Aldéric Leahy – Le Délit https://www.delitfrancais.com Le seul journal francophone de l'Université McGill Wed, 19 Sep 2018 05:34:29 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.8 Pachyderme cinéphile https://www.delitfrancais.com/2015/12/01/pachyderme-cinephile/ https://www.delitfrancais.com/2015/12/01/pachyderme-cinephile/#respond Tue, 01 Dec 2015 21:05:13 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=24328 Quatre jours de cinéma, trois salles de projection, deux expositions, mais surtout dix-neuf longs-métrages francophones remasterisés pour le grand écran.

C’est ce que le festival Éléphant Classiq avait à proposer, ayant pour mission de diffuser les films francophones qui ont joué un rôle important dans l’histoire du cinéma. Les trois salles de projection situées au cœur de la ville – l’Impérial, la Cinémathèque Québécoise et à la salle Pierre-Bourgault du pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM – ont pu vibrer sous les répliques de Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin et Anna Karina. La première édition du festival Élephant Classiq offrait une gamme d’activités variées pour les cinéphiles de la métropole.

Restauration et diffusion cinématographique

La compagnie de conservation de contenu cinématographique Éléphant a pris en charge le financement de cet événement. Sa mission: restaurer et diffuser les films québécois qui ont forgé l’Histoire et la culture des Canadiens français. Institué en 2008 par Pierre-Karl Péladeau, ancien PDG de Québecor Media, maintenant chef de l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale, le catalogue Éléphant disponible en ligne et sur le petit écran compte désormais plus de 800 films.Pour la soirée d’ouverture de la première édition d’Éléphant Classiq, le festival présentait au Théâtre L’Impérial en première mondiale la version complètement restaurée de «La Folie des Grandeurs», film français culte de Gérard Oury mettant en vedette Louis de Funès et Yves Montand, deux icônes du cinéma français. Des invités de marque étaient présents lors de la projection: Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, Danièle Thompson, fille de Gérard Oury et co-scénariste du film et, enfin, Nicolas Seydoux, propriétaire de Gaumont – la plus ancienne compagnie de production cinématographique, qui fête cette année ses 120 ans d’existence!

Le festival Éléphant Classiq a su faire revivre une série d’œuvres francophones tantôt fortes, touchantes, drôles, captivantes et toutes belles.

De belles découvertes

Parmi les dix-neuf longs-métrages projetés, certains sortaient du lot et l’envie saugrenue de découvrir l’un de ces bijoux audio-visuels vous saisira sans doute.

La Folie des Grandeurs, de 1971, raconte avec beaucoup d’humour l’histoire d’un avare ministre à la cour d’Espagne à la fin du Moyen-Âge, qui se voit déchu de ses fonctions et essaie à tout prix de se venger du roi à l’aide de son ancien valet. Ce dernier ira jusqu’à usurper l’identité d’un noble revenu d’Amérique, afin d’infiltrer le palais royal. Un film qui fera rire grands et petits avec une trame sonore digne de mention, composée par Michel Polnareff.

Entre la Mer et l’Eau Douce, présenté le samedi soir, est une perle rare du cinéma québécois. Michel Brault, réalisateur de la nouvelle vague propose un film authentique à l’interprétation déconcertante par son naturel qui vous entraînera dans l’univers du Montréal enneigé de 1965 avec ses cabarets, ses «diner halls» à l’américaine et les rêves que poursuivent les personnages interprétés par Geneviève Bujold et Claude Gauthier. Le film en noir et blanc fera penser à l’œuvre de Jean-Luc Godard, À Bout de Souffle, par son style et la personnalité de ses protagonistes.

Le Roi et l’Oiseau, projeté dimanche matin, un des deux films d’animation proposé par Éléphant Classiq, est une véritable incursion dans l’imaginaire du grand poète qu’est Jacques Prévert, qui s’inspire des contes du fameux Hans Christian Andersen. Réalisé par Paul Grimault en 1980, ce long-métrage est d’une beauté particulière. Le Roi et l’Oiseau tricote l’histoire rocambolesque d’un roi mégalomane entremêlant divers personnages issus des contes d’Andersen, qui ont bercé l’enfance de beaucoup de personnes à travers le monde. L’œuvre est fine, délicate, empreinte d’un message critique, et elle fait vivre aux spectateurs une aventure poétique unique.

Ne sont pas mentionnés ci-dessus L’homme de Rio avec Jean-Paul Belmondo, ou encore Marius (version de 1931) d’après les écrits de Marcel Pagnol, qui clôturait le festival; il y avait aussi le drame policier Deux Hommes dans la ville mettant en vedette Jean Gabin et Alain Delon, et j’en passe.

Le festival Éléphant Classiq a su faire revivre une série d’œuvres francophones tantôt fortes, touchantes, drôles, captivantes et toutes belles. Pour une première édition, l’organisation d’Éléphant Classiq place la barre assez haute pour l’année prochaine!

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Foire aux «Zines» https://www.delitfrancais.com/2015/11/17/foire-aux-zines/ https://www.delitfrancais.com/2015/11/17/foire-aux-zines/#respond Tue, 17 Nov 2015 16:36:11 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=24130

– «Salut ma belle! Est-ce que je peux te payer un fanzine?»
– «Non merci, c’est correct. Je peux me procurer mes propres fanzines!»

On retrouve ce dialogue extravagant entre un homme à bord d’un vaisseau spatial et une jeune extraterrestre sur l’affiche placardée sur la porte menant au sous-sol de l’Église Saint-Enfant-Jésus du Mile au coin des boulevards Saint-Laurent et Saint-Joseph.

Par ce samedi glacial, premier des deux jours du salon Expozine 2015, on s’engouffre dans un couloir menant à une salle communautaire remplie d’exposants, d’artistes et de centaines de visiteurs.

Ce salon fait la promotion d’artistes et de publieurs indépendants de Montréal. Pendant ces deux jours, le «zine» est à l’honneur. Le fanzine, ou tout simplement zine, est une publication imprimée périodique ou non, institutionnellement indépendante.

Menu éclaté et varié

Attablés sont une centaine d’exposants qui révèlent leurs créations: des affiches, des magazines, des livres et beaucoup de fanzines. Il y a une cafétéria servant de la nourriture à un prix fort abordable, une salle de lecture et d’exposition et des toilettes pour tous «gender neutral». Il y a beaucoup de jeunes et de moins jeunes, plusieurs exposants tiennent des bébés dans leurs bras et on peut rencontrer un grand husky qui visite lui aussi la foire aux fanzines.

Sebastian, du «Swimmer’s Group», publieur indépendant de bande dessinée et d’œuvres d’art raconte comment il a fondé sa maison d’édition.

«Tout d’abord, je ne suis pas un éditeur, je ne censure jamais ce qu’on me soumet. Tout a commencé à Toronto, d’où je viens, mes parents étaient des éditeurs professionnels, ils publiaient surtout des ouvrages académiques. Ce milieu m’a toujours intéressé, mais je n’aimais pas le carcan académique dans lequel mes parents œuvraient. Vers la fin de l’adolescence, j’ai commencé à imprimer et diffuser le travail de certains amis artistes. Je me suis fait un nom et maintenant ce sont les artistes qui viennent me voir. Cela fait maintenant deux ans que je publie à Montréal.»

Sebastian exposait ses fanzines de bande dessinée, certains avec beaucoup de sang et de nudité, mais toujours avec une touche d’humour irrévérencieux. Il annonçait également une série de livres en collaboration avec un artiste qui sera bientôt lancée.

Plusieurs librairies et maisons d’édition étaient présentes comme la librairie du Centre Canadien d’Architecture et Écosociété. Les éditions Écosociété exposaient une grande gamme de livres tels que «L’anthologie du printemps étudiant de 2012», «Le guide d’autodéfense intellectuelle» et des manuels d’initiation à différentes pratiques, comme la permaculture, une technique durable pour faire de l’agriculture à petite et grande échelle.

Salomé Grouard

Fanzines et artistes engagés

La plupart des éditeurs, artistes et artisans choisissent de publier de façon indépendante pour éviter la censure, avoir une liberté artistique accrue ou encore passer un message critique de différents aspects de notre société.

«Sucker Press» exposait son fanzine «Frosh Week volume 1», une critique acrimonieuse des pratiques de bizutage initiatifs des universités à Montréal, mais en particulier celles de l’Université McGill. «Frosh Week volume 1» relate en dessins et en texte l’aventure dégradante de l’initiation d’un jeune étudiant. Il présente des dessins explicitement choquants. «Certains peuvent y voir une bande dessinée à caractère sexuel déplacé, mais souvent la réalité est telle qu’on ne veut pas l’accepter et c’est celle-ci que nous souhaitons dénoncer» explique Gabrielle, contributrice au sein de «Sucker Press». Gabrielle et ses collaborateurs ont quitté Toronto pour Montréal à cause du moindre coût de la vie, mais surtout pour atteindre un public qu’elle décrit comme plus ouvert et plus réceptif.

D’autres artisans ont pour but de rendre la lecture et l’alphabétisation plus accessible via leurs publications. Maxime, libraire à son compte et représentant d’«Écosociété» pour le salon Fanzine, est un de ceux-là. Avec son collègue Michel Vézina, il a fondé une librairie mobile à l’intérieur d’un camion de pompiers. Son prochain projet est de créer un «pub-librairie» afin de faire la promotion de la lecture dans un village des Cantons de l’Est où il n’y a ni bibliothèque ni librairie.

Les artistes présents au salon Expozine sont des publieurs et des artisans ouverts et passionnés qui œuvrent de façon indépendante et prouvent tous les jours que la presse libre montréalaise existe à travers chacune de leurs publications. Définitivement, le milieu du fanzine montréalais est un milieu dynamique et éclaté et vaut la peine d’être découvert!

 

]]> https://www.delitfrancais.com/2015/11/17/foire-aux-zines/feed/ 0 Semaine de grève dans les écoles https://www.delitfrancais.com/2015/11/03/greve-dans-les-ecoles/ https://www.delitfrancais.com/2015/11/03/greve-dans-les-ecoles/#respond Tue, 03 Nov 2015 16:32:23 +0000 http://www.delitfrancais.com/?p=23855 Le gouvernement libéral du Québec a promis lors des élections provinciales de 2014 d’atteindre l’équilibre budgétaire au cours de l’année 2015-2016. Pour ce faire, plusieurs coupures budgetaires dans la sphère de la fonction publique ont été entreprises. Ces coupures concernent notamment les policiers, les pompiers, les employés du secteur de la santé, les enseignants, et le personnel de soutien dans les écoles. Mardi dernier, 125 000 des 415 000 employés représentés par le Front commun de la santé, de l’éducation et de la fonction publique étaient en grève à travers la province. Les employés de la fonction publique manifestent contre les nouvelles réglementations que veut imposer le gouvernement québécois.

Heures supplémentaires

Mercredi dernier, sur la rue Université, à l’entrée de l’école FACE, en face de l’entrée du pavillon Adams de l’université McGill, malgré la pluie et le vent, les quelque 60 enseignants de la partie francophone de l’école étaient en grève légale non payée pour la journée. L’école FACE fait partie de L’Alliance des professeurs et des professeures de Montréal qui est représentée à la table des négociations avec le gouvernement du Québec pour une nouvelle convention collective des employés du secteur de l’éducation.

Le gouvernement veut augmenter la durée de la semaine de travail des enseignants de 32 à 35 heures sans toutefois aucune augmentation salariale à l’horizon. En effet, les salaires seraient gelés pour les trois prochaines années (et non pas indexés sur l’inflation) et une augmentation de 3% des salaires des enseignants ne serait prévue que pour la quatrième et la cinquième année. Pour l’instant, cette proposition a été mise de côté par le gouvernement à cause de la grogne qu’elle a occasionnée, nous dit Paul, représentant syndical de l’école. Toutefois, les projets du gouvernement inquiètent: coupures dans l’aide spécialisée (élèves autistes, élèves sourds et muets, etc.), élimination de certains postes, telles que l’aide psychologique pour les élèves, mais aussi pour les enseignants.

Luce Engérant

Enseignants: pas contents

D’après Amélie Lapointe, enseignante à la maternelle, l’enjeu névralgique des négociations est la question de l’élimination des quotas et de l’augmentation du nombre d’élèves par classe: «le gouvernement veut éliminer les quotas dans les classes. Normalement les classes avec un enfant avec des difficultés sont prises en considération et ces classes comptent un moins grand nombre d’élèves. Par exemple, si une classe de maternelle a normalement 20 élèves, une même classe avec un enfant autiste en aurait 16 ou 17, afin que l’enseignant puisse être plus disponible pour cet enfant qui pourrait avoir des difficultés d’apprentissage.» L’enseignante s’inquiète à  l’idée que cette réforme éventuelle fasse des élèves avec des difficultés d’apprentissage des laissés pour compte tout en augmentant la charge de travail des enseignants.

Julie Adam, également enseignante, se soucie du manque de reconnaissance du corps enseignant au sein de la société. «J’entends souvent dire que les enseignants ont de très bonnes conditions de travail pour une charge de travail minime. Pourtant, les enseignants n’arrêtent pas de travailler au son de la cloche, nous devons corriger les travaux scolaires, préparer les cours, organiser les activités parascolaires, etc. Ces heures supplémentaires ne sont ni comptées ni rémunérées.»

Les élèves de l’école FACE auront donc manqué deux jours d’école durant cette semaine de manifestations et de piquets de grève. Si le gouvernement et les associations syndicales n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente pour le renouvellement de leurs conventions collectives, certains regroupements d’enseignants pourraient tomber en grève illimitée en décembre.

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