<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Baptiste Rinner - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/baptiste-rinner/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/baptiste-rinner/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:53:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Cendrillon charme Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/cendrillon-charme-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2017 17:27:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[cendrillon]]></category>
		<category><![CDATA[critiques]]></category>
		<category><![CDATA[opéra]]></category>
		<category><![CDATA[opéra de montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=29883</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Montréal présente La Cenerentola de Rossini.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/cendrillon-charme-montreal/" data-wpel-link="internal">Cendrillon charme Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">e samedi 11 novembre, jour du Souvenir, a été aussi soir de première à Montréal, pour l’adaptation lyrique du conte de Cendrillon par Gioachino Rossini à la salle Wilfried-Pelletier. Le conte, connu de tous — notamment à travers la version de Charles Perrault, ainsi que du long-métrage d’animation des studios Walt Disney —, constitue l’intrigue pour cet opéra de Rossini, qui compte parmi les plus joués de son œuvre, derrière l’incontournable <i>Barbier de Séville</i>, produit en 2014 par l’Opéra de Montréal.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans <i>La Cenerentola</i> de Rossini, écrite en l’espace de trois semaines en 1816, avec un livret de Jacopo Feretti, la belle-mère cruelle de Cendrillon est remplacée par un beau-père bouffon, Don Magnifico (campé par Pietro Spagnoli), qui compte bien récupérer son rang et sa fortune en mariant l’une de ses deux filles reconnues, Clorinde (Lauren Margison) et Thisbe (Rose Naggar-Tremblay), à Don Ramiro (Juan José de Leon), qui réside dans un palais avoisinant. Le beau prince, curieux, rend visite à Don Magnifico en échangeant de rôle avec son laquais, pour confondre cette famille d’arrivistes. À son arrivée, déguisé, il tombe nez-à-nez et en amour avec Angelina la bien-nommée (Julie Boulianne), surnommée Cendrillon par une famille la condamnant au ménage. Après plusieurs péripéties, elle finira bien-sûr par épouser le prince.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Une production bien huilée</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La mise en scène de Joan Font, chorégraphiée par Xevi Dorca, ne pouvait pas décevoir le public montréalais, ayant été éprouvée dans plusieurs grandes villes d’opéra depuis sa création à Houston en 2007, et interprétée par de grands noms de l’art lyrique, tels Joyce Didonato et Juan Diego Florez. Le décor, sobre, permettait de jouer sur plusieurs niveaux, dédoublant les jeux d’apartés, et donnait une intimité à la scène, loin des extravagances scéniques de <i>Samson</i> et <i>Dalila</i> présentés ici en 2015. Autre ingéniosité: la présence de six personnages de souris, qui, par leurs comiques de geste et de situation, ont grandement contribués à la dimension comique de cet opéra-bouffe. Le public montréalais a fort apprécié ces touches d’humour, à en juger l’ovation qu’ont reçu les six souris à la tombée du rideau.<b>Deux moments forts</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Souffrant peut-être du manque d’air d’opéra mondialement connu — qui fait la véritable joie du dilettante et de l’amateur — cette production de <i>La Cenerentola</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>a tout de même connu deux moments forts, à en juger par la réaction du public. Le premier, porté par le personnage éponyme, a été la montée en carrosse de Cendrillon, carrosse apparu magiquement par l’entremise du mage Alidoro (Kirk Eichelberger). La mezzo-soprano Julie Boulianne, véritable star mondiale de l’opéra et ancienne mcgilloise — qu’on avait pu voir dans<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Les noces de Figaro</i> à Montréal en 2011 —, est fulgurante, tout comme la mise en scène atmosphérique qui joue magistralement d’ombre et de lumière. Le second moment fort, clou de la soirée, a été le numéro de soliste de Juan José de Leon, au départ en carrosse de son personnage Don Ramiro, empreint d’humour et de force lyrique.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Saluons la programmation de l’Opéra de Montréal, qui continue son parcours à travers l’opéra-bouffe italien entrepris depuis plusieurs années déjà.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>La Cenerentola</i> se place dans le haut du panier de productions inégalées ces dernières saisons. À voir, alors, jusqu’au 18 novembre! </span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/11/14/cendrillon-charme-montreal/" data-wpel-link="internal">Cendrillon charme Montréal</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Contre l’essentialisation de la langue française.</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/contre-lessentialisation-de-la-langue-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2017 18:45:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28444</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ces derniers temps, au Québec et ailleurs, nous entendons un chorus de voix s’alarmant du déclin de la langue française (ouvrez une édition du Journal de Montréal, vous aurez de bonnes chances d’y trouver un tel discours). Ce constat n’a rien de nouveau; en fait, «cette inquiétude sur l’état du français n’est pas une nouveauté&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/contre-lessentialisation-de-la-langue-francaise/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Contre l’essentialisation de la langue française.</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/contre-lessentialisation-de-la-langue-francaise/" data-wpel-link="internal">Contre l’essentialisation de la langue française.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span><span class="s1">es derniers temps, au Québec et ailleurs, nous entendons un chorus de voix s’alarmant du déclin de la langue française (ouvrez une édition du Journal de Montréal, vous aurez de bonnes chances d’y trouver un tel discours). Ce constat n’a rien de nouveau; en fait, «cette inquiétude sur l’état du français n’est pas une nouveauté mais un discours stéréotypé qu’on nous assène» et qui prend ses sources «dans les années 1930 vraisemblablement chez Charles Bally, un linguiste», comme le soulignait le professeur Arnaud Bernadet dans nos pages en 2014 (<i>Le Délit</i>, 1er avril 2014).</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’une des mesures — forcément approximative — pour évaluer cette régression du français en est la <i>contamination</i> par d’autres langues. Ici, au Québec, l’anglais bien sûr. C’est une réalité de la langue, et bien loin d’y voir un danger, nous aimerions plutôt considérer l’apport d’autres langues comme un signe de vitalité.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La langue française n’est pas en danger. Il n’y a, d’ailleurs, pas <i>la</i> langue française, mais bien des usages différents de la langue. N’importe quel néo-mcgillois·e fraîchement débarqué·e de France vous le dira. Allez parler français à Dakar, à Cayenne, à Port-au-Prince, ce n’est pas la même langue.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il n’y a donc pas une langue française essentielle, normative — quoi qu’en disent les dictionnaires ou les règles du<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Scrabble</i> — mais différentes réalités à observer, et par là des apports historiques d’origines très diverses.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La majorité du fond lexical français est hérité du latin et du grec, héritage qu’il ne faut pas confondre avec des emprunts plus récents, et qui participent de la vitalité de la langue. Si certains usages de mots étrangers s’attirent tous les jours les foudres des tenants de l’essentialisme du langage, personne n’ose contester l’emploi de <i>paquebot</i>, <i>canette</i>,<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>déodorant</i> ou encore <i>panorama</i>, tous hérités de l’anglais.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Autre cas assez cocasse, le phénomène d’aller-retour: des mots empruntés au français il y a quelques siècles, et qui repassent dans la langue de Molière sous leur forme étrangère. Combien de pleureuses s’alarment de l’emploi de <i>challenge</i> par exemple, en ignorant que la langue anglaise a emprunté au moyen français la forme <i>chalonge</i> — contestation, défi, réclamation en justice — dont nous avons, de façon ironique, hérité. Il en va de même pour <i>bacon</i>, <i>budget</i>, <i>cash</i>, <i>coach</i>, <i>denim</i>, <i>flirt</i>, <i>pedigree</i>, <i>stress</i>, <i>thriller</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Au-delà des exemples, forcément anecdotiques, il convient de rappeler que la langue française, à l’instar de toutes les autres, n’est pas tombée du ciel avec son stock de mots, mais est en perpétuelle interaction, via l’inventivité de ses locuteurs. Et un mot n’a pas besoin «d’entrer dans le dictionnaire» pour entrer dans la langue — du moment qu’un groupe de locuteurs se l’approprie et l’utilise. À nous de décrire la langue et son histoire sans juger; cela contribue plus à sa <i>défense</i> que n’importe quel discours décliniste, et autre «tout-fout-le-camp».&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/04/07/contre-lessentialisation-de-la-langue-francaise/" data-wpel-link="internal">Contre l’essentialisation de la langue française.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WIP (un travail de tous les jours)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/wip-un-travail-de-tous-les-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Mar 2017 13:51:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28348</guid>

					<description><![CDATA[<p>Diversion littéraire </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/wip-un-travail-de-tous-les-jours/" data-wpel-link="internal">WIP (un travail de tous les jours)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">J</span><span class="s1">e relis ces jours-ci le <i>Journal</i> du plus grand écrivain québécois, Hubert Aquin. Et je tombe sur l’entrée du 10 janvier 1953, que j’aurais aimé avoir écrit: «Je me sens parfois envahi par une grande pitié, et je ne vois plus les êtres sous les rapports de l’amitié, de l’amour, de la convenance… Je les vois dans ce qu’ils ont de fou ou de profondément aimable. Et je regrette d’avoir été distant, étranger, d’avoir joué le jeu de la méchanceté de société auquel nous nous prêtons tous… mais avec tant de maladresse que je voudrais crier <i>je vous aime</i> et les embrasser. Tous. Tous. Quand quelqu’un commence à me «piquer», c’est à ce moment que je me sens le plus en pitié pour lui. Tout cela est tellement ridicule. C’est d’affection et d’amour que nous avons besoin. […] Comment faisons-nous pour être méchant — alors qu’il est si impérieux d’être bon, d’aimer, et de porter tous les hommes dans notre cœur à tous les instants. «En chaque homme, disait à peu près Proust, il y a un pauvre cheval qui souffre.» Il faut qu’on désapprouve ce jeu de façade qui consiste à s’égratigner vaniteusement; il faut savoir se regarder avec amour et dire: «nous sommes tous de pauvres types, après tout!» — La puissance de cette pitié — je la sens en lisant Proust. Dostoïevski aussi la possède. C’est avec cette pitié qu’on peut créer un univers romanesque qui ne soit pas une galerie de caricatures ou une autre de haine!»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette pitié dont parle Aquin, moi aussi je l’ai sentie dès les premières pages de<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>La Recherche</i> de Proust. On y est tout plein d’appréhension au seuil, mais dès que le Narrateur se tourne vers soi et que sa voix toute simple commence, c’est comme si une âme-sœur, depuis le lointain, nous parlait. Je la sens aussi chez Barthes, sous le masque de l’ironie chez Joyce. Je la sens chez Henry Val Miller qui, au-delà des obscénités hilarantes qu’il débite, et de son obsession pour le con, me regarde depuis les vestiges de l’humanité et reconnaît un semblable.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est cela que j’aime dans ce lieu de toutes les nuances qu’est la littérature. Ces voix amies et bienveillantes. Loin, très loin des mesquineries — je préfère le mot anglais, <i>pettiness </i>— et des méchancetés. Des relations intéressées et du mépris. Et je me demande — et je crois avoir trouvé — pourquoi tous les contemporains, je veux dire toutes les époques contemporaines, ont relayées tour à tour la littérature dans la marge. Ou bien en ont fait une coterie. Et je repense au pauvre Nietzsche, abattu au pied du cheval, l’enlaçant de ses sanglots. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">J’essaye d’écrire moi aussi pour dire cette bienveillance. Ne suis-je pas un pauvre type, après tout! Je veux pouvoir te regarder avec le visage de la pudeur. Oui! Ton visage qui éclaire alentour, <i>that smile of yours</i>, entendu et affable qui réclame un complément d’humanité. Toujours toi, ce<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>tu</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>prétexte et objet de mon écriture paresseuse. Ce<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>tu</i> devant lequel se place immédiatement mon <i>je</i> hypertrophié qui cherche, qui cherche une manière de dire sa faiblesse au milieu de ce bal des Têtes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais je ne veux pas me faire une tête devant toi. Et pourtant je dois trouver un équilibre avec l’ineffable, me présentant à toi avec mon corps fardé, tout inscrit dans la socialité tyrannique que mon sexe suppose. Seulement après pourrais-je te montrer mes folies, et toi les tiennes.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/28/wip-un-travail-de-tous-les-jours/" data-wpel-link="internal">WIP (un travail de tous les jours)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quelques accidents</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/quelques-accidents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 15:33:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=28116</guid>

					<description><![CDATA[<p>Diversion littéraire</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/quelques-accidents/" data-wpel-link="internal">Quelques accidents</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">M</span><span class="s1">a chronique a été rattrapée par la vie. Un mois maintenant que je n’ai pas écrit, que je n’ai pas eu la force de me confronter à cette douleur. MAIS, mais mais mais j’ai des excuses… Toujours.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Depuis que ce projet mûri dans ma petite tête, j’ai envie d’écrire une chronique sur ce film allemand que j’aime tant, <i>Toni Erdmann</i> — mon coup de cœur <i>Délit</i> de l’année quand même, alors que j’aurai pu citer<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Critique du rythme</i>, <i>A Woman Under The Influence </i>ou, plus récemment, Devendra Banhart.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais cette chronique à partir de <i>Toni</i> <i>Erdmann</i> ne se fera pas, et j’en suis le premier attristé. J’ai voulu revoir une troisième fois ce film qui m’a tant secoué, à l’occasion de sa sortie montréalaise. Direction donc mon refuge du Cinéma du P*** — après ce qui suit, je ne voudrais pas leur faire de promotion gratuite — avec une amie, à qui j’avais survendu le film.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Tout était planifié. Aller au cinéma. Payer son dû. S’asseoir confortablement et se laisser envahir. Rentrer chez nous et écrire — le jour-même, pour s’éviter les foudres de mon éditrice. Mais le projectionniste en a décidé autrement: il a lancé, par erreur, une version du film pour sourds et malentendants. Je vous fais un dessin: en sous-titres, la traduction de l’allemand; en surtitres jaune fluo, aux deux-tiers de l’écran, les descriptions des actions et des bruits environnants. Passe encore. Ça se corse dans les scènes dialoguées en anglais. Nouveau dessin: plus rien en sous-titres, réservés à l’allemand, et en surtitres, aux deux-tiers de l’écran, en couleur jaune fluo, les répliques en anglais — qui barrent accessoirement les visages de Sandra Hüller et Peter Simonischek. Et ce film, qui se veut une diversion de notre société fonctionnaliste, devient malgré lui la victime de ce qu’il dénonce. Je quitte la salle après une demi-heure, sous le regard suspect des autres spectateurs, qui s’avéraient être des sourds et malentendants.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Mais ce n’est pas le seul <i>accident esthétique</i> qui me soit arrivé ces dernières semaines.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je pensais être à l’abri de la vie dans ce chalet suisse, où j’étais sur les traces du narrateur de <i>Prochain épisode</i>. J’avais emporté avec un moi un roman qu’il me tardait de lire, le premier tome de <i>La Crucifixion de la Rose</i>, <i>Sexus</i> de Henry Valentine Miller, offert par un ami dont j’estime plus que quiconque le goût en littérature. C’est dire. 200 pages et autant d’éclats de rire plus tard — éclats de rire qui provoquaient l’étonnement de mon entourage, peu habitué à envisager la littérature sous cet angle —,<i> accidere</i>. Une erreur d’impression a fait sauter un cahier, le remplaçant par un autre. Résultat: trente-deux pages manquantes, trente-deux pages en double. Comment continuer ma lecture?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Qui me veut du mal, au point de venir interrompre mon expérience de deux <i>opus magnum </i>en l’espace de quelques semaines? Un accident, je veux bien croire à un mauvais coup du sort. Mais <i>ça</i>, c’est l’œuvre de forces supérieures qui cherchent à me nuire, comme à Antonin Artaud pour son manuscrit perdu. À moins que je sois soumis, comme tous mes semblables, au hasard, à la contingence de la vie. Après tout, pourquoi suis-je ici? <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp;</span></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ces deux accidents — trois, en fait, si je compte l’originel — en appellent un autre qui n’aurait dû, lui non plus, jamais arrivé. Rien de tout cela n’aurait dû arriver. Tu m’avais pourtant prévenu, mais je m’étais raconté des histoires. J’ai cru à ces contours que j’esquisse en t’écrivant.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Et je pars de chez toi, comme dit l’expression populaire, à «contre-cœur», parce que tu ne lui as pas, en m’embrassant, donné licence de me suivre. Me voilà à marcher seul vers le lointain, ma petite tête remuant encore les raisons de ton absence, alors que mes jambes me traînent dans le vide de la nuit la nuit la nuit.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/03/14/quelques-accidents/" data-wpel-link="internal">Quelques accidents</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Croire, ne pas croire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/croire-ne-pas-croire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2017 15:44:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[création littéraire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27594</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques années, j’ai assisté à une causerie d’écrivains à la librairie Gallimard, sur le boulevard Saint-Laurent. Ils étaient chacun invités à évoquer leur bibliothèque idéale, et relier ça à leur pratique d’écriture. Venu le temps des questions, citant vaguement Cioran de mémoire, je leur ai demandé s’ils croyaient à ce qu’ils écrivaient.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/croire-ne-pas-croire/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Croire, ne pas croire</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/croire-ne-pas-croire/" data-wpel-link="internal">Croire, ne pas croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Il y a quelques années, j’ai assisté à une causerie d’écrivains à la librairie Gallimard, sur le boulevard Saint-Laurent. Ils étaient chacun invités à évoquer leur bibliothèque idéale, et relier ça à leur pratique d’écriture. Venu le temps des questions, citant vaguement Cioran de mémoire, je leur ai demandé s’ils croyaient à ce qu’ils écrivaient. Ils n’ont pas compris ma question.</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5">La question du croire se pose en littérature plus que dans n’importe quel autre domaine. Hormis les religions, allez! je vous les laisse.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Et «Dieu déteste la littérature», comme dit le bon Maritain. Nous voilà bien partis. Comment croire au crime d’hubris de l’écrivain, du simple scripteur — outrage à la création (je ne crois pas trop aux majuscules) en inventant à côté de la nature?</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5">À côté de ces considérations importantes, plus simplement, comment croire à ce que j’écris? C’est assez nouveau pour moi. Se constituer un écran de fumée pour éviter de trop voir à travers. À y trop regarder, il n’y aurait plus rien à trouver. Je dois déjà être au stade de l’acceptation. Mais assez parlé.</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5">Plus important. Croire à ce que je lis. C’est la vraie question. On ne peut pas aimer sans croire. Et comment croire? À l’heure où <i>Le Délit</i> ouvre ses pages aux épanchements lyriques, je me rappelle ces lignes du <i>Journal</i> d’Hubert Aquin: «Pour moi l’art ne commence qu’au terme de la plus implacable analyse. Je ne chante pas d’abord; je chante après, et ce chant est mon triomphe sur l’analyse. […] J’étouffe ce premier lyrisme, pour le faire renaître plus loin, approfondi, enrichi, complètement transposé. […] Je ne fais pas de l’art au fil du sentiment lyrique; je fais de l’art au terme de la raison exaspérée. Alors, commence la fête.» Encore faut-il envisager la littérature comme une fête, et non comme un simple divertissement. Se divertir.</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5">Ne pas confondre l’analyse et la sécheresse. Le flot débordant et l’intensité contenue. Il y a du bon dans la larme écrite. Tout dépend comment c’est fait. Quelque chose fait que je crois à ce qu’écrit Aquin dans <i>Prochain épisode</i>, mais je ne me l’explique pas. Ça tient à pas grand chose. Oui, ça vient me chercher. Ce n’est pas une affaire de sentiments. Si. Ça: «J’ai besoin de toi; j’ai besoin de retrouver le fil de notre histoire et l’ellipse qui me ramènera à la chaleur de nos deux corps consumés.» Et ça: «Et notre étreinte du lever du jour, lutte serrée, longue mais combien précise qui nous a tués tous les deux, d’une même syncope, en nous inondant d’un pur sang de violence.» Il fait dans le larmoyant Hubert, et pourtant je pleure.</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5"><span class="s1">«C’est niveau CP!» Tu me parles avec des mots, et moi je te regarde avec des sentiments. On parle tous avec des mots. On ne fait pas de la poésie avec des idées. On fait surtout dans le péremptoire ici. C’est poétique. C’est un mot poétique. On pourrait lire ça comme un poème en prose. Sully Prudhomme! Bah nan. Chui désolé.</span></p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5">Ici, on aime ce qui est clair. Les dichotomies. Prose / Poésie. Raison / Émotion. Description / Narration. Corps / Âme. Tout bien ranger dans des cases, l’ordre. Que rien ne dépasse. Y croire.</p>
<p class="p4">*</p>
<p class="p5"><span class="s1">Pourtant je crois encore en toi qui m’échappe, je t’écris sans cesse pour t’inventer. Surprends-moi au détour de ma petite vie. Parler avec les mots des autres, ce doit être ça la liberté. S’en remettre au hasard d’une ligne de train en panne. Ça n’aurait jamais dû arriver. C’est drôle, on y a cru tous les deux à mon épanchement. Tu es une belle et bonne personne. Ça prête à rire. Et ils ont bien ri. C’est de bonne guerre. C’est toujours la guerre. Mais on a beau savoir, le beau et le bon surprennent toujours.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/02/07/croire-ne-pas-croire/" data-wpel-link="internal">Croire, ne pas croire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’histoire d’une vie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/31/lhistoire-dune-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2017 14:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27443</guid>

					<description><![CDATA[<p>Baptiste Rinner &#124; Diversion littéraire</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/31/lhistoire-dune-vie/" data-wpel-link="internal">L’histoire d’une vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«Ç</span><span class="s1">a raconte quoi?» Curieuse question à poser pour se renseigner sur un livre, un film. Ça ne raconte rien, insignifiant, presque rien. On devrait plutôt demander: «Ça raconte comment?»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">J’avais prévenu la semaine dernière que les sujets de ma chronique — c’est un gros mot — <i>littéraire </i>allaient déborder. Et, pressé par mon amie éditrice, j’ai trouvé de l’inspiration cette semaine où je pouvais, à savoir au Cinéma du P, trois après-midi consécutifs, refuge pour échapper à la grisaille de l’île de Montréal.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">«C’était bien? Ça raconte quoi?» Oui c’était bien, ça raconte [recrache le synopsis de la prod, ça tient en trois lignes, pourquoi aller voir le film après ça? Je deviens très fort pour raconter efficacement l’<i>histoire</i> du roman de mon mémoire, moi qui me perds souvent en cours de route]. Passé ces banalités, que dire d’autre? </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est l’histoire d’un homme qui retourne dans sa ville natale après la mort de son frère. C’est l’histoire d’une femme mélancolique le jour de son mariage. Et l’histoire de la fin du monde. C’est trois épisodes dans la vie d’un jeune américain. Mais je n’ai pas raconté l’indicible. Je n’ai pas raconté l’échange de regards entre deux amoureux perdus. Ni le sourire plein de malice de Kristen Dünst — la prononciation fautive du bonhomme qui présentait le film. Ni le réconfort que trouve le petit auprès d’un couple bienveillant et quelques bouchées au poulet. Je n’ai rien dit. Parce qu’il n’y a rien à en dire, croit-on. Ces moments de vie, triviaux, où rien vraiment ne se passe et qui pourtant font le tout. Et quelqu’un pour écrire ce rien qui fait tout.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Je n’ai pas raconté comment c’était raconté. L’enchevêtrement narratif. Le savoir fragmentaire du spectateur. Les plans au ultra-ralenti. La caméra à l’épaule façon Dogme95. Les couleurs. Le lent <i>travelling</i> vers le <i>juke-box</i> du <i>diner</i>. On aurait pu écrire ça en anglais.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span>*</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><i>I have nothing big to say</i>. Peut-être que si on déjeunait ensemble on pourrait se parler. Excuse-moi, je n’aurai pas dû dire ce que je t’ai dit. Je n’avais pas le droit. Tu comprends. Non je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je t’aime. (Et je ne sais toujours pas comment je pourrais te le dire.) Non je te dis qu’il n’y a rien. Il y a l’impossible, entre nous.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</span>*</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ç’aurait pu être une autre vie. La journée comme les autres d’un petit bourgeois de Dublin. Ou les lendemains de la mort de ce pêcheur mancunien, en 1959. Ç’aurait pu être toi, ou un autre — peu importe. La vie, sans clôture narrative.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Comme ces films, comme ces livres, j’écris l’histoire de nos refuges. Un bain turc pour oublier que Molly me trompe. Un bain de mer porté par cet homme attentionné pour m’apprendre à nager. Un bain dans une chambre de ce grand manoir suédois pour fuir les convenances. Ta poitrine illuminée par les étoiles. La bière la bière la bière. Quelques bières entre amis pour s’oublier. <i>It’s a good beer</i>. Un peu d’eau glacée sur le visage. Une boîte de comprimés. Un mensonge. Un tipi en bois pour échapper à la fin du monde. Ma main dans le sable. Ton corps contre le mien, jusqu’à ce que la petite mort nous sépare.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/31/lhistoire-dune-vie/" data-wpel-link="internal">L’histoire d’une vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À la demande générale</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2017/01/24/a-la-demande-generale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2017 15:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=27329</guid>

					<description><![CDATA[<p>Baptiste Rinner &#124; Diversion littéraire</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/24/a-la-demande-generale/" data-wpel-link="internal">À la demande générale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">D</span><span class="s1">eux-trois amis ont fouillé récemment les archives du <i>Délit </i>et y ont déniché, entre autres, une chronique éphémère que j’avais tenu dans les pages de ce journal il y a deux ans. Elle s’intitulait «Subversion en pyjama», et j’y exposais — avec une certaine vivacité, à en croire mes quelques lecteurs — mon esprit contestataire de circonstance, depuis le confort institutionnel de l’homme blanc allié à la nonchalance d’un enfant de vingt ans.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">J’en suis revenu, de cette subversion tranquille, et je tente aujourd’hui un exercice d’un autre genre, encouragé par ces mêmes camarades. À la demande générale. Programme. Quelque chose de moins spontané je pense, moins gratuit, moins fougueux. Le rythme suraccentué de ma prose devrait laisser place, je l’espère, à des périodes plus amples, quoique je n’échapperai pas à ma tendance à délier.</span></p>
<p class="p3">Diversion littéraire, donc. On trouve les titres qu’on peut. J’espère que ça ne fait pas trop pédant, très peu pour moi. Divertir, de quoi? Divertir du journalisme d’abord; au milieu de ces pages efficaces, écrire quelques paragraphes dans le vent, pour presque rien — manque à gagner: 600$ l’espace de pub, ça fait cher le bavardage. Divertir de mon travail de mémoire, encore prisonnier du style scolaire et des nécessités de la rhétorique. Divertir de notre mort à venir — <i>tis’ wrote against the spleen</i>, comme dit Tristram Shandy. Pour oublier que rien de tout <i>ça</i> n’aurait dû arriver. Se divertir, en somme, tous, chacun, nous qui dansons autour d’un volcan. Il s’agira donc — mode d’emploi, grand programme — de s’emparer d’un objet littéraire, et plus généralement artistique, la littérature déborde, faire fi de la grammaire, du <i>bon usage</i> comme on dit tout ça ce n’est que du vent pour les agélastes et les essentialistes du moment que l’on peut se faire comprendre qu’est-ce que t’en penses est-ce grave de ne pas comprendre si c’est beau disait A. comme ce serait drôle. Ma tendance à délier.</p>
<blockquote>
<p class="p3">Divertir, de quoi?</p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">Il ne faudra pas recommencer. Prescription. Norme. C’est important, les règles. Faire ça, dans les règles. Déjà je commence à déjouer. Tout ça n’a qu’une finalité: trouver et éprouver ma manière, en évitant la pente facile du discours, les jeux de mots, les effets de rhétorique, les bons mots, les poses, les références évidentes, même le pauvre écho consonantique que je n’ai pas fait exprès d’écrire. Ne pas tomber dans ce que Meschonnic appelle «le conformisme de l’anticonformisme». Funambule. Et puis j’aimerais faire rire maître Jojo. Qu’il voit à travers tout! Les autres, bienvenue.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je disais donc: puiser chaque semaine dans ce qui déborde et voir où cela nous mène, en espérant trouver en cours de route une sorte de manière qui ne soit pas une manie. Ne pas cacher les biais de mon discours, ni mes influences. Ne pas jouer, je n’en ai pas les moyens. Et pourtant, ne sais-je faire que ça? Si je réussis à esquisser un sourire sur son visage, alors je n’aurai pas écrit pour rien.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2017/01/24/a-la-demande-generale/" data-wpel-link="internal">À la demande générale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Impact pris en embuscade</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/11/28/limpact-pris-en-embuscade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2016 15:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=26913</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Bleu-Blanc-Noir assoit son autorité sur cette finale canadienne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/11/28/limpact-pris-en-embuscade/" data-wpel-link="internal">L’Impact pris en embuscade</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Impact de Montréal s’est imposé trois buts à deux face à son rival, le Toronto FC, mardi soir au Stade Olympique dans la première manche de la finale de l’Association de l’Est de la Major League Soccer (MLS) devant une foule record. La rencontre, qui se jouait à guichets fermés, a égalé la plus grande affluence pour un match de l’Impact avec 61 004 spectateurs, précédemment atteinte lors du match retour de la finale de la Ligue des Champions de la CONCACAF (Conderation of North, Central American and Caribbean Association Football) le 29 avril 2015. La formation montréalaise, alors dirigée par Frank Klopas, s’était inclinée face au club mexicain Club America.<br>
Cette fois-ci, la joie était au rendez-vous pour les partisans de l’Impact, malgré un délai d’une demi-heure au coup d’envoi: le personnel du stade a dû repeindre les limites de la surface de réparation, qui, n’étant pas réglementaires, ont dû être agrandies d’environ deux mètres de chaque côté. L’incident a contraint les équipes à effectuer un second échauffement, et permis aux spectateurs retardataires de ne pas rater le début de la partie.</p>
<p>Une entame pleine d’autorité</p>
<p>Il faut croire que ce contretemps n’a pas troublé la formation de Mauro Biello, qui affichait le même onze partant que lors des trois derniers matchs. Emmené par son trio d’attaque de feu, l’Impact a d’emblée mis la pression sur la défense torontoise, qui affiche le meilleur bilan de la ligue. À la dixième minute, le capitaine Patrice Bernier a lancé Dominic Oduro dans le dos des défenseurs du Toronto FC. L’ailier a fait parler sa vitesse pour se présenter face au but de Clint Irwin, le trompant de l’extérieur du pied et faisant exploser les décibels du Stade Olympique.<br>
À peine remis de leurs émotions, les partisans bleu-blanc-noir ont pu célébrer un deuxième but. Oduro, très en jambes, a récupéré un ballon dans le dernier tiers et a décalé Piatti sur la gauche. L’ailier argentin, auteur d’un doublé lors du dernier match de l’Impact contre le New York Red Bull, a centré vers Matteo Mancosu qui s’est imposé face à Moor et Hagglund pour crucifier le gardien torontois et porter la marque à 2–0 après seulement douze minutes. Mancosu confirme sa forme du moment, reléguant la star Didier Drogba sur le banc.<br>
Le rythme du match s’est ensuite calmé, l’Impact se contentant de contrôler le ballon et repousser les quelques attaques torontoises en première demie, sans grande frayeur. La deuxième mi-temps a commencée de la même manière que la première: à la cinquantième minute, le défenseur gauche Ambroise Oyongo s’empare du ballon avant d’embarquer sur un raid de soliste jusqu’à l’entrée de la surface torontoise. Sa frappe, bien qu’un peu trop écrasée, trompe Irwin pour donner un avantage quasi-définitif, croyait-on, à l’Impact avant le match retour.</p>
<p>Un match en deux temps</p>
<p>A 3–0, l’Impact s’est sans doute relâché, invitant ses rivaux dans son camp. S’en remettant à leurs trois joueurs désignés, les Torontois réduisirent le score par deux fois en l’espace de cinq minutes. A la soixante-huitième minute, après un cafouillage dans la surface de l’Impact, ‚Sebastian Giovinco centre vers Jozy Altidore qui a pu tromper Evan Bush à bout portant d’une tête puissante. Peu après, c’est Michael Bradley qui a ajusté le gardien américain de l’IMFC. Ces deux buts à l’étranger du Toronto FC ont terni la prestation de l’Impact, qui a pu tout de même conserver son avantage avant le match retour.</p>
<p>Timide dernière pour Drogba</p>
<p>Cette première manche de finale d’Association marquait la dernière apparition de Didier Drogba devant le public montréalais sous le maillot de l’Impact. La légende ivoirienne, à l’image de sa deuxième saison à Montréal, a semblé dépassée physiquement. Entré à la place de Mancosu à la soixante-dixième minute, Drogba a eu quelques bons ballons à exploiter, mais on a le sentiment qu’il freinait le collectif montréalais, lui qui l’a si souvent porté à bout de bras depuis son arrivée au Québec. Toujours aussi à l’aise techniquement, il a cependant voulu trop en faire pour ce dernier match à domicile et n’a pas su faire la différence.<br>
Il lui reste encore le match retour à Toronto ce mercredi, au terme duquel l’Impact se qualifiera pour la finale de la Coupe MLS s’il évite la défaite. Ce serait la première équipe canadienne à atteindre ce stade de la compétition, et de quoi offrir à DD une sortie digne de ce nom.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/11/28/limpact-pris-en-embuscade/" data-wpel-link="internal">L’Impact pris en embuscade</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Paradis, à sa manière</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/paradis-a-sa-maniere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 14:07:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=26114</guid>

					<description><![CDATA[<p>Recto-Verso, à la découverte d’un double «Je» musical.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/paradis-a-sa-maniere/" data-wpel-link="internal">Paradis, à sa manière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e duo électro français Paradis (Simon Mény et Pierre Rousseau) a sorti son premier album le 23 septembre dernier, intitulé <i>Recto Verso</i>. Attendu depuis longtemps — la sortie était initialement prévue au printemps — cet opus est le fruit de près de quatre ans de travail. Les titres rassemblés forment un ensemble cohérent, un «album à chansons» comme le décrit Simon Mény.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Un style paradis </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Formé en 2011, Paradis a d’abord sorti des titres au compte-gouttes chez<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Beats in Space Records</i><span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>de Tim Sweeney, avant un E.P. qui annonçait <i>Recto Verso</i>, <i>Couleurs primaires</i>, sorti l’année dernière pour leur arrivée chez <i>Barclay</i>.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Mêlant les styles et les influences, allant de la chanson française des années 80 à la<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>house</i>, en passant par la pop, Paradis propose des morceaux dans la lignée de ce qu’ils ont pu faire depuis cinq ans, avec ce sentiment de première fois qui accompagne l’album.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span></span><span class="s3">Une jetée à l’eau — symbolisée par la couverture — où l’on retrouve l’innocence et la vulnérabilité qui fait la grâce de leur musique aérienne. En ce sens, le titre qui ouvre <i>Recto Verso</i>, «Instantané», constitue une sorte d’auto-référence, une confession esthétique dans laquelle le groupe revendique sa fragilité. «La voix toujours un peu filtrée / Pour étouffer la timidité», «Une simple chanson pour résumer» chante Simon Mény de sa voix lancinante, emmenée par les synthés et les basses de Pierre Rousseau.</span></p>
<p class="p4"><span class="s4"><b>Tableau musical </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">La réussite essentielle de l’album, au-delà des qualités particulières de chaque chanson, est l’ensemble que toutes ses parties forment. Au fil des titres, Paradis tisse les motifs du double, de l’autre, de la possibilité ou l’impossibilité de la relation avec l’autre. Il y a bien-sûr les chansons d’amours passées, comme «Garde le pour toi» que l’on retrouve avec plaisir après <i>Couleurs primaires</i>, ou encore le <i>single</i> «Toi et Moi». </span></p>
<p class="p6"><span class="s3">D’autres chansons prolongent le mouvement entamé dans «Instantané» et évoquent la vulnérabilité sous toutes ses formes; d’abord en tant qu’être humain devant un autre être humain, dans la relation amoureuse, mais aussi pour le groupe qui présente son travail pour la première fois. Le diptyque «Miroir» est exemplaire: reprenant le thème obsédant du double, scindant l’album en deux, il y a dans «Miroir» Un et Deux ce qui fonde la particularité de Paradis: un refus de la facilité, des formules toutes faites, au profit d’une esthétique qui n’appartient qu’à eux. On reconnaît Paradis («Je cherche […] une chanson comme un miroir / Dans lequel je peux me voir») même si l’on ne connaît d’eux que quelques chansons, comme ma colocataire qui me demanda «C’est Paradis ça nan?» un jour où j’en écoutais.</span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Il y a donc une manière Paradis, un collage spécifique d’influences, sans frontière mais cadrée tout de même par ce qui fait leur force: la dénudation de leur sensibilité dans des textes en français, faussement naïfs, portés par la voix grave et fragile de Simon Mény et les instrumentales <i>French Touch</i> de Pierre Rousseau. Comme le rappelle le duo en entrevue, Paradis ne ressemble pas à ce qu’ils feraient chacun de leur côté, mais est plutôt un équilibre précieux construit à deux, comme un couple.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/10/04/paradis-a-sa-maniere/" data-wpel-link="internal">Paradis, à sa manière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>AÉUM: Dossier Spécial Élections</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/aeum-dossier-special-elections/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/aeum-dossier-special-elections/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 07:14:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25110</guid>

					<description><![CDATA[<p>Que les jeux commencent.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/aeum-dossier-special-elections/" data-wpel-link="internal">AÉUM: Dossier Spécial Élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Que les </b></span><span class="s2"><b>jeux</b></span><span class="s1"><b> commencent!</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1">M</span><span class="s1">ercredi dernier, dans la salle de bal du bâtiment Shatner, les candidats aux postes exécutifs de l’Association des Étudiants de l’Université McGill (AÉUM) se sont réunis pour les débats médiatiques, lançant ainsi le début de leur campagne. Celle-ci commence d’ailleurs sur les chapeaux de roue, et la presse étudiante déplore qu’au moment des débats, il manque encore une plateforme accessible pour certains candidats.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">À la lumière de la candidature, puis du retrait non-officiel puis du retour de M. Simakov au poste de v.-p. aux Affaires externes, on pourrait s’attendre à une période d’élections haute en rebondissements. Toutefois, l’ancien opposant de M. Ibrahim — aujourd’hui président de l’AÉUM — ne s’est même pas rendu au débat, laissant ainsi la parole à M. Aird , que l’on sait désormais officieusement seul prétendant à la couronne des Affaires externes. </span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Peu d’opposition</b></span></p>
<p class="p3">Il est intéressant de remarquer que la plupart des postes sont sujets à une seule candidature. Les seuls sièges qui impliquent une compétition cette année seront ceux de président, et de v.-p. à la Vie étudiante (précédemment v.-p. Clubs et services, <i>ndlr</i>). Lors des débats de mercredi, ce sont donc les seuls qui ont présenté un véritable intérêt et des nouveautés. La pierre angulaire du débat entre les potentiels v.-p. à la Vie étudiante a été la question de leur gestion du temps pour jongler entre l’avancement de la question de la santé mentale sur le campus et le reste des fonctions qui leur incomberaient. Dushan Tripp a mis l’emphase sur la présence de représentants des clubs et services. Son opposante Elaine Patterson, elle, s’est dite confiante en sa capacité à gérer une telle quantité de travail. Mentionnant, par la même occasion, que les difficultés rencontrées par l’actuelle v.-p., Kimber Bialik, s’expliquent par les multiples démissions qu’a vécues l’AÉUM au cours de l’année.</p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Débat présidentiel</b></span></p>
<p class="p3">Le mot final a été donné par les deux candidats à la présidence, Ben Ger et Jordan Sinder. Les deux candidats se sont dits opposés à la motion pour amender la constitution afin de bloquer les motions «divisives» lors des Assemblées générales (dont le conseil législatif a discuté pour la première fois le 25 février, <i>ndlr</i>): l’exécutif se doit de rester neutre face aux débats d’ordre politique sur le campus. Ger de conclure: «<i>Je suis entièrement pour la démocratie directe!</i>».</p>
<p class="p3">C’était cependant un des seuls points d’accord entre les deux candidats. Quand M. Ger a corrigé M. Sinder qui parlait de la gestion des clubs, lui disant que cette tâche ne relève pas du rôle du président, il a provoqué le départ furieux d’un membre de l’assemblée. M. Sinder en a profité pour relever «<i>le grand problème dans notre institution: les clubs et associations étudiants sont la force directrice du campus</i>», et méritent l’attention de l’AÉUM. ‑Esther Perrin Tabarly</p>
<hr>
<h2 class="p1" style="text-align: left;"><span class="s1"><b>L’étrange campagne d’</b></span><span class="s2"><b>Alexei Simakov</b></span><b> </b></h2>
<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e candidat au poste de v.-p. Externe Alexei Simakov s’est retiré de façon officieuse de l’élection du conseil exécutif de l’AÉUM. Dans un message humoristique publié sur sa page <i>Facebook</i>, M. Simakov a ironiquement déclaré vouloir se présenter aux élections présidentielles américaines devant la vague de soutien envers Donald Trump. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Alors qu’il a souhaité bonne chance à son adversaire David Aird pour l’élection à venir, il ne s’est toutefois pas retiré de la course, selon <i>Elections SSMU</i>, mais ne mène pas campagne pour autant. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Certains étudiants y voient une tactique électorale de la part de M. Simakov, qui n’en est pas à son premier coup d’éclat dans sa carrière politique étudiante. L’année passée, il s’était incliné avec un écart de 225 voix face à l’actuel président de l’AÉUM Kareem Ibrahim. Il avait décidé quelques temps plus tard de déposer une plainte auprès de la commission juridique pointant les dysfonctionnements du comité des élections de l’AÉUM.</span></p>
<p class="p3">Au semestre dernier, M. Simakov s’était présenté au poste de v.-p. aux Affaires internes de l’AÉUM laissé vacant par Lola Baraldi, démissionnaire. Sa concurrente Céleste Pagniello s’était retirée le matin même de l’élection, et une campagne du «Non» contre M. Simakov avait été organisée dans la foulée par Ben Ger, candidat cette année au poste de président et proche de Kareem Ibrahim.</p>
<p class="p3">À l’heure où nous écrivons ces lignes, un dernier rebondissement dans les élections de cette année a lieu: M. Simakov a publié une lettre ouverte à l’AÉUM sur le site de la version mcgilloise du <i>Tab</i> — une plate-forme dédiée au journalisme étudiant — dans laquelle il dénonce «le cirque <i>SSMU</i>» et la faillite de représentativité de l’Association étudiante. Il a aussi annoncé en privé au Délit qu’il était encore candidat. Tous ces coups d’éclat ont bien l’air d’une campagne électorale rondement menée. ‑Baptiste Rinner</p>
<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>La </b></span><span class="s2"><b>politique</b></span><span class="s1"><b> a‑t-elle sa place à l’</b></span><span class="s2"><b>AÉUM</b></span><span class="s1"><b>?</b></span></h2>
<p class="p1">La motion «anti-polémique» proposée au référendum est controversée.</p>
<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a dernière assemblée générale de l’AÉUM qui s’est déroulée le 22 février dernier s’est fait remarquer par son caractère polémique. En effet, la motion concernant le soutien au mouvement BDS McGill avait fait controverse durant les semaines précédant l’assemblée et ne fut adoptée qu’au terme d’un long et virulent débat.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Suite à cela, Adam Templer, Matthew Sattherthwaite et François-Paul Truc — trois étudiants représentants à l’AÉUM — ont proposé un amendement soutenant la création d’un comité de directeurs externes à l’Association qui auraient la responsabilité de poser un droit de véto sur les motions jugées controversées et extrinsèques à la vie étudiante. Lorsqu’interrogé sur la composition d’un tel comité Adam Templer nous répond que ce dernier «<i>devrait inclure des membres de l’AÉUM en général qui s’ajouteraient au comité directeur actuel </i>(en charge des révisions grammaticales des motions et de la conformité de ces dernières avec le règlement intérieur, <i>ndlr</i>).»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De plus, ils proposent que ce type de motion doive nécessiter l’obtention des deux tiers du vote étudiant par la suite. Templer ressent aussi la nécessité d’apporter une clarification sur l’amendement en lui même: «[…]<i>qualifier certaines motions comme étant polémiques et externes est juste une mise en garde au corps étudiant de McGill pour s’assurer que de telles motions bénéficient d’un large soutien plutôt que d’une simple majorité</i>.»</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 629px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-25111" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-MotionVetoAG.jpg" alt width="629" height="651" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-MotionVetoAG.jpg 629w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-MotionVetoAG-1x1.jpg 1w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-MotionVetoAG-32x32.jpg 32w" sizes="(max-width: 629px) 100vw, 629px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>Une proposition qui fait polémique</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cette éventualité divise au sein même de la direction de l’Association. En effet, si la résolution a aujourd’hui obtenu assez de soutien pour être présentée au référendum, elle est aussi fermement rejetée par une partie des exécutifs. Emily Boytinck, v.-p. aux Affaires externes, s’explique: «<i>L’Assemblée générale est l’un des seuls endroits où les membres de l’AÉUM peuvent participer de manière démocratique et directe, il est donc très important que nous soyons capables de discuter et de débattre d’un large éventail de questions.</i>» Boytinck, ainsi que Kareem Ibrahim et Chloé Rourke, ont donc constitué en vue du référendum un comité en faveur du «Non». </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Face à la contestation, Adam Templer défend néanmoins le projet et réfute les accusations de censure et d’atteinte au processus démocratique: «<i>Il ne s’agit pas là de couper court au débat mais plutôt de le favoriser. Les motions concernant des questions externes à la vie étudiante sont bénéficières d’un soutien financier supérieur à la moyenne, en conséquence les étudiants deviennent victimes d’un effet de mode et prennent parti sans savoir. D’autre part, il y a des moyens bien plus probant pour défendre une cause que l’Assemblée générale: une campagne de sensibilisation par exemple est bien plus efficace qu’une discussion d’un exécutif de l’AÉUM avec un responsable de l’université à huit clos</i>». Il ajoute que les divisions qui résultent de certaines motions ont un impact qui dépasse la simple controverse: «<i>Certains incidents m’ont été reportés par des étudiants, des actes antisémites, islamophobes ou racistes. Le jeu en vaut-il la chandelle?</i>»</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La nécessité d’une politique étudiante engagée</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Pour certains exécutifs tels que Rourke, ce discours est trompeur et extrêmement problématique. Pour elle, le fait de qualifier une motion comme étant «<i>politique</i>» ou «<i>controversée</i>» est un acte politique en lui-même. De plus, elle s’interroge sur la pertinence du terme externe: «<i>Est ce que manifester sa solidarité envers les femmes indigènes disparues et assassinées est un problème externe à l’université? Qu’en est-il d’une motion qui se pose en faveur du mouvement </i>Black Lives Matter<i>? S’agit-il là de questions externes à la vie des étudiants indigènes ou noirs?</i>» Elle affirme que faire de l’AÉUM une organisation fermée aux débats d’opinions revient à ignorer la diversité du corps étudiant et refuser à certains la possibilité de faire entendre leur voix. Cette vision d’une AÉUM «<i>plus représentative</i>» et «<i>moins politique</i>» devient problématique lorsqu’elle est appliquée aux principes d’équité et de justice sociale. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’amendement reçoit un accueil tiède, parmi les étudiants: si certains nous ont confié qu’ils voyaient dans cette motion un geste raisonnable et justifié, certains comme Mary (U2) trouvent cela «<i>aberrant</i>» ou encore comme Reem (U0), «<i>à l’encontre de l’esprit de l’université</i>». Reste donc à savoir quelle sera l’issue du référendum qui approche à grand pas. ‑Dior Sow</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/aeum-dossier-special-elections/" data-wpel-link="internal">AÉUM: Dossier Spécial Élections</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/aeum-dossier-special-elections/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Impact refait le printemps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/limpact-refait-le-printemps/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/limpact-refait-le-printemps/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 06:43:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25093</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue exclusive avec le capitaine de l’Impact de Montréal Patrice Bernier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/limpact-refait-le-printemps/" data-wpel-link="internal">L’Impact refait le printemps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Le printemps bleu-blanc-noir est bel et bien là (p.3)! L’Impact a gagné ses deux premiers matchs, confirmant par la même occasion l’excellence et la cohésion de ses joueurs.&nbsp;Au pas de course, Patrice Bernier, le capitaine du Onze montréalais s’est joint à nous pour nous parler de cette équipe qui n’a pas fini de faire rêver ses supporteurs!</p>
<hr>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Le Délit (LD)</b>: <i>C’était bien l’entraînement?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>Patrice Bernier (PB)</b>: Oui, c’était bien! Je suis blessé donc je m’entraîne tout seul. Par contre la guérison avance bien. Ce n’est pas toujours évident d’être blessé quand tu es athlète mais je vais jouer cette saison! </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Ton rôle en ce moment au sein de l’équipe est donc moral…</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>En quelque sorte oui, mais quand tu es à l’écart, tu es à l’écart! En tant que capitaine j’essaye de garder le contact avec les joueurs, mais c’est sûr que je suis moins actif. Quand tu n’es pas sur le terrain, ce n’est pas la même chose.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1">LD: <i>Puisque tu es blessé, tu n’as pas pu suivre ton équipe à l’étranger, est-ce que tu as suivi les exploits de tes coéquipiers? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Oui, comme tout le monde, depuis les estrades et à la télé (<i>rires</i>)! C’est bien, on fait un bon début de saison, mais la saison est encore longue, il ne faut pas s’emballer non plus. Il y a des hauts et des bas. On se souvient de 2013, on avait très bien commencé et on n’a pas fini en top forme. Au moins la confiance est là, on est optimistes pour la saison à venir.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD:</b> <i>Quelles sont les objectifs pour cette saison? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB:</b> L’objectif c’est de faire les séries, c’est sûr! On l’a fait deux fois en quatre ans et la réalité de cette ligue c’est que les plus gros clubs veulent faire les séries chaque année, sinon c’est la crise. On veut devenir un club comme ça. Et une fois que tu es en série, tout est possible! On a l’expérience d’avoir fait ça l’année passée, on arrive avec ça en poche. L’objectif c’est de finir dans les deux-trois premiers de notre association pour avoir l’avantage à domicile pour la suite. </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD:</b><i> Beaucoup d’analystes disent que vous pouvez faire quelque chose de grand cette année. Est-ce que ça ajoute une pression supplémentaire?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Je ne m’intéresse pas à ce que disent les analystes. En 2013, ça a pris deux mois pour qu’on nous donne du crédit. Aujourd’hui, on nous le donne plus tôt parce que ça va bien, mais il ne faut pas s’emballer! On est serein, on veut faire quelque chose de spécial. Après, c’est vrai qu’il y a une pression supplémentaire parce qu’on a bien joué l’année passée. Il faut utiliser cette pression pour rester performants. Après deux bons matchs, tout le monde nous attend! </span></p>
<p class="p2"><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-25096 size-full" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/Entrevue-Boite.jpg" width="660" height="1260" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/Entrevue-Boite.jpg 660w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/Entrevue-Boite-419x800.jpg 419w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/Entrevue-Boite-1x1.jpg 1w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px"></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Est-ce qu’il y a un rival à surveiller cette saison? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Il y a toujours des équipes performantes, je pense au New York Red Bulls qu’on a battus cette fin de semaine. Il y a beaucoup de bonnes équipes dans l’association de l’Est, qui ont pris du volume. Toronto était bon l’année passée, ils se sont encore renforcés cette saison. Et puis c’est sûr que ce sont des rivaux, ils sont juste à côté. Le but c’est d’être dans les premiers, on verra après une dizaine de matchs, c’est la constance qui va déterminer; qui va aller loin! </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Le point positif du début de saison — deux victoires contre deux bonnes équipes — c’est que l’Impact a gagné sans Didier Drogba, considéré comme le talisman de l’équipe l’année passée…</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Oui c’est sûr, même si on était déjà une équipe l’année passée, avec Didier on a pris une autre dimension, par ce qu’il apporte sur le terrain: le facteur intimidation, son expérience et sa personnalité entraînante! C’est un défi pour ceux qui jouent: Dominic Oduro marque des buts, Nacho (Piatti, <i>ndlr</i>) a retrouvé son niveau de 2014. La saison est longue et une équipe qui a plusieurs joueurs performants pourra maintenir une cadence positive. C’est sûr que l’année dernière, pendant deux mois, Didier a marqué beaucoup de buts et a maintenu cette vague-là. Il nous reste 32 matchs, c’est bien de voir Nacho, Harry Shipp, (Lucas, <i>ndlr</i>) Ontivero.</span></p>
<blockquote>
<p class="p2">J’aimerais transmettre aux jeunes l’expérience que j’ai gagnée. Le <i>soccer</i>, c’est mon école</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Tu es le seul joueur de l’équipe à avoir connu l’Impact avant la Ligue Majeure. Qu’est-ce que ça te fait de porter cet héritage?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB:</b> C’est vrai, je suis le plus vieux, ça fait huit ans que je suis au club (<i>rires</i>)! C’est spécial de voir où on est arrivés aujourd’hui, regardez les banderoles. Il y a deux clubs de supporteurs, les Ultras et le groupe 1642, et on voit l’engouement qu’on crée dans la ville, le stade est plein, j’ai joué avec Didier Drogba, Alessandro Nesta, Marco di Vaio. En tant que Montréalais, c’est bien. Jamais je n’aurais pensé — sincèrement — que le club serait dans la MLS (championnat américain de <i>soccer</i>, <i>ndlr</i>) et à ce niveau-là! Le club a fait des grands pas, c’est bien pour tous les fans de <i>soccer</i> dans la ville. C’est comme voir ton petit frère grandir et réaliser qu’il est très bon!</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>On parle d’héritage, et justement l’entraîneur-chef Mauro Biello a un historique avec l’Impact, il a été joueur au club pendant plus de quinze ans. Qu’est-ce qu’il apporte dans le vestiaire?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Mauro a remis les choses en route. On avait été bons en 2012–2013, puis on s’est perdus en 2014. On ne savait plus qui on était. Il a proposé une façon de jouer qui était propre à nous autres, aux joueurs que le club a repêchés. Le <i>staff</i> de l’académie fait aussi un bon travail: enseigner aux jeunes les principes du club pour avoir une corrélation quand ils arrivent chez les pros. Je suis content pour Mauro, il a travaillé fort ces quatre dernières années comme assistant, et aujourd’hui, les résultats qu’on a prouvent que quelqu’un d’ici peut être bon sur le terrain et en tant qu’entraîneur. Ce qu’il a apporté c’est des certitudes, de la confiance, de la sérénité dans ce qu’on fait, et puis une identité. On a des bons joueurs, et c’est facile d’avoir des bons joueurs, c’est autre chose de bien jouer en équipe. Le but c’est qu’il puisse être là longtemps.</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD:</b><i> Tu as 36 ans, est-ce que tu as pensé à ta reconversion? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Oui, je sais déjà ce que je vais faire. J’aimerais ça, rester sur le terrain, <i>coacher</i>, surtout à ce niveau-là, ou chez les jeunes. C’est la meilleure transition pour tranquillement réaliser que tu ne joues plus. Si tu arrêtes d’un coup, c’est drastique et beaucoup de joueurs le regrettent. J’aimerais transmettre aux jeunes l’expérience que j’ai gagnée. Le <i>soccer</i>, c’est mon école (<i>rires</i>)!</span></p>
<blockquote>
<p class="p2">On est serein, on veut faire quelque chose de spécial.</p>
</blockquote>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Si tu devais mettre une chanson pour motiver le vestiaire, tu mettrais quoi? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>C’est difficile. Là, t’as Didier qui met ses chansons à lui, du zouk, de la musique africaine, entraînante. Je ne sais pas si tout le monde aime (<i>rires),</i> mais c’est entraînant. Pour motiver le groupe, je ne sais pas. On est un groupe très calme, mais pas très <i>flyé</i> (<i>rires</i>)!</span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Et toi, une chanson qui te motiverait avant l’entraînement? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Dernièrement, la chanson que j’aime bien, même si c’est pas nouveau, c’est <i>I’m back</i> (Numéro 1, <i>ndlr</i>) de Sans Pression. C’est un groupe d’ici, de Montréal! Et puis ils ont des racines haïtiennes. Les paroles sont inspirantes, ça me motive! Sinon vous écoutez <i>Empire</i>? Il y a une chanson qui s’appelle <i>Powerful</i>, avec Alicia Keys, qui est excellente! </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Cet été, c’est l’Euro 2016. Prédictions?</i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>La France, car ils jouent chez eux! Quand tu es pays hôte, tu as un avantage. J’aimerais bien que la Belgique fasse quelque chose, avec la génération qu’ils ont! Ça serait bien pour Laurent (Ciman, défenseur belge de l’Impact, <i>ndlr</i>). Mais ça peut faire comme le Portugal de la génération de Luis Figo et Rui Costa, qui n’a rien gagné. Les Allemands et les Espagnols sont toujours à redouter. Mais ça va être intéressant, il y a beaucoup d’équipes pour qui ce sera le premier Euro! </span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>LD: </b><i>Tu vas regarder? </i></span></p>
<p class="p2"><span class="s1"><b>PB: </b>Oui, c’est sûr. Je regarde tous les tournois, je ne rate jamais une opportunité de regarder du foot de haut niveau (<i>rires</i>)!</span></p>
<hr>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 636px">
			<img decoding="async" class="wp-image-25094 size-large" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-Bernier-636x1000.jpg" width="636" height="1000" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-Bernier-636x1000.jpg 636w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-Bernier-318x500.jpg 318w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-Bernier-768x1208.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/A-Bernier-850x1336.jpg 850w" sizes="(max-width: 636px) 100vw, 636px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Impact de Montréal</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/limpact-refait-le-printemps/" data-wpel-link="internal">L’Impact refait le printemps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/03/15/limpact-refait-le-printemps/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Aquin intime</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/23/aquin-intime/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/23/aquin-intime/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 05:11:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24996</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’œuvre d’Hubert Aquin à l’honneur à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/23/aquin-intime/" data-wpel-link="internal">Aquin intime</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p2"><span class="s1">Jeudi dernier avait lieu l’inauguration du cycle «Hubert Aquin: profession écrivain» à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie, qui vise à célébrer le cinquantenaire de la publication de <i>Prochain épisode</i>, le chef‑d’œuvre de l’écrivain québécois.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«Rien ne remplace la lecture des </span><span class="s1">livres»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">La première partie de la soirée était consacrée à la projection de deux court-métrages de Vincent Guignard autour de l’œuvre d’Aquin, réalisés à quinze ans d’intervalle: <i>Élégie hélvétique (Hubert Aquin en Suisse)</i> (2000) et <i>Portrait d’un jeune homme en lecteur aquinien</i> (2015). Si ces deux films sont un témoignage d’admiration d’un lecteur envers l’auteur québécois et son «roman d’espionnage», ils n’apportent que peu de choses à la puissance du premier livre d’Aquin. <i>Élégie hélvétique (Hubert Aquin en Suisse)</i> est une sorte de documentaire sur les différents séjours que l’auteur effectua dans la Confédération, ponctué par quelques citations marquantes de <i>Prochain épisode</i>, dont l’action se déroule en partie en Suisse. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Dans <i>Portrait d’un jeune homme en lecteur aquinien</i>, on suit le jeune homme en question dans les Fonds d’Archive Hubert Aquin à l’UQAM, où il feuillette et lit en chuchotant les manuscrits et éditions originales d’Hubert Aquin. En citant des extraits de <i>Prochain épisode</i> et du <i>Journal</i> de l’écrivain, le second court-métrage restitue sa prose obsessionnelle, notamment par le procédé d’itération (action de se répéter, <i>ndlr</i>). Confiné dans un espace clos, comme le narrateur de <i>Prochain épisode</i>, le lecteur aquinien chuchote: «J’écris sur une table à jeu, près d’une fenêtre qui me découvre un parc cintré par une grille coupante qui marque la frontière entre l’imprévisible et l’enfermé. Je ne sortirai pas d’ici avant échéance. Cela est écrit en plusieurs copies conformes et décrété selon des lois valides et par un magistrat royal irréfutable.»</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1278px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24997" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin.jpg" alt width="1278" height="1027" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin.jpg 1278w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin-170x136.jpg 170w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin-330x265.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin-768x617.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin-1000x804.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Aquin-850x683.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1278px) 100vw, 1278px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>Épisodes passés</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C</span><span class="s3">e qui ressort des films, c’est surtout le style d’Aquin. Comme le rappelle un de ses amis présent dans la salle de projection de la Médiathèque, rien ne remplace la lecture des livres.</span></p>
<p class="p3"><span class="s3">Après la projection, Gaëtan Dostie — fondateur de la médiathèque — a convié Andrée Yanacopoulo, la veuve d’Aquin — suicidé en 1977 — pour se remémorer celui avec qui elle partagea quatorze années de sa vie. Le tutoiement est de rigueur pour ces deux amis de longue date, et ils invitent d’autres proches présents à participer à leur discussion, notamment Jacques Allard, qui a mené l’édition<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>critique des œuvres complètes d’Aquin. </span></p>
<p class="p3"><span class="s3">L’entretien est intime, drôle — Andrée Yanacopoulo raconte quelques anecdotes, notamment sa première rencontre avec celui qui est à l’époque réalisateur pour Radio-Canada et l’ONF (Office nationale du film, <i>ndlr</i>), lors d’un dîner d’universitaires. Alors qu’elle faisait des recherches à l’UdeM sur la dépression au Canada français, Aquin venait d’écrire son célèbre article dans <i>Liberté</i>, «La fatigue culturelle du Canada français». C’est par la dépression qu’ils se sont connus, ce qui prête à sourire — d’un sourire noir et tragique — quand on sait que la vie d’Hubert Aquin a été traversée par ce mal, jusqu’à qu’il mette fin à ses jours.</span></p>
<p class="p3"><span class="s4">Le cycle «Hubert Aquin: profession écrivain» se poursuit à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie cette semaine. Seront projetés un téléthéâtre et des documentaires d’Aquin, notamment <i>Le sport et les hommes</i>, un documentaire né de sa collaboration avec Roland Barthes, ce jeudi à 20h. Des documents exceptionnels à ne pas manquer.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/23/aquin-intime/" data-wpel-link="internal">Aquin intime</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/23/aquin-intime/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le règne du nombre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-regne-du-nombre/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-regne-du-nombre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 20:14:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Classements]]></category>
		<category><![CDATA[Shanghai]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24666</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une critique des classements universitaires mondiaux.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-regne-du-nombre/" data-wpel-link="internal">Le règne du nombre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">lors que des millions de finissants bouclent leurs dossiers d’inscription à l’université pour la rentrée prochaine, chacun d’entre eux établit un classement personnel de préférences. Si les postulants aux universités canadiennes ne sont pas tenus d’en faire un officiellement, dans certains pays où les candidatures sont centralisées, comme la France ou le Royaume-Uni, les futurs étudiants doivent hiérarchiser leurs choix. Véritable casse-tête, à un âge où l’on doit décider de son avenir. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Pour les y aider, différentes institutions proposent des classements<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>nationaux et internationaux d’écoles et universités: les plus discutés dans les médias sont le classement de l’université Jiao Tong de Shanghai, le classement du <i>Times Higher Education</i> (<i>THE</i>) et, au Canada, celui du magazine <i>Maclean’s</i>. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">De ces classements, tout a été dit: leurs critères sont partiaux et réducteurs; ils classent des institutions très différentes, donc incomparables; dans certains cas, la recherche se fait en grande partie en dehors des universités, comme c’est le cas en France, et n’est donc pas prise en compte. Et pourtant, chaque année, ces classements sont attendus avec impatience par les étudiants, les dirigeants d’universités et les investisseurs — philanthropes, industriels. Les politiques en font un moyen de jauger l’efficacité ou non de leur politique d’enseignement, qui a parfois pour objectif avoué d’améliorer la position des institutions nationales dans ces classements. Il ne s’agit pas de nier l’importance de ces derniers mais d’en interroger les critères, au lieu de crier sur tous les toits que l’Université McGill est première dans le classement <i>Maclean’s</i> — et s’en vanter — en oubliant de mentionner qu’elle est derrière l’Université de Toronto et de l’Université de Colombie-Britannique dans le classement de Shanghai. Quelle pertinence, alors, dans ce genre d’exercice? Penchons-nous sur le plus célèbre d’entre eux, le susmentionné classement de Shanghai.</span><b></b><span class="s1">&nbsp;</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 2745px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni.jpg" alt width="2745" height="2286" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni.jpg 2745w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni-330x275.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni-768x640.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni-1000x833.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-ClassementUni-850x708.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 2745px) 100vw, 2745px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Esther Perrin Tabarly</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>Shanghai à la loupe </b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le classement de Shanghai comporte six critères, les quatre premiers comptant pour 20% chacun, les deux derniers se partageant les 20% restant. Il prend en compte: le nombre de prix Nobel ou de médaille Fields dans le corps professoral, le nombre de chercheurs de l’institution qui figurent parmi la liste des auteurs les plus cités de la base de données Thomson Reuters, <i>Web of Science</i>, le nombre d’articles publiés dans les revues <i>Nature</i> et <i>Science</i>, le nombre total d’articles recensés dans le <i>Web of Science</i>, le nombre d’anciens étudiants ayant reçu un prix Nobel ou une médaille Fields, et un ajustement des critères précédents selon la taille de l’institution. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Que remarque t‑on, à la vue de ces critères? D’abord, il y a une primauté, pour ne pas dire un <i>diktat</i>, du nombre. <i>Quid</i> de la qualité de ces recherches, si l’on n’évalue que la somme d’articles produits? Le phénomène de citation et la prise en compte de certaines reconnaissances viennent nuancer la dimension quantitative du classement, mais il y a d’autres problèmes. Le classement de Shanghai fait la part belle aux sciences exactes en basant 40% de son évaluation sur le <i>Web of Science</i> de Thomson Reuters, compilé à partir d’une dizaine de bases de recherche dans le domaine des sciences — une seule des ces bases prend en compte les publications en Arts. Aussi, 20% de son évaluation est basée sur le nombre de publications dans <i>deux</i> revues différentes : la revue américaine <i>Science</i> et la revue britannique <i>Nature</i>. Elles font, certes, figures de référence dans le champ académique, mais ne prendre en compte que deux revues de sciences exactes semble assez dérisoire pour établir un classement mondial. Vouloir améliorer la position de son institution dans le classement de Shanghai reviendrait alors à faire publier plus d’articles dans ces deux revues. On voit l’absurdité d’un tel critère. N’oublions pas non plus que ce sont deux revues de langue anglaise: que faire des recherches dans d’autres langues? Le classement de Shanghai n’en fait rien du tout, préférant laisser de côté cette question de la langue, d’où la part belle réservées aux universités anglo-saxonnes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">On l’aura compris: les classements internationaux prétendent comparer des institutions qui n’ont pas grand chose en commun. C’est le problème de ces classements mondiaux, qui font du milieu universitaire un espace de compétition à l’échelle de la planète, calqué sur le modèle du commerce. Surtout, l’analyse des critères montre <i>l’impertinence</i> de telles hiérarchies quand on en vient à choisir l’université dans laquelle on aimerait étudier.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-regne-du-nombre/" data-wpel-link="internal">Le règne du nombre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-regne-du-nombre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cours, Gospodin, cours!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/cours-gospodin-cours/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/cours-gospodin-cours/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 20:06:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24656</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’anticapitalisme à distance sur les planches du Théâtre de Quat’Sous.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/cours-gospodin-cours/" data-wpel-link="internal">Cours, Gospodin, cours!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">a saison du 60<i>e</i> anniversaire du Théâtre de Quat’Sous se continue ce mois-ci avec la pièce du dramaturge allemand Philippe Löhle, <i>Dénommé Gospodin</i>, mise en scène par Charles Dauphinais. <i>Le Délit</i> étant un habitué du Quat’Sous ces dernières années, autant dire que les attentes sont élevées – en particulier pour cette saison, vu l’attention portée à la programmation par le directeur Éric Jean et son équipe. La pièce signait aussi le retour de Charles Dauphinais au Quat’Sous, après l’irrésistible mise en scène de la pièce de Simon Lacroix, <i>Tout ce qui n’est pas sec</i>, au printemps dernier.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Disons d’emblée que <i>Dénommé Gospodin</i> ne nous a pas déçus. Le personnage éponyme, campé par l’excellent Steve Laplante, est un idéaliste à qui <i>Greenpeace</i> a retiré son lama, avec lequel il faisait la manche en se promenant dans les rues d’une ville allemande. Dépossédé de sa seule raison de vivre, Gospodin se retire progressivement du monde matériel, emporté par la violence de l’existence et des relations: sa petite amie le quitte, il se débarrasse de tout son mobilier, refuse de travailler. Seul dans son appartement vide, où un tas de paille lui tient lieu de lit, il édicte des principes selon lesquels il compte vivre sa nouvelle vie d’anti-capitaliste: «L’argent ne doit pas être nécessaire». Il vit de peu, traîne au bar d’à côté pour regarder la télé, entretient quelques relations mais vit essentiellement seul, résolu à prendre le capitalisme «par les couilles», selon son expression.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1249px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24657" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin.jpg" alt width="1249" height="674" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin.jpg 1249w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin-330x178.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin-768x414.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin-1000x540.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin-850x459.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Gospodin-230x125.jpg 230w" sizes="auto, (max-width: 1249px) 100vw, 1249px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Camille Charpiat</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p3"><span class="s1">Comme «l’homme ordinaire» décrit par Michel de Certeau dans <i>L’Invention du quotidien</i>, il perruque, c’est-à-dire qu’il met en place des tactiques pour déjouer la société capitaliste et productiviste de notre temps, que ce soit d’aller faire un plein de courses à l’épicerie sans portefeuille, ou bien d’éviter de marcher sur le trottoir, puisque c’est trop «bourgeois». À ce propos, la traduction de ce jeu de mot allemand (trottoir en allemand se dit <i>Bürgersteig</i>, là où marche le bourgeois) est très habile et restitue tout l’effet de comique que l’on trouve dans la version originale. «Petit bourgeois», il n’a que ce mot à la bouche, Gospodin, pour désigner son entourage, plus enclin que lui à s’identifier dans les valeurs matérialistes de la société de consommation. L’écriture est assez subtile pour échapper à la contestation militante, ce qui évite à la pièce l’écueil — tout à fait subjectif — du théâtre engagé, pour livrer plutôt une comédie ironique et lyrique dont le Quat’Sous a le secret.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Gospodin est accompagné, dans cette pièce sans aventure, par quelques personnages. Sa mère, sa petite amie et quelques amis ou connaissances, les rôles se partageant entre Marie-Ève Pelletier pour les personnages féminins et Bruno Marcil pour les personnages masculins. À tour de rôle, ils incarnent des protagonistes mettant Gospodin face à ses contradictions, tout en exposant les leurs: de la petite amie vénale à l’artiste-performateur contemporain, ces types de personnages montrent les excès où mène le règne de l’argent, allant jusqu’à déformer nos relations les plus intimes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Marie-Ève Pelletier et Bruno Marcil jouent aussi les rôles de narrateurs, mettant en scène la quête effrénée de Gospodin. Entraînées par le rythme de batterie que joue une sorte de viking blond en manteau de fourrure sans manche, leurs voix scandent la course de Gospodin vers son idéal de liberté. De ces scènes narratives, qui sont parmi les plus réussies de la pièce, se dégagent une sorte de lyrisme difficile, auquel même le plus sceptique d’entre nous s’abandonne.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Charles Dauphinais et ses acteurs livrent une comédie subtile et paradoxale, qui interroge sérieusement, sans se prendre au sérieux, les ressorts de la société laborieuse et capitaliste. Du Quat’Sous dans le texte et sur scène, pour notre plus grand plaisir.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/cours-gospodin-cours/" data-wpel-link="internal">Cours, Gospodin, cours!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/cours-gospodin-cours/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’inconnaissance de l’innommable</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/03/17/linconnaissance-de-linnommable/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/03/17/linconnaissance-de-linnommable/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2015 16:35:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22647</guid>

					<description><![CDATA[<p>Subversion en pyjama.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/17/linconnaissance-de-linnommable/" data-wpel-link="internal">L’inconnaissance de l’innommable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">M</span>aintenant que je me suis débarrassé de mon «Je» encombrant, JE JE JE (je n’y échappe pas!), je peux me concentrer sur des sujets autrement plus intéressants. Il vient un temps où l’écriture doit produire plus que sa propre masturbation, qu’elle dépasse la fonction métalinguistique qui lui est assignée (Jakobson, 1963).</p>
<p class="p3"><span class="s1">Qu’est-ce que je voulais faire en commençant ce projet? Je parlais dans ma dernière chronique de créer une fissure dans <i>Le Délit</i>; c’est bien joli, mais une fois la fissure créée, il faut la combler, proposer quelque chose, avoir un projet.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’était bien le comble de ma chronique, le risque que je prenais (et quel risque! que d’écrire quelques mots insignifiants dans un coin de journal) en me vautrant dans l’utilitarisme du journalisme. Trouver un sujet. Impératif. Intéressant. Susceptible d’intéresser mon lectorat. Élaborer ma propre théorie de la réception. Prévoir. Trouver un sujet. Être efficace. Ne pas se répéter. Ne pas répéter ce que quelqu’un a déjà dit. Impossible. Alors quoi? Trouver un sujet. Une forme. Un style. Qui n’est pas le mien. Emprunter. À qui? Emprunter, est-ce plagier? L’Université McGill accorde beaucoup d’importance à l’intégrité universitaire, laquelle repose sur le respect mutuel, l’honnêteté, la confiance, l’équité et la responsabilité. Un milieu universitaire sain ne peut prospérer que si les participants aux examens font preuve d’honnêteté intellectuelle et personnelle. Il est donc essentiel que les examens reflètent l’effort personnel de chacun. Trouver un sujet, donc. Être original donc. Les scories qui viennent ponctuer mon discours. Donc, donc. Être absolument moderne. Oui oui bien sûr! On te croit.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je suis sur la sellette. Il faut que je parle de quelque chose. En lien avec le sujet de ma chronique accessoirement. Sinon je saute. Il faut être efficace. Impératif. Ne pas se répéter. Trouver un sujet. Être efficace. Original. Réciter le cantique. Être inutile. Se répéter. Trouver quelque chose. S’en sortir.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je voulais donner un grand cours d’écriture à l’usage de personne. Plus humblement, je me propose de résoudre le conflit des Anciens et des Modernes avec les deux cents mots qui me restent. Ou plutôt celui des Modernes. Du moderne. pas de majuscule. (Ne plus être dans le commentaire de ma propre écriture. Investir mon sujet. Y réfléchir. Déplacer les points de vue. Satisfaire mon lecteur, entre parenthèses. Ne pas désespérer. Ne pas faire comme Hubert Aquin. C’est dangereux. Fermer la parenthèse.)</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le problème du moderne. La modernité est un discours. Il faut se débarrasser du discours de la modernité. Pour en finir avec la modernité.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ce n’est pas la modernité qui pose problème, c’est notre rapport au contemporain. La difficulté de lire le contemporain dans l’optique de la modernité. Y chercher quelque chose de neuf. Ne pas voir, comme certains, la fin de l’art dans notre contemporain. Exercice difficile sûrement. Ne pas céder.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Je suis étonné par les ressources insoupçonnées du beau. Que lire après Proust? Après Céline? Après Joyce? Après Homère?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Après ceux-là, on tombe sur Koltès, sur Aquin. Et après? Un Garneau, Jaccottet, Cailleux. D’autres suivront. Il faut perdre la mémoire de l’avenir. Oui, je serai toujours étonné par les ressources insoupçonnées du beau. Du beau, de mon beau.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/17/linconnaissance-de-linnommable/" data-wpel-link="internal">L’inconnaissance de l’innommable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/03/17/linconnaissance-de-linnommable/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Écrire entre parenthèses</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/03/10/ecrire-entre-parentheses/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/03/10/ecrire-entre-parentheses/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2015 16:17:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22527</guid>

					<description><![CDATA[<p>Patrick Nicol publié pour la première fois au Quartanier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/10/ecrire-entre-parentheses/" data-wpel-link="internal">Écrire entre parenthèses</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span>près trois romans chez Leméac, un autre chez VLB et un essai sur les événements de 2012 autour de la grève étudiante publié chez La Mèche, Patrick Nicol revient ce mois-ci avec un livre publié dans la série QR au Quartanier, <i>La nageuse au milieu du lac</i>. Le Quartanier a l’habitude de sous-titrer ses livres par le genre du livre en question, <i>roman</i>, <i>prose narrative</i>, <i>fiction</i>, <i>fictions</i>, <i>succession</i>. Il y a évidemment un jeu sur le genre, ce à quoi s’amuse Patrick Nicol avec son <i>album</i>, sous-titre de<i> La nageuse au milieu du lac</i>. De quoi serait-ce un album? Le livre est ponctué de courtes parties, entre une et dix pages, qui donnent d’abord l’impression de tableaux ou de poèmes en prose. Ces morceaux de texte peuvent se lire progressivement comme des nouvelles, prenant de l’ampleur au fil du livre. Il s’agirait plus précisément d’épisodes, épisodes dans la vie d’un prof de cégep alors que sa mère est en train de mourir.</p>
<p class="p3"><span class="s1">Le narrateur, qui comme l’auteur s’appelle Patrick et enseigne le français au cégep de Sherbrooke, évoque des épisodes de son enfance, y mêlant les femmes de sa vie, ou plutôt les femmes dans sa vie: sa mère, sa fille, ses blondes, ses étudiantes, ses collègues. Ce narrateur joue de dédoublements, images réfléchissantes de femmes, sa mère, lui-même. On assiste à la douce et subtile folie d’un pseudo-schizophrène hanté par la maladie qui a des troubles de concentration. Sa prose est ponctuée de doutes, de hantises, d’erreurs: «J’ai peur à l’erreur. Je pense à l’erreur et j’ai peur.»</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La lecture de <i>La nageuse au milieu du lac</i> est passionnante à la lumière des recherches récentes autour du roman québécois, notamment avec Michel Biron, qui a développé la notion de <i>conscience du désert </i>dans un essai du même nom paru en 2010 chez Boréal, et plus récemment avec Isabelle Daunais et son essai <i>Le roman sans aventure </i>(Boréal, 2015) (Tous deux sont par ailleurs professeurs au Département de langue et littérature françaises de l’Université McGill). <i>La nageuse</i> s’inscrit effectivement dans la lignée des romans québécois, sans aventure, dans lesquels se déploie le drame silencieux d’une pensée vagabonde et pourtant enfermée, des personnages sans lieu, sans présent, sans avenir, et seulement de vagues réminiscences d’un passé qui n’a peut-être pas eu lieu.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Cela se fait pourtant sans faux lyrisme romantique, sans apitoiement même. <i>La nageuse</i>, comme ses illustres prédécesseurs – auxquels elle n’a rien à envier – est un livre qui se fait dans l’échec: «C’est effrayant tout ce qu’il me faudrait réussir et que je n’arrête pas d’échouer.» Et plus loin «J’ignore comment ça se fait, mais la capacité d’accomplir m’a quitté.» On ne peut s’empêcher de penser à un Hubert Aquin. D’ailleurs, le lac du titre serait-il le lac Léman de l’incipit de <i>Prochain épisode</i>? Un lac tranquille, où rien ne se passe, dans un à‑côté de l’histoire.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Si la question nationale se lit entre les lignes au fil de <i>La nageuse</i>, le dernier épisode est un peu plus explicite et confirme cette lecture. Le narrateur, apparemment installé à Philadelphie, envie les Américains et leur <i>narrative</i>, le mythe des Pères fondateurs. Que reste t‑il à un pays sans aventure, en marge de l’histoire, sans narration collective?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Si le narrateur a conscience du désert, il a aussi conscience de l’écriture et c’est cela, l’aventure dans le roman québécois. À l’image d’un Ducharme, c’est la langue qui se fait aventure, c’est par la langue que se remplit le vide romanesque.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Patrick Nicol et son écriture itérative jouent avec la langue, sur la phonétique, la diction, les homophones hétéromorphes, les participes présents et les adjectifs verbaux. Nicol tire sans répit, avec une subtilité cynique et un sourire en coin, à boulets rouges sur les conventions langagières, les discours convenus, le conformisme des réunions et la prédictibilité des échanges. Il écrit entre parenthèses l’indétermination propre à la littérature québécoise et l’absence d’horizon au pays de Québec.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/03/10/ecrire-entre-parentheses/" data-wpel-link="internal">Écrire entre parenthèses</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/03/10/ecrire-entre-parentheses/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dernière chronique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/derniere-chronique/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/derniere-chronique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 17:40:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22497</guid>

					<description><![CDATA[<p>Subversion en pyjama.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/derniere-chronique/" data-wpel-link="internal">Dernière chronique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">E</span>nfin! Ca y est! J’ai réussi! Je. Je. Je. JE! Je crisse ce «Je» là par la porte!</p>
<p class="p2"><span class="s1"> J’ai eu il y a bientôt un an déjà une idée de chronique pour <i>Le Délit</i> de laquelle je n’avais que le titre, idée soufflée par le rédacteur en chef de ce journal confronté à ma subversion de circonstances. Comme les «dilettantes de l’anti-conformisme qui aiment leurs pantoufles» que dénonce Hervé Bazin, je me réclame de cette subversion tranquille et paradoxale, que j’ai trouvé bon de nommer «subversion en pyjama», retrouvant dans le pyjama la même idée de confort qu’évoquent les pantoufles.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Ne voyant aucune trace de ma chronique, que j’annonçais sur tous les toits, mes collègues du comité de rédaction ont commencé une <i>running joke</i> sur cette chronique que l’on ne verra jamais, <i>running joke</i> que je me plaisais à alimenter, décrétant que ma chronique était tellement subversive qu’elle ne serait jamais publiée (ni même écrite, du reste).</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Or, la voici, inannoncée, dans son inachèvement, outrepassant d’ailleurs le vote du comité, simple formalité normalement. Oui, car avec l’aide de deux-trois complices, j’ai créé une fissure dans <i>Le Délit</i>, introduit ma chronique clandestine en douce, accomplit une métasubversion qui est l’aboutissement de ma chronique, ou bien son commencement. Ma chronique! Il se peut que ce soit la seule, auquel cas elle fera date. Voici l’œuf du projet tué dans l’œuf, pas de poule, et certainement pas de fécondation. Ce n’est pas le Grand Dérangement, mais un petit dérèglement dans l’ordre des choses.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Je me reprends. On respire. Qu’est-ce que la subversion en pyjama? C’est mon confort d’homme blanc, issu de la <i>upper-upper</i>, étudiant dans la meilleure université du Canada (selon le dernier classement McClean’s. Quels en sont les critères? </span><span class="s1">Qu’importe!). J’ai le pouvoir et je le refuse, non merci, je ne joue pas le jeu. Vous m’avez expliqué les règles mais je lis à travers. Je suis un loup des steppes, triste cynique trop optimiste. Pourquoi faire un effort quand les dés sont pipés? Jamais. Jamais. Jamais.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il s’agit de tout déconstruire puisque je ne crois en rien. Muni de mon petit guide du parfait déconstructeur (ou Derrida chez Galilée) je pointe du doigt, je monstre, je crie au loup. Mais personne ne m’écoute, j’ai trop crié et tout le monde me tourne le dos en riant.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">On pourrait aussi déconstruire Derrida! Belle entreprise. Jacques, né Jackie, a changé de prénom de peur que cela fasse trop Jack pour un philosophe-écrivain. C’est surtout mon écriture qu’il faut déconstruire, pour qu’elle ne fasse plus aucun effet. Sèche, aride, faire de ma vie un désert. DÉSERT! DÉSERT! Bla-bla-bla tout s’explique, et comment faire croire que c’est moi qui écrit quand je dis « Je ». Je. Je. Je. Attendez! Je suis mort! Je n’ai pas réussi à me tromper moi-même. Comment puis-je tromper les autres? Je ne les ai pas suspendus, ils ne rentreront pas dans ma propre vie. Je suis DI-EU. Je suis DI-EU. Je suis DI-EU. Non non non.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">J’ai longtemps refusé d’écrire, ne croyant pas au mythe de ma propre fiction. C’est pour cela que j’ai écrit aujourd’hui. Mais je m’arrête. Ce petit jeu m’épuise.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/derniere-chronique/" data-wpel-link="internal">Dernière chronique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/derniere-chronique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réponse au #OscarsSoWhite</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 16:19:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[#oscarssowhite]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22446</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, vers la fin du mois de février, la cérémonie des oscars envahit l’espace public, accompagnée de son cirque médiatique. Certaines chaînes de télévision couvrent le fameux tapis rouge, espérant apercevoir un bout de la robe de Jennifer Lawrence ou arracher trois mots à George Clooney. Depuis quelques années maintenant, les utilisateurs des&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Réponse au #OscarsSoWhite</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/" data-wpel-link="internal">Réponse au #OscarsSoWhite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">C</span>omme chaque année, vers la fin du mois de février, la cérémonie des oscars envahit l’espace public, accompagnée de son cirque médiatique. Certaines chaînes de télévision couvrent le fameux tapis rouge, espérant apercevoir un bout de la robe de Jennifer Lawrence ou arracher trois mots à George Clooney.</p>
<p class="p3"><span class="s2">Depuis quelques années maintenant, les utilisateurs des réseaux sociaux y vont aussi de leur petit commentaire. Cette année, un <i>hashtag</i> (ou «mot-clic») en particulier a enflammé Twitter: #OscarsSoWhite. Le #OscarsSoWhite et ses relayeurs critiquent le manque de diversité ethnique dans les nominations de l’<i>Academy of Motion Picture Arts and Science</i> pour ses <i>Academy Awards</i>, ou oscars du cinéma. Dans les trois catégories individuelles phares que sont Meilleur Acteur, Meilleure Actrice et Meilleur Réalisateur, sur les quinze nominés il y avait quatorze Blancs et un Hispanique, pas de personne <i>de couleur</i> donc.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Avant de se lancer dans un argumentaire visant à expliquer (c’est-à-dire déplier) ce phénomène, il faut d’abord s’intéresser à la plate-forme depuis laquelle le <i>débat</i> a été lancé: Twitter. Sur les 288 millions d’utilisateurs actifs du réseau social, plus de la moitié réside aux États-Unis d’Amérique, le second pays le plus représenté est le Royaume-Uni avec 17% des utilisateurs, vient ensuite l’Australie avec 4%, puis le Brésil, le Canada et la France dans des proportions tout aussi marginales. Le réseau est donc un microcosme américano et anglo-centré, occidental et démocratique. Néanmoins, les humeurs de ses utilisateurs influents sont relayées par les médias de masse; dans l’affaire des oscars, <i>The Guardian</i> et <i>CBC</i> entre autres ont relayé le #OscarsSoWhite dans des articles d’information.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Twitter pose plusieurs problèmes, notamment la question de la nuance – comment nuancer un propos en 140 caractères – ce qui interroge de fait la possibilité d’un débat. Aussi, les mots-clics créent un comportement moutonnier, un <i>spin</i> médiatique à coups de clics, ce qui fait de Twitter le lieu de la doxa, du lieu commun, de la bien-pensance.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">En témoigne le manque d’humour, ou la perte d’humour qu’a provoqué le #OscarsSoWhite chez certains, réagissant à chaud depuis leur ordinateur à chaque blague ambigüe de l’animateur de la soirée, l’acteur Neil Patrick Harris, et à celles de différents intervenants. L’exemple le plus frappant est sans doute la blague de Sean Penn lancée à son ami réalisateur Alejandro González Iñárritu, à propos de sa carte verte. Certains agélastes y ont vu la critique des groupes ethniques minoritaires, notamment hispanique, dans ce qui n’était finalement qu’une boutade entre amis (Sean Penn a tourné avec Iñárritu il y a une dizaine d’années, dans <i>21 grammes</i>).</span></p>
<p class="p5"><span class="s3"><b>Raciste, l’Académie?</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">L’Académie serait-elle raciste? Non évidemment, puisque les deux derniers gagnants du prix du Meilleur Réalisateur sont mexicains! C’est être mauvaise langue, mais ce contre-argument est à la hauteur du mot-clic et du <i>spin</i> qu’il a provoqué. Manifestement, la question noire se pose encore aux États-Unis, ce que révèlent aussi les événements à Ferguson, Missouri l’année dernière. Avec un peu plus de recul, c’est encore la question de la ségrégation qui semble se soulever. Est-il si surprenant de constater aujourd’hui un manque de diversité ethnique dans une manifestation culturelle d’un pays qui, jusqu’en 1964, autorisait les discriminations basées sur la couleur de peau? <span class="Apple-converted-space">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; </span></span><span class="s1">La décennie précédente avait vu les combats de la communauté noire de Montgomery en Alabama contre la ségrégation dans les transports en commun autour de l’affaire <i>Bowder v. Gayle</i> et de l’emblématique Rosa Parks quelques mois plus tard. C’est en 1964 que la loi constitutionnelle entérine l’interdiction de la discrimination raciale, en plus des discriminations basées sur le sexe, la religion ou le pays d’origine, acte constitutionnel renforcé en 1968 après les mouvements sociaux qui ont suivi l’assassinat de Martin Luther King. Cela ne veut pas dire que les mentalités ont changé, hélas, les mentalités changent bien moins rapidement que le droit.</span></p>
<p class="p5"><span class="s3"><b>Le lieu de la violence symbolique</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s2">Ce qui se joue en fond, au-delà de la question raciale, c’est la question du pouvoir symbolique et institutionnel, la domination dans les sociétés occidentales des hommes, des Blancs, et de la classe supérieure <i>upper-upper</i> selon la terminologie sociologique. David Oyelowo, qui interprète le rôle de Martin Luther King dans <i>Selma</i> de Ava DuVernay, nominé dans la catégorie Meilleur Long-Métrage, disait récemment </span><span class="s1">en entrevue (repris par une vidéo du <i>Huffington Post</i> sur le #OscarsSoWhite) que les Noirs étaient souvent représentés par des personnages serviles (on peut penser au rôle de Chiwetel Ejiofor dans <i>12 Years of Slave</i>) et non par des personnages maîtres de leur destin, dans une position dominante, comme un roi. On peut lui objecter le rôle de Forrest Whitaker dans <i>Le dernier roi d’Écosse</i> qui lui a valu l’oscar du Meilleur Acteur, mais dans le fond il a raison. La vidéo du <i>Huffington Post</i> montre également que l’omniprésence de réalisateurs blancs induit un regard blanc sur ces personnages noirs. Plus largement dans le champ cinématographique, le pouvoir symbolique s’exerce également sur les femmes, voir à ce sujet la notion de <i>male gaze</i> (regard masculin) développée par Laura Mulvey dans son essai <i>Visual Pleasure and Narrative Cinema</i> (1975) et ce que ce regard implique en terme d’objectification de la femme.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Revenons-en au sujet des nominations à proprement parler. Il est clair que l’industrie du cinéma hollywoodien est un lieu de pouvoir symbolique, où s’exerce de fait une violence ou ségrégation envers les minorités ethniques. Mais enfin, faut-il avoir recours à la discrimination positive dans le processus de nomination, là où seul le mérite artistique devrait être pris en compte? Faut-il, de façon plus radicale, instaurer des quotas comme certains le suggèrent? Cela semble bien ridicule, et pourtant les adeptes du <i>safe space</i> le réclament avec le plus grand sérieux du monde. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le même débat a animé la cérémonie des oscars en 2010, autour du féminisme. Cette année-là, Kathryn Bigelow a remporté la statuette du Meilleur Réalisateur (le terme anglais, <i>Best Director</i>, ne pose pas de différenciation des sexes) pour <i>Démineurs</i>, devenant la première femme à remporter un oscar dans cette catégorie. Certains y ont vu un parti pris de l’Académie en réaction aux critiques adressées à ce sujet, et en ont conclu qu’en récompensant Kathryn Bigelow, c’étaient les femmes qu’elle récompensait.</span></p>
<p class="p5"><span class="s4"><b>Académie et conservatisme</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’Académie justement, venons-en. C’est bien ce qu’il y a de plus évident dans cette affaire de #OscarsSoWhite. Que sont les oscars, ou les <i>Academy Awards</i> au juste? N’y a‑t-il pas, dans <i>Academy Awards</i>, le mot <i>Academy</i>? Or, l’académie, c’est par définition le lieu de tous les conservatismes. Certains se sont amusés à sortir des statistiques sur les membres de l’Académie, qui serait composée à 94% de Blancs, 77% d’hommes, avec une moyenne d’âge de 63 ans. Et c’est ce collège qui distribue les petites statuettes d’or qui sont aujourd’hui les prix les plus importants dans le champ cinématographique, une importance qui ne tient en fait qu’à une sorte de légitimation culturelle qui s’est inscrite dans le temps et qui correspond à un entre-soi, les acteurs votant pour les acteurs, les réalisateurs pour les réalisateurs, etc. N’est-il pas étonnant, au vue de la composition de l’Académie, qu’il y ait des tendances de discrimination, aussi bien ethniques que sexuelles (économique également, les films concernés sont tous, à quelques exceptions près, de grosses productions)?</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">C’est ce qu’ont oublié tous les <i>twittos</i> qui ont relayé le #OscarsSoWhite dans l’empressement et le bruit du cirque médiatique qui entoure cet événement. Les oscars ont une telle portée dans la conscience collective qu’on oublie facilement qu’ils sont le fait d’une institution privée de moins de 6000 membres (présidée, d’ailleurs, par une femme noire, Cheryl Boone Isaacs), qui n’a pas à justifier ses choix devant les porteurs de la parole doxique.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/" data-wpel-link="internal">Réponse au #OscarsSoWhite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/24/reponse-au-oscarssowhite/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Curieux comme c’est classique</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/curieux-comme-cest-classique/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/curieux-comme-cest-classique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2015 17:53:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22330</guid>

					<description><![CDATA[<p>Attendez, La Cantatrice chauve se coiffe au Théâtre Denise-Pelletier?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/curieux-comme-cest-classique/" data-wpel-link="internal">Curieux comme c’est classique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">«P</span>ourquoi êtes-vous venus en retard?» demande, menaçante, Mme Smith à ses invités, les Martin. La phrase résonne étrangement en moi. Outre le fait que je sois un retardataire compulsif, ce qu’il y avait de plus délicieux dans cette réplique, c’est qu’au même moment je me faufilais entre les sièges de la salle Denise-Pelletier pour trouver le mien, étant arrivé en retard avec mon camarade de sortie. Est-ce un délire de persécution, un hasard surréaliste ou bien la coïncidence de l’art et de la vie qui fait se mêler constamment ma situation personnelle et les œuvres que je côtoie? La question se pose.</p>
<p class="p3"><span class="s1">En tout cas, nous sommes arrivés en retard, donc je ne suis pas en mesure de commenter le premier non acte de cette anti-pièce. <i>La Cantatrice chauve </i>de Ionesco est en effet la pièce par excellence du théâtre de l’absurde, montée <i>ad nauseam </i>dans le monde entier mais qui fait toujours son effet depuis sa création au Théâtre des Noctambules en 1950. Le texte est publié quatre ans plus tard au sein du recueil<i> Théâtre I </i>de Ionesco chez Gallimard, avant d’être reprise au Théâtre de la Huchette en 1957, où les représentations se poursuivent sans interruption depuis.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’avantage d’une pièce telle que <i>La Cantatrice chauve</i>, connue et reconnue, c’est qu’elle valorise la mise en scène. En effet, le texte étant déjà plus ou moins connu du public, cela permet de se concentrer sur les choix de mise en scène et les effets qu’ils produisent. Le texte en soi est immanquablement comique; c’est au metteur en scène de transcender le texte et de révéler des effets insoupçonnés.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Aussi arrivais-je (en retard) avec beaucoup d’attentes. Surtout que j’avais encore en tête la mise en scène d’Anton Golikov au Théâtre Sainte-Catherine l’année dernière, que j’ai eu la chance de couvrir pour <i>Le Délit</i>, qui est sans conteste la meilleure mise en scène que j’ai vu de <i>La Cantatrice chauve</i>. Il y avait dans cette mise en scène – bilingue – tellement de trouvailles, de jeux de scène, de risques et d’imagination que j’y suis retourné une seconde fois le surlendemain.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il y avait, dans la mise en scène de Frédéric Dubois – c’était la troisième fois qu’il montait la pièce – de bons effets, qui mettaient en valeur les répétitions dans le texte, ainsi que le rôle de l’amnésie dans la constitution des personnages, comme ma scène favorite des retrouvailles des époux Martin, de Manchester. Un plateau vide n’était peut-être pas le choix de décor le plus judicieux, mais il collait avec l’ambiance asilaire qu’il contribuait à créer. Une des dimensions les plus réussies de la mise en scène de Dubois est l’insistance sur le côté dérangé des personnages, des personnages sans histoire, ou sur une histoire qu’ils ont oubliée, s’en racontant justement, des histoires, pour s’en sortir et passer le temps.</span></p>
<p class="p3"><span class="s2">La pièce prête évidemment à rire, de par la force du texte, et des rires s’échappaient effectivement de la salle Denise-Pelletier, même si la mise en scène n’a pas assez exploité le côté loufoque et complètement barré du texte, de mon humble avis de retardataire.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/curieux-comme-cest-classique/" data-wpel-link="internal">Curieux comme c’est classique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/02/10/curieux-comme-cest-classique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mon cœur s’ouvre à Coderre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/01/27/mon-coeur-souvre-a-coderre/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/01/27/mon-coeur-souvre-a-coderre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Rinner]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2015 16:39:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Samson et Dalila]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=22178</guid>

					<description><![CDATA[<p>Samson et Dalila et du beau monde à l’Opéra de Montréal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/01/27/mon-coeur-souvre-a-coderre/" data-wpel-link="internal">Mon cœur s’ouvre à Coderre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">I</span>l y a toujours une double dimension qui me fascine lors des soirées de première à l’Opéra de Montréal. On y trouve concentrées toutes les contradictions de notre société québécoise, pour le plus grand plaisir d’un œil volontairement critique comme le mien.</p>
<p class="p3"><span class="s1">La première dimension est évidente, c’est bien sûr la scène et ce qui s’y passe. Ce soir-là, c’est <i>Samson et Dalila</i>, le seul opéra de Camille Saint-Saëns, que l’OdM présente à l’occasion de son 35<i>e</i> anniversaire, avec dans le rôle-titre la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux. C’est la première fois qu’elle endosse le rôle de Dalila, ce qui explique sans doute l’affiche complète pour les quatre représentations, comme le suggère Claude Gingras dans sa critique pour <i>La Presse</i>. Elle est d’autant plus attendue qu’elle a enregistré en 2009 l’air le plus connu de l’opéra de Saint-Saëns, <i>Mon cœur s’ouvre à ta voix</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le synopsis est simple, entièrement basé sur le mythe biblique. Samson, chef des Hébreux, ravage les champs des Philistins pour libérer son peuple. Il est ensuite trahi par sa maîtresse Dalila, à qui il révèle le secret de sa force, qui réside dans sa chevelure. Sollicitée par les Philistins, Dalila coupe les tresses de son amant et livre ce dernier à ses ennemis. Il est fait prisonnier et on lui crève les yeux. Lors d’une cérémonie sacrificielle au dieu Dagon, Samson est présenté pour divertir les Philistins. Placé entre deux colonnes, il implore Dieu de le rendre assez fort et écarte les colonnes du palais, le détruisant. Il est alors tué dans l’effondrement du palais avec des milliers de Philistins.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le plateau est relativement nu, uniquement encombré de panneaux numériques mobiles qui permettent de la polyvalence dans les décors, quoique ceux-ci se révèlent assez faibles. On reste suspect devant la projection d’une chorégraphie de danse contemporaine pendant la scène de la bacchanale. L’effet voulu d’hybridité tombe à plat, comme d’autres choix scénographiques malheureux. Au-delà de l’effet-vedette que suscite la présence de Marie-Nicole Lemieux dans la distribution, sa performance est solide, quoique plaquée par moment. Sa voix est généreuse dans les aigus, à l’instar de son partenaire Endrik Wottrich dans le rôle de Samson. Indubitablement, le moment fort de la représentation est le duo de <i>Mon cœur s’ouvre à ta voix</i>. Comme d’habitude, c’est l’air le plus connu de l’opéra qui provoque le plus d’émotions dans le public, un effet de reconnaissance de la culture collective. Cela est vrai pour le <i>Va pensiero </i>de <i>Nabucco</i>, l’air de la Reine de la Nuit dans <i>La Flûte enchantée</i> ou encore <i>Libiamo</i> de <i>La Traviata</i>.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La deuxième dimension touche à la question du collectif et à la représentation du collectif. Quel est le plus important lors d’une soirée d’opéra, la scène ou tout ce qu’il y a autour? Il y a du beau monde lors des soirées de première à la salle Wilfrid-Pelletier. Du politique bien sûr, mais aussi le gratin journalistique et la <i>haute </i>québécoise. Le plus flagrant, en dehors de la politique du paraître et de la mondanité qui règne en maître lors de ce genre de soirée, c’est le manque de consensus stylistique au sein de ce microcosme. On aperçoit untel en chandail, le classique vieux bourgeois canadien en chemise violette et cravate rayée hideuse, dans un costume trop large. Il y a aussi Xavier Dolan en t‑shirt, et la fine fleur des politiques.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Avant la représentation, le public a eu droit à une allocution de la ministre de la Culture Hélène David, et surtout de notre cher maire Denis Coderre, qui a une fois encore affiché ses lacunes en faisant référence à l’opéra de «Saint-Sinsse». Son défaut de prononciation a provoqué des rires à peine étouffés dans le public. Il a quand même trouvé la force de conclure son discours par ce qui restera à mes yeux le moment fort de la soirée, une phrase révélatrice de la façon dont les politiques pensent l’art institutionnel: «La culture n’est pas une dépense, c’est un investissement.» Je vous laisse méditer là-dessus.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/01/27/mon-coeur-souvre-a-coderre/" data-wpel-link="internal">Mon cœur s’ouvre à Coderre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/01/27/mon-coeur-souvre-a-coderre/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
