgery, peu importe le moment du déclic tant que les participants sont mis sur la «Route des Possibles».</span></p>
<p class="p6"><span class="s2"><b>La démarche sociale</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Les cinq fondateurs ont créé leur société sous le statut d’OBNL (Organisation à But Non Lucratif). Leur démarche, selon Théo Bourgery, découle «d’une envie folle de vouloir partager» l’expérience de <i>Ticket for Change</i> au Québec, mais aussi d’une même envie d’influencer la société vers une économie responsable. Il décrit en effet l’entrepreneuriat social comme le fer de lance de cette mouvance qui a la prétention de revisiter le capitalisme. Par exemple, l’absence de versements de dividendes ou la poursuite active de bénéfices sociaux la différencie de l’entrepreneuriat en général, et permet d’«optimiser le profit plutôt que de le maximiser». Cette vision, couplée au constat d’un fossé en termes de connectivité au monde entre d’une part la capitale économique: Montréal, et d’autre part les cantons de province, par ailleurs peu connectés entre eux, sert de moteur au groupe. À double stratégie (le tour et la communication) convient double objectif: «faire des cinquante jeunes des acteurs de changement» et «fédérer la jeunesse québécoise pour qu’elle entreprenne ensemble».&nbsp; Le deuxième point, également formulé par Cécile Branco comme le don d’«une vision pour le développement de toute la province», passe donc par l’inclusion de la diversité. La présence d’autochtones et d’autres représentants des minorités est ainsi nécessaire selon eux. La vaste mission de fédération des territoires pose la question, propre à l’entrepreneuriat social et insoluble pour Théo Bourgery, de chevauchement avec les pouvoirs publics. Sont-ils ici complémentaires ou rivaux? L’intérêt financier de <i>La Route des Possibles</i>, qui table sur un budget annuel de $500,000 — en ne chargeant que symboliquement chaque participant — laisse espérer leur soutien.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quelques questionnements sont pourtant de mise pour un projet de cette envergure. Comment s’assurer que la sélection des candidats maintienne la diversité tout en préférant des jeunes sensibles aux problèmes de société? Sur les plans pratiques et financiers, comment rallier au projet des intervenants et des accompagnateurs de qualité et qui se tiennent à la pédagogie en U? Enfin, comment maintenir l’organisation apolitique, tout en recherchant le financement des pouvoirs locaux et provinciaux? Autant de défis auxquels les organisateurs vont devoir répondre, d’ici l’été 2015, date prévue du lancement du projet.&nbsp;</span></p>
<p class="p3">Mais ce n’est pas l’enthousiasme qui manque. <i>La Route des Possibles</i> se veut si révolutionnaire que Bernard d’Arche affirme qu’elle prouve qu’ «être ‘bisounours’ dans un monde qui ne l’est pas, ça peut marcher», et à Théo Bourgery que «pendant un tel tour, tout est possible!» Leur optimisme forcené semble le garant du succès; l’on peut résumer ainsi: «au pire, ça marche!»</p>
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		<title>Apprendre à entreprendre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2014/09/15/apprendre-a-entreprendre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles-Élie Laly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2014 01:59:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand les étudiants se prêtent à la réinvention de l’enseignement entrepreneurial.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span>’entrepreneuriat est un mot en vogue, souvent extirpé de son sens, cristallisant les espérances. Thibaud Maréchal, étudiant de U4 à la faculté Desautels, revient d’un accélérateur pour <i>start-ups</i> au Massachusetts Institute of Technology (MIT); Thomas Brag, lui aussi étudiant à Desautels, revient pour sa part d’une jeune pousse dans l’enseignement: l’Université Draper à San Francisco.</p>
<p class="p3"><span class="s1">En entrevue avec <i>Le Délit</i>, chacun livre son expérience de formation alternative, étonnante et pratique, ainsi que sa passion pour l’entrepreneuriat, au point de vouloir s’impliquer dans la réforme de son enseignement à McGill.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Thibaud Maréchal a été sélectionné pour la première édition internationale du <i>Global Founder Skills’ Accelerator</i> (GFSA) au MIT. Il y a représenté le Canada avec ses coéquipiers: Timothée Guérin, Valentine Dessertenne, et Toby Welch-Richards. Pendant trois mois, ils ont rejoint treize équipes du monde entier dans un <i>open-space</i> sur le campus du MIT, afin de développer leur projet dans un cadre optimal, tout en bénéficiant d’une formation.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce programme consiste en trois phases. Tout d’abord la formation théorique, puis les conseils et conférences d’entrepreneurs accomplis, et enfin, la mise en pratique, échelonnée par trois conseils d’administrations simulés mais réalistes, avant la présentation et le réseautage auprès d’universitaires et d’investisseurs potentiels.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La formation théorique se déroule sur trois semaines et est intitulée: <i>Les 24 Étapes de l’Entrepreneuriat</i>. Elle définit selon Thibaud Maréchal: «un cadre possible d’agir, pas le seul, mais qui prouve son efficacité de manière empirique.»&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Fort de ce cadre, les étudiants profitent ensuite du récit des expériences d’entrepreneurs, se focalisant chacun sur l’un des quatre piliers de l’entrepreneuriat: le client, le produit, le modèle d’affaires (définition de la valeur ajoutée de l’entreprise) et la gestion d’équipe. Thibaud en tire deux leçons principales: «savoir vendre son idée est essentiel», et «plus qu’une idée, les investisseurs parient sur une équipe». En d’autres termes,&nbsp;«l’entrepreneur vend du vent; une vision, une passion, une équipe».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il s’ensuit un rythme effréné de 10 à 12 heures de travail par jour pour la phase de finalisation du projet. Tout est mis en œuvre pour intensifier cette expérience, depuis le financement par McGill des frais de vie, jusqu’à l’impulsion dynamique de mentors du MIT. Les collaborations et le partage d’informations entre les équipes augmentent considérablement leur productivité. Selon Thibaud Maréchal, «partager son idée autour de soi, c’est obtenir un retour; encore une fois, il s’agit d’améliorer son discours de vente&nbsp;». Et au-delà de tels enseignements profonds, il situe la richesse de cette expérience dans la multitude de savoirs acquis et de détails rencontrés, que seule la mise en pratique permet.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Thomas Brag est allé à l’Université Draper — fondée par le richissime spécialiste du capital risque Tim Draper, aux nombreux contacts dans la <i>Silicon Valley</i> —, pour sa première édition, en 2012, avant d’y retourner comme assistant pédagogique l’année suivante. D’une durée de huit semaines et avec un coût de $9 500, il s’agit d’un programme exclusivement éducatif, bien que les liens créés impactent le monde professionnel et que certaines activités soient pour le moins atypiques.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Les activités principales y sont les cours de programmation, les conférences de cadres et entrepreneurs de la <i>Silicon Valley</i>, et les excursions. L’ambiance est entretenue par Tim Draper, personnage haut en couleurs, célèbre entre autres pour ses cravates kitsch. Au rythme de trois par jour, les conférences forment l’essentiel du programme. Elles font office de cours, mais de manière moins formelle: à taille humaine (40 étudiants), principalement par questions-réponses, et le tout dans des poufs poires.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’enseignement à Draper se fait par «la sortie forcée de sa zone de confort», selon Thomas Brag. En effet, depuis le karaoké pour les plus réservés, en passant par l’excursion de cinq jours aux allures de camp de survie, jusqu’à l’égorgement de poulets pour se sustenter, l’Université tire son inspiration du scoutisme et de la rigueur militaire. L’absence de formalité côtoie ainsi le dépassement de soi. Les heures de temps-libre sont dédiées à la mise en pratique. Les équipes de cinq, formées dans le souci de la diversité (origine, sexe, présence d’un développeur confirmé) se lancent pour la plupart dans un projet de <i>start-up</i>, marque de l’aboutissement.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Thomas Brag diagnostique en revanche un manque de temps consacré à «la digestion, la réflexion sur les expériences», et trop peu de contact avec le pan accélérateur de <i>start-up</i> (à la manière du GFSA au MIT) également présent à l’Université. Mais il assimile l’identification de ces problèmes à celle d’opportunités, à savoir leurs résolutions. Comme le décrit avec humour Thibaud Maréchal: «un entrepreneur, c’est quelqu’un de très sympa; il passe son temps à résoudre les problèmes des autres.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Thomas Brag se prononce en faveur d’un rapprochement de McGill avec Concordia, puisqu’il avance que toute <i>start-up</i> présente en ligne doit être au moins constituée d’un développeur, d’un gestionnaire et d’un designer; ce dernier cursus étant absent à McGill. Il veut également agir à travers un projet de «site collaboratif pour entrepreneurs», basé sur l’entraide et de retours faisant office de parrainages; un projet qui s’affranchirait ainsi des distances.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Quant à Thibaud Maréchal, sa participation active au Centre Dobson pour l’Entrepreneuriat (l’organisateur de la Coupe Dobson) lui permet d’agir pour la promotion de l’esprit d’entreprise et la facilitation de sa mise en application. Ainsi, il compte étendre, par des ateliers notamment, l’écho du Centre qu’il décrit comme un «catalyseur de créativité inter-facultés».</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Allons-nous vers un changement rapide de l’entrepreneuriat à McGill? Vers un enseignement pratique et ouvert à tous ceux qui en auraient l’âme? C’est le dénominateur commun et ce à quoi les deux étudiants s’attèlent avec ardeur.&nbsp;</span></p>
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