Alexandre Breton – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 19 Sep 2018 23:06:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 Les rois du monde https://www.delitfrancais.com/2011/03/01/les-rois-du-monde/ Tue, 01 Mar 2011 21:06:30 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=6773 Arabie saoudite

La création du royaume remonte à 1744, date de l’alliance entre le prince Mohammed ben Saoud et le cheikh Mohammed ibn Abd al-Wahhab. La famille Saoud continue à diriger le pays, alors que les descendants d’al-Wahhab administrent l’institution religieuse du royaume selon une interprétation fondamentaliste de l’Islam connue sous le nom de wahhabisme. Le roi actuel, Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, a neuf épouses, trente-cinq enfants et une fortune personnelle évaluée à vingt et un milliards de dollars.

Brunei

Ayant accédé au trône en 1967, Hassanal Bolkiah est aujourd’hui le vingt-neuvième sultan de Brunei. En 1997, la famille royale a été la cible d’une poursuite de quatre-vingt-dix millions de dollars, le sultan étant accusé d’avoir utilisé de jeunes mannequins américaines et britanniques comme esclaves sexuelles. Dans un règlement hors cour, l’une des jeunes femmes a reçu une somme de 500 000 livres sterling.

Japon

Sur le trône depuis 1989, l’empereur Akihito, de la lignée Yamato, serait le 125e souverain japonais, selon la tradition officielle. Souverain absolu considéré comme un dieu vivant pendant la majeure partie de son histoire, l’empereur est devenu strictement symbolique après la défaite du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation américaine. Akihito est passionné d’ichtyologie, à savoir, l’étude des poissons.

Raphaël Thézé | Le Délit

Jordanie

Abdullah II, de la famille des Hachémites, est roi de Jordanie depuis 1999. Il est traditionnellement considéré par les musulmans comme le quarante-troisième descendant du prophète Mahomet. Fan assumé de Star Trek, le roi Abdullah est apparu comme figurant dans la série Star Trek: Voyager en 1996, dans l’épisode «Investigations».

Qatar

Hamad ibn Khalifa Al Thani est l’émir du Qatar depuis 1995. Il est notamment connu pour avoir créé la chaîne d’information continue Al Jazeera, ainsi que pour avoir promis d’offrir un cheval en or au journaliste irakien Muntadhar al Zaidi en 2009, après que ce dernier a lancé ses chaussures au président George W. Bush.

Royaume-Uni

La reine Elizabeth II, de la famille Windsor, règne sur le Royaume-Uni depuis 1952, ainsi que sur quinze États indépendants membres du Commonwealth britannique. Lors de sa visite à Québec en 1964, elle a notamment été accueillie par des manifestants antimonarchistes alignés le dos tourné sur le chemin de sa procession.

Thaïlande

La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle représentée par le roi Bhumibol Adulyadej depuis 1946; c’est le plus long règne d’un monarque toujours vivant. Bien que le roi ait aujourd’hui une fonction uniquement symbolique, critiquer ce dernier est une offense criminelle passible de quinze ans de prison. Bhumibol Adulyadej est certainement le plus riche monarque actuel, avec une fortune évaluée à trente milliards de dollars. Le roi thaï est également détenteur d’un brevet protégeant le «super-sandwich», une technique permettant de créer des nuages et de provoquer une pluie artificielle à l’aide d’un engin volant.

Vatican

Comptant 829 habitants sur un territoire d’à peine un demi-kilomètre carré, la cité du Vatican est le plus petit pays au monde. Reconnu comme un État depuis les accords du Latran en 1929, il accueille le siège de l’Église catholique. Sa monarchie est à la foi absolue et élective; le pape Benoît XVI en est le souverain depuis son élection en 2005. Les publications officielles du Saint-Siège se font encore en latin.

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Laissons la chance au coureur https://www.delitfrancais.com/2011/01/18/laissons-la-chance-au-coureur/ Tue, 18 Jan 2011 18:03:50 +0000 http://delitfrancais.com/?p=5387 McGill est un repaire d’activistes radicaux de gauche contrôlant les journaux et les associations étudiantes, menaçant et terrorisant la communauté conservatrice de l’université. C’est le tableau que brosse «Why Canada Needs The Herald», l’article d’introduction du nouveau journal Prince Arthur Herald. Sérieusement? Je conseillerais amicalement à l’auteur d’aller faire un tour sur le campus de l’UQAM et —s’il n’y succombe pas d’une crise cardiaque— d’être plus parcimonieux avec les hyperboles en en revenant. Il est difficile de trouver plus modéré que McGill.

Je passe ensuite à un second article, au sujet d’Israël et de la gauche. Je suis heureux que le sujet soit abordé de front, et j’espère y trouver de bons arguments en faveur d’Israël. Au contraire, Russell Sitrit-Leibovich me réserve un plaidoyer démagogique, intellectuellement malhonnête et franchement indigne d’un journal universitaire. Après deux articles, je suis prêt à jeter l’éponge.

Gabriel Ellison-Scowcroft
Pourtant, par curiosité (morbide?), je parcours quelques autres rubriques. Et voilà que je suis agréablement surpris: Borja de Arístegui Arroyo y a écrit un article intéressant et nuancé sur les Chrétiens victimes de violence au Moyen-Orient; Jess Weiser y signe un billet sur la tuerie de Tucson pour lequel j’aurais plusieurs objections à formuler, mais qui illustre bien mon malaise quant à la manie des médias de politiser l’acte d’un déséquilibré; Jon McDaniel y a publié un article solide au sujet du classique de Mark Twain, qui s’est récemment vu charcuté sur l’autel de la rectitude politique.

Tout cela pour dire que le Herald a finalement piqué mon intérêt. Un journal conservateur me paraît nécessaire, non pas parce que j’en partage les préceptes, mais précisément parce que je ne les partage pas. La beauté de l’environnement universitaire, c’est justement de confronter des idées les unes avec les autres et de remettre en question les partis-pris que l’on traîne avec soi depuis belle lurette. Lire des articles qui confortent sans cesse ses propres opinions —si avisées soient-elles— est intellectuellement abrutissant.

Le danger d’un journal explicitement associé à un courant politique, par contre, est de se transformer en un simple véhicule idéologique et partisan. Le piège est de procéder à l’envers; amorcer d’abord une réflexion sur des positions idéologiques figées, puis tenter de les justifier coûte que coûte, quitte à donner dans la démagogie et l’hyperbole.

Si le Herald est capable d’éviter ces écueils à l’avenir, s’il est en mesure de proposer des analyses intelligentes et réfléchies, s’il peut s’inspirer de fondements philosophiques solides —et non d’une ligne de parti—, alors je crois qu’il a sa place sur le campus et je serai l’un de ses lecteurs. Cependant, si j’y lis des articles du style «le mariage, c’est entre un homme et une femme parce que la Bible le dit», «Israël est gentil et les Arabes sont méchants» (ou l’inverse, peu importe) et «Les gauchistes extrémistes envahissent le campus», alors j’irai voir ailleurs.

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Qu’est-ce que Wikileaks? https://www.delitfrancais.com/2010/11/02/quest-ce-que-wikileaks/ Wed, 03 Nov 2010 04:58:38 +0000 http://delitfrancais.com/?p=3974 Wikileaks, organisation à but non lucratif, dévoile depuis quelques mois déjà des informations ultra confidentielles sur les missions en Afghanistan et en Irak qui dressent un portrait peu reluisant des différentes armées des pays engagés dans ces missions. En effet, Wikileaks se spécialise dans la publication de fuites d’informations gardées secrètes par divers organismes gouvernementaux ou privés. L’organisation connue à travers le monde garde ses collaborateurs et ses créateurs très secrets; ceux-ci n’ont jamais pu être formellement identifiés. Aujourd’hui, Wikileaks, représenté par l’Australien Julian Assange, est basé sur un réseau important de journalistes, d’informaticiens et d’avocats volontaires.

Le site Internet de Wikileaks a été mis en ligne en janvier 2007 et, depuis ce temps, les autorités internationales n’ont pas pu mettre fin aux publications. Depuis ce temps, et selon l’organisme Wikileaks, «la publication [d’informations] augmente la transparence, et la transparence crée une meilleure société pour tous. Une plus grande vigilance [des médias] mène à moins de corruption et à des démocraties plus fortes.» Certains, comme les État-Majors des pays impliqués dans les fuites de Wikileaks, nous préviennent que cette approche met en péril la sécurité des troupes présentes en Irak et en Afghanistan.

L’organisme Wikileaks met l’accent sur une protection «sans faille» de ses sources pour recueillir des informations de dénonciateurs anonymes. Les informations sont stockées sur des serveurs éparpillés partout dans le monde et principalement en Suède (en raison des lois favorables du pays). L’organisation publie ensuite ces informations sur Internet et en informe les médias traditionnels. Wikileaks s’est surtout fait connaître du grand public cette année avec la mise en ligne d’une vidéo montrant une bavure de l’aviation américaine en Irak, puis avec la publication de 92 000 documents confidentiels de l’armée américaine sur la guerre en Afghanistan. Le 22 octobre, le groupe a également publié près de 400 000 documents classés secrets concernant la guerre en Irak.

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Mc Sleepy et Da Vinci à la rescousse https://www.delitfrancais.com/2010/10/26/mc-sleepy-et-da-vinci-a-la-rescousse/ Tue, 26 Oct 2010 05:34:54 +0000 http://delitfrancais.com/?p=3952 La robotique changera-t-elle l’avenir de la chirurgie? Le 18 octobre dernier, des spécialistes du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont annoncé le succès de la première chirurgie robotisée en anesthésie générale, lors d’une ablation de la prostate à l’Hôpital Général de Montréal.

Il s’agit d’un travail partagé entre le robot McSleepy, un système d’anesthésie automatisé, et DaVinci, un robot chirurgical possédant quatre bras télécommandés. Si l’utilisation de ces machines ne date pas d’hier «McSleepy est utilisé depuis 2008 et DaVinci depuis cet été», c’est leur utilisation simultanée lors d’une opération entièrement robotisée qui constitue une première mondiale.

Assiste-t-on à l’inauguration de robots-médecins capables de nous opérer sans la moindre intervention humaine? À vrai dire, on est assez loin du compte. Michel Rochon, journaliste de Radio-Canada note que les deux robots «nécessitent malgré tout la présence d’une douzaine de personnes». Par ailleurs, DaVinci doit être opéré à distance par un chirurgien expérimenté. «Les robots ne remplaceront pas les médecins», précise de Dr Thomas Hemmerling, anesthésiste au CUSM ayant participé à l’opération, mais leur présence semble de plus en plus indispensable.

Quel intérêt y a-t-il à utiliser ces inventions honéreuses? «Ceci devrait conduire à la pratique d’une chirurgie plus rapide, plus sûre et plus précise pour nos patients», déclare le Dr Armen Aprikian, chirurgien en chef au département d’urologie au CUSM. Il explique que «le robot DaVinci nous permet d’opérer d’un poste de travail tout en maneuvrant délicatement des instruments chirurgicaux manuellement avec une précision qu’un humain seul ne pourrait reproduire». «[McSleepy] nous permet d’administrer une anesthésie d’une plus grande précision […] avec la même qualité de soin à chaque utilisation», ajoute le Dr Hemmerling. «Normalement, les effets secondaires comme l’impuissance ou l’incontinence devraient être plus bas [avec l’utilisation de ces robots]», mentionne le Dr Aprikian, sur les risques associés à une prostatectomie.

Cette nouvelle a donné lieu à des réactions partagées. «C’est un parfait exemple de la façon dont l’homme peut prendre avantage positivement de la technologie. Je suis fière de voir que, en plus, l’opération a eu lieu dans notre pays», déclare une internaute sur le site de Radio-Canada. À l’opposé, certains s’inquiètent des coûts élevés de ces équipements. «Encore un exemple parfait du décalage monstrueux entre les avancées technologiques/scientifiques et l’accès catastrophique aux soins dans la province.

Maintenant on sait où va l’argent dont bénéficiera une infime minorité de la population», s’insurge un autre commentateur.

Les spécialistes du CUSM analysent les résultats de cette opération et prévoient d’étendre l’utilisation de ces robots à une plus grande population et à différents types de chirurgie.

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Le tabou de l’immigration https://www.delitfrancais.com/2010/10/18/le-tabou-de-limmigration/ Tue, 19 Oct 2010 00:00:48 +0000 http://delitfrancais.com/?p=3700 Lors de la dernière consultation québécoise pour la planification des niveaux d’immigration, en 2007, «tout le monde s’est donné le mot pour affirmer que l’immigration était absolument essentielle pour assurer le bien-être économique du Québec et qu’il fallait rehausser les niveaux d’immigration parce qu’on a une société vieillissante et parce qu’on a une pénurie d’emploi dans plusieurs domaines», se rappelle Benoît Dubreuil, chercheur au département de philosophie à l’UQAM. Les statistiques viennent-elles appuyer ces arguments?

Renouvellement de notre population

Certains chercheurs n’hésitent pas à voguer à contre-courant et à exprimer une opinion bien différente de celle qui prévaut dans les élites politiques.

L’immigration permet de freiner le vieillissement de la population qui accable notre économie? «C’est complètement faux», tranche Guillaume Marois, candidat au doctorat en démographie à l’INRS et spécialiste de l’immigration au Québec. «L’immigration n’a à peu près aucun impact sur le vieillissement de la population».

«Le principal impact de l’immigration est d’augmenter la taille de la population, mais la structure par âge de celle-ci n’en est pas significativement modifiée. Ce constat ne fait pas l’objet d’un débat au sein des démographes et il ne s’agit même pas d’opinion: c’est mathématique», soutient-t-il. Il ajoute que «pour avoir un véritable impact sur le vieillissement, dans le cas du Québec, il faudrait environ quadrupler le nombre d’immigrants admis [de 50 000 à 200 000 individus par année, NDLR], ce qui n’est pas un scénario réaliste».

Besoin de travailleurs

L’immigration permet de combler notre besoin de main-d’œuvre qualifiée? Selon M. Marois, «pour être efficace, il faudrait que les immigrants soient qualifiés pour répondre à ces besoins. Or, seulement 9% des immigrants sélectionnés comme travailleurs qualifiés ont une formation dans un domaine privilégié par le Québec.» M. Dubreuil, quant à lui, mentionne un autre élément, «quand on fait venir des immigrants, ça fait augmenter l’offre de main-d’œuvre, mais ça fait aussi augmenter la demande de main-d’œuvre. L’impact sur l’économie va dépendre de la façon dont les immigrants vont performer par rapport au reste de la population.»

Création de richesse

En dépit de ces rectifications, peut-on dire que les immigrants ont un effet positif sur l’économie québécoise? «Les études à ce sujet convergent généralement vers un même résultat: l’immigration n’a pas d’impact significatif sur l’économie. Ni positif, ni négatif», mentionne M. Marois. Il maintient également que «lorsque les politiciens affirment que l’immigration est bonne pour l’économie, ils font des spéculations qui ne reposent sur aucune étude sérieuse».

Un tabou?

Pourquoi existe-t-il un fossé entre le discours de nos élus sur l’immigration et les données démographiques? Selon M. Marois, «le discours officiel est noyé par la rectitude politique […], quiconque proposerait de réduire, voire de seulement maintenir les seuils, risque de se faire traiter de racistes ou xénophobes par ses opposants politiques». M. Dubreuil en rajoute, «il y a un climat empoisonné autour du débat sur l’immigration».

Il semble cependant y avoir consensus quant au fait que l’économie n’est pas la seule façon de justifier l’accueil d’immigrants. «Dans le cas des réfugiés, c’est clair, la justification est humanitaire. On accepte de payer un coût pour ça. […] Même chose pour le regroupement familial, pour des raisons morales, on ne veut pas séparer les familles», mentionne M. Dubreuil. Il rappelle cependant que «dans le cas de l’immigration économique, qui au Québec représente 70% des arrivants, c’est plus sensible».

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