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	<title>Catherine Brunet Rodriguez - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/c-brunet/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 24 Mar 2026 13:43:38 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Rassembler pour mieux diviser</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[constitution]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Analyse critique du projet de loi 1 sur la Constitution québécoise.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Cela fait maintenant presque </em><a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/constitution-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>six mois</em></a><em> que notre cher ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a présenté aux Québécois·e·s son fameux projet de loi 1, la Constitution québécoise. Six mois à discuter d’une constitution illégitime, issue d’un processus de non-consultation flagrant et d’un manque d’écoute évident de la part du gouvernement.</em></p>



<p><em>Ce n’est que pour vous, cher·ère·s lecteur·rice·s, que j’ai pris le temps de lire intégralement chacun des napperons présentés par le ministère, ainsi que les quarante pages de cette magnifique constitution censée représenter les désirs de tous·tes les Québécois·e·s, afin de vous produire cette charmante analyse critique.</em></p>



<p><strong>Des inquiétudes juridiques graves</strong></p>



<p>Habituellement, dans le cadre du <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/projets-loi.html#CheminementPublic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">processus législatif</a>, le gouvernement organise des consultations générales afin de recueillir l’avis de plusieurs instances avant de procéder à la rédaction et à l’adoption de lois. Ce qui rend toutefois ce cas particulier – et ce processus classique insuffisant –, c’est qu’il ne s’agit aucunement d’un document législatif ordinaire, disposant d’une portée limitée. On parle ici d’une <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">constitution</a> qui modifiera l’interprétation et la portée de la Charte canadienne des droits et libertés et qui influencera l’interprétation de nombreuses lois provinciales. S’attaquer à des enjeux constitutionnels déterminants nécessite plus qu’une consultation minimale, il faut que le ministre prenne ses responsabilités pour réellement représenter la nation québécoise.</p>



<p>Si le but du ministre est réellement de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/Napperon_Mesures_pharesVF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassembler</a> les Québécois·e·s autour de valeurs prétendument universelles, pourquoi n’a‑t‑il même pas pris la peine de <a href="https://liguedesdroits.ca/des-ressources-pour-comprendre-et-combattre-le-pl-1/#:~:text=Des%20ressources%20pour%20comprendre%20et,1%2C%20Loi%20constitutionnelle%20du%20Qu%C3%A9bec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">consulter</a> davantage la population ? Cela crée un immense <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-12-16/replique/constitution-pour-des-echanges-constructifs.php#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20Justice,Barrette%2C%20souhaite%20pr%C3%A9senter%20sa%20perspective." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déficit de légitimité</a> pour un document disposant d’une portée juridique aussi considérable. Une constitution doit exister pour le peuple et représenter ses désirs ; or, voyant les nombreuses <a href="https://amnistie.ca/sinformer/2026/canada/pres-de-800-organisations-quebecoises-rejettent-le-projet-de-constitution-du" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vagues de contestations</a>, ça ne semble absolument pas le cas ici.</p>



<p>Bien que la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution québécoise</a> soit subordonnée à la Constitution canadienne, elle dispose tout de même du pouvoir d’influencer l’interprétation des lois québécoises et de la Constitution canadienne. Il s’agit donc loin d’un projet anodin.</p>



<p>Le projet de la loi 1 comporte notamment des dispositions qui <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">affaiblissent les contre‑pouvoirs</a>, en empêchant plusieurs organisations – dont les ordres professionnels – d’utiliser des fonds publics afin de contester en justice des dispositions législatives lorsque celles‑ci portent la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">désignation</a> « <em>protège la nation québécoise ainsi que l’autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec </em>». Évidemment, le ministre a été frustré par la contestation de sa <a href="https://www.lapresse.ca/elections-federales/2025-03-31/loi-96-sur-la-langue-francaise/un-droit-est-un-droit-insiste-mark-carney.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 96</a> sur le renforcement des mesures de protection de la langue française et veut éviter que des lois similaires soient remises en question.</p>



<p>Inscrire une disposition visant à entraver la capacité de contester des lois, c’est affaiblir les contre-pouvoirs et mettre en péril l’état de droit. C’est purement inacceptable.</p>



<p>Le ministre établit des <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balises claires</a> quant à l’interprétation de la Constitution en affirmant que, <em>de facto</em>, certains droits doivent primer sur d’autres. Créer une hiérarchie générale des droits sans procéder à une analyse au cas par cas revient à écarter les nuances juridiques propres à des contextes précis et à imposer des balises rigides. Or, le système de justice et la notion même des droits et libertés ne reposent pas sur un modèle à taille unique doté de paramètres par défaut ; établir une règle générale stricte en cette matière peut s’avérer extrêmement dangereux. La force du droit s’inscrit dans ces nuances et les lui retirer peut laisser place à des jugements injustes et à une suppression de la complexité de certaines situations.</p>



<p>Comme si ce n’était pas suffisant, le ministre <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2026-02-05/projet-de-constitution-quebecoise/un-processus-d-assimilation-denoncent-des-chefs-autochtones.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’attaque</a> également aux <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2226131/projet-constitution-caq-apnql-verreault-paul-autochtones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Premières Nations</a>. Non seulement leur a‑t‑il accordé très peu de temps pour s’exprimer sur le projet de Constitution, mais le seul et unique passage traitant de leurs droits a été ajouté sans leur consentement – au point que plusieurs nations ont affirmé ne pas avoir été réellement consultées. L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador le décrit d’ailleurs comme étant « colonial, centralisateur et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations ». Cette Constitution, qui ne représente aucune avancée juridique pour ces peuples, contribue plutôt à invisibiliser leurs traditions juridiques et peut même – en raison de l’absence de reconnaissance claire – flouter les recours auxquels ils ont accès. Alors que le gouvernement avait l’occasion de poursuivre les démarches de réconciliation avec les Premières Nations, il a choisi de s’inscrire dans une logique coloniale en imposant un passage ne représentant aucun gain réel et occultant leurs principes juridiques.</p>



<p>J’aimerais toutefois aborder l’immense victoire que représente le retrait de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’article 29,</a> qui « <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">garantissait</a> » le droit des femmes d’avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Alors que le ministre présentait cet article comme un moyen idéal de protéger définitivement ce droit au Québec, de nombreux experts – dont le <a href="https://www.barreau.qc.ca/fr/nouvelle/memoires-enonces-positions/barreau-previent-constitution-doit-respecter-etat-droit/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Barreau du Québec</a> et le <a href="https://www.cmq.org/fr/actualites/pl1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Collège des médecins</a> – lui ont rappelé, lors des consultations publiques, qu’il constituait une réouverture dangereuse du débat sur l’avortement. Ainsi, si cet article venait à être renversé en cour, il existerait un document juridique invalidant le droit à l’IVG. Le droit à l’avortement aurait alors été plus en péril que jamais. Comme le souligne la Dre Élise Girouard‑Chantal dans son <a href="https://share.google/movD9sh8NYXqqxIGR" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémoire</a>, c’est précisément ce flou juridique qui fait du Québec « l’une des juridictions les plus pro‑choix au monde ».</p>



<p><strong>Une autre manière de nous faire avaler la loi 21</strong></p>



<p>Peu importe ce que vous pensez du projet de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-10-09/projet-de-loi-1/une-constitution-adoptee-d-ici-les-elections.php#:~:text=Que%20fait%20cette%20nouvelle%20loi,%C3%A0%20recourir%20%C3%A0%20l&#039;avortement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi 21 sur la laïcité de l’État</a> – interdisant notamment le port de signes religieux ostensibles –, ou le fait que celui-ci sera contesté devant la <a href="https://www.ledevoir.com/actualites/justice/939450/cour-supreme-va-entendre-contestation-loi-21-fin-mars" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cour suprême du Canada</a> ce mois‑ci, ce n’est pas grave ! Le ministre l’inclut discrètement dans la <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Constitution</a> dès les notes explicatives. Que vous l’aimez ou non, elle sera désormais imbriquée dans « la <em>Loi des lois »</em>, comme il aime si aimablement l’appeler. Non, le ministre n’attend pas le verdict du plus haut tribunal avant d’inclure ses mesures très controversées dans la Constitution même de l’État du Québec. La laïcité des services publics est loin de faire consensus au Québec, comme l’ont démontré les importantes vagues de contestation entourant la loi 21. Prétendre que cette question fait aujourd’hui consensus est tout simplement faux.</p>



<p><strong>Oui, je m’enfarge peut-être dans les fleurs du tapis, mais…</strong></p>



<p>L’un des « détails » qui m’a sauté aux yeux lors de ma lecture du projet de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/justice/publications-adm/CQ/25-001f.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi</a> est l’apparition, dès les notes explicatives, de la notion d’égalité homme‑femme. Parce qu’aujourd’hui, en 2026, il est évident qu’il existe plus de deux genres, et qu’il est essentiel de garantir à toute personne issue de la diversité de genre une protection constitutionnelle explicite et adéquate.</p>



<p>Voyant l’amour que la CAQ porte à l<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194793/politique-linguistique-quebec-etat-ecriture-inclusive" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">’écriture inclusive</a> – en cessant purement et simplement son usage dans le cadre des communications officielles –, cela ne me surprend évidemment pas. Toutefois, considérant que l’objectif de la Constitution est avant tout de rassembler la nation québécoise et de la représenter, et que la formulation « égalité des genres » aurait permis non seulement de remplir ces deux objectifs, mais aussi d’alléger la formulation, je trouve le choix des termes plutôt curieux.</p>



<p><strong>En fin de compte</strong></p>



<p>Nous avons, selon moi, probablement besoin d’une constitution au Québec. Toutefois, elle ne doit pas être rédigée par un seul individu dans son sous‑sol, qui prétend « rassembler les Québécois·e·s » autour de valeurs qu’il considère lui‑même comme universelles. Il faut inclure tout le monde ; il faut consulter le peuple avant d’affirmer que l’on parle en son nom. Alors que la CAQ tente de <a href="https://inroadsjournal.ca/quebecs-proposed-constitution-a-sword-turned-inward/#:~:text=The%20CAQ&#039;s%20electoral%20calculus,force%20by%20June%2024%2C%202026." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">faire adopter</a> sa Constitution avant la fin de la législature, malgré toute la controverse qu’elle suscite, il est essentiel d’écouter les juristes et les quelque <a href="http://ledevoir.com/politique/quebec/964521/pres-800-groupes-demandent-jeter-projet-constitution-poubelles#:~:text=%C2%AB%20Ce%20qu&#039;on%20a%20devant,presse%20non%20loin%20du%20parlement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">800 organismes </a>qui ont demandé, la semaine dernière, le retrait du projet de loi. Une constitution ne doit pas être adoptée dans la précipitation : elle exige prudence et réflexion.</p>



<p>C’est en prétendant rassembler la nation québécoise, tout en la divisant davantage, que le ministre a déposé ce projet de loi illégitime, au processus opaque, qui menace les droits et libertés, l’état de droit et qui affaiblit les contre‑pouvoirs. C’est tout simplement aberrant.</p>



<p>On colle l’étiquette « nationaliste » à une grande diversité de mesures présentant des dérives potentielles qui portent atteinte à des droits et libertés garantis par la Charte canadienne.</p>



<p>Je me décris comme étant nationaliste, mais le portrait du Québec que dépeint le ministre dans sa Constitution me repousse. Elle me fait même éprouver une certaine honte à me dire « nationaliste ». Mon Québec de demain n’exclut personne : il est accueillant. Je comprends l’ambition de protéger la langue et la culture – cela me préoccupe tout autant –, mais je ne crois pas que l’on s’attaque ici aux véritables enjeux.</p>



<p>Surtout, je veux un Québec qui respecte les droits et libertés, qui exerce une justice équitable, qui respecte les Premières Nations et qui reconnaît pleinement leurs droits.</p>



<p>Refuser cette Constitution, ce n’est pas refuser le Québec, c’est refuser un avenir qui ne nous ressemble pas et qui met en péril notre démocratie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/rassembler-pour-mieux-diviser/" data-wpel-link="internal">Rassembler pour mieux diviser</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour que la honte change de camp</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Masculinisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[violence sexuelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60413</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le silence et l’inaction entourant les violences sexuelles.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pourquoi parler de féminisme aujourd’hui, en 2026? Parce que l’illusion de la parité, de l’égalité et du respect est sans doute l’un des dangers les plus insidieux de notre époque. Tant que l’on refusera de regarder en face les réalités brutales de la condition des femmes, les violences continueront d’être banalisées, normalisées, et aucun changement réel ne pourra advenir.</p>



<p><strong>Quelques chiffres pour mettre la table</strong></p>



<p><a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Au Québec</a>, une femme sur trois sera victime d’une agression sexuelle après l’âge de 16 ans, et un homme sur huit en sera victime au cours de sa vie. Ce chiffre est déjà alarmant, mais il ne reflète qu’une infime partie de la réalité : lorsqu’on sait que seule <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une agression</a> sur vingt est rapportée à la police, on peut raisonnablement penser que cette proportion est encore plus élevée.</p>



<p>Près de <a href="https://violsecours.qc.ca/statistiques/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">70 %</a> des agressions sexuelles sont commises dans des résidences privées, et <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/statistiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">81 %</a> des auteurs étaient connus de leur victime. On est donc bien loin du mythe qu’on nous vend, selon lequel les agressions seraient surtout commises par des inconnus, dans des ruelles sombres.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que tu portais?</strong></p>



<p>C’est à 12 ans que j’ai pris conscience des mécanismes pervers d’une société qui objectifie les femmes et les contraint à se plier à des standards de beauté stricts pour être jugées dignes d’amour. Lors d’un atelier du Programme d’éducation intermédiaire (PEI), nous avions recensé ces critères supposément universels : taille fine, poitrine volumineuse, hanches larges…</p>



<p>C’est aussi à partir de ce moment-là que j’ai commencé à dissimuler un corps en pleine transformation. Je refusais d’être réduite à un objet. Je refusais les réalités dégradantes imposées à la féminité, et la peur constante des violences qu’elles charrient.</p>



<p>Mais vous savez quoi ? Cela ne m’a pas empêchée d’être suivie dans la rue à 15 ans ni de subir du harcèlement à répétition – une vingtaine de fois. Pas plus tard que samedi dernier, en plein jour, je me suis fait interpeller et suivre dans la rue alors que j’étais accompagnée d’un homme, vêtue d’un manteau d’hiver jusqu’aux genoux et d’un capuchon sur la tête.</p>



<p>Non, cela n’a jamais été une question de vêtements ni de corps. Ça n’a jamais été une question d’heure ou de quartier. Les salauds n’ont plus aucune gêne à proférer des obscénités aux femmes dans l’espace public, quelles que soient les circonstances.</p>



<p>Chaque fois qu’une femme dénonce une violence, tous les regards se tournent vers elle : « que faisais-tu dehors à cette heure-là? », « que portais-tu? », « pourquoi étais-tu seule? ». Les agresseurs, eux, ne sont jamais interrogés. « Pourquoi t’es-tu permis d’agresser quelqu’un? », cela, on ne l’entend jamais.</p>



<p>Non. Ce que l’on remet systématiquement en question, c’est la véracité de la dénonciation.</p>



<p>Laissez-moi déconstruire un autre mythe : <a href="https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/comprendre/faits" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">seules 5 %</a> des dénonciations s’avèrent infondées. Continuer à prétendre que les victimes cherchent à attirer l’attention ou à détruire la vie des puissants, c’est entretenir la culture du viol. C’est décourager les victimes de porter plainte, restreindre leur accès à la justice et retourner le système contre elles.</p>



<p><strong>Votre culture du viol</strong></p>



<p>Oui, contrairement à ce que plusieurs peuvent croire, la culture du viol est bien réelle. Ce n’est <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une généralisation « néoféministe »</a>, comme le soutien Mathieu Bock-Côté, mais une réalité sociale bien tangible, qui continue d’avoir des impacts aujourd’hui.</p>



<p>Les statistiques sont claires, ce n’est pas une exagération, mais une réalité que l’on refuse trop souvent de voir. La culture du viol, je la vois, je la vis presque au quotidien. La nier ou la ridiculiser, c’est en assurer la pérennité et l’impunité. Or, cher Mathieu, les agressions sexuelles ne sont pas en hausse en raison de vagues migratoires et de l’« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">immigration conquérante</a> ». Les agresseurs ont plus d’un visage et souvent, ce sont des gens de chez nous. Blâmer encore les personnes migrantes pour une culture du viol bien occidentale, c’est se déresponsabiliser pour leurs impacts. Au lieu de lancer le blâme et de prôner des discours xénophobes, pourquoi ne pas utiliser cette passion à bon escient, et mettre fin à la culture du viol? Réduire cette culture à quelques « mauvais individus » est une illusion dangereuse. Cela déresponsabilise la société dans son ensemble et absout les témoins silencieux de l’horreur. En rejetant la faute sur quelques personnes, on permet aux autres personnes de se croire non concernées, d’éviter d’intervenir et d’assurer que le silence perdure. Se <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/03/27/le-sacrifice-de-nos-garcons-et-le-deni-des-neofeministes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconstruire</a>, c’est refuser cette complicité passive. C’est aussi remettre en question des normes rigides de la masculinité – l’interdiction de montrer ses émotions, l’injonction à être fort et impassible – qui nuisent à tous et étouffent la parole. Ces normes enferment aussi les hommes victimes de violences à caractère sexuel (VACS), pris entre la culture du viol et des stéréotypes patriarcaux qui rendent leur souffrance invisible et leur parole illégitime.</p>



<p>La culture du viol perdure parce que ces structures sont tolérées et reproduites collectivement. La combattre exige d’aller au-delà de la responsabilité individuelle, de reconnaître notre responsabilité commune et d’agir.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que,<br>lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer »</p>
</blockquote>



<p>Et, mon cher Mathieu, présenter le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=I2iHpAFvUMo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinisme</a> comme une réponse à l’appel à la fin des stéréotypes sexistes n’a tout simplement aucun sens. Certes, les hommes ne sont pas encouragés à demander de l’aide ou à exprimer leurs émotions – mais c’est précisément à cause des stéréotypes sexistes que l’on cherche à déconstruire. Plutôt que de s’attaquer aux structures qui perpétuent ces normes nocives, on en vient à rejeter la responsabilité sur les femmes. Cherche bien la logique, mon Mathieu, moi non plus, je ne la trouve pas.</p>



<p><strong>Où est la volonté politique là-dedans?</strong></p>



<p>Afin de <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/soutien-etablissements/Plan-action-VCS.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">freiner la montée</a> des VACS dans les milieux postsecondaires, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, avait promis en 2022 la tenue de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’enquête VACS</a>. Cette enquête provinciale portait sur les mesures de prévention et les ressources offertes aux victimes dans les établissements. Au coût estimé de <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,2 million de dollars</a>, cette enquête devait fournir des données cruciales pour mieux orienter la lutte contre les VACS.</p>



<p>Or, le gouvernement caquiste est revenu sur sa parole et a choisi d’en annuler la tenue. Pendant que plus de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2156898/etudiants-millions-bourses-perspective-abolies-stages#:~:text=Couper%20pendant%20qu&#039;on%20s&#039;enfonce%20%2C%20d%C3%A9noncent%20les%20signataires&amp;text=Une%20clause%20de%20droits%20acquis,pr%C3%A9carit%C3%A9%20et%20c&#039;est%20inacceptable.&amp;text=%C3%89tienne%20Par%C3%A9%2C%20pr%C3%A9sident%20de%20l&#039;Union%20%C3%A9tudiante%20du%20Qu%C3%A9bec%2C,en%20entrevue%20%C3%A0%20Radio%2DCanada." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">250 millions de dollars</a> ont été retranchés du financement de l’enseignement supérieur dans la dernière année, notamment avec l’abolition du programme de bourses Perspective Québec, aucune somme n’a été investie pour documenter et combattre ces violences. Face à cette inaction, l’UEQ (Union étudiante du Québec) et la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) <a href="https://unionetudiante.ca/News/Details/11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">se mobilisent</a> pour exiger le retour de cette enquête, indispensable pour assurer la sécurité des étudiantes et étudiants et pour s’attaquer concrètement à la culture du viol sur les campus.</p>



<p>Sans données, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle des VACS ni d’évaluer l’efficacité des mesures en place. Le rétablissement de cette enquête est donc non négociable. Il est temps que le gouvernement cesse les reculs, fasse preuve d’une réelle volonté politique et s’engage concrètement. Protéger les étudiant·e·s québécois·e·s n’est pas une option : c’est une responsabilité.</p>



<p><strong>Être une femme en 2026…</strong></p>



<p>Être une femme, c’est devoir prévoir son itinéraire, ses vêtements et son entourage pour éviter d’être blâmé si quelque chose de grave survient. C’est surveiller constamment son verre, acheter des produits pour vérifier si celui-ci a été drogué, refuser un verre par peur qu’il crée une dette implicite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp »</p>
</blockquote>



<p>Être une femme, c’est en venir à préférer l’ours – parce que, lui, la pire chose qu’il puisse faire, c’est tuer. Non, ce ne sont pas tous les hommes. Mais ce sont trop d’hommes. Et trop souvent, ce sont ceux que l’on connaît : nos proches, nos partenaires intimes. Le coût de l’erreur est trop élevé. Alors, comme on nous l’a appris avec les armes à feu, on traite chaque situation comme si elle était chargée. Parce que si l’on se fait abattre, il n’y aura pas foule pour nous défendre – seulement des voix pour nous reprocher de ne pas avoir été assez prudentes.</p>



<p>Être une femme, ne devrait signifier rien de tout cela, et il est temps que ça change.</p>



<p>Les VACS nous concernent tous. Parce que la peur n’est pas un mode de vie pour quiconque, parce que le silence n’a plus lieu d’être, et parce qu’il est temps que la honte change de camp.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pour-que-la-honte-change-de-camp/" data-wpel-link="internal">Pour que la honte change de camp</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Dire adieu au bœuf, une solution viable?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Brunet Rodriguez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[polytechnique]]></category>
		<category><![CDATA[Services alimentaires]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60058</guid>

					<description><![CDATA[<p>Remplacement du bœuf aux services alimentaires de Polytechnique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/" data-wpel-link="internal">Dire adieu au bœuf, une solution viable?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Voir notre planète dépérir est devenu une normalité, une routine inévitable, un phénomène hors de notre portée. Il n’est plus possible de dire qu’il est « minuit moins une », puisque l’horloge climatique semble déjà avoir sonné l’heure de notre condamnation. Mais ce qu’on oublie, c’est que de simples changements dans nos habitudes de vie peuvent avoir d’immenses impacts lorsqu’ils sont accompagnés par l’appui de toute une communauté. C’est en suivant une réflexion similaire qu’en automne dernier, l’association des services alimentaires de Polytechnique (l’ASaP) a décidé de remplacer le bœuf de son menu au profit d’une diversification accrue de l’offre alimentaire.</p>



<p><strong>Petit ingrédient, gros impact</strong></p>



<p>Il est important de savoir que ce changement s’inscrit dans la <a href="https://www.polymtl.ca/durable/sur-le-campus/carboneutralite-energie-et-ges" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">démarche de carboneutralité</a> de l’établissement, qui vise à réduire son empreinte écologique d’ici 2050. L’ASaP est un joueur-clé de cette transition. C’est en faisant le bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que les services alimentaires ont pris conscience de l’impact écologique que le bœuf représentait pour l’institution.</p>



<p>Selon Benoît Beauséjour-Savard, directeur général de l’ASaP, les repas contenant de la viande bovine représentaient seulement 8 % des revenus de l’entreprise, mais ils étaient responsables d’environ 50 % de ses émissions de GES.</p>



<p>Le secteur bovin est connu pour ses émissions très élevées de méthane provenant directement de l’élevage de ces ruminants. Il émet d’ailleurs <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">cinq fois plus</a> de GES que les autres protéines animales. Cette industrie est également tristement célèbre pour l’<a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">importante déforestation</a> qu’elle encourage. Cela est dû à l’aménagement de pâturages et de terres agricoles dont les produits sont entièrement dédiés à nourrir les élevages bovins.</p>



<p>Demeurent aussi importants la pollution que représente le <a href="https://www.greenpeace.fr/elevage-industriel-effet-environnement/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protoxyde d’azote</a> dans cette industrie et le fait que l’élevage bovin utilise <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/676997/boeuf-environnement-pollution-etude-proteine#:~:text=Prenez%20note%20que%20cet%20article,terres%2028%20fois%20plus%20vastes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">11 fois plus d’eau</a> que l’élevage des autres protéines animales.</p>



<p>Bien que le bœuf demeure un aliment à l’empreinte carbone élevée, de nombreux efforts sont mobilisés par nos producteurs locaux vers une industrie plus verte. Que ce soit la révision de l’alimentation des bovins ou la diminution progressive de la quantité d’eau utilisée dans le cadre de ces activités, il est important de reconnaître que <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs progrès</a> ont été réalisés au cours des 30 dernières années.</p>



<p><em>Le Beef Cattle Research Council</em> <a href="https://www.beefresearch.ca/fr/topics/environmental-footprint-of-beef-production/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">semble affirmer</a> que les émissions dues à ce secteur sont infimes, mais il est évident qu’au cœur d’une crise climatique, où le monde brûle et le temps manque, chaque effort compte.</p>



<p>Ce n’est pas parce que&nbsp;le gouvernement du Québec <a href="https://www.journaldequebec.com/2026/01/22/reduction-des-gespour-contrer-les-changements-climatiques--quebec-repousse-sa-cible-de-cinq-ans#:~:text=Contrairement%20aux%20recommandations%20des%20experts,l&#039;objectif%20pr%C3%A9vu%20pour%202030.&amp;text=Le%20ministre%20Bernard%20Drainville%20sait,chemin%20en%20seulement%20cinq%20ans.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a abandonné ses cibles</a> de GES qu’il faut arrêter la lutte!</p>



<p><strong>Un geste à valeurs multiples</strong></p>



<p>Bien que la motivation de ce remplacement soit de nature écologique, la mesure amène également de nombreux bienfaits sur les plans de l’économie et de la santé.</p>



<p>Avec un prix moyen de <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/2025-09-12/consommation/manger-du-boeuf-mais-a-quel-prix.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">14,78 dollars par kilogramme</a>, le bœuf est nettement plus dispendieux que le porc (<a href="https://www.porelia.com/wp-content/uploads/2025/08/echo-PORC-2025-08-11.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,54$/kg</a>) et le poulet (<a href="https://volaillesduquebec.qc.ca/prix-du-poulet/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2,09$/kg</a>). Dans un contexte de précarité alimentaire assez marquée, où près d’<a href="https://unionetudiante.ca/Media/publicDocuments/c38f0b6b-8a6d-4b20-bc07-83ec796948bd.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un étudiant sur cinq</a> fréquente des banques alimentaires, l’ASaP s’engage à maintenir des prix abordables pour toute la communauté, soit sous la barre des dix dollars par repas. Clairement, afin de s’assurer de maintenir une facture sous ce seuil, il est important de revoir l’offre alimentaire.</p>



<p>De plus, selon la Société canadienne du cancer, il est <a href="https://cancer.ca/fr/cancer-information/reduce-your-risk/eat-well/limit-red-and-processed-meat" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">déconseillé</a> de consommer de grandes quantités de viande rouge, telles que le bœuf et le porc, associés à une augmentation du risque de cancers et de <a href="https://observatoireprevention.org/2022/09/13/association-entre-la-consommation-de-viande-rouge-et-le-risque-de-maladies-cardiovasculaires-un-role-important-des-metabolites-de-la-l-carnitine/#:~:text=Une%20nouvelle%20%C3%A9tude%20prospective%20confirme,TMAO%20et%20autres%20m%C3%A9tabolites%20apparent%C3%A9s." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">maladies cardiovasculaires</a>.</p>



<p>Bien sûr, on parle d’une consommation importante de ce type de viande, mais, si l’ASaP tient réellement à présenter un menu proposant des alternatives plus saines, il est évident qu’un remplacement ou une réduction de ces produits s’impose.</p>



<p><strong>La mise en place</strong></p>



<p>Dans la foulée de son projet de carboneutralité, Polytechnique a fait appel au <a href="https://www.asap-polymtl.ca/231108_ASAP_Rapport%20CIRAIG_vi%20-1-.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">CIRAIG</a>, le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et de transition durable, afin d’évaluer l’empreinte carbone de l’ASaP et de ses autres activités. Puis, un système d’étiquetage a été mis en place sur les menus des services alimentaires, classant les repas selon leur impact environnemental afin de sensibiliser la communauté étudiante sur ses choix alimentaires.</p>



<p>En mars dernier, des groupes de discussion d’étudiants de Polytechnique ont exploré la réduction des GES, en considérant le remplacement du bœuf, avec une condition de diversification des menus par les services alimentaires. En mai, le conseil d’administration de l’ASaP a décidé d’adopter cette mesure. Depuis, selon le directeur général de l’organisation, l’achalandage à ses points de vente a augmenté de 14,8 % en janvier 2026 relativement au même mois de l’année précédente, alors que les prix des repas ont à peine augmenté de 1 %.</p>



<p><strong>Le revers de la médaille</strong></p>



<p>Évidemment, en tant que <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">première institution</a> à effectuer ce remplacement en Amérique du Nord, Polytechnique a été sujette à de nombreuses critiques. L’ASaP a notamment dû dialoguer avec plusieurs producteurs de bœuf québécois afin de justifier le remplacement de cette protéine dans leur menu. M. Beauséjour-Savard a cependant précisé que la majorité du bœuf utilisé par l’entreprise provenait de l’Ontario et non du Québec. Il a alors souligné que cette transition reflétait également l’importance d’acheter local et d’encourager nos producteurs.</p>



<p>Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, s’est également <a href="https://www.facebook.com/ppopulaireca/videos/b%C5%93uf-banni-luniversit%C3%A9-de-montr%C3%A9al-sous-le-feu-des-critiques/1433789788376492/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">exprimé</a> sur le sujet en soulignant l’hypocrisie de la mesure et son « aspect non-scientifique » :<em> </em>«<em> Est-ce que les étudiants sont endoctrinés? Les élites mangent du bœuf à la COP 28, mais les jeunes doivent s’en priver? </em>». Bon… clairement, la mesure est basée principalement et presque exclusivement sur des données scientifiques, donc il est difficile de savoir où il veut en venir avec l’« endoctrinement » et le rejet de la science. Concernant l’hypocrisie, je pense effectivement que l’environnement relève d’une responsabilité collective et que tous, y compris les « élites » et les grands diplomates, doivent mettre la main à la pâte. Mais, peut-on réellement parler d’hypocrisie? La décision a été prise par la communauté étudiante dans un but purement environnemental, les « élites » n’ont vraiment rien à faire là-dedans.</p>



<p>Au-delà des dérives politiques et de l’apparition du <a href="https://www.instagram.com/p/DUs8y4XkXww/?img_index=3" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">#BringTheBeefBack</a> apparu sur certains comptes étudiants, plusieurs saluent le fond de la mesure, mais auraient préféré une meilleure mise en place. La diminution progressive du bœuf et non le retrait total, ainsi que la tenue d’une assemblée générale à l’automne permettraient une meilleure implémentation du remplacement.</p>



<p><strong>Ce qu’il reste de la vague</strong></p>



<p>Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2026/01/28/le-buf-banni-des-menus-de-polytechnique-montreal-cest-une-premiere-au-canada-mais-ce-nest-pas-une-surprise#:~:text=Cette%20initiative%20fait%20de%20Polytechnique,des%20raisons%20bien%20s%C3%BBr%20environnementales.%C2%BB" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mouvement</a> se développe au sein de la communauté universitaire pour réduire la consommation de bœuf dans des institutions comme Cambridge et Oxford, avec des efforts globaux pour diminuer le recours à l’industrie bovine.</p>



<p>La vague est bien réelle et elle prend de l’ampleur depuis les dernières années, mais déferlera-t-elle à McGill? Comme McGill est une université qui se distingue par ses considérations environnementales et qui possède un <a href="https://www.mcgill.ca/sustainability/commitments/carbon-neutrality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">objectif de carboneutralité</a> d’ici 2040, je défends fermement l’avancement de cette proposition. Ses services alimentaires offrent déjà une <a href="https://www.mcgill.ca/foodservices/fr/locations" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">grande variété d’options</a> nutritives, mais, du moins, la diminution progressive de la quantité de bœuf utilisée pourrait contribuer à l’atteinte de ses cibles en matière de GES et permettre de moderniser ses pratiques.</p>



<p>Enfin, il est essentiel de souligner l’importance d’encourager nos producteurs locaux et, qu’évidemment, une telle mesure pourrait affecter leurs revenus, ce qui impacterait alors directement leur capacité à rendre leurs infrastructures plus vertes. C’est l’une des seules réelles impasses à la mise en place d’un remplacement.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un<br>raz-de-marée plus large amenant avec lui un impératif de la<br>modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens »</p>
</blockquote>



<p>C’est pourquoi il est essentiel d’investir davantage dans notre milieu agricole à l’aide de subventions destinées à la transition écologique. Cela permettra aux éleveurs de raffiner leurs pratiques et de conserver un revenu substantiel. Le remplacement du bœuf à Polytechnique fait partie d’un large raz-de-marée amenant avec lui un impératif de la modernisation de l’élevage et des investissements en ce sens.</p>



<p>Il ne reste qu’à attendre que les vagues atteignent les berges du campus de McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/dire-adieu-au-boeuf-une-solution-viable/" data-wpel-link="internal">Dire adieu au bœuf, une solution viable?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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