Alexandre Gauvreau – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Fri, 16 Nov 2018 22:15:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 Médecine déboussolée https://www.delitfrancais.com/2014/03/11/medecine-deboussolee/ Tue, 11 Mar 2014 16:32:34 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=20319 *Cahier Spécial « Hors Norme »

À l’aube des prochaines élections provinciales, la santé s’annonce être un thème de second plan derrière la priorité qu’est l’économie pour tous les partis. Rares sont les précédents gouvernements qui ont su réaliser des changements marqués dans l’amélioration des services de santé à la population. C’est probablement la raison expliquant pourquoi aucun ne s’est encore aventuré à promettre la lune qu’il ne saura pas offrir. Même si des progrès plus tacites ont été opérés, il reste que le système de santé à Montréal fait piètre figure en ce qui concerne la disponibilité des services aux usagers. Or, ce système n’est pas le seul à opérer dans la province. Focus sur la santé de brousse.

Mais où?

Le Nunavik, dans la région administrative du Nord du Québec, est le territoire le plus septentrional de la province. Aujourd’hui encore, la population prépondérante du territoire est inuit, mais les  «hommes du Sud» sont de plus en plus nombreux à faire, eux aussi, de la toundra arctique leur paysage quotidien. Parmi ces adoptés, la majorité est venue chercher du travail, car la région vit, malgré les apparences, une croissance démographique marquée. En effet, une étude gouvernementale récente (Portrait de santé Nuvanik: Conditions démographiques et socioéconomiques) démontre que la population qui y vit se veut l’une des plus fertile du pays, le taux de fécondité étant de 3,2 enfants par femmes, comparativement à près de 1,6 enfants par femme pour le reste du Canada. De plus, 34% des habitants du Nunavut sont âgés de moins de quinze ans, une pyramide démographique nettement inversée à celle du Québec où la population vieillit sans cesse.

Sans surprise, donc, cet élan populationnel a dû être accompagné d’une bonification des services au cours des dernières années, expliquant donc en partie les courants migratoires des gens venus du «Sud». À Puvirnituq, hameau de 1500 âmes aligné au coin du 60e parallèle et de la Baie d’Hudson, un avion cargo vient approvisionner quotidiennement la coopérative, où l’on vend de la nourriture, des vêtements, des meubles, des voitures, des accessoires de chasse et des peaux d’animaux en plus du matériel nécessaire à la confection de survêtements d’hiver. Cette même coopérative sert aussi de bureau de poste, de banque, de compagnie de câble et de téléphone cellulaire. Ce même avion sert aussi à fournir une autre petite épicerie. Sinon, un paquebot vient une fois à l’année pour les objets de trop grande taille pour l’avion. On trouve aussi à PUV (la ville de Puvirnituq)  une école, un aréna, un poste de police, une église, un hôpital à un étage, un département de la protection de la jeunesse à deux étages, près de 500 adresses et un aéroport. À 4 kilomètres à l’est du village, le service d’eau qui pompe la rivière, et à 5 kilomètres à l’ouest, le dépotoir.

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C’est dans ce contexte limité en ressources et même en connexion Internet rapide que doit fonctionner le personnel de l’hôpital de PUV. L’hôpital est formé d’une section dite apparente à un Centre Local de Service Communautaire (CLSC), où se fait la médecine de première ligne et, de l’autre coté de l’hôpital, on trouve le «département», l’unité des patients admis. On trouve ici quelques éléments de base, un rayon X, un laboratoire, une machine d’échographie, un électrocardiogramme. Toutefois, les six autres villages de la côte de l’Hudson sont, eux, dépourvus d’hôpital et doivent donc envoyer par avion tous patient requérant des soins médicaux urgents ou avancés à Puvirnituq. À l’hôpital, les investigations rudimentaires peuvent être menées, mais toujours est-il que les urgences chirurgicales, comme la crise d’appendicite par exemple, doivent elles être à leur tour transférées en avion directement à Montréal.

Les médecins sur place sont tous médecins de famille, mais exercent ce qu’on appelle de la «médecine de brousse». C’est-à-dire, bien plus que de la médecine de famille traditionnelle mais avec moins de ressources. Quelques spécialistes viennent à tour de rôle donner des consultations ou réaliser des chirurgies électives, et ils restent généralement une semaine. Ici, les infirmiers et infirmières sont en charge de la première ligne au «sans rendez-vous» et sont donc en mesure de voir les patients généralement sans l’avis d’un médecin. Ils prescrivent des médicaments pour les cas d’apparence non compliquée et allègent ainsi la structure habituelle de l’administration des soins.

 «Je pense qu’on rejoint davantage les gens ici lorsqu’ils ont besoin d’être vus qu’à Montréal, malgré les ressources limitées»

Perspective différente sur la santé

La docteure Joanie Tremblay-Pouliot, qui travaille à l’hôpital de Puvirnituq à temps plein, croit que les services sont en fait plus accessibles de cette manière qu’au Sud. «Je pense qu’on rejoint davantage les gens ici lorsqu’ils ont besoin d’être vus qu’à Montréal, malgré les ressources limitées». Ainsi, elle trace l’opposition entre avoir des ressources abondantes et dispendieuses et ne pouvoir les offrir qu’à certaines personnes, versus des moyens limités mais disponibles. Il va sans dire que tout cas qui n’est pas simple ou qui ne répond pas au traitement initial est vu par les médecins, comme le sont tous les patients admis à l’hôpital.

Mais est-ce la seule différence avec la médecine du Sud? « J’ai trouvé un sens à la médecine ici, une façon de m’y épanouir, que j’ai jamais eu au Sud», ajoute la docteure Tremblay-Pouliot, en référence à l’échange enrichissant qu’elle réussit à obtenir avec ses patients. En effet, il ne suffit pas d’une simple offre d’emploi aux portes de l’Arctique pour plier bagages et faire dos à la vie douillette et dolente des villes sans regret. D’entre tous, les travailleurs du Nord ont dû puiser la motivation du départ ailleurs que dans l’unique intérêt de l’emploi; il ne faut pas oublier que dans ces villages isolés, toutes les avenues sont des cul-de-sac qui s’interrompent sur des horizons déserts. «À la fin de mes études, j’étais décidée à reprendre un parcours universitaire, je ne me retrouvais pas dans la médecine que l’on pratique à Montréal. Et ici, […] je me suis retrouvée».

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«Ici les gens sont honnêtes, il vont te le dire s’ils ne prennent pas leur prescription, ils ne mentent pas sur leurs habitudes de vie, ne te feront pas croire qu’ils ont envie d’arrêter de fumer». Là-bas, comme ailleurs, il faut savoir interagir avec ses patients. Toutefois, tous les médecins ne savent pas nécessairement comment aborder la culture inuit, car, la médecine préventive, les Inuit n’y croient pas vraiment. Il n’est pas rare, au centre de santé Inuulitsivik (celui qui sauve la vie), d’entendre quelqu’un dire «I don’t take pills» («je ne prends pas de pilules», ndlr). Ils trouvent parfois ironiquement maladif le besoin de comprimés pour prévenir, ce qui amène au dialogue. La docteure y voit là un défi, elle aime l’apport sincère de ses patients et se prête au jeu. Mais même la médecine «tout court» est remise en question par les Inuits, ce qui parfois conduit au désastre et explique un peu sans doute leur espérance de vie largement en dessous de la moyenne nationale. En effet, ils s’opposent régulièrement à des traitements que l’on jugerait essentiels, argumentent et quittent même parfois l’hôpital contre l’avis du médecin, dans un état de santé précaire qui, le plus souvent, a tôt fait de les ramener se plier à notre vision de la santé, au grand dam de leur fierté à tout rompre.

«Ici les gens sont honnêtes, il vont te le dire s’ils ne prennent pas leur prescription, ils ne mentent pas sur leurs habitudes de vie, ne te feront pas croire qu’ils ont envie d’arrêter de fumer»

Pourquoi tant de différences?

Mary, conservatrice du musée d’Inukjuak, est une Inuit qui a toujours vécu au Nunavik. «J’étais à PUV depuis un jour, ça m’a semblé un an» dit-elle en revenant en avion de Puvirnituq vers le village voisin, à trente minutes de vol. «Je ne sais pas pourquoi, dès que je suis sortie de l’avion à Puvirnituq, j’ai eu ce sentiment de ne pas être la bienvenue», indique-t-elle alors qu’elle fait visiter son musée. «Quand nous étions jeunes, ma sœur et moi devions aller aux écoles résidentielles fédérales. […] Je me rappelle encore, nous n’avions pas le droit de parler inuktitut, mais seulement anglais, et quand nous disions quelque chose dans notre langue le professeur nous frappait avec sa règle ou nous punissait», explique-t-elle en référence à son expérience de jeunesse à Puvirnituq, où elle a été déracinée de sa famille, envoyée dans un autre village en pensionnat avec sa sœur. Elle n’oublie pas comment cette ville lui a réservé un pénible sort. Toutefois, cette histoire n’est pas spectaculaire parmi les Inuits: tous ceux qui sont aujourd’hui sexagénaires l’ont vécue. Ils font partie de ces Inuits dont la culture a été dérobée, ceux qui ont vu leurs villages électrifiés, leur langue soumise, ceux qui ont vu par la suite débarquer des Blancs venus s’excuser du passé. Mais on n’efface pas le passé. «Ce sont de tellement mauvais souvenirs», ajoute-t-elle. C’est avec ce bagage difficile que Mary a eu l’intérêt du poste au musée d’histoire culturelle d’Inukjuak, où sont exposés des éléments des mœurs et coutumes ancestrales inuit, qu’elle n’a elle-même pas tous connus. «Quand j’ai commencé à travailler ici, je pleurais souvent, me rappelant à quel point mes ancêtres travaillaient dur et étaient courageux. C’est pour ça que c’est important pour moi, parce qu’aujourd’hui nous n’avons pas d’igloos, mais des maisons avec l’électricité, et je veux que les enfants comprennent comment c’était pour leurs arrières-grands-parents, et comme tout a changé». Heureusement pour elle, elle voit aujourd’hui la vie différemment, en perspective. «Mais j’imagine que c’est ainsi que j’ai appris à parler anglais […] Je suis contente de connaitre cette langue maintenant»,  dit-elle avant d’ajouter «I wish I could speak French!»

Je me rappelle encore, nous n’avions pas le droit de parler inuktitut, mais seulement anglais, et quand nous disions quelque chose dans notre langue le professeur nous frappait avec sa règle ou nous punissait.

Ainsi, ce n’est pas inconcevable de voir les Inuits réticents à nos idées encore aujourd’hui, même si celles-ci apparaissent mieux intentionnées que dans le passé. Néanmoins, l’histoire de ce peuple et les difficultés qu’il rencontre aujourd’hui à s’orienter dans la modernité sont intimement liées à notre perpétuelle envie, au Sud, de se mêler de la façon dont ils devraient mener leur vie. Bien sûr, nous croyons maintenant que les actes que nous posons sont plus louables que ceux des écoles résidentielles, car nous avons leur santé à cœur – et ils le sont sans doute.

Mais la santé, n’est-ce pas d’avantage ce que l’on en fait qui compte?

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Cafés et étudiants https://www.delitfrancais.com/2013/03/25/cafes-etudiants/ Tue, 26 Mar 2013 04:24:12 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=17846  

La mi-session s’essouffle peu à peu à l’université alors que les neurones mcgillois s’en veulent une fois de plus de ne pas s’être agités d’avance pour assimiler la matière des derniers examens. À bout de patience, devant l’incohérence que représentent la somme de travail à accomplir et le temps qui vous reste, un sentiment de détresse pourrait vous envahir. À cette problématique, vous répondrez sans doute par une mesure exceptionnelle, si elle ne fait pas déjà partie de vos coutumes habituelles en cas de forces majeures, c’est à dire élire domicile dans un café afin de faciliter l’accès à la source même de la réussite scolaire: la caféine.

Je considère les étudiants qui n’ont pas besoin de drogue (quelle qu’elle soit) pour survivre au stress de mi-parcours comme des sur-femmes et sur-hommes. Il en est de même pour ceux qui parviennent à survivre sans interactions sociales tout au long de leurs études. Pour les autres étudiants, vous pourrez trouver ici une perspective un peu plus ludique pour cette période stressante. Le Délit s’adonne à un exercice critique pour évaluer un échantillon des cafés qui cernent le campus  et contribuent ainsi activement à faire de même avec vos yeux. Ce guide, qui ne se veut pas objectif, vous permettra peut-être d’évaluer les options qui s’offrent à votre productivité ou à votre délassement, «au choix».

D’une part, nous voulions déterminer certains standards pour évaluer les cafés grâce aux mêmes critères. La langue française, le rapport qu’ils ont avec les étudiants dans leur entreprise ainsi que leur façon de se démarquer dans le marché très compétitif des cafés montréalais ont été choisis.

 

Langue française

Sans grande surprise, lorsque interrogés sur la question linguistique, tous les gérants de cafés s’empressent d’affirmer un amour inconditionnel pour la langue française, l’importance cruciale qu’ils accordent au service en français et comment il s’agit d’un critère de sélection incontournable lors de l’embauche de leurs employés.

À force d’entendre le même discours, toutefois, il arrive que l’on remette en question la sincérité des propos qui sont tenus et on évalue plus empiriquement la réalité du discours préenregistré qu’ils fournissent sans effort. Sur le terrain, certaines disparités surviennent évidemment quant à l’efficacité communicative dans la langue de Molière et, en tant que client, il arrive à plusieurs reprises que l’on ait des difficultés à se faire comprendre du premier coup. Néanmoins, seuls les moins patients d’entre tous ou ceux qui tiennent mordicus au français seront affectés par ces réalités, alors que la plupart des employés des cafés environnant McGill en sont à leur premier emploi à Montréal et semblent s’adapter très bien, moyennant une ou deux répétitions.

Alex, le gérant du Café Bistro El Mundo, dit que la majorité de ses clients est francophone. Il explique cette réalité par plusieurs facteurs, entre autres parce que l’ambiance du café se démarque de celle de ses compétiteurs directs, le Presse Café et le Second Cup, tous deux au coin des Avenues du Parc et Milton, en ayant une certaine authenticité et l’attrait d’un café de quartier, qui selon lui plaît particulièrement à la culture française. Pour plaire davantage à sa clientèle, Alex s’assure donc que ses employés soient bilingues.

Au Tim Hortons, toutefois, on affirme que les employés parlent français dans un souci de se conformer à la loi québécoise, mais le gérant admet que les employés anglophones sont favorisés pour les franchises qui sont satellites au campus et au ghetto.

 

Rapport avec les étudiants

Au chapitre de la relation qu’entretiennent les cafés du campus avec les étudiants, plusieurs disparités sont notées. D’entrée de jeu, les grandes chaines (Second Cup, Starbucks, Tim Hortons) sont beaucoup moins soucieuses d’offrir un climat d’étude encourageant. Faible éclairage, petites surfaces de travail, peu de prises électriques et l’air climatisé au maximum qui fait frissonner sont toutes des techniques pour vous inciter à consommer davantage de boissons chaudes ou vous voir partir et laisser votre place à d’autres clients. Cependant, Second Cup et Tim Hortons restent ouverts toute la nuit et ont généralement une place de libre peu importe l’heure.

Quant au Pikolo Espresso Bar, il n’a visiblement aucune vocation de café où étudier puisque les tables sont petites, rares et constamment occupées durant leurs heures d’ouvertures restreintes. Toutefois, l’ambiance y est tellement agréable que certains s’obstinent à s’y installer pour quelques heures avec un ordinateur et un livre, ce qui constitue déjà un défi quant à l’espace sur les surfaces. À noter, le Pikolo est aussi très achalandé parce qu’il a récemment été décrété l’un des dix meilleurs cafés à Montréal par le journal Métro.

Le café le plus apte à recevoir des étudiants reste le Presse Café du Parc pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, l’espace de travail sur les tables est généreux, l’éclairage est abondant, les prises électriques ne sont pas rares, les heures d’ouverture sont flexibles selon le progrès de la session et il semble y avoir consensus que les gens se réunissent au Presse Café pour étudier. En bonus, vous avez accès à de l’alcool pour les cas de détresse, mais l’aspect négatif est que la connexion Internet est parfois défaillante. Si vous avez absolument besoin d’un réseau fiable, il serait peut-être sage d’aller en face, mais si comme la plupart des gens, Internet vous sert primairement de distraction, reconsidérez l’étude sans la toile comme une opportunité d’être productif. En tous les cas, le El Mundo d’en face semble être une sage alternative.

 

Attitude face au marché

Le domaine de la restauration de la métropole est en constante évolution, les commerces ferment et ouvrent à un rythme tel qu’il est même possible de souper chaque semaine dans un nouveau restaurant sans jamais y revenir. Les cafés ne font pas exception à la règle et, alors que plusieurs ouvrent, d’autres ne font pas le poids face à la compétition et doivent fermer boutique pour éviter le désastre financier. Dans le climat actuel des cafés montréalais, les paris sont ouverts pour attirer les clients de tous les horizons de quelque façon que ce soit. Cette réalité est d’autant plus marquante autour de McGill alors que les entreprises doivent toutes se renouveler pour maintenir une offre intéressante qui correspond à la demande des étudiants.

À cet effet, les cafés indépendants (Pikolo, El Mundo) ont le plus grand défi, alors que les grandes chaines jouissent d’une image de marque qui attire des faunes déterminées. En tant que petites institutions, le Pikolo et El Mundo misent sur différents aspects de l’offre pour conquérir les consommateurs. El Mundo offre des repas frais du jour, une variété de cafés et de l’espace de travail pour plaire à une clientèle qui préfère les cafés authentiques aux grandes chaînes. Le Pikolo, quant à lui, mise sur l’ambiance et accorde beaucoup d’importance au métier de barriste. Les petits cafés, toutefois, sont les plus flexibles pour ajuster leur fonctionnement en conséquence des demandes, puisqu’ils ne fonctionnent pas dans un cadre restrictif.

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Diagnostic politique https://www.delitfrancais.com/2013/03/19/diagnostic-politique/ Tue, 19 Mar 2013 11:04:14 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=17763 Les étudiants en médecine de McGill se sont réunis le 4 mars dernier à l’amphithéâtre Palmer du McIntyre pour leur Assemblée Générale annuelle.
Atteignant le quorum vingt minutes après l’heure prévue, il était prévu deux votes portant sur les positions politiques de l’association et une discussion sur le plan ministériel quant aux admissions en médecine et en résidence pour les prochaines années.
Les futurs médecins se sont tout d’abord penchés sur les réformes au plan de santé intérimaire apportées par le gouvernement Harper. Ces réformes ont été adoptées il y a plus d’un an et sont entrées en vigueur à l’été 2012. Elles visaient entre autres à moduler l’assistance médicale fournie aux réfugiés selon leur «catégorie» de nouvel arrivant, alors qu’auparavant tous les réfugiés en terre canadienne recevaient une couverture totale de ses soins de santé, en plus de psychothérapie, de soins dentaires et de réhabilitation, soit la même prestation que les Canadiens sur l’assistance sociale. Avec la réforme, plusieurs réfugiés ont vu leur assistance réduite ou simplement retirée. Accusant un peu de retard sur l’ensemble des associations médicales au Canada, mais dans le même ordre d’idée, le corps étudiant au doctorat de médecine de l’Université McGill a condamné les réductions de l’ordre de 20 millions de dollars (0,5% du budget fédéral du Ministère de la Santé) dans l’assurance santé des réfugiés canadiens.
En second lieu, les étudiants ont discuté de l’indexation des frais de scolarité, dans l’air du temps depuis le récent «Sommet sur l’enseignement supérieur». Advenant que les crédits seraient facturés selon le domaine d’étude, les étudiants en médecine seraient sans doute les premiers à écoper, étant donné le coût réel de la formation médicale comparé à la contribution étudiante et au salaire au dessus de la moyenne permettant de rembourser facilement les dettes d’études. La CRÉPUQ et la CAQ ayant déjà exprimé le désir d’instaurer la modulation des frais de scolarité, l’Association des Étudiant(e)s en Médecine de l’Université McGill (MSS) s’est prévalue d’une position claire auprès de ses étudiants pour pouvoir réagir promptement et adéquatement suivant le besoin.
Il régnait dans l’amphithéâtre un air de déjà vu. L’an dernier, les étudiants avaient eu un débat similaire, sur les frais de scolarité et la proposition d’une journée de grève non obligatoire, qui s’est éternisé pour finalement adopter une position en faveur d’une augmentation des frais de pair avec l’inflation actuelle et contre la grève. Encore une fois, les étudiants étaient très divisés. Finalement, les étudiants se sont positionnés contre une modulation des frais de scolarité.
Le dernier sujet abordé était un point d’information sur l’avenir des admissions en médecine. L’an dernier, le MSS s’était positionné pour que le statu quo soit établi pour le nombre d’admis en médecine au Québec, craintif de voir réduites les offres d’emploi et l’inaccessibilité à certaines spécialités de la médecine qui seraient en surabondance dans la province. Avec plus de 840 étudiants admis par année au doctorat en médecine au Québec et en tenant compte que 55% des postes en résidence sont réservés pour les spécialités et que 45% des postes sont alloués à la médecine de famille, le Ministère de la Santé est récemment parvenu à démontrer que la carence en médecins de famille sera encore plus sentie si les choses restent telles quelles. Or, depuis 2001, le nombre d’admis au doctorat en médecine est passé de 501 à 847. Les facultés débordent et c’est donc pourquoi, plutôt que d’augmenter pour une autre année le nombre d’admis, le Ministère a instauré un inversement progressif des places en résidence pour qu’au terme de 2017, 55% des places soient allouées à la médecine familiale et 45% à la spécialité. L’annonce n’a pas créé de grands remous auprès des étudiants, même si cela signifie que certains qui planifiaient aller en spécialité devront choisir par dépit la médecine de famille, qui malgré tout ne semble séduire que la moitié des étudiants mcgillois.

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Le Canada un refuge? Autrefois https://www.delitfrancais.com/2012/11/26/le-canada-un-refuge-autrefois/ Mon, 26 Nov 2012 20:17:43 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=16088
Lindsay Cameron | Le Délit
Le 30 avril 2012, le gouvernement conservateur de Stephen Harper annonçait l’instauration du Programme Fédéral de Santé Intérimaire (PFSI); une réforme de l’assurance santé fournie d’office aux réfugiés au Canada. Cette modification, qui se traduit officieusement par des coupures dans le système de soins aux réfugiés, a été instaurée le 30 juin dernier. Le ministère fédéral de la santé, responsable entre autres de l’administration des soins aux communautés autochtones et aux réfugiés, compte ainsi épargner près de 20 millions de dollars annuellement, soit 0,5% du portefeuille de 3,8 milliards du ministère de la santé.
Jason Kenney, le ministre canadien de l’immigration, avançait alors l’importance, étant donné la situation actuelle, d’une diète économique. Il mettait en avant la nécessité de réduire le «tourisme médical» au Canada, où les soins de santé sont reconnus comme étant accessibles partout dans le monde. Il affirmait aussi l’intention de destituer les réfugiés d’une couverture d’assurance exhaustive à laquelle les citoyens canadiens eux-mêmes n’ont pas accès, en rappelant que ce n’était que «justice» pour les «payeurs de taxes».
Concrètement, le PFSI prévoit la création de plusieurs «catégories» de réfugiés, qui recevraient, selon leur dite catégorie, une couverture différente. Pour les réfugiés pris en charge par le gouvernement et les réfugiés victimes de la traite, la protection demeure inchangée. En d’autres mots, ils continuent de bénéficier d’un accès gratuit à l’ensemble des services médicaux, diagnostiques et hospitaliers ainsi que la possibilité d’avoir recours, toujours gratuitement, à des séances de psychothérapie, de soins dentaires et de la vue, en plus d’avoir leur médication et leurs appareils médicaux couverts. Couverture exhaustive qui n’est pas offerte si vous êtes un simple citoyen canadien.
Dès décembre, il est attendu que le gouvernement fédéral crée une liste des pays d’origine désignée (POD). Cette liste, déterminée exclusivement par le ministre Kenney, ferait l’éventail des pays considérés sécuritaires par le gouvernement canadien, desquels il serait impossible de demander l’asile. La liste n’ayant pas encore été divulguée, on ne peut que spéculer quant aux pays qu’elle dénombrera, mais il ne serait pas surprenant qu’elle contienne tous les pays d’Europe, une grande majorité des pays d’Amérique et probablement le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande.
Les réfugiés ne provenant pas des POD ainsi que ceux qui sont associés au secteur privé et qui feraient leur demande d’asile pour la première fois auraient alors une assurance différente. De la couverture exhaustive, il faut soustraire l’assurance médication, les chirurgies facultatives, la réadaptation et les soins de longue durée. Dans le cas où un réfugié représenterait un danger pour la santé publique, comme la tuberculose, ou présentant un état psychotique dangereux, les médicaments seraient couverts. Autrement, les patients, incluant ceux atteints de maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension, devront dorénavant débourser pour se procurer leurs médicaments.
La troisième catégorie de couverture créée par le PFSI est appliquée aux réfugiés provenant des POD ainsi que ceux qui ont vu leur demande d’asile déboutée (environ 60% des demandeurs), mais qui attendent le vol de retour pour leur pays d’origine. Elle ne comprend aucune couverture de soins, sauf en cas de danger pour la santé publique. Par exemple, une femme enceinte demandeuse d’asile qui aurait vu sa demande déboutée ne serait pas couverte par l’assurance dans le cas où elle devrait accoucher au Canada avant d’être déportée dans son pays.
À l’annonce de l’implantation de ces nouvelles mesures, le gouvernement québécois a promis que les services essentiels de santé, comme les médicaments de prescription couverts par l’assurance médicament du Québec, seraient dorénavant offerts aux réfugiés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), ce qui n’est pas encore le cas dans les autres provinces. Au Québec, on peut donc traduire le PFSI comme étant un transfert de la charge des réfugiés «indésirables» à la province. Toutefois, ces mesures, dont l’urgente nécessité reste douteuse étant donné l’économie minime réalisée au niveau des coupures, se traduisent en vérité par une confusion généralisée au sein des nouveaux réfugiés et des professionnels de la santé, puisque le gouvernement n’agit pas de façon transparente quant à l’exégèse de sa nouvelle loi.
En plus de cet imbroglio, le fardeau administratif s’alourdit pour les patients et les médecins. Le temps perdu à gérer les soins administrativement remet en question l’efficacité réelle de ces nouvelles mesures. Alors que la majorité des réfugiés continuent de voir leur couverture d’assurance garantie par le ministre fédéral de la santé, nul ne sait quels services et quelles interventions, si pratiquées, seront aux frais des médecins ou des hôpitaux.
Il est aussi à prévoir que certains réfugiés pour qui les services sont maintenus s’abstiennent de se rendre en hôpitaux, de peur de se voir claquer la porte au nez. Il ne faut pas non plus oublier que le PFSI affecte des individus ayant eu assez de déboires personnels. La maigre somme de 20 millions de dollars par année qu’économise le ministère de la santé du Canada avec ce nouveau système ne semble donc pas justifier autant de conséquences.
Qui sait, après tout, l’impact qu’aura ce plan de santé sur les véritables réfugiés; sur le système de santé; ou sur l’image du Canada à l’international. La trombe médiatique a renvoyé la fausse image que les soins de santé étaient désormais refusés catégoriquement aux réfugiés. Il faut conclure que le gouvernement aurait dû être davantage responsable de l’éducation du personnel de la santé et de la population quant aux nouvelles catégories de réfugiés qu’il a créées, à leur insu. De mauvaise foi, d’insouciance ou de manque de jugement, on ne sait pas de quoi accuser Ottawa pour ces coupures.

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Pauline, juste à temps. https://www.delitfrancais.com/2012/11/06/pauline-juste-a-temps/ Tue, 06 Nov 2012 05:50:02 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=15632 Déjà, au lendemain de son élection le 4 septembre, la première première ministre du Québec animait d’un dédain senti le verbe de la majorité des québécois et inévitablement d’encore plus de ressentiment celui des gens qui ne s’identifient pas ainsi. J’ai donc entrepris de trouver de bons côtés à l’avènement de l’ère Pauline, car avec l’Halloween derrière nous, il m’a semblé qu’une métamorphose en avocat du diable était toute indiquée. Les idées frivoles sont les plus intéressantes!

À moins que les valeurs véhiculées par l’actuel monarchiste qu’est Stephen Harper vous siéent, le symbole évident et provocateur du Parti Québécois au pouvoir dans notre province signifie une d’entre deux choses possibles: soit Pauline saura être à l’affut des âneries conservatrices au Parlement et aura la voix assez forte pour empêcher une autre loi 10, un autre abolissement du registre des armes à feu ou l’achat d’un autre avion à réaction destiné au survol du Nunavut (terre de tous les périls, ne l’oublions pas); soit le gouvernement minoritaire de Pauline ne sera pas en mesure de freiner les élans moyenâgeux de notre premier ministre, mais saura être à l’affut de ses manigances et sonnera l’alarme, par exemple, la prochaine fois qu’il nommera un unilingue francophone au poste de vérificateur général. Vous me direz alors, sans être fautif, que Jean Charest était un digne gardien, mais Pauline n’aurait pas fait dans la dentelle peu importe ce qu’Ottawa lui aurait servi; et étant donné le menu, je me plais à croire que ça tombe à point.

Au chapitre des échecs de Jean Charest, toutefois, je me réclame de ceux qui félicitent la fermeture de l’ironique Gentilly-2 et l’abolition de la hausse des frais de scolarité. Sans m’étendre sur des détails qui ne vous importent plus après le printemps que nous avons tous vécus, laissez-moi au moins préciser qu’en tous les cas, l’un paie sans doute pour l’autre.

Ce qu’il y a de très bien avec Pauline, c’est qu’elle est à la tête d’un gouvernement minoritaire. De ce fait, les avancées que le Québec fera seront les filles du compromis et les politiques plus controversées du Parti Québécois resteront stationnées pour un bout de temps encore dans l’imaginaire collectif, menaçant d’éclore, certes, mais toujours latentes. À cet égard, il n’y a que du bon sous le soleil pour les plus réticents d’entre nous: pas de cégep francophone obligatoire à l’horizon, pas de hausse rétroactive des impôts ni même de nouveaux pouvoirs réclamés à notre très cher Canada. Il advient qu’à cet égard, le gouvernement que nous avons présentement est le meilleur scénario que nous avions pu envisager, c’est-à-dire celui du (presque) statu quo.

Certes, il y aura toujours des mécontents, que nous aimons nous imaginer comme étant des millionnaires anglophones vivant à Westmount, mais au grand dam de leur bonheur, je ne suis pas certain qu’ils aient une raison valable, à l’heure qu’il est, de crier au loup. Alors que la première ministre avoue ouvertement vouloir s’en prendre à leur portefeuille et leur langue maternelle, les risques qu’elle parvienne à changer leur univers sont encore qualifiables de minimes.

Or, s’il est vrai que le chemin du statu quo est à mon avis pavé de succès, pourquoi Pauline? Pourquoi pas François? Françoise? Parce qu’elle dérange, Pauline. Parce que sa gestuelle qui n’est pas sans rappeler la professeure Ombrage ne plaît pas, parce qu’elle n’est pas charismatique, parce que son mari est riche, parce que c’est une femme. Alors, au moment où n’importe quel individu aurait été inoffensif par la qualité minoritaire du gouvernement actuel, travaillons collectivement sur notre hâte à juger pauvrement cette femme qui n’aura même pas sa chance de faire valoir son point de toute façon, car si la tendance se maintient, le gouvernement péquiste mourra avant même d’avoir fait le moindre pas et tout le fiel que l’on aura déversé à son sujet ne sera rien d’autre que le reflet de l’amertume que nous avons à l’égard des gens qui prennent position.

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À propos de la victoire https://www.delitfrancais.com/2012/09/25/a-propos-de-la-victoire/ Tue, 25 Sep 2012 12:14:12 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=14492 Qu’après avoir fait endurer la tempête, les moqueries et la banqueroute aux autres joueurs, les tumultes de la déchéance sont suffisants à qui a perdu et dérisoire serait toute injure supplémentaire quand, déjà, vous avez apprivoisé la victoire. Or, on appelle mauvais gagnant celui qui se permet des débordements d’orgueil et, au Monopoly, c’est une chose impardonnable qui inciterait sans doute vos adversaires à y penser à deux fois avant de rejouer avec vous.

Je pense que la victoire que célèbre actuellement la jeunesse québécoise, la hausse des frais de scolarité annulée et sur laquelle on danse désormais, est une amère victoire et qu’il faudrait y penser à deux fois avant de s’imaginer qu’on peut se moquer des coûts qu’elle aura entrainés. Amère parce qu’elle aura couté beaucoup plus cher qu’on le pense, sans vraiment parler d’argent. Dans l’immédiat, on aura sacrifié la rentrée universitaire de plusieurs centaines de cégépiens, les opportunités de stages estivaux de centaines de bacheliers, des applications à la maîtrise ou au doctorat de centaines de gradués, des occasions d’études à l’étranger pour des centaines d’étudiants, des mois de salaire à des centaines d’universitaires qui auraient été nouvellement diplômés et j’en passe. Même si je suis de ceux qui ont manifesté, si je crois à une société plus juste et une éducation plus accessible, une partie de moi reconnait le prix de la victoire. S’il me semble que le mouvement étudiant mérite mes félicitations, un examen de conscience est aussi de mise quand on met de l’avant des valeurs d’accessibilité à l’étude mais qu’on y porte atteinte, par la même occasion.

À long terme, je pense aussi que le conflit étudiant aura un écho bien sombre, car une cassure profonde est survenue entre la jeunesse et la classe politique. Le comportement de l’ancien premier ministre et de son équipe, leur volonté admise à demi mots de ne rien régler, de laisser le chaos s’emparer des rues de cette ville pour s’en faire du capital politique au nom d’une démocratie que celui-ci ne met pas en pratique a tôt fait d’en désabuser plus d’un.

Je pense qu’au nom de la démocratie, on peut bien des choses, mais on ne peut pas brutaliser de cégépiennes. Je pense qu’on ne peut pas en vouloir à un peuple, aussi coupable soit-il, éternellement. Mais on peut très bien se souvenir de la moquerie affirmée dont il a été la cible;, on se souvient longtemps d’un nom, d’un visage. C’est un prix que je n’étais pas prêt à payer, de voir ma confiance en un gouvernement s’essouffler sèchement. De voir un peuple se sentir trahi par ceux qui se veulent ses défenseurs. De penser qu’encore ici, qu’encore aujourd’hui, à la tête de cette nation, on puisse hériter de quelqu’un qui ne veut pas notre bien.

Et puisqu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, je pense que la jeunesse a raison d’être fière, mais ne doit pas s’imaginer qu’elle s’en sort indemne, qu’elle n’a rien sacrifié.

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Au-delà du sujet https://www.delitfrancais.com/2012/09/11/au-dela-du-sujet/ Tue, 11 Sep 2012 12:17:52 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=14080 J’ai une bonne amie dont j’aurais aimé vous parler aujourd’hui, mais il advient que cette dernière a récemment connu un essor de popularité et pour éviter de m’adonner à la redondance ou de vous servir une réflexion presque intelligente sur un sujet prémâché, cette chronique ne parlera pas de mon amie Démocratie. Une prochaine fois, ma tendre.

Ainsi, j’ai sondé mes pensées à la rescousse de cette première chronique que je signe et un éclair, je n’oserai pas dire de génie, m’a frappé. Les chats. J’adore les chats. Et aussi rapidement qu’il s’était manifesté, cet éclair s’anéanti sombrement, parce qu’une première chronique sur les chats, c’est franchement ridicule, sans pour autant nier que je sais donner dans le ridicule quand on m’en offre la tribune. On me l’a toujours dit, ça ne tue pas.

Néanmoins insatisfait, je naviguai donc plus loin, plus longtemps et plus tard dans la soirée pour vous trouver the sujet mais je remis le tout au lendemain. Conséquemment, vous entretenir des dangers de mon plus grand défaut, la paresse, eut été de circonstance, d’autant plus que ce sujet me connait au moins depuis quelques lustres. Toutefois, la teneur en optimisme brillerait de son absence dans une première chronique sur un péché capital et loin de moi l’idée d’attiser le cynisme chez mon lectorat – je me suppose déjà un lectorat, parce que je le vaut bien.

Dans l’optique, donc requise, de vous offrir un sujet optimiste portant un message transcendant la condition humaine (notez l’ambition), il m’est apparu plausible que l’art soit au menu. L’art, que dis-je, l’Art avec un grand A. À tout le moins, l’Art est partout et il est salvateur de la condition humaine. C’est peu dire, mais c’est aussi tout ce que je peux faire, puisque davantage serait agir comme si j’osais prétendre y connaitre quoi que ce soit. Je laisserai donc le soin aux plus ambitieux parmi vous, ou les autres, de m’entretenir de l’Art et je me contenterai de répondre en acquiescements succincts tout en interpellant des noms de chefs-d’œuvre dont j’ai entendu parler en écoutant Who wants to be a millionaire.
«Hm. Hm hm. Saturno Devorando a un Hijo. Du génie!»

Non. J’aime l’Art, ce n’est pas faux et c’est même vrai, mais c’est un terrain risqué pour un premier pas. Au delà, donc, de ce sujet audacieux, il m’eut été nécessaire d’en trouver un plus anodin, mais qui vous laisserait entrevoir le futur de cette nouvelle aire de divertissement que je possède dans les pages de ce journal qui m’est cher. Je n’ai toutefois jamais trouvé de sujet et le temps est venu (depuis hier, au moment d’écrire ces lignes) de remettre ma chronique. Dommage.

Il va de soi que le sujet de cette chronique est évident à qui sait comprendre que je ne vous ai pas trainé au bas de ce texte sans avoir l’ambition de vous faire faire le voyage à travers les dédales de ma pensée. Je m’appelle Alexandre et je viens de me présenter. À bientôt!

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AG en médecine https://www.delitfrancais.com/2012/03/27/ag-en-medecine/ Tue, 27 Mar 2012 14:42:10 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=12202 L’assemblée générale devait avoir lieu dans la salle de bal du Thomson House, puis a été transférée au 2e étage du bâtiment Shatner avant d’être finalement orchestrée à l’amphithéâtre Palmer du pavillon des Sciences de la vie McIntyre, une salle pouvant accueillir plus de 350 étudiants.

Tout ce branle-bas de combat est sans doute dû au fait qu’a priori, l’évènement ne devait pas prendre d’envergure, mais lorsqu’une motion de grève limitée à la journée du 22 mars a été déposée, la communauté des étudiants en médecine a vivement réagit.

Le vote a eu lieu à propos d’une grève d’une journée, excluant les étudiants de 3e et 4e année, les étudiants en préclinique (deuxième année) et les étudiants qui devaient assister à une session obligatoire (les premières années). Les étudiants en pré-médecine ne faisant pas partie de la faculté de médecine, le vote ne les concernait pas. Alors qui restait-il pour faire la grève? Il est clair que le vote était en tout et pour tout symbolique puisqu’aucune activité n’allait être interrompue et ferait la grève ceux qui le désiraient.

Matthieu Santerre | Le Délit
À l’issu d’un débat écourté –limité par motion à 15 minutes– les quelques 200 étudiants de médecine représentant les quatre années du doctorat se sont prononcés contre la grève symbolique à 58%. De surcroit, un vote a aussi été tenu pour connaître la position de l’association étudiante face à la hausse des frais de scolarité telle que présentée par le gouvernement Charest.

À cet effet, les étudiants ont déterminé qu’ils étaient en faveur d’une hausse indexée à l’inflation, mais qu’ils s’opposaient à une hausse de 75% sur cinq ans tenant en compte la rétroaction de l’inflation.

Ils ont aussi exprimé leur désir de voir chaque hausse des droits de scolarité accompagnée d’une majoration proportionnelle à l’aide financière. De plus, l’accessibilité aux études supérieures ne doit pas être compromise.

En s’opposant à la hausse telle qu’elle est annoncée, les étudiants en médecine dénoncent une hausse des frais de scolarité qui les affecterait d’autant plus étant donné que le prix des crédits universitaires augmentera.

Un étudiant en médecine à McGill effectue 70 crédits à sa première année universitaire alors qu’un programme de premier cycle est d’en moyenne 30 crédits par année, ce qui aura comme impact, en 2016-2017, d’augmenter les frais de l’étudiant en médecine de 3790$ pour un total avoisinant les 11 600$ dès la première année.

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Un cocktail de malade https://www.delitfrancais.com/2011/11/27/un-cocktail-de-malade/ Mon, 28 Nov 2011 04:47:56 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=10083 Deux tabous.

L’alcoolisme est une dépendance grave à l’alcool. Dû a ses effets euphorisants et déstabilisants, elle entraîne une perte de contrôle, une détresse psychologique et un dysfonctionnement social.

La maladie mentale, véritable non-dit de la médecine moderne, est un lourd stigma qui affecte pourtant la population avec des ratios comparables au cancer, mais qui entraîne un fardeau de culpabilité, puisque l’on croit encore que les troubles psychologiques s’apparentent à la paresse plutôt qu’à la maladie.

Or, qu’en est-il de la cohabitation de ces deux réalités chez une même personne? Elle n’est pas rare, pourtant, bien au contraire et s’il est vrai que la dépendance à toute substance est une forme de trouble mental, l’alcoolisme a cette distinction de promouvoir les bouleversements futurs dans l’équilibre psychique de ceux qui en sont affectés.

Maladies mentales: les chiffres

Dans sa plus récente étude, Éduc’Alcool a publié un rapport reliant l’alcoolisme et la maladie mentale. On y relevait des données d’une enquête menée au Québec qui affirmait qu’au courant de leur vie, 23% des Québécois seraient affectés par un trouble de l’humeur ou un trouble anxieux. De surcroît, c’est chez les jeunes que la maladie mentale est la plus répandue, avoisinant les 15%.

Par maladie mentale, il est important de rappeler que le terme est large et fait référence autant à des conditions comme la schizophrénie ou l’anorexie, mais aussi les dépressions majeures, le stress chronique, les phobies, les troubles de personnalité, etc. Ces situations peuvent être persistantes ou temporaires.

L’approche médicale est toutefois peu reconnue en société, la collectivité ayant une certaine réticence à croire que les instabilités psychiques puissent être chimiquement déconstruites par l’administration de médicaments. Pourtant, «en 2005, les médecins québécois ont rédigé 7,5 millions d’ordonnances pour des antidépresseurs. Selon le Conseil du médicament du Québec, entre 2000 et 2004, une personne sur cinq (19,2 %) a pris des antidépresseurs pendant au moins un an», affirme le rapport d’Éduc’alcool. Il est vrai, à cet égard, que la prévention (c’est à dire un mode de vie équilibré) reste la meilleure issue contre la maladie mentale, ce qui reste un concept flou et malgré tout une évidence pour tout le monde.

Le lien entre alcool et maladie mentale n’est pas ténu. On reconnaît entre 15 et 20% de prévalence de la toxicomanie chez les gens atteints d’une maladie mentale, alors que ce taux grimpe à 50% chez les troubles anxieux, mentionne l’étude.

L’œuf ou la poule?

Qu’en est-il des prédispositions? L’alcoolisme mène-t-il à la maladie ou est-ce l’inverse? Des chercheurs se sont penchés sur la question et leur conclusion suggère plutôt que ces deux conditions marchent main dans la main. À cet effet, il est suggéré que les prédispositions génétiques et environnementales pour les maladies mentales –car, oui, on peut être programmé pour développer la schizophrénie ou la dépression– sont dans tous les cas très similaires à celles qui aboutissent à l’alcoolisme.

En mettant en lumière les relations qui existent entre le dysfonctionnement de certains circuits nerveux, de plusieurs mutations génétiques ou traumatismes graves menant conjointement à des troubles mentaux et au développement de l’alcoolisme, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) suggère une approche thérapeutique qui prend en compte les deux problèmes comme étant reliés et devant donc être traités parallèlement. Il est aussi clair que chez de nombreux patients psychiatriques, la détresse vécue par leur situation médicale mène dans de plusieurs cas à ce qu’Éduc’alcool appelle «l’automédication», soit la consommation de substances apaisantes dans le but de réduire la souffrance. Dans ces cas, l’alcool est bien entendu une solution de choix. Beau, bon, pas cher, légal.

Le rapport confirme aussi que «lorsque les symptômes précurseurs de la maladie sont associés à la consommation de substances psychoactives comme l’alcool, le risque est plus élevé de développer une maladie mentale». En ce sens, il est admis que si la génétique n’est généralement pas suffisante pour condamner un individu à une condition psychiatrique, l’alcool devient un déterminant clé. Cette réalité s’applique aux personnes prédisposées à développer un trouble schizophrène, alors que l’altération subtile des neurotransmetteurs, comme le glutamate, que cause la consommation d’alcool, est parfois suffisante au déclenchement d’une crise.

Il advient donc que ces deux situations, l’alcoolisme et la maladie mentale, s’auto-potentialisent l’une et l’autre et cohabitent, de ce fait, très fréquemment. Et si ces deux conditions ont des effets dégénératifs sur la qualité de vie, il est aussi facile de concevoir qu’ensemble, cette dégénération s’embourbe dans un véritable cercle vicieux jusqu’au fond du baril. L’Association américaine des psychiatres affirme en effet que dans neuf cas sur dix, une personne qui se suicide souffrait préalablement d’une maladie mentale, alors que l’OMS suggère que 25% d’entre eux ont un problème de consommation d’alcool, et que 50% des personnes suicidées étaient sous l’effet de l’alcool quand elles ont franchi le seuil.

À l’approche du temps des fêtes et de la fin de session, même s’il est vrai que la consommation d’alcool peut aussi être synonyme de festivités et de récompense méritée après une période de stress, il est important de se souvenir que la vodka ou tout autre alcool n’est peut-être pas la meilleure béquille sur laquelle se reposer en cas d’anxiété. Pour cela, il reste encore les amis, la famille et les professionnels de la santé, qui ont beaucoup moins de chances de vous rendre fou.

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Un manque qui se fait sentir https://www.delitfrancais.com/2011/10/04/un-manque-qui-se-fait-sentir/ Tue, 04 Oct 2011 14:05:44 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=8862 Depuis que les premiers élèves de la réforme sont arrivés au secondaire en 2005, les cours de Formation personnelle et sociale ont graduellement été radiés du cursus pour laisser place à la formation Santé et bien-être. Fondamentalement similaire, cette dernière n’est pas un cours, mais un ensemble de principes qui doivent être transmis par l’intégralité du corps enseignant dans les cours de base (Mathématiques, Français, Arts, Éducation physique, etc.). Ainsi, l’éducation sexuelle, tête d’affiche desdits cours de FPS, est une initiative que tous les professeurs doivent prendre. La responsabilité, toutefois, n’est pas toujours assumée.

Problème? Problème.
En effet, selon le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), une recrudescence de presque 500% du taux de gonorrhée chez les femmes entre 15 et 24 ans a été remarquée entre 2004 et 2008, avec des taux similaires pour la syphilis et la chlamydiose. Coïncidence? «Sûrement pas», soutient le Docteur Réjean Thomas, fondateur de la clinique L’Actuel, qui a eu l’occasion de voir de ses propres yeux sa clinique se remplir progressivement de cas d’infections transmissibles sexuellement ou de grossesses non désirées depuis l’abolition du programme en 2005. C’est aussi depuis cette date qu’il tente de ramener les cours d’éducation sexuelle au secondaire.

Toutefois, l’éducation à la sexualité ce n’est pas que de la biologie, mais aussi une façon d’initier les jeunes aux complexités des relations amoureuses et du respect qu’elles impliquent. Il advient donc que les jeunes qui n’ont pas eu cette formation à l’école sont non seulement enclins à des rapports sexuels non protégés, mais aussi à fonder leur image de l’amour physique sur ce à quoi ils ont accès sur internet. Quand on parle d’un problème! Suite à cette décision du ministère de l’Éducation en 2005, une équipe d’étudiants en médecine de l’Université McGill a pris le taureau par les cornes en créant le groupe Sexperts, palliant ainsi au manque ressenti.

Alice Des | Le Délit
Qu’est-ce que Sexperts?
Sexperts, ce sont des étudiants universitaires (un garçon et une fille portés volontaires) qui patrouillent les écoles secondaires et qui, par le biais d’arrangements pris avec les enseignants, font la promotion de la santé sexuelle, du respect dans la relation, de la contraception et de la diversité, le tout à l’aide de discussions, d’activités informatives et interactives auprès des jeunes de 14 à 17 ans. Le but de ces activités est de faire profiter à toute la classe des réponses aux questions qu’un élève pourrait avoir, en plus de fournir aux étudiants les ressources nécessaires pour trouver les réponses aux questions qu’ils n’oseraient pas poser. Si les sexperts ne connaissent pas la réponse à une certaine question, ils dirigent le jeune vers un site web spécialisé (comme masexualite.ca) ou vers une ligne d’appel. Les étudiants ont l’occasion de participer à leur guise et, de poser des questions à main levée ou sur des papiers distribués à la classe. On ne demande que le respect des opinions. Le tout se fait généralement avec un enseignant absent ou bien caché au fond de sa salle de classe, qui observe, jaloux (et attentif), les étudiants être plus enthousiastes que dans ses plus beaux souvenirs.

Tout de suite après sa naissance, le projet Sexperts est devenu interuniversitaire et a été adopté par la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, division Québec (IFMSA-Québec). Les tâches se sont donc progressivement divisées entre McGill et l’Université de Montréal et, aujourd’hui, les six campus médicaux du Québec (McGill, Sherbrooke, Laval, Montréal, Saguenay et Trois-Rivières) font vivre le projet Sexperts. Il s’agit d’ailleurs de la seule initiative qui lie tous les campus médicaux du Québec. Encore mieux, ayant été pris en charge par une association internationale, Sexperts a pu profiter d’expertises étrangères pour se développer et améliorer la qualité de ses présentations pour désormais déployer ses ailes dans une dizaine de pays comme le Liban, l’Autriche, l’Allemagne, etc.

Parmi les activités qu’offre l’éducation par les paires de sexperts, on démystifie les infections transmissibles sexuellement ainsi que les pratiques sexuelles qui sont le plus à risque en demandant d’abord aux élèves de les classer dans l’ordre qu’ils croient logique, on fait une démonstration des différentes méthodes de contraception et de celles qui sont les plus efficaces, on instruit les jeunes sur la diversité sexuelle avec laquelle ils devront composer dans leur vie personnelle et professionnelle, on parle des premières fois, des différences entre les garçons et les filles, d’amour…

La vérité, par contre, ce n’est pas que les jeunes ne sont pas renseignés sur la sexualité, au contraire. Ils sont très au courant de ce que c’est, le sexe. Par contre, et c’est là qu’est l’abscès, ils sont mal informés. Ne sont pas rares les questions comme: «Est-ce qu’on peut tomber enceinte en donnant une fellation?», «Pourquoi utiliser le condom si je prends la pilule?», «Pourquoi utiliser des contraceptifs si on a accès à la pilule du lendemain (Plan B)», etc. Le rôle des sexperts est alors de démystifier ce que les jeunes peuvent parfois prendre pour acquis, et ils le font avec l’avantage que leur jeune âge d’étudiants universitaires leur procure. En effet, les adolescents ont beaucoup plus tendance à s’identifier à des gens qui sont seulement de quelques années leur ainés et posent ainsi les questions qui les tracassent vraiment, comme ils le feraient s’ils parlaient avec leurs amis. L’organisme travaille également à éveiller la curiosité des jeunes face à ce sujet pour qu’ils puissent entreprendre des recherches par eux-mêmes, étant donnée la quantité restreinte de matériel éducatif qu’une heure de cours interactif permet de transmettre.

La formation Sexperts
De manière générale, les sexperts sont des étudiants en médecine, quoique le projet cherche à rallier tous les étudiants universitaires qui sont intéressés. Avec leurs connaissances plus ou moins développées dans le domaine, les étudiants en sciences de la santé sont appelés à une journée de formation qui aura lieu, cette année, le samedi 8 octobre, de 9 heures à 18 heures à l’Université de Montréal (offert en anglais et en français). Il s’agit d’une journée entière dédiée à la formation de base que tous les sexperts doivent savoir et elle est obligatoire pour ceux qui veulent pouvoir faire des présentations dans le futur. Les sexperts qui ont déjà reçu la formation sont aussi mandatés de s’y présenter, car elle vise à rassembler les bénévoles à travers le Québec pour l’uniformisation du projet et la mise en commun des expériences enrichissantes vécues sur les différents campus qui pourraient profiter à tous. Il s’agit d’une première, alors que des sexperts de Chicoutimi, Sherbrooke Trois-Rivières et Québec se rallieront pour la première fois, à Montréal, pour unifier le mouvement. La formation est gratuite, ouverte à tous les étudiants (en médecine ou non) et le repas est même offert!

Le comité de santé sexuelle de l’IFMSA présentera, au cours de la journée, des professionnels invités qui viendront discuter et interagir sur la santé sexuelle, des activités pour former les futurs bénévoles sur l’apprentissage par les pairs, des informations pratiques quant aux présentations Sexperts que les formés seront amenés à faire, les ressources qu’il faut fournir aux jeunes pendant une présentation pour qu’ils puissent eux-mêmes faire des recherches, des ateliers de communication pour interagir avec les groupes sans tenir de propos sexistes, racistes ou hétérocentrés et bien plus encore.

Cette volonté d’unification tombe à point, à vrai dire. «C’est le grand projet de l’année: faire en sorte que les sexperts du Québec aient une méthode d’action uniforme et efficace», assure Aris Hadjinicolaou, Coordonnateur national du comité de santé sexuelle, au sujet du retour des cours d’éducation sexuelle. En effet, la nouvelle ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a décidé de révoquer la décision de Michelle Courchesne et fera donc revenir l’éducation sexuelle au niveau secondaire à partir de la prochaine année scolaire. Les écoles devront composer avec le même budget pour intégrer cette matière à leur cursus. Sexperts travaille donc présentement avec l’Agence de la Santé Publique du MSSS pour faire accréditer son programme bénévole à la liste des entreprises pouvant donner le cours dans les écoles qui ne peuvent pas se permettre un éducateur spécialisé en la matière. «La formation nationale permettra donc d’élargir le champ de vision à Sexperts auprès des instances politiques, mais aussi à motiver les bénévoles et à leur donner un sentiment d’appartenance à l’organisme en voyant tous ces jeunes du Québec qui croient en le même projet» renchérit-il.

Aris Hadjinicolaou

Le rayonnement de Sexperts
L’an dernier, l’organisme a réussi à rejoindre plus de 4700 étudiants à travers la province, dont la moitié étaient de la ville de Québec. La capitale nationale a désormais le programme Sexperts le plus étendu. À McGill, on ne s’en tire pas trop mal non plus. Cette année, l’organisme a donné cinq formations aux étudiants universitaires et entrainé plus de 92 sexperts, la majorité provenant de la faculté de médecine. De plus, Sexperts a donné 55 présentations au secondaire afin de rejoindre les 1144 étudiants de la commission scolaire English-Montréal provenant de Mile-End High School, Royal-Vale High School, Bialik High School, Marymout Academy et Rosemount High School. Toutefois, Sexperts McGill ce n’est pas que des présentations dans les écoles, mais aussi une série de formations en continu comme la promotion de la journée internationale de la femme, l’organisation de No H8 le 17 mai, une séance photo contre l’homophobie, une conférence avec Maître Claivaz-Loranger sur l’aspect légal de la transmission et l’exposition au VIH, l’invitation de l’organisme Stella, de l’ATQ et COCQ-SIDA pour un souper-causerie sur les différentes réalités sexuelles, et la liste continue!

«La logistique de l’organisme, en constante croissance, est désormais prise en charge par la Fondation Jeunes en Santé, qui s’occupe de contacter les écoles secondaires pour que les présentateurs Sexperts puissent se présenter à l’école sans avoir à entreprendre des démarches fastidieuses d’administration», précise Laurence Bernard, coordonnatrice du projet de l’an dernier pour l’Université McGill. Elle a désormais passé les rênes à Ariane Smith, de la promotion de Médecine McGill 2015, qui a une grande foi en son projet et qui déploie des efforts incroyables pour que la journée de formation soit une réussite. «Nous travaillons aussi sur un outil d’évaluation pour que les écoles puissent noter leur degré d’appréciation du projet afin de rendre les présentations futures encore plus efficaces et compréhensives à l’égard des étudiants». Le projet est donc bien vivant et bien portant!

Sexperts, depuis sa création, a reçu plusieurs prix de la fondation Force Avenir, de nombreux prix donnés à des organismes à but non lucratifs ainsi qu’une bourse de 43 000 dollars du Forum des Jeunes de Montréal pour assurer la pérennité du projet et le soutien financier des présentations (matériel de démonstration, cahiers, formations, etc.)

Ce sur quoi Aris, Laurence et Ariane insistent le plus, c’est que le projet est ouvert à tous les étudiants intéressés, peu importe la faculté dans laquelle ils étudient. Tout ce qu’ils doivent faire pour participer à Sexperts, c’est se rendre à la formation nationale du 8 octobre prochain. En effet, IFMSA a même lancé l’invitation au programme d’études en sexologie de l’UQAM pour que les étudiants participent à la formation!

Dans le futur?
Beaucoup de projets sont encore au stade de l’embryon mais le futur est brillant pour l’organisme. On vise certainement à continuer les présentations dans les écoles secondaires pour les années à venir puisque Sexperts croit vraiment que la méthode amicale de transmission des connaissances et la jeunesse des présentateurs permet aux ateliers d’avoir un impact bénéfique sur les étudiants. Les démarches vont bon train et, un jour prochain, l’organisme aimerait pouvoir offrir des services conjoints (et toujours gratuits!) aux écoles secondaires, en collaboration avec d’autres projets de l’IFMSA, comme le projet Osmose, pour la promotion de la santé mentale ainsi qu’un projet de santé globale et de nutrition.

Apparemment, il vaut mieux prévenir que guérir! (Ça coute moins cher.)

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Jean Leloup And The Last Assassins https://www.delitfrancais.com/2011/09/27/jean-leloup-and-the-last-assassins/ Tue, 27 Sep 2011 12:27:35 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=8701 Au Théâtre Rialto, la foule était une vraie mosaïque de jeunes, de moins jeunes, de Québécois, de Français, d’anglophones et de petits bourgeois. Elle était unie par le même délire de voir apparaitre The Wolf (et les Last Assassins, peut-être) sur scène au courant de la soirée.

Eva Blue

Les premières parties étaient assurées par Hôtel Morphée, qui sont excellents malgré un certain manque de communication avec le public, et Beaver, un artiste folk qui a réussi à conquérir le public par ses chansons franches et son look atypique.

À 22 heures 45, Jean Welltipper, feu Leloup, coiffé de son habituel chapeau indescriptible, ainsi que Mathieu Leclerc et Virginia Tangvald, formant le trio des Last Assassins, ont fait apparition pour endiabler la foule déjà fébrile. Entamant le plat de résistance avec un titre de leur dernier album, le groupe a poursuivi avec un enchainement éclectique et parfois énervant de morceaux de Leloup et de nouvelles pistes inédites provenant de sa nouvelle alliance. Nous avons donc eu droit à des rares moments de nostalgie explosive pendant L’Amour est sans pitié et La Vie est laide, ainsi que des espaces de latences quand une piste chantée par ses deux acolytes survenait.

Puisqu’il s’agissait du lancement de son nouveau projet, il fallait s’attendre à ce que certains morceaux n’aient jamais été entendus, mais les quelques centaines de fans présents ce soir là étaient venus avec le désir coupable de l’entendre jouer ses vieux succès (1990, I lost my baby, Isabelle, etc.) qui ont brillé par leur absence.

Comme on a pu le comprendre à son sourire béat pendant ses solos de guitare, les Last Assassins est un projet qui permet à The Wolf de mieux jouer de la corde et de moins chanter. De tendance plus soft, plus électrique et moins personnelle, The Last Assassins est un groupe de rock anglophone dans lequel Jean Leloup n’est pas indispensable, qui s’écoute bien en soupant, mais qui ne suscite pas le coup de foudre. C’est l’un des nombreux projets de l’artiste, dans lequel il a l’air de s’éclater auprès de ses anciens choristes charismatiques, et c’est un bonheur qui lui sied très bien.

Malgré quelques épisodes confus comme Leloup sait si bien les faire, les artistes ont été d’une grande générosité (deux heures sur scène), et l’intimité de la salle a rajouté énormément au sentiment de fusion avec le public. Il est difficile de croire que tous ses fans vont le suivre dans ce projet qui s’écarte de ce qu’il offre d’ordinaire, mais les mélomanes seront ravis d’avoir de nouveaux musiciens talentueux à se mettre sous la dent, jusqu’à ce qu’il change encore d’idée.

Avant de nous laisser partir, un Jean Leloup humble –et non Welltipper– est apparu pour le rappel armé d’une guitare acoustique pour interpréter un poignant Recommencer, qui a su laisser un arrière-goût convaincant. Ainsi, même si vous ne comptez pas acheter le nouvel album des Last Assassins, attendez patiemment sa nouvelle lubie.

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