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	<title>Anonyme - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 18 Mar 2026 17:14:03 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Les femmes MAGA au service du patriarcat</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Arika Kirk]]></category>
		<category><![CDATA[Erika Kirk]]></category>
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		<category><![CDATA[mysoginie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kristi Noem et Erika Kirk comme figures de proue du néo-fascisme américain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L a montée en puissance de l’idéologie du mouvement politique <em>Make America Great Again</em> (MAGA) n’est pas qu’un accident ou qu’une simple parenthèse dans l’histoire américaine. Au contraire, ce fléau populiste est l’aboutissement rationnel d’un mariage longuement mijoté entre le conservatisme social, le néolibéralisme économique, et le sensationnalisme médiatique. Quoi qu’elle se vêtisse d’un nouvel habillage moderne et d’une esthétique grossière, cette fusion macabre porte en elle les caractéristiques héréditaires du fascisme, tel que le monde l’a vécu au 20e siècle. </p>



<p>Parmi ces héritages idéologiques, la domination masculine occupe une place particulière. Malgré le changement de décor et de circonstances, l’hégémonie masculine en politique n’a jamais été réellement remise en question, ni par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ni par les mouvements sociaux dits « woke ». Au contraire, ces dernières années, il semblerait que cette tradition patriarcale connaisse une résurgence – cette fois-ci sous une forme spectaculaire, combinant violence, assujettissement et sexualisation des femmes. </p>



<p>Sous le régime idéologique du mouvement MAGA, la transgression semble devenir une norme politique. À l’échelle sociale, cette attitude se manifeste d’abord par une misogynie assumée, comme celle promue par certains créateurs de contenu, tels que Andrew Tate. Elle se traduit également par un renforcement des pressions de conformité aux normes de genre. C’est donc à travers un double registre, combinant une rhétorique violente et un discours plus consensuel, que se communique la vision patriarcale du rôle des femmes dans la société moderne. </p>



<p><strong>Erika Kirk : de quelle tradition s’agit-il? </strong></p>



<p>Une des capacités distinctives de ce système patriarcal est son habileté remarquable à se perpétuer en instrumentalisant certaines femmes pour reproduire les structures qui les subordonnent. C’est à travers ce mécanisme d’opacité que sa présence se resserre sur la société, et que ses contradictions se dissimulent sous le couvert de liberté individuelle, de traditions ou de choix personnels. </p>



<p>Erika Kirk, commentatrice politique et veuve de Charlie Kirk, sous-entend un besoin « naturel » de docilité chez les femmes lorsqu’elle déclare : « <em><a href="https://www.msn.com/en-us/health/wellness/maga-christians-want-wives-to-stay-at-home-but-theres-an-ironic-hypocrisy/ar-AA1NG1ls" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est à ton mari de partir à la conquête du monde, de se battre et de rentrer à la maison. De conquérir (tdlr). </a></em>» Ce qui frappe dans cette citation est la récurrence du champ sémantique de la guerre et son association avec la « responsabilité » masculine. Lorsque l’on considère que cette même Erika Kirk est célèbre pour ses appels à ce que les femmes « retrouvent leur place » dans la sphère domestique, un schéma familier se dessine. </p>



<p>La vision binaire et hiérarchisée des normes de genre n’est pas nouvelle. En s’adressant à un congrès de femmes nazies, Adolf Hitler lui-même s’est permis l’expression : « <em>Nous rejetons la théorie libérale-juive-bolchévique de l’égalité des femmes, car elle les déshonore! Une femme, si elle comprend bien sa mission, dira à un homme : “Tu protèges notre peuple du danger, et je te donnerai des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gertrud_Scholtz-Klink" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">enfants</a></em>”. » Ainsi, quand Erika Kirk se permet de nous dire : « <em>Ne laisse personne te priver de tes droits simplement parce que tu es un jeune homme, surtout si tu es un jeune homme <a href="https://www.msn.com/en-us/politics/government/erika-kirk-blasted-for-her-bizarre-remarks-about-disenfranchised-white-men-she-should-shut-up/ar-AA1YzIZc" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">blanc</a></em> », il devient difficile de ne pas y voir la résurgence d’une vision patriarcale du monde, dans laquelle les hiérarchies sociales, de genre, de race, et d’idéologie, s’entrelacent. Cette logique illustre la dominance intersectionnelle, un système d’ordre politique où les marqueurs d’identités sont cumulés de sorte à former une pyramide sociale où l’homme blanc fasciste occupe l’apex. </p>



<p><strong>Kristi Noem, entre victime et complice </strong></p>



<p>Dans cette équation politique, il devient difficile de comprendre le rôle confus et multiforme des femmes dans l’administration américaine. Cependant, en examinant le style de visibilité qu’adopte l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, on peut apprécier comment certaines femmes parviennent à naviguer entre les attentes patriarcales et les possibilités politiques pour se positionner de manière stratégique dans le paysage MAGA. Cette approche peut être comprise comme l’aboutissement d’une négociation complexe entre les rôles de genre, le pouvoir politique et les attentes sociales qui encadrent la participation des femmes à la sphère publique. </p>



<p>Professeure en sciences politiques à l’Université Clark, Valerie Sperling nous explique : « <em>Tout homme politique a pour mission de séduire son électorat, et l’un des moyens les plus simples d’y parvenir […] consiste à jouer sur les normes de genre, car celles-ci sont très faciles à comprendre. Pour les hommes, il s’agit de montrer que l’on est un homme politique fort, déterminé, rationnel, hétérosexuel et séduisant. La tâche est relativement facile pour les hommes, car, dans la binarité des genres, ces caractéristiques […] correspondent à la fois à la masculinité et à notre idée de ce qu’est un bon homme politique dans le cadre du patriarcat </em>» Cependant, professeure Sperling précise: « <em>Les femmes en politique sont dans une situation bien plus délicate, elles doivent marcher sur une corde raide bien plus marquée par les stéréotypes de genre. Les femmes doivent donc montrer qu’elles sont fortes, dures, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent contrer tous les stéréotypes que nous avons déjà sur les femmes </em>». Dans le cas de Kristi Noem, cette tension perpétuelle entre identité politique et de genre est accentuée par le rôle militarisé qu’elle assume au sein du Département de la sécurité intérieure et de sa sous-agence, le service d’immigration et des douanes (ICE). </p>



<p>Ainsi, comme le souligne professeure Sperling : « <em>Les femmes doivent montrer qu’elles sont fortes, tenaces, déterminées et rationnelles, et, ce faisant, elles doivent aller à l’encontre de tous les stéréotypes que nous avons déjà sur elles. Elles n’ont donc pas d’autre choix. Elles doivent montrer qu’elles sont tenaces, et c’est pourquoi on voit ce genre de look militarisé.</em> » Elle poursuit : « <em>Mais le plus difficile pour les femmes, c’est que lorsqu’elles se comportent ainsi, elles ne sont pas des femmes “convenables”</em> ». <em>Il doit donc toujours y avoir un facteur modérateur, quelque chose pour rassurer ce public masculin sur le fait qu’elle n’a pas trop de pouvoir, qu’elle ne dépasse pas trop les normes de son genre. Donc, le Botox, les cheveux longs, le clone de Melania, vous voyez […] elle essaie vraiment de naviguer dans le couloir très étroit des comportements acceptables pour les femmes en politique.</em> » </p>



<p><strong>Le masculinisme débordant </strong></p>



<p>Le patriarcat est bel et bien vivant. L’inclusion des femmes dans le mouvement MAGA ne promulgue en rien plus d’égalité, et nourrit au contraire une propagande idéologique qui s’intensifie sans relâche. C’est ainsi que la politique étrangère des États-Unis adopte à la fois une rhétorique masculiniste, mais aussi une attitude belligérante, qui fait écho aux structures patriarcales qui caractérisent la politique domestique du pays. </p>



<p>Entre les débordements machistes du deux fois divorcé secrétaire de la guerre Pete Hegseth, et les mises en scène médiatiques d’une virilité politique associée à la force militaire, le discours officiel propose un imaginaire de domination et de puissance masculin. </p>



<p>Quand les États-Unis bombardent une école primaire pour filles de Minab en Iran, ce n’est pas pour défendre la cause des femmes.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/les-femmes-maga-au-service-du-patriarcat/" data-wpel-link="internal">Les femmes MAGA au service du patriarcat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La loi 96 : Entre unification et division</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/la-loi-96-entre-unification-et-division/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=52635</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur la manifestation du 28 septembre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/la-loi-96-entre-unification-et-division/" data-wpel-link="internal">La loi 96 : Entre unification et division</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le jeudi 28 septembre, devant le portail Roddick de l’Université McGill, a eu lieu une manifestation contre la Loi 96, portant sur la langue officielle et commune au Québec. La manifestation a été organisée par le <a href="https://protegermesdroits.ca/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">comité spécial contre la Loi 96</a>, une organisation ayant pour but d’informer le public québécois sur la Loi 96 et sa juridiction. Le comité est actuellement en pleine bataille juridique devant les tribunaux afin de renverser la Loi 96. La manifestation s’est déroulée de 11h à 13h et était constituée d’une trentaine de manifestants pourvus de pancartes ainsi que de bénévoles distribuant des pamphlets décrivant la Loi et ses obstacles pour les Québécois.</p>



<p><strong>La Loi 96 en bref</strong></p>



<p>La Loi 96, adoptée le premier juin 2022 à l’Assemblée nationale, est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_sur_la_langue_officielle_et_commune_du_Qu%C3%A9bec,_le_fran%C3%A7ais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">loi modificatrice</a> qui réforme la Loi 101, aussi connue sous le nom de la Charte de la langue française. Cette dernière, adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque, a fait du français <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/loi-101" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’unique langue officielle au Québec</a> et a imposé l’enseignement en français à tous les immigrants, sauf aux enfants dont l’un des parents a étudié dans une école anglophone dans le système scolaire québécois. En 2022, le gouvernement du premier ministre François Legault a souhaité renforcer le statut du français au Québec et dans toutes les sphères de services publics, en adoptant la Loi 96 qui réforme la Charte de la langue française.</p>



<p>Grâce à la Loi 96, le français devient le dénominateur commun entre tous les habitants du Québec. L’État a maintenant l’obligation <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/714777/ce-que-le-projet-de-loi-96-modifie-et-quand" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’offrir tous ses services publics</a> aux citoyens <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/714777/ce-que-le-projet-de-loi-96-modifie-et-quand" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">uniquement en français</a>, sauf exception les laissant être servis en anglais. Le système scolaire est lui aussi assujetti à cette Loi, puisque les cégeps anglophones sont maintenant dans l’obligation d’offrir trois cours supplémentaires en français, et sont, depuis septembre, limités à 30 854 étudiants cumulés. Cette Loi est, selon le gouvernement Legault, une façon concrète de protéger la langue française et de permettre davantage de cohésion entre les habitants du Québec par l’usage d’une seule et même langue.</p>



<p><strong>Le dilemme de la Loi 96 pour les Québécois</strong></p>



<p>La Loi 96 renforce le statut du français au Québec en rendant obligatoire l’usage du français au sein des services offerts par le gouvernement à tous les citoyens à quelques exceptions près : les immigrants arrivés il y a moins de six mois, les communautés autochtones, les personnes éligibles à l’enseignement en anglais, et quelques autres. Il est donc ici question des interactions dans les hôpitaux, dans les centres de services automobiles, dans les boîtes vocales téléphoniques, et tant d’autres.</p>



<p>Thea Borck et Olivia Bernath, deux bénévoles du comité spécial contre la Loi 96 présentes à la manifestation du 28 septembre, ont partagé les motivations de leur implication dans le comité. Thea Borck explique que, selon elle, la problématique des services uniquement en français limitent certaines minorités linguistiques : « <em>Ce projet de loi vise en réalité<br>à vous empêcher d’accéder aux services essentiels dont vous avez besoin</em>. (<em>tdlr</em>) » Elle donne pour exemple les étudiants étrangers à McGill et les personnes âgées qui ne maîtrisent pas tout à fait le français, qui sont contraints de recevoir des services de santé en français malgré les obstacles que cela leur apporte.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« <em>Le problème avec le projet de Loi 96, c’est qu’il tente de passer outre la Charte fédérale</em>. » </p>
<cite>Thea Borck</cite></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="799" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-1200x799.png" alt class="wp-image-52736" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-1200x800.png 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-650x433.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-150x100.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-768x511.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-1536x1022.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1-930x620.png 930w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/10/Screen-Shot-2023-10-02-at-6.03.16-PM-1.png 2042w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/l-lamrani/?media=1" data-wpel-link="internal">Layla Lamrani</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Le débat constitutionnel</strong></p>



<p>Les moyens d’adoption de cette Loi ont aussi été source de polémique puisqu’elle a nécessité l’utilisation de l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés par le gouvernement Legault lors de son adoption en 2022. Aussi connue sous le nom de la <em>clause dérogatoire</em>, elle permet aux institutions politiques fédérales, provinciales et municipales d’adopter des projets de lois <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/clause-derogatoire#:~:text=L&#039;article%2033%20de%20la%20Charte%2C%20connu%20sous%20le%20nom,a%20jamais%20invoqu%C3%A9%20la%20clause." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">contournant certains droits protégés par la Charte</a> pour une durée de cinq ans, et de ce fait, d’éviter des recours judiciaires. La Loi 96 a ainsi été adoptée à l’aide de la clause dérogatoire par <a href="https://www.journaldequebec.com/2022/06/12/un-debat-a-venir-sur-la-charte-dit-jolin-barrette" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mesure préventive</a> afin d’éviter des mesures judiciaires qui pourraient empêcher son adoption. Le ministre de la justice Simon Jolin-Barrette s’est exprimé sur l’usage de cette clause, la qualifiant de nécessaire lorsque le français est en danger, car selon lui « <a href="https://www.journaldequebec.com/2022/06/12/un-debat-a-venir-sur-la-charte-dit-jolin-barrette" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ce n’est pas aux tribunaux à définir le contrat moral, le contrat de vivre-ensemble, c’est aux élus de l’Assemblée nationale à le faire </a>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette Loi est, selon le gouvernement Legault, une façon concrète de protéger la langue française et de permettre davantage de cohésion entre les habitants du Québec par l’usage d’une seule et même langue »</p>
</blockquote>



<p>Thea Borck explique que selon elle : « <em>Le problème avec le projet de Loi 96, c’est qu’il tente de passer outre la Charte fédérale</em>. » Les deux jeunes femmes ont donc entretenu que l’usage de la <em>clause dérogatoire </em>par le gouvernement Legault afin d’adopter cette Loi est pour eux considérée comme inconstitutionnelle, et consiste en une grande problématique, qui est une raison de plus pourquoi le Comité <em>Special Task Force </em>est actuellement devant les tribunaux afin de renverser cette Loi.</p>



<p><strong>Où en sommes-nous maintenant?</strong></p>



<p>Le gouvernement québécois est dans une situation difficile en tentant de protéger la langue française par l’ajout de mesures linguistiques contraignantes qui exercent une pression sur les Québécois. De la Loi 101 à la Loi 96, les exigences augmentent monumentalement envers les citoyens, les entreprises privées et les organismes gouvernementaux afin de permettre davantage de cohésion entre les citoyens par l’usage d’une seule et même langue.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/10/04/la-loi-96-entre-unification-et-division/" data-wpel-link="internal">La loi 96 : Entre unification et division</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Paroles libres</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/paroles-libres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Confessions]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[anonymes]]></category>
		<category><![CDATA[confessions]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51549</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques contributions anonymes. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’été dernier, j’avais décidé de rester quatre mois à Montréal et de ne pas rentrer chez mes parents. Mon bail s’était terminé fin avril. J’ai alors cherché un appartement à sous-louer sur des groupes facebook. J’ai trouvé une chambre sympathique, lumineuse et peu chère dans le Nord du Plateau. Quelques semaines après mon installation temporaire, j’ai fouillé dans un des tiroirs de la table de nuit. J’y est trouvé près de six godes et des outils de bondage. Je me suis fait un plaisir de les utiliser durant l’intégralité de mes quatre mois. Évidemment, je les ai bien nettoyés avant et après mon usage. J’ai laissé un petit mot de remerciement dans le tiroir en partant, avant de bloquer le locataire de mes contacts. J’ai toujours peur de le recroiser dans Montréal.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1000x750.png" alt class="wp-image-51630" width="373" height="279" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1000x750.png 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-330x247.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-768x576.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-1536x1151.png 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture-29mars-2048x1535.png 2048w" sizes="(max-width: 373px) 100vw, 373px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>



<p>Historiquement, ma libido est assez faible. Le stress, mes hormones et mon passé sexuel contribuent ensemble à me donner relativement peu envie de sexe. Cependant, il arrive un peu trop souvent qu’une envie soudaine me vienne à des moments que certains jugeraient franchement inappropriés – et je l’accorde, ils le sont. Le plus récent exemple d’« envie inopportune de cul » s’est révélé être des funérailles. Le lieu saint, l’église, devant le cercueil de mon défunt grand-père (pas avec lui, je vous rassure). Si la messe des obsèques fut longue et très inintéressante. Le goûter qui la suivit a été plus mouvementé. Merci donc à Mathias, que je n’avais pas vu depuis mes 9 ans et que je ne reverrai jamais je l’espère, ainsi qu’aux spacieuses toilettes du salon funéraire.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/Untitled_Artwork-10.tiff" alt class="wp-image-51629" width="552" height="282"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Quand j’avais 18 ans, ma classe avait organisé une soirée en plein air sur l’esplanade des Invalides. Après plusieurs verres de rosé, je me suis mise à discuter d’un groupe de rappeurs dont j’étais fan avec un ami, Bastien. Vers minuit, Bastien décide de m’embrasser puis de m’accompagner chez lui. Je suis un peu ivre, mais j’étais heureuse d’être dans ses bras. Quand nous sommes arrivées, je me suis déshabillée puis il m’a embrassé tout le corps. Après avoir achevé ce minutieux exercice, il m’a demandé si je voulais faire l’amour, ce à quoi j’ai répondu franchement que j’avais mes règles. Il m’a dit qu’on pouvait s’attarder sur des préliminaires. Mon ivresse et mon honnêteté brutale se sont alliées pour créer une réplique assassine : « je suis un peu bourrée, donc si je la mets dans ma bouche, je la mords. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-750x1000.png" alt class="wp-image-51632" width="330" height="440" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-750x1000.png 750w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-330x440.png 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-768x1025.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-1151x1536.png 1151w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars-1535x2048.png 1535w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2023/04/culture29mars.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 330px) 100vw, 330px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/j-le/?media=1" data-wpel-link="internal">Jade Lê</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p></p>



<p>L’année dernière, en discutant de pornographie avec des amis, je me suis rendu compte que je n’avais pas les mêmes habitudes que mes compères. Alors qu’on s’échangeait des conseils de sites pornographiques, j’ai réalisé que mes amis utilisaient presque uniquement des sites pornographiques qui proposaient des vidéos. Moi, je me masturbe avec&nbsp;<em>literotica.com</em>, un site qui propose des histoires sexuelles. Pas d’images, pas de son : une simple lecture.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>Tes lèvres sur les miennes</em></p>



<p>Doux baisers sous ma poitrine<br>Tes mains agrippent fermement mes hanches </p>



<p>Je tremble à ton toucher<br>Mes ongles s’enfoncent dans ton dos<br>Nous sommes une sculpture de chair<br>Avec mes jambes<br>J’ouvre mon âme<br>Te laisse pénétrer mes espoirs, mes<br>peurs, mes rêves, mon esprit,<br>Tu gémis dans mon oreille et j’adore ça J’aime nos corps qui se complètent<br>Nos lèvres qui s’assemblent<br>Je fonds sur toi comme une bou-<br>gie qu’on a oublié d’éteindre<br>C’est toi<br>C’est moi<br>En cet instant le monde pourrait s’effondrer Je remercierais les dieux de finir avec toi Pour toujours, tes caresses<br>Dans ta chaleur<br>Impuissante sous ton emprise<br>Et pourtant plus puissante que jamais<br>On se réveille confus d’être deux<br>car on ne faisait qu’un.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>cœur qui bat mains qui suent je me mets dans la tête que dès qu’on sort du char </p>



<p>C’est là que ça se passe</p>



<p>Ta main caresse ma cuisse<br>Le rouge monte trop vite<br>cacher mes mains tremblantes<br>Tu ne sais pas que je n’y connais rien et que j’hésite encore</p>



<p>22 ans c’est pas vieux pourtant ça aurait pu se passer avant maintenant ça en vaut la peine je me le répète, saine et sauve</p>



<p>On peut baiser sans amour se lâcher après, ça se fait</p>



<p>Notre baiser s’éternise Les boutons de ma chemise volent</p>



<p>Tu demandes si ça va si je veux toujours</p>



<p>Dire oui, enfin.</p>
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		<title>Allô chéri, j’ai envie de toi (ou pas)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/allo-cheri-jai-envie-de-toi-ou-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[confessions]]></category>
		<category><![CDATA[relation à distance]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=51614</guid>

					<description><![CDATA[<p>Témoignages d’étudiantes sur leur rapport au sexe à distance.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">À une ère aussi technologique et numérique que la nôtre, les relations ne sont plus arrêtées par la séparation physique. De plus en plus de couples prennent la décision de maintenir leur lien, par le biais de la&nbsp; technologie. McGill est une université qui accueille de nombreux étudiant·e·s étranger·e·s, qui ont laissé leur dulciné·e dans leur pays d’origine, et utilisent téléphones, ordinateurs et écouteurs pour maintenir l’alchimie le temps de la séparation. Mais pour le sexe, cet élément du couple en son essence purement physique, quelle relation entretiennent-ils avec le désir ? <em>Le Délit</em> a recueilli les témoignages de quatre étudiantes sur leur rapport au sexe à distance dans leur relation.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>Tous les témoignages sont anonymes</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Sara: J’ai pratiqué le sexe à distance pendant le confinement et pendant les vacances avec mon ex petit-copain avec qui j’ai été en relation pendant plus d’un an. Pendant le confinement, on faisait des <em>facetime</em> où chacun se masturbait, tous les soirs pendant un mois et demi. Parfois, on se voyait la journée et on s’envoyait quand même des <em>nudes</em> le soir. Quand on a commencé les <em>facetime</em> sexuels, je n’avais jamais couché avec un garçon avant, et ça m’a permis de découvrir le plaisir masculin sans me mettre trop de pression, parce que je n’avais rien à faire. Cela m’a aussi permis de m’ouvrir plus facilement, de poser pleins de questions et d’aborder ma première fois beaucoup plus sereinement. J’étais plus à l’aise car le sexe à distance a décomplexé le sexe entre nous. Pendant les vacances, cela nous permettait aussi de préserver notre lien physique et sexuel.</p>



<p>Seulement, à un moment, cela a pris une place vraiment importante dans notre relation, et c’était un peu devenu une routine. Je me suis lassée, et j’avais plus de mal à dire non, car les choses s’étaient installées ainsi. Ça m’arrivait de le faire de façon expéditive, de simuler. Je trouve que le consentement est plus difficile à exprimer à distance car il est plus difficile de faire ressentir les choses à la personne lorsqu’on a du mal à les verbaliser. Au final, c’est le plus gros problème avec le sexe à distance : tu ne peux pas autant comprendre les émotions, les sentiments d’une personne en vidéo que dans la vraie vie.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Rita: Avec mon ex-copain, on faisait des <em>facetime</em> sexuels et on échangeait des vidéos et des photos. J’ai plutôt une bonne relation avec ça parce que je n’ai jamais eu de mauvaises expériences, alors que je sais que c’est arrivé à beaucoup de personnes. Je trouve que le sexe à distance c’est une grosse étape. Tu dois d’autant plus avoir confiance en l’autre et être à l’aise avec ton corps. Le sexe avec mon ex prenait une grande part de notre relation, et se voir ainsi à distance nous permettait de garder ce lien et ce désir entre nous, malgré la séparation physique. Quand tu es loin l’un de l’autre, je trouve que tu peux facilement tomber dans une routine, avec les appels et les messages ; pour moi, c’était un moyen de préserver la flamme. L’expérience du sexe à distance peut parfois être frustrante car il y a moins d’alchimie. C’est plus automatique, purement sexuel, et l’autre devient un peu « objectifié », lorsqu’il y a moins le côté affectif, avec les caresses et les câlins. À la longue, j’avais peur que cela devienne toxique, que l’autre devienne seulement un objet à travers l’écran, parce qu’il manquerait ce côté organique.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Paola : Je suis en relation à distance avec mon copain depuis plusieurs mois. Moi, je n’aime pas trop le sexe virtuel ; je trouve qu’il y a moins d’excitation et je trouve ça gênant quand cela se passe derrière un écran. On s’envoie des photos de temps en temps, mais rien de trop osé. Je lui ai dit dès le début que je n’avais pas envie de voir son pénis à l’écran, que ça ne me faisait rien du tout, et que ça me dégoûtait. Les vidéos ou les appels pour se chauffer, ce n’est pas du tout mon truc non plus. Parfois, on se chauffe par écrit, mais avec le décalage horaire, il va dormir, et moi je me retrouve là, en pleine journée ; je ne suis pas forcément à l’aise, je trouve ça « crade ». Le lendemain, je repense à ce que j’ai dit la veille, et je n’aime pas mes mots. Heureusement sur Snapchat, les messages se suppriment au bout de 24h…</p>



<p>Entre nous, le sexe à distance a été une source d’embrouilles. Lui, il veut vraiment qu’on trouve des moy- ens de le faire, alors que moi, pas du tout. Dans la vie réelle, on aime le sexe de façon plutôt égale. Mais nous sommes en relation à distance maintenant, et dans ce contexte, je peux vraiment m’en passer. Le virtuel ça ne m’excite pas. Les photos me rappellent qu’il est beau, mais cela ne va pas plus loin. Pour lui, les photos ont généralement l’effet inverse, alors il veut que l’on continue à se chauffer après. La plupart du temps, je ne veux pas, ça le frustre et il se braque. Il ne se rend parfois pas compte qu’il me met la pression. Si dans la vraie vie, je ne voulais pas coucher avec lui et qu’il me répondait « ah t’es relou », je le larguer- ais dans la minute, et ça, je lui ai expliqué. Quand on se retrouve, le sexe est vraiment bien, parce que la tension a eu le temps de monter. À distance, c’est plus compliqué.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Maëlle: Mon copain et moi sommes en relation à distance depuis deux ans maintenant. On se voit tous les quatre mois, en décembre et pendant l’été. Ce qui est particulier, c’est qu’on s’est mis ensemble juste avant que je parte au Canada. On n’a donc pas vraiment pu profiter de la période en début de relation où le sexe prend beaucoup de place. Cela a beaucoup influencé notre rapport au sexe, et la place que cela prenait dans notre relation. Le sexe, pour moi, c’est un mode de con- nexion. Alors, nous avons trouvé d’autres moyens d’avoir cette connexion, même à distance. On a commencé à s’envoyer des photos sexy, on s’écrit aussi. Ça peut partir de quelque chose d’anodin, et après on se chauffe. On a essayé une ou deux fois le sexe au téléphone, c’était marrant, mais je n’étais pas 100% à l’aise, donc je ne sais pas si je le ferai à nouveau. Il est vrai que j’ai l’impression d’avoir moins envie qu’au début parce qu’il n’est pas là, alors il y a moins de choses qui déclenchent mon envie.</p>



<p>Dans notre relation, ne pas avoir de relation sexuelle pen- dant de longues périodes de temps n’est pas un problème. Pour nous, le sexe c’est un bonus, et le fait d’être à distance nous a obligé à fonder notre relation sur une connexion intellectuelle et émotionnelle. J’ai pu voir s’il me faisait rire, s’il m’intéressait vraiment, si j’aimais nos discus- sions. À distance, tu n’as pas la possibilité de régler des conflits ou d’exprimer ton amour pour l’autre par le sexe. Nous n’avions pas ce moyen de nous connecter, alors nous avons appris à tout verbaliser. Nous avons développé des racines fortes parce qu’il y a aussi beaucoup d’amitié entre nous. Sur le long terme, cela a renforcé notre relation.</p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Pilule et libido : Pourquoi j’ai dit stop</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/04/05/pilule-et-libido-pourquoi-jai-dit-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au féminin]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[confession]]></category>
		<category><![CDATA[Libido]]></category>
		<category><![CDATA[pilule]]></category>
		<category><![CDATA[Stop]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opinion sur la pilule contraceptive et comment elle a gâché ma vie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">J’ai pris la pilule contraceptive pendant quatre années consécutives, de mes 15 ans à mes 19 ans. J’ai commencé à la prendre parce que j’avais un copain et que ma maman m’avait dit qu’il fallait que j’aille chez ma médecin pour me renseigner sur les moyens de contraception. Elle m’avait prescrit, avec une facilité qui paraissait rassurante à l’époque, la pilule&nbsp;<em>Leeloo</em>, que j’ai continué à prendre jusqu’à mes 18 ans. Elle m’avait parlé de potentiels effets secondaires, mais rien qui pouvait me décourager à découvrir ma vie sexuelle, avec ce que je percevais comme une liberté, loin des préservatifs. Ma maman me le disait, la pilule était une chance et les femmes s’étaient battues pour cela. Il fallait que je l’apprécie.</p>



<p>Les choses se sont plutôt bien passées jusqu’à ce que je me sépare de mon premier copain, j’avais 17 ans. Pendant tout ce temps, je n’ai pas eu d’effets secondaires, mais j’ai vécu une petite dizaine de fois sur deux ans l’angoisse insoutenable de se croire enceinte. À 15 ans, je n’avais pas la maturité que nécessite la régularité avec laquelle il faut prendre la pilule. J’étais tête en l’air et emplie de choses à faire et à imaginer, ce qui menait à un nombre incalculable d’oublis de ma pilule. Je pensais pouvoir gérer cette anxiété, jusqu’à ce que les choses se gâtent… J’ai toujours aimé le sexe. Ma relation à mon corps était apaisée avant d’arriver à l’université, et j’aimais entretenir des relations avec des hommes, régulièrement, avec confiance et plaisir. Quand je suis arrivée à l’Université McGill, j’avais déjà quelques problèmes de libido qui se sont aggravés, mais que je prenais pour les conséquences de traumatismes ou d’une évolution naturelle. Je ne mouillais plus, et ma libido avait grandement diminué. J’avais souvent des sauts d’humeur, comme jamais auparavant.</p>



<p>Ma médecin m’a prescrit une nouvelle pilule, cette fois sans œstrogènes, la principale hormone féminine,&nbsp;<em>Optimizette</em>, et tous les symptômes que je viens de vous citer se sont exacerbés. J’étais malheureuse, je n’avais plus aucun désir, mes émotions me jouaient des tours que je ne comprenais pas, et je me croyais malade. Puis, un jour, j’en ai parlé à une de mes meilleures amies à McGill, qui s’est retrouvée dans chacun de mes symptômes. J’ai commencé à en parler autour de moi et j’étais loin d’être seule. Une copine me racontait avoir vu une psychologue pendant un an à cause de sauts d’humeur écrasants, tandis qu’elle a retrouvé son fonctionnement émotionnel normal à la seconde où elle a arrêté la pilule. Mes copines me parlaient de cette « flemme » de faire l’amour depuis qu’elles prenaient la pilule, sentiment que je comprenais si bien. Cette flemme, je la vivais dans ma chair. Ce n’était plus moi. J’aimais le sexe, j’avais envie de vivre avec fougue l’intensité de ma libido, parce que j’aimais ça, parce que j’étais jeune, parce que j’aimais. Après quatre ans de vie commune avec la pilule contraceptive, je lui ai dit que c’était fini, un jeudi après-midi, en plein milieu d’une plaquette. J’avais choisi<br>la date avec ma meilleure amie qui arrêtait en même temps que moi, pour nous donner du courage. J’ai gardé la plaquette dans mon portefeuille quelques jours, puis finalement, j’ai tout jeté.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«&nbsp;Après quatre ans de vie commune avec la pilule contraceptive, je lui ai dit que cétait fini, un jeudi après-midi, en plein milieu d’une plaquette&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p>Cela fait maintenant plus d’un an que j’ai arrêté la pilule. Je crois que c’était une des décisions les plus courageuses de ma vie. L’une des décisions dont je suis le plus fière. Je me suis retrouvée, comme je m’étais laissée quand j’avais 15 ans. J’ai retrouvé mon corps, ses variations et ses changements au fil de mon cycle hormonal. J’ai retrouvé ma libido, le fonctionnement normal de mon vagin, mon cerveau et ma joie de vivre. J’ai dit à mon copain d’aujourd’hui que je ne mettrai plus jamais de ma vie quelque sorte d’hormones que ce soit dans mon corps. Elles étaient bannies de ma vie, pour toujours. C’était ma décision et personne ne pouvait me faire changer d’avis. Mon plaisir vaut autant que celui de mon partenaire, et à ce que je sache le préservatif n’arrête pas le désir. Il a compris, ne m’a jamais demandé quoi que ce soit, ni même fait ressentir que ça le dérangeait. Avec la pilule contraceptive, je me suis sentie contrôlée, anesthésiée, on a tenté de m’adoucir, de me faire rentrer dans une case, alors que j’étais une jeune fille amoureuse du sexe, libre et affamée. Je ne veux plus sentir ce contrôle sur mon corps, et je voudrais que l’on parle plus de l’impact de la pilule sur la libido. Non, ce n’est pas un effet sans importance, ce n’est pas parce que nous sommes des femmes que nous n’avons pas le droit de profiter de tout ce que le sexe apporte. Je sais que certains effets de la pilule se poursuivent même longtemps après. Méfiez-vous de sa taille, elle est petite certes, mais cela ne la rend pas moins dangereuse.</p>
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		<item>
		<title>Dieu est plus grand</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2020/02/04/dieu-est-plus-grand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anonyme]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 14:42:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=35528</guid>

					<description><![CDATA[<p>Conséquences de l’obsession occidentale pour l’islam sur des vécus intersectionnels.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 15 janvier dernier, j’assistais à une conférence donnée à l’UQAM intitulée « À l’intersection de l’islamophobie et de l’hétérocissexisme&nbsp;: récits de résilience de huit personnes LGBTQ+ musulmanes vivant à Montréal ».</p>
<p>Je suis moi-même une personne queer, immigrante d’Afrique du Nord, vivant à Montréal. Je ne suis pas croyant, mais je me définis comme musulman de culture, car c’est un aspect intégrant de mon éducation et de mon identité et qui représente beaucoup plus pour moi qu’une simple croyance religieuse.</p>
<p>Cette conférence représentait donc pour moi une occasion précieuse et assez rare de voir mon expérience représentée et abordée dans l’espace public, à travers des récits de personnes qui ont potentiellement un vécu similaire au mien. Tout le monde a une identité, mais certaines sont plus politiques que d’autres, car elles sont liées à des structures de pouvoir qui les dépassent, qui souvent les marquent au fer…et ça fait mal. Ce genre de moments est l’occasion pour moi de soulager cette douleur existentielle, identitaire et politique que je ressens, car ceux-ci me permettent de sortir de ma solitude, de rencontrer des gens qui comprennent cette peine et cette douleur, avec l’espoir, peut-être, de construire une communauté de soutien et d’amour.</p>
<p>Se trouver de tels espaces peut s’avérer vital dans certaines situations où des structures comme la famille, censée apporter ce soutien et cet amour, ne sont pas en mesure de remplir leur rôle. L’expérience du rejet familial ou de la non-acceptation est très répandue dans les expériences LGBTQI+, plaçant ainsi de nombreuses personnes queers dans une situation de précarité relationnelle et émotionnelle, et de solitude; car notre différence est trop grande, trop inacceptable. Dans ma culture, la famille est une structure centrale et fondamentale, soudée, solidaire, aimante, joyeuse, festive. Son rejet peut donc être vécu de manière bien plus aiguë et déchirante que dans des cultures occidentales plus individualistes et atomisées, où la famille occupe une place différente. Ainsi, une communauté de vécus et d’affinités a le beau potentiel de combler ce vide et de devenir une nouvelle famille, choisie, qui vient, non pas nécessairement remplacer, mais compléter la famille biologique.</p>
<p>Tout cela pour dire que ce moment d’échange salutaire et de retrouvailles « alterfamiliales » n’a jamais eu lieu. Il nous a été confisqué par un groupe de personnes dans l’assemblée se disant antithéistes qui ont monopolisé la parole pour tenter de nous enseigner, peut-être de bonne foi, à quel point l’islam et le Coran sont hostiles à l’homosexualité et nous apporter la libération qu’ils pensaient nous offrir. Il s’agissait d’une demi-douzaine d’hommes et de femmes québécois·e·s&nbsp;<em>de souche</em>&nbsp; qui exprimaient leur refus de concevoir la possibilité d’une existence musulmane et queer, en prenant pour appui tantôt d’obscurs versets coraniques, tantôt des lois homophobes dans certains pays du Moyen-Orient. Ou comment amalgamer complètement islam, musulman·e·s, textes sacrés, pays musulmans et expériences LGBTQI+, tant leur imaginaire est conditionné par des récits occidentaux très enracinés, fait d’amalgames et de clichés, opposant dans ce cas-ci un Québec libéré de la religion grâce à la Révolution tranquille à un Orient encore plongé dans les abîmes. L’une de ces personnes, assise à côté de moi, s’empressait de sortir de son sac un dossier papier intitulé « L’homosexualité selon l’islam » avec un corpus de versets et d’interprétations, et de citer le verset 5 de la Sourate 4 de la section 10 du chapitre 25 de l’Évangile selon Mohammed, dans une conférence ayant pour sujet les récits de résilience de huit personnes queers qui s’avèrent être musulmanes. Ce n’étaient clairement pas ces expériences de vie difficiles, éprouvantes et réduites au silence qui intéressaient ces personnes, mais plutôt l’occasion de prouver leur point— en prenant toute la place qu’il leur fallait—, et de montrer que l’islam est une religion rétrograde, dans une salle où étaient présentes des dizaines de personnes LGBTQI+ pour qui l’islam et/ou la culture musulmane ont une valeur affective importante.</p>
<p><strong>Réduire pour juger</strong></p>
<p>Autant je pense que le débat d’idées, et notamment le débat sur la religion, sont importants — je suis moi-même assez critique des religions — autant je refuse que nos existences et nos vies soient réduites à un débat théologique et que nos espaces soient parasités par des individus qui ne comprennent pas la nature douloureuse de nos expériences et refusent de nous écouter. On peut débattre d’idées, et la religion est un corpus d’idées, mais nos existences et nos vies ne sont pas de cette nature, elles sont bien réelles et ont des conséquences très matérielles. En parler exige une éthique du dialogue rigoureuse et empathique basée avant toute chose sur l’écoute des concerné·e·s, le but n’étant pas d’avoir raison ou de&nbsp;<em>faire son point</em>, mais d’apprendre à propos d’une expérience de vie que tout le monde ne traverse pas, de combler une méconnaissance qui n’est pas une honte.</p>
<p>Cette polémique a été assurément frustrante, car elle n’a permis ni aux concerné·e·s de se retrouver, ni aux non-concerné·e·s d’apprendre. Elle m’a néanmoins beaucoup fait réfléchir à mon histoire et mon rapport houleux et conflictuel avec Dieu, au dilemme que j’ai vécu entre être musulman·e et être LGBTQI+. Et petit&nbsp;<em>spoiler</em>&nbsp;qu’il faut visiblement encore rappeler : les deux sont parfaitement compatibles! Car qui a dit qu’être musulman·e signifiait être lié·e à la virgule près à un texte révélé il y a une dizaine de siècles? Être musulman·e renvoie certes à un rapport à une religion, mais cette signification s’est considérablement enrichie avec le temps dans un sens plus agentif, plus créatif et plus libre, comme cela est en réalité le cas pour beaucoup d’autres allégeances religieuses ou non religieuses. Après tout, y a‑t-il un sens unique au fait d’être chrétien·ne, juif·ve, bouddhiste ou même athée, pour ne citer que ces croyances?</p>
<p>Mais dans les pays occidentaux, l’islam n’est pas une religion comme une autre. Parler de religion amène même généralement à parler d’islam, et très souvent en des termes peu flatteurs (les fameux «&nbsp;signes religieux&nbsp;»). Et cela revient habituellement à confondre islam, musulman·e·s et pays à majorité musulmane, et à débattre d’humain·e·s avec aussi peu d’égards et d’empathie que l’on débat d’abstractions.</p>
<p>Un imaginaire essentialiste très bien rodé est à l’origine de cela. Il s’est cristallisé depuis au moins une vingtaine d’années autour de l’idée d’un Orient accablé et fantasmé en même temps, qui amalgame des régions, des cultures et des croyances très différentes et complexes dans la catégorie vulgaire du sujet oriental islamique, perçu tantôt comme une menace terroriste, tantôt comme un sujet opprimé à libérer.</p>
<p>Alors peut-on encore parler d’islam comme de n’importe quelle autre religion dans ce contexte politique, social et symbolique? Peut-on en discuter comme de n’importe quel autre système d’idées, de dogmes et de croyances, avec ses apports et ses travers? Vraisemblablement non, l’islam est un objet d’exception qu’il faut traiter avec la plus grande sévérité et intransigeance pour la menace qu’il représenterait spécifiquement pour la démocratie, et ses adeptes venus d’ailleurs doivent le comprendre et s’intégrer.</p>
<p>Mon propos ici n’est pas de nier la réalité des décalages culturels et moraux liés à l’immigration; il s’agit d’une réalité sociologique indéniable et inévitable. Vouloir adresser cela au nom de la cohésion d’une société est une chose, mais en est une autre que d’y opposer une attitude hostile, défensive et finalement assez primitive qui relève plus de la psychologie que de la raison tant célébrée. C’est précisément cela qui mène au racisme, à l’essentialisme, à l’ignorance et à la haine dont font l’objet les populations immigrantes musulmanes (ou ayant l’air musulmanes) et dont le seul projet politique que je peux leur voir est de s’assurer des conditions de vie dignes.</p>
<p>Partant très souvent de cette base de méfiance et de supériorité, l’attitude occidentale face à la diversité culturelle et religieuse ne peut que condamner la communication saine nécessaire au vivre-ensemble et à l’empathie&nbsp;; elle devient alors un dialogue de sourds, un dialogue impossible qui polarise, frustre et braque les un·e·s contre les autres. C’est précisément dans cette situation que l’on se trouve en ce moment dans la majorité des pays occidentaux face à l’islam et aux musulman·e·s. C’est précisément cela qui s’est passé à la conférence à laquelle j’ai assisté. Et les seul·e·s à qui bénéficie cette dynamique sont des entrepreneur·euse·s politiques calculateur·ice·s et dangereux·ses associé·e·s à des médias, marchands de haine, toujours plus nombreux.</p>
<p><strong>Combattre l’isolement</strong></p>
<p>Face à ce climat toxique, injuste et blessant pour une partie de la société qui n’a rien demandé d’autre que de vivre en paix, en phase avec elle-même et intégrée à la société où elle se trouve, je me pose une question tous les jours&nbsp;: comment aborder sereinement dans ce contexte les conversations nécessaires sur les dynamiques d’oppression et sur les haines qui existent dans nos communautés religieuses? Comment avoir ces conversations et ces débats difficiles, sans donner des munitions aux marchands de haine pour nous nuire, et sans pour autant se maintenir dans l’invisibilité et l’interstice?</p>
<p>La conséquence la plus problématique de ce climat du point de vue de mon expérience intersectionnelle est qu’elle me place dans un dilemme cornélien, un déchirement intenable, en tant que personne queer, immigrante et de culture musulmane, où je ne sais pas quoi dire, où le dire, sans me nuire à moi-même ou à ma communauté, car il n’y a pas d’espaces de dialogue sécuritaire et constructif qui ne soient pas épargnés par le regard essentialisant, intrusif et accusateur des marchands de haine. Les termes de la conversation nous ont été confisqués. Et non seulement la communication est brisée entre la société majoritaire et la minorité musulmane à cause d’une attitude d’ignorance, d’antipathie et de déshumanisation, cette même attitude empêche la communication au sein de nos communautés. Et évidemment, dans cette situation, les premièr·e·s à en souffrir sont ceux·celles se situant à l’interstice de ces différentes expériences sociales, dans cet espace microscopique que personne ne voit, qui n’intéresse personne d’autre que ceux qui y vivent à l’étroit, souvent dans la solitude, et qui ressentent un besoin brûlant et vital d’engager les conversations nécessaires.</p>
<p>Finalement, même si j’ai rompu avec Dieu il y a de cela quelques années, je pense de plus en plus qu’il n’est finalement pas nécessaire de s’en débarrasser pour trouver libération, je pense même que la religion peut être un vecteur de progrès et de changement des mentalités, car elle a un potentiel rassembleur. Mais cela, seulement si l’on accepte d’attaquer les dynamiques de pouvoir et d’oppression qui traversent nos communautés, sans excommunier quiconque et rien d’autre que la haine. Et cela, seulement si on accepte de développer un rapport plus libre, plus réfléchi et plus courageux à l’égard de la religion, empreint de spiritualité, d’amour et d’empathie.</p>
<p>Dans le roman éponyme d’Amin Maâlouf, Baldassarre le voyageur incarne très bien cet esprit. Comme il le dit très joliment : « J’aime à croire que le Créateur préfère, de toutes ses créatures, justement celles qui ont su devenir libres […]. Le Dieu qui mérite que je me prosterne à Ses pieds ne peut avoir aucune petitesse ni aucune susceptibilité. Il doit être au-dessus de tout cela. Il doit être plus grand. Il est plus grand, plus grand, comme aiment à répéter les musulmans. »</p>
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