Andrea Saavedra – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 19 Sep 2018 23:06:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 GRIPQ vs Conservateurs : Round 999 https://www.delitfrancais.com/2010/10/18/gripq-vs-conservateurs-round-999/ Tue, 19 Oct 2010 01:53:26 +0000 http://delitfrancais.com/?p=3635 Les sujets que le Groupe de Recherche d’Intérêt Public du Québec (GRIPQ) défend sont souvent controversés, et provoquent parfois une forte opposition, comme en témoigne la campagne «QPIRG : Opt-Out !», qui a lieu à chaque début de semestre. Parmi les raisons de cet événement: encourager les étudiants à ne plus financer le GRIPQ. Selon, Jess Weiser, un des organisateurs de cette campagne, le GRIPQ, qui se veut être une organisation «bénévole, dirigée par des étudiants, qui conduit des projets de recherche, d’éducation et d’action sur des causes environnementales et de justice sociale» défend des «causes radicales» défendues par une faction des étudiants avec une contribution de chacun d’entre eux. La tension entre ces deux groupes a finalement explosé le 23 septembre dernier dans un bâtiment de la faculté d’ingénierie, où étaient installées des tables qui promouvaient l’action  opt-out. La dispute a été d’une telle intensité qu’elle s’est conclue par le bannissement du GRIPQ des installations de la faculté d’ingénierie pendant un an.

Ce genre de situation entre en contraste avec la réalité du GRIPQ à l’Université Concordia qui, d’après Jaggi Singh, Coordinateur des Groupes de Travail et de Programmation au GRIPQ de Concordia, ne rencontre que peu de résistance. Selon lui, même si ces deux organisations ont des conseils d’administration et des membres différents, elles sont structurellement et idéologiquement «semblables». Cependant, il mentionne qu’une des plus grandes distinctions entre les deux organisations universitaires est la façon dont les membres peuvent retirer leur contribution. À Concordia, si les étudiants veulent arrêter de financer le GRIPQ, ils sont obligés de se présenter en personne au début du semestre. Il affirme que «c’est complètement normal et juste» que certains souhaitent ne pas contribuer financièrement, mais il croit que le fait de devoir se présenter personnellement, ne laisse pas fleurir «une campagne de rumeurs» autour des activités du GRIPQ. Jaggi Singh affirme que le fait de permettre aux étudiants de se désengager financière via Minerva «peut permettre la manipulation des faits. Cela ne permet pas aux gens de prendre une décision basée sur les faits». D’après lui en ne visitant pas le bureau du GRIPQ, les étudiants ne voient pas exactement ce que fait l’association, entraînant la propagation de «rumeurs fausses autour de GRIPQ McGill» qui circulent «dans les documents publiés par des personnes liées aux Jeunes Conservateurs sur le campus».

En effet, le GRIPQ de McGill ne semble pas être satisfait de la manière dont les étudiants peuvent retirer leurs contributions. D’après Ritts, l’université suivait auparavant les mêmes procédures que Concordia. Il y a trois ans, toutefois, l’administration avait décidé unilatéralement de transférer l’option sur internet. Ritts déclare que ceci «enfreint l’accord entre McGill et le GRIPQ», parce que l’entente entre l’université et les membres du GRIPQ «établit que ces derniers ont «l’autonomie de choisir la méthode de désengagement». Cependant, selon Weiser, cette décision est juste, car les étudiants devraient avoir le droit de décider «dans le confort de leur salon» ce qu’ils font de leur argent. Il affirme que le fait de se présenter au bureau du GRIPQ pour se désabonner pourrait causer l’intimidation des étudiants. Il soutient également que l’option Minerva «assure la confidentialité des étudiants qui ‘opt-out’».

Toutefois, Ritts affirme que le GRIPQ n’a rien contre le fait que les étudiants veuillent retirer leur contribution financière. Seulement, l’intention derrière le geste devrait être «informée» et motivée. Ce qui est, selon elle, dur à faire lorsque «les seules choses que les étudiants entendent sur le GRIPQ sont négatives».

]]>
Arch salon d’étude https://www.delitfrancais.com/2010/09/14/arch-salon-d%e2%80%99etude/ Tue, 14 Sep 2010 21:58:38 +0000 http://delitfrancais.com/?p=3290 Alors que la vie étudiante reprend son cours sur le campus, les portes du légendaire Architecture Café resteront verrouillées. L’administration mcgilloise a décidé de fermer le dernier établissement géré par des étudiants. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître le «Arch Café», c’était l’endroit où les étudiants de toutes les facultés pouvaient aller prendre un repas ou un café équitable à un prix raisonnable. Le café, dirigé par l’Association des étudiants d’architecture (ASA) depuis 1993, était le dernier survivant d’une vague de fermetures des établissements étudiants sur le campus.

Il y a trois ans, McGill avait aussi essayé de fermer l’Arch Café, mais sa tentative avait échoué devant la résistance massive des étudiants. Cet incident ne fut pas sans conséquences: depuis ce temps, l’université obligeait l’ASA à laisser l’administration financière entre ses mains.

Toutefois, selon Katherine Messina, ancienne présidente de l’ASA, même si McGill les obligeait à passer économiquement «sous l’aile de Food Services», le café retenait le droit de choisir leurs fournisseurs, ainsi que les prix de la marchandise.

Changement de cap

Malgré cette entente, au mois de mai passé, l’administration fit part à l’ASA de leur intention de ne pas rouvrir le café à la rentrée. Le premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante, Morton J. Mendelson, dans une entrevue     accordée au McGill Reporter, a donné deux raisons à la fermeture du café. D’après lui, «l’École d’Architecture et la Faculté d’Ingénierie ont besoin d’espace pour des salles d’études», et les pertes financières constantes du café font que cet endroit «ne pourra probablement jamais être financièrement viable».

Cependant, en ce qui concerne la raison monétaire, selon Messina rien ne prouve que les pertes financières du café fussent si graves. «Personne ne nous a jamais montré de chiffres», dit-elle, «on ne pouvait pas voir les read-outs de la caisse enregistreuse. Pendant trois ans, on leur a demandé plus de transparence, on nous a toujours dit non!»

Pied ferme, pied dans la porte

Il semblerait que l’université essaye de se maintenir ferme par rapport à cette décision, prise unilatéralement. Lors d’une réunion convoquée pour débattre du futur du café, la coalition étudiante, composée des exécutifs de l’AÉUM, du EUS et du ASA, s’est retrouvée devant la volonté de fer de l’administration. D’après Messina, à la réunion, les membres de l’administration «n’étaient vraiment ouverts à aucun débat». En effet, la coalition étudiante déçue de l’attitude de McGill a même déclaré dans un mémorandum: «Nous sommes frustrés par le manque de consultation des étudiants lors de la prise de décision concernant la transformation du Architecture Café.»

La riposte

Présentement, les membres de l’Association étudiante de l’Université McGill, des étudiants en ingénierie et celle des étudiants en architecture se préparent à présenter le cas devant le Sénat de l’université qui aura lieu le 22 Septembre. Messina déclare aussi qu’un sondage auprès des étudiants d’Architecture sera fait pour voir s’ils donnent leur appui afin que l’Architecture Café ne soit pas converti dans une autre simple salle d’études.

D’autres initiatives se forment graduellement afin d’essayer de sauver le café, plusieurs personnes, de toutes les facultés, ont même essayé de contacter Messina afin d’initier une campagne de protestation. Toutefois, pour l’instant, le meilleur point de rassemblement semble être le groupe Facebook «Save The Architecture Café 2010».

Réponse de l’équipe adverse

Le premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante, Morton J. Mendelson, explique au Délit les raisons pour lesquelles l’administration choisit de fermer le Architecture Café.

Sur la viabilité financière

«La raison principale pour laquelle nous avons décidé de fermer le café, c’est parce qu’il n’est pas viable financièrement. Si on ne prend en compte que les opérations quotidiennes, le café est rentable, il a amassé des profits de quelques milliers de dollars dans les années passées.

Toutefois, il y a une panoplie de coûts indirects qui ne sont pas comptabilisés et qui dépassent de loin les revenus.

Par exemple, il faut prendre en compte les coûts liés aux ressources humaines, au paiement des salaires, à la consommation d’électricité, à l’entretien de l’espace, etc. Tous ces coûts sont présentement assumés par l’université.»

Sur l’accès aux données financières

«Je ne peux pas vous fournir les rapports financiers du café car ils ne sont pas encore disponibles. Nous devons répartir les coûts généraux, qui touchent tous les services alimentaires, entre chacun des points de services. Nous n’avons pas terminé de comptabiliser ces données. Elles devraient être disponibles d’ici la semaine prochaine.»

Sur la gestion par des étudiants

«La façon dont le Architecture Café est géré actuellement n’est pas viable. Il y a beaucoup d’employés à temps partiel et la gestion est très coûteuse. Je l’ai déjà déclaré dans les médias: avant 2007, quand le café est rentré sous l’égide des services alimentaires de McGill, il était géré comme un comptoir de limonade au coin de la rue! Nous espérions le rendre plus viable en rationalisant la gestion, mais ça n’a pas fonctionné.»

Sur le manque d’espace de travail pour les étudiants

«La décision de transformer le local occupé par le café en espace de travail pour les étudiants d’architecture ne vient pas de nous, mais de la Faculté de génie. L’utilisation de l’espace est de leur ressort.»

La rumeur court…

Lundi matin à 10h30, Zach Newburgh, président de l’AÉUM, a envoyé à Monsieur Mendelson un mémorandum relatant que la majorité des étudiants en architecture s’opposait à la fermeture du café. Cette affirmation était accompagnée de chiffres significatifs: 80% des étudiants de premier cycle dont trente étudiants du deuxième rejettent la reconversion de l’espace en salle d’étude. Newburgh relate que dans une rencontre avec ce dernier et Joshua Abaki, vice-président affaires universitaires, durant laquelle «ils firent un discours passioné pour la réouverture du café, Morton J. Mendelson aurait «personellement dit [aux deux exécutifs] qu’il reconsidérait sa décision, sans toutefois donner de détail ni avancer une date». Pourtant, dans une entrevue avec le McGill Tribune et ensuite Le Délit, ayant toutes deux eu lieu ce matin, il n’a «non seulement pas fait mention de ce changement de position mais l’a aussi nié», dit Newburgh.

]]>