Apolline Pierson – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Tue, 20 Nov 2018 20:28:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 «Masse critique» à Montréal https://www.delitfrancais.com/2013/10/29/masse-critique-a-montreal/ Tue, 29 Oct 2013 06:58:23 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=19036 Tous les derniers vendredis de chaque mois, été comme hiver, se déroulent des «masses critiques» partout dans le monde, et pour tout le monde. Une «masse critique» est une auto-manifestation -c’est à dire sans organisateurs officiels, ni trajet prédéfini – où se réunissent des cyclistes pour protester de manière pacifique contre divers enjeux, souvent par rapport aux problèmes reliés à l’environnement.

Ainsi, le vendredi 25 octobre à 17h30, une vingtaine de participants étaient réunis au Carré Phillips, prêts à partir, malgré le temps pluvieux et froid. La plupart des gens présents étaient des habitués, fans de vélo, se réunissant chaque mois depuis plusieurs années, peu importe la météo, dans le but de protester contre le manque d’aménagements pour cyclistes à Montréal.

Paysage cycliste en transformation

Le mouvement «Masse Critique» a commencé en 1992 à San Francisco. C’était un moyen de protester contre le manque d’aménagements pour les cyclistes, et, de manière générale, contre les voitures, jugées polluantes, dangereuses et peu pratiques en ville. Le mouvement a rapidement pris de l’ampleur et aujourd’hui, 20 ans plus tard, des «masses critiques» se déroulent dans près de 325 villes sur le globe.

Dans un monde où on ne cesse de nous parler du réchauffement climatique, de pollution, et d’obésité, le vélo apparaît comme la solution idéale pour se déplacer. Et les Montréalais semblent l’avoir bien compris: le vélo est devenu un des moyens de transport privilégiés en ville.

La Ville de Montréal, bien consciente de cet essor considérable du cyclisme, dispose de plus de 600 kilomètres de pistes cyclables (encore en expansion), a installé récemment le réseau Bixi (composé de plus de 400 stations à travers la ville) et ne cesse de mettre en place des dispositifs de stationnement pour vélos.

Pourtant, Antoine, un des manifestants présent ce vendredi, nous dit qu’il trouve «le réseau assez mal organisé, il manque de pistes cyclables à certains endroits critiques de la ville». Par ailleurs, victime d’un accident en vélo au printemps dernier, il explique aussi que «les voitures roulent vite et portent peu d’attention aux cyclistes».

Un des autres problèmes majeurs du cyclisme à Montréal, c’est le vol. Beaucoup se sont déjà fait voler leur vélo, ou connaissent quelqu’un à qui c’est déjà arrivé. Se faire voler son vélo est devenu on ne peut plus banal à Montréal: 2600 vols sont déclarés par an, et on estime que seulement une personne sur dix déclare un vol à la police. De quoi décourager plus d’un cycliste en herbe!

C’est pour toutes ces raisons, mais aussi de manière générale pour un monde plus écologique, que se réunissent chaque mois ces fans de vélos, de tout âge et de tout profil. Malheureusement le nombre de participants semble plutôt baisser qu’augmenter.

La «peur du ticket» 

Le froid et la pluie de ce dernier vendredi après-midi d’octobre n’ont certainement pas aidé à réunir foule à cette «masse critique». Pourtant, quand on parle aux courageux s’étant déplacés, la raison du peu de manifestants serait davantage la «peur du ticket». En effet, il n’est pas rare que la police intervienne au cours des «masses critiques», et ce pour divers motifs. Par exemple, les forces de l’ordre se déplacent régulièrement pour arrêter tous les manifestants dont les vélos n’ont pas de réflecteurs, obligatoires pour se faire voir de nuit.

Félix Antoine, un des participants, explique aussi au Délit qu’il a écopé d’une amende de 501 dollars au mois de juillet pour infraction routière. Une quinzaine d’autres manifestants présents ont dû payer l’amende prévue par la loi 500.1. Cette loi datant de 2000 introduit des mesures en matière d’entraves à la circulation, ce qui, d’après Félix Antoine, est «un bon moyen pour les flics d’arrêter les gens pour un rien. Les gens ont peur de la répression après le Printemps étudiant et sont réticents à participer à une manifestation dont le trajet n’a pas été donné au préalable à la police».

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Pour un campus mentalement sain https://www.delitfrancais.com/2013/10/08/pour-un-campus-mentalement-sain/ Tue, 08 Oct 2013 05:27:13 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=18682 Saviez-vous qu’un étudiant sur cinq a recours au Service de santé mentale de McGill au cours de ses études? Il semblerait que ce chiffre alarmant soit l’un des motifs pour l’association Students in Mind d’avoir créé la toute première conférence sur l’importance de la santé mentale à l’Université.

La conférence s’est déroulée toute la journée, le samedi 5 octobre, au bâtiment de l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM). Quelques 120 personnes ont assisté à l’événement, parmi lesquelles on comptait des étudiants, des professeurs de McGill, des associations d’élèves, des chercheurs et des travailleurs au sein du Service de santé mentale de McGill.

La journée se divisait en plusieurs temps, avec deux ateliers, un sur l’autothérapie et un sur le soutien des pairs, ainsi que trois conférences aux choix, plus spécifiques au cas de McGill.

 

Beaucoup de services, souvent méconnus

La conférence «Construire les ressources sur le campus» présentait les diverses ressources dont McGill dispose pour répondre au nombre croissant d’élèves touchés par des problèmes mentaux.

Un nombre considérable de services est proposé: psychothérapies, tests personnalisés d’orientation professionnelle, un service spécialisé pour les troubles alimentaires, en plus de beaucoup d’associations étudiantes, telles que Unleash the Noise, Peer Support Network et Inclusive Mental Health Collective. Toutefois, ces services sont complètement inconnus de la majeure partie des étudiants. Comment est-ce possible?

Une des raisons avancées par le docteur Franck, paneliste à la conférence et directeur du Service de santé mentale de McGill, est la mauvaise communication entre tous ces différents services, qui peut amener une confusion à l’expérience déjà souvent éprouvante d’aller chercher de l’aide. Un étudiant qui ne se sent pas bien dans sa peau, et trouve le courage d’aller demander de l’aide à McGill, prend le risque d’être envoyé de service en service avant de trouver celui qui lui convient. Bon nombre d’élèves abandonnent en chemin. Par ailleurs, la santé mentale est un sujet extrêmement stigmatisé et souvent associé à de la faiblesse, et le docteur Franck explique l’importance de la sensibilisation à travers le campus.

Plusieurs solutions sont disponibles; Tout d’abord accroître davantage le rôle des médias sociaux (envoyer plus de courriels informatifs, créer une page Facebook, mettre en avant le site Internet, etc.). Katrina Bartellas, ancienne élève de McGill et paneliste à la conférence, propose aussi une Journée portes ouvertes en début d’année pour que les étudiants puissent voir par eux-mêmes les divers services proposés, ainsi que leur emplacement.

Par ailleurs Sarah Hanafi, vice-présidente aux affaires externes de Students in Mind, fait part au Délit de l’importance primordiale des associations étudiantes pour complémenter les services offerts par des professionnels. De plus, «il est souvent plus facile de parler d’abord à un autre étudiant», dit-elle.

 

Un campus à l’environnement stressant 

«Vous êtes l’élite». C’est la première phrase qu’on nous a tous dit la première fois qu’on s’est assis dans la salle Leacock 132. McGill est réputée pour être une des meilleures universités du Canada et du monde, mais à quel prix ses élèves maintiennent-ils ce niveau admirable? Kimberley Tosset, vice-présidente du financement de Students in Mind, dit au Délit que l’«environnement du campus n’est pas toujours facile, très ambitieux et compétitif. Les étudiants qui rentrent à McGill étaient habitués à être dans le top 10 de leur classe, et tout d’un coup ils ne sont plus qu’un bon élève parmi tant d’autres». Ce stress peut se manifester sous diverses formes selon les élèves et le soutien dont ils bénéficient.

Le docteur Chamodraka, psychologue au Service de santé mentale de McGill, explique que les cas les plus communs sont l’isolement social (des étudiants étrangers qui viennent d’arriver à Montréal par exemple) et l’incapacité de réussir sur le plan scolaire qui peut parfois entraîner de la pression familiale, créant alors un cercle vicieux. Des problèmes qui ne sont pas liés directement à la vie universitaire peuvent aussi survenir: des traumatismes, des deuils difficiles, des problèmes d’identité sexuelle, etc.

La première année, particulièrement, est une période de transition pas toujours évidente pour bon nombre d’étudiants qui n’ont encore jamais vécu seuls, et qui vivent parfois à des milliers de kilomètres de leur ville natale.

Phénomène alarmant: le nombre de cas répertoriés par le Service de santé mentale de McGill a augmenté de 25% ces deux dernières années. 4500 étudiants ont eu recours à ce service en 2012, chiffre encore sous-estimé quand on sait que cela exclut tous les élèves avec des problèmes, mais qui ne savent pas que de tels services existent. Quelle pourrait être la raison de cette augmentation?

Pour le docteur Franck, l’environnement hautement compétitif de McGill n’est même pas compensé par la garantie de trouver un emploi après ses études, dans un monde où le taux de chômage pour les jeunes est inquiétant. D’après le docteur Dunkley, un autre paneliste spécialisé dans les problèmes de perfectionnisme, la dernière décennie a vu l’émergence rapide et parfois mal contrôlée des nouvelles technologies qui sont devenues parfois un outil cruel d’humiliation (via Facebook, Youtube…).

Par ailleurs, on peut aussi se demander si les restrictions budgétaires imposées à McGill n’ont pas contribué à rendre notre campus plus stressant: des classes chargées, moins d’assistants aux professeurs, moins de choix de cours,  tout cela ne contribue pas à apaiser des étudiants déjà soumis à une pression considérable à cause de leurs études.

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La paix à Montréal https://www.delitfrancais.com/2013/09/23/la-paix-a-montreal/ Tue, 24 Sep 2013 04:06:21 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=18409 «Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser de manière aussi efficace que ceux qui aiment la guerre»,  a dit Martin Luther King. C’est sur ces paroles qu’a eu lieu le départ de la marche pour la paix et l’unité à Montréal le samedi 21 septembre, dans le cadre de la journée internationale de la paix.

Cette manifestation pacifique est célébrée dans diverses villes du monde, depuis sa création par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1981. La cinquantaine de manifestants présents, munis de pancartes colorées dessinées par des enfants, ont remonté la rue Saint-Laurent depuis le métro Place-d’Armes.

Des manifestants en tous genres

Le groupe rassemblait des personnes de tous âges et milieux sociaux: de la députée de Laurier Sainte-Marie, Hélène Laverdière, à la Miss Earth Québec 2013, en passant par toutes une variété d’associations promouvant la paix dans le monde. Le Délit en a rencontré quelques-unes.

Cercle de Paix est l’association principale à l’origine des événements autour de la Journée internationale de la paix à Montréal, renomée Pacifest («Festival de la paix»). Richard Binette, directeur général et vice-président trésorier de l’organisme, explique que «cette journée a pour visée première de promouvoir une culture de paix – apolitique, areligieuse et inspirée de Gandhi». Ainsi, l’association ne se préoccupe pas directement des problèmes d’actualité, mais recherche davantage à promouvoir la paix dans son sens plus global. Words of Peace, une autre association inspirée par Prem Rawat, ambassadeur indien de la paix dans le monde, explique, dans une logique assez similaire, que la paix doit d’abord être intérieure. «Quand les gens seront en paix, le monde sera en paix» est une philosophie préconisée par Prem Rawat.

Des membres d’Humanité Unie, mouvement citoyen au Québec, disent que le message important porté par cette marche est de «se reconnaître au-delà de la nation comme êtres humains, car ce qui nous rassemble tous est beaucoup plus puissant que ce qui nous divise». Une manifestante interrogée, nous exprime aussi son souhait que «cette action pour la paix se poursuive au-delà de la journée».

Manque d’organisation

L’événement Facebook signalait quelques 200 participants, mais seulement une trentaine se sont présentés. Une des possibles raisons est l’éparpillement à travers Montréal des différents événements liés à la Journée de la paix. Le programme officiel de cette journée prévoyait, à 7h du matin, qu’on fume le calumet de la paix au jardin botanique, et à 10h, une pratique de yoga devant la Basilique Notre-Dame. Une chorale chantait les mérites de la paix devant le métro Sherbrooke et des animations pour les enfants étaient prévues toute la journée au métro Mont-Royal.

À quelques centaines de mètres à peine se tenait une manifestation contre le militarisme, la politique d’Harper et l’intervention en Syrie. Les deux mouvements, aux visées assez similaires, se sont déroulés dans l’ignorance l’un de l’autre.

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