Le Délit Le seul journal francophone de l'Université McGill 2012-02-03T14:23:50Z http://www.delitfrancais.com/feed/atom/ WordPress Actualites <![CDATA[Les étudiants de sciences humaines de l’UQÀM s’ajoutent aux 14 200 étudiants de la CLASSE déjà en grève]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10871 2012-02-03T14:23:50Z 2012-02-03T01:30:49Z La salle Marie Gérin-Lajoie de l’UQÀM, capable d’accueillir 750 personnes, était pleine. Elle était tellement pleine que les organisateurs ont dû réserver une deuxième salle afin de contenir les deux cent cinquante autres étudiants qui participaient à l’Assemblée générale de l’Association facultaire des étudiants de Sciences humaines (AFESH). L’AFESH regroupe les étudiants des associations de géographie, d’histoire, de linguistique, de philosophie, de psychologie, de sciences religieuses, de sexologie, de sociologie et de travail social.

L’Assemblée générale (AG) a commencé vers 12h30 et a duré jusqu’à 13h30, jusqu’au vote de levée de cours, obtenu à l’unanimité, pour l’ensemble des étudiants représentés par l’Association. L’AG a repris lorsque l’annonce de la levée complète des cours a été confirmée.

Le conseil exécutif de l’AFESH a présenté la position de la grève générale illimitée avec les arguments traditionnels : injustifiée, inéquitable, immorale. François Desrochers, exécutant de l’AFESH, a prévenu l’assemblée que si la hausse n’est pas bloquée, le mouvement étudiant mourra à cause du changement de garde dans les associations; il a appelé à la montée aux barricades sans tarder. La grève est donc, pour l’exécutant, un ultimatum pour le gouvernement.

Les interventions abondaient pratiquement toutes dans le même sens : « Le capitalisme est en crise et la marchandisation de l’éducation est un moyen pour relancer le capitalisme » et « il s’agit d’une lutte étudiante contre le patronat. »

Cependant, le débat n’a pas pris la tournure que plusieurs intervenants souhaitaient. En effet, une doctorante en sociologie a demandé des explications sur les tenants et aboutissants du mouvement après le déclenchement de la grève générale illimitée à savoir quels seront les actions et les événements organisés; les rencontres de négociations et les autres activités pour aider les étudiants. De plus, elle a souhaité « ne pas se faire fourrer par la FEUQ et la FECQ comme la dernière fois. Faisant référence à la « trahison » de la FEUQ et la FECQ à l’ASSÉ en 2005. Aucune réponse n’est venue de l’exécutif qui préférait voter la grève pour « discuter de ça après le vote. » Du même souffle, le même François Desrochers a enjoint les étudiants à être solidaire pour initier une nouvelle Révolution tranquille.

Par la suite, une jeune femme du programme de géographie s’est prononcée contre la grève et a subit les conséquences de son geste. En effet, plusieurs intervenants ont profité de leur intervention pour lancer des flèches à son intervention. Les partisans du « contre » n’étaient pas bienvenus. Le débat a pris une tangente particulière lorsqu’une femme a demandé aux gens contre la grève de se manifester au micro pour détruire leurs arguments. Un homme a lancé des flèches aux étudiants de sexologie pour leur continuel refus de la grève. Une étudiante en sexologie a répliqué qu’elle voulait d’entendre de vrais arguments pour la grève au lieu de « chialer sur le gouvernement Charest. » D’ailleurs, la dernière intervention proposait que le mouvement étudiant talonne le gouvernement dans ses bureaux et bloque ses institutions.

Bref, la grève générale illimitée a été adoptée par 80% des étudiants présents (727 pour, 182 contre, 22 abstention).  De ce fait, dès le plancher atteint de 20 000 étudiants répartis dans 7 associations sur 3 campus différents, tous les étudiants représentés par l’AFESH seront en grève générale illimitée. L’AFESH s’attend à ce que ce plancher soit atteint au plus tard le 20 février prochain.

 

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Actualites <![CDATA[« Don’t fuck with notre éducation »]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10869 2012-02-03T14:23:34Z 2012-02-02T17:59:58Z Dès 11 heures ce matin, autant des étudiants de Concordia, de l’UQAM, de l’UdeM que de McGill se sont donnés rendez-vous au pavillon Hall de l’université Concordia afin de manifester contre la hausse des frais de scolarité. Des banderoles indiquant « L’éducation n’est pas une marchandise », « Education is a right » et « Grève générale » étaient monnaie courante.

Le discours porté par les participants reflétait une rhétorique anticapitaliste. « La lutte étudiante, c’est aussi la lutte des classes », avançait une étudiante en sociologie de l’UQAM. Parmi les nombreux tracts distribués, un en particulier clamait que « Le capitalisme n’est pas en crise ; le capitalisme, c’est la crise ». Ainsi, la manifestation mettait davantage l’accent sur les faille du système capitaliste que sur la hausse des frais de scolarité.

Peu après midi, les manifestants ont marché sur le campus de McGill, faisant irruption dans la bibliothèque McLennan. Alors que les étudiants à l’intérieur demeuraient impassibles, les travailleurs de MUNACA applaudissaient et encourageaient ces derniers : « Keep on going guys, this is the same fight » a même scandé un employé de la bibliothèque. La foule s’est ensuite déplacée dans le bâtiment de l’AÉUM afin de continuer à propager leur message.

Jim Nicell, vice-principal (University Services), a envoyé à midi un courriel  pour prévenir qu’un groupe d’environ 100 étudiants se dirigeaient vers le campus de McGill et précisait: « la manifestation est pacifique ».

La manifestation survient alors que plusieurs associations étudiantes sont en processus pour voter en faveur d’une grève générale. La manifestation poursuit son chemin vers l’UQAM.

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Victor Silvestrin-Racine http://www.delitfrancais.com <![CDATA[L’internationale et la paisible : journée à Shenzhen]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10705 2012-01-31T15:15:21Z 2012-01-31T15:07:57Z Victor Silvestrin-Racine | Le Délit

À environ 30 minutes de train de banlieue de la ville de Hong Kong, la douane chinoise semble probablement aussi épeurante que celle des États-Unis, mais une fois franchie (malgré quelques incompréhensions sur une question de visa avec la douanière et un ami français contraint de retourner à Hong Kong puisque détenant un passeport français), peu de villes ne laissent aussi perplexe.  Je m’explique. Près de 3,6 millions de personnes habitent la ville et celle-ci a connu dans les dernières années un développement phénoménal grâce aux investissements massifs dans les usines de la région. C’est d’ailleurs dans cette région qu’est fabriquée la grande majorité des produits «made in China». Elle est donc une plateforme majeure de l’économie mondiale et des échanges commerciaux. De plus, grâce à sa proximité avec Hong Kong, elle suit le développement de cette dernière et fait figure de porte de sortie pour les produits chinois à l’exportation ou porte d’entrée pour les produits mondiaux à l’importation.

Victor Silvestrin-Racine | Le Délit
Cette position est favorable aux échanges internationaux et donc des gens de partout viennent y investir ou y faire des affaires. De plus, lorsque l’on visite la ville, on doit s’arrêter à Window of the World, parc d’attraction qui regroupe les principaux monuments mondiaux dans quelques centaines de mètres carrés, on peut donc y prendre un café devant la Tour Eiffel, à côté du Taj Mahal ou de la Maison Blanche. Ce parc donne donc la chance aux habitants de la ville de voyager un peu, moyennant 140 yuans (22 dollars CAN) et donne une impression d’ouverture au monde à ses visiteurs. Mais lorsque l’on s’y promène, c’est une ville des plus tranquille et des plus paisible dans laquelle des avenues d’au moins six voies se promènent entre les immeubles immenses et les gratte-ciels.

Seul problème: où sont les trois millions d’habitants de la ville? Shenzhen est tellement étendue qu’elle laisse l’image d’une ville fantôme. Dans certains quartiers à grands immeubles, on peut s’y promener pendant plusieurs minutes sans rencontrer âme qui vive. Les arbres sur les trottoirs étouffent le bruit ce qui rend la ville véritablement paisible et tranquille (ennuyante?). Ceux qui ont déjà écouté des films qui se passent en URSS ou en Allemagne de l’est peuvent avoir l’image de ces rues grandissimes, mais où rien ne semble jamais arriver…

Lorsque le touriste a le sentiment d’être le seul à fouler le sol de la ville, c’est peut-être là, la différence entre une ville dortoir et une ville vivante et plaisante à vivre. Les villes parfaites et calmes sont nettement plus ennuyantes et, malgré ce qu’on peut reprocher à certaines cités au sujet de la propreté ou de la vie de quartier (hmm hmm Montréal), les villes comme Shenzhen doivent faire un effort pour non seulement s’internationaliser, mais donner aussi une véritable qualité de vie à ses citoyens, pas seulement la possibilité de magasiner et de se promener en voiture.

Victor Silvestrin-Racine | Le Délit
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Actualites <![CDATA[Rapport de police sur 10 nov publié]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10719 2012-01-31T15:05:32Z 2012-01-31T15:05:32Z Pour compléter leur enquête, les étudiants en charge de l’enquête étudiante indépendante sur les événements du 10 novembre 2011 ont fait une demande d’accès à l’information auprès du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Sur les cinq demandes, deux ont été refusée et le rapport de police (voir ci-dessous) a été censuré pour ne pas divulguer les armes utilisées par les policiers pour disperser la foule.

Christopher Bangs, de l’enquête indépendante étudiante, a fait remarquer que l’utilisation de gaz lacrymogènes a été confirmée, contrairement à ce que le Doyen Jutras disait dans un courriel à Bangs: « Je n’ai trouvé aucune évidence de l’utilisation de gaz lacrymogène, excepté la mention de la bombe à irritants chimiques, que j’ai mentionné dans mon rapport. » L’utilisation de gaz lacrymogènes est confirmé par l’utilisation de l’appellation « CS » en pages 6 et 8 du rapport.

Il y a une mention en page sept d’utilisation de « bâton« , mais pour le reste, toutes les armes utilisées ont été remplacées par des blancs dans le rapport (voir pages 2, 3, 7). Même chose pour le poivre de cayenne, il n’est pas spécifié que la police a eu recours à son utilisation étant donné que toutes les mentions de « jet de » sont suivies d’un blanc.

Un autre fait intéressant, le rapport mentionne la présence du groupe Black Bloc, nom ne faisant pas référence à un groupe particulier, mais plutôt à une frange anarchiste qui a pour tactique de semer la zizanie dans les manifestations de toute sorte (page 6).

Christopher Bangs dit ne pas avoir retenu d’écart particulier avec les récits des étudiants qui ont témoignés pour l’enquête:

In terms of what matched up with our report, we are still finalizing it. But I think I can say that we haven’t heard any of our respondents mention trying to take police officers’ shields. Nothing striking stood out as contrary to anything people said, though.

Le rapport focus sur le fait qu’un étudiant aurait essayé d’empoigner le bouclier d’un des policier pour justifier plusieurs méthodes de défense violentes (page 2, 3, 6, 7).

Les deux demandes qui ont été refusées par la SPVM (les raisons données étant qu’ils ne peuvent divulguer les appels à l’aide faits à la police):
 » Compte rendu écrit ou audio des appels 911 en provenance de l’Université de McGill ou ayant comme objet la manifestation et l’occupation du bâtiment d’administration James du 10 novembre 2011

Compte rendu écrit ou enregistrement audio des communications entre membres de la police concernant les événements qui ont eu lieu sur le campus de McGill ou entre les rues le 10 novembre 2011″

Le rapport, en pdf, avec les passages importants surlignés:

Rapport de police – 10 nov

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Anabel Cossette Civitella <![CDATA[En liberté provisoire]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10842 2012-01-31T15:03:48Z 2012-01-31T15:01:55Z Le 27 janvier, les étudiants membres de la CLASSE bloquaient les bureaux du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport pour protester contre la hausse des frais de scolarité. Leur requête, la gratuité scolaire. Le 18 janvier,  Wikipédia usait de moyens de pression pour protester contre l’initiative de Stop Online Privacy Act et le Protect IP Act. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la liberté qui perd des plumes.

Matthieu Santerre | Le Délit
Notre ami Wiki
Pour plusieurs, Wikipédia qui ferme ses vannes d’information gratuite signifie une soirée de travail un tantinet plus élaborée. Pour d’autres, les plus philosophes, ne pas avoir accès à la plus grande bibliothèque au monde signifie la capitulation de la liberté d’expression au profit d’un monde dominé par les idéaux néolibéraux.

Le néolibéralisme se traduit par une recherche insatiable de profit pour le bien personnel. Le SOPA et le PIPA sont supposés empêcher le piratage des idées mais sont en fait un exemple de protection, à l’extrême, de l’idée de propriété privée. Un idéal qui entre en plein dans la ligne de mire des projets de loi proposés par le congrès.

Pourtant, à la base, les droits de propriété intellectuelle sont un moyen d’encourager la création en protégeant les auteurs, compositeurs et autres types de créateurs. Dans leur sens le plus définitif, les droits de propriété empêchent quiconque veut emprunter un élément d’une création qui ne lui appartient pas de s’en servir pour s’inspirer.

Des poursuites intentées par des grosses maisons de production comme Walt Disney contre de petits producteurs qui auraient emprunté le personnage de Blanche-Neige sont l’exemple d’un déséquilibre dans la protection des libertés individuelles.

Gratuité dangereuse
En parlant de hausse, parlons de gratuité. Le Délit révise l’étude sur la hausse des frais de scolarité faite par l’Institut de recherche en économie cette semaine. Après la manifestation devant les bureaux du ministère de l’éducation cette semaine, il semble clair que ni l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (l’ASSÉ) ni sa sous faction, la CLASSE, ne se laisseront marcher sur les pieds.

Cela dit, la gratuité scolaire n’apporterait pas que du bon. Selon l’IRÉC, le coût de la gratuité scolaire est évalué entre 176 et 405 millions de dollars. Par contre, ces chiffres ne prennent pas en compte l’augmentation du nombre d’inscriptions à l’université, une augmentation à prévoir car la gratuité scolaire attirera certainement plus d’effectifs sur les bancs de l’école. Ce manque à gagner, il va bien sûr falloir le combler. Deux choix: le gouvernement ou les entreprises privées paient.

Le secteur privé à l’université, on le voit déjà au sein des unités de recherche. Par contre, une université uniquement subventionnée par des compagnies signifie nécessairement une perte d’indépendance de la dite institution. Par exemple, une compagnie pharmaceutique qui paie pour les installations des étudiants en pharmacie s’assure une main d’œuvre plus tard. Finie la recherche sur les réels bienfaits d’un médicament vendu hors de prix, finie l’université maîtresse de son propre savoir.
 
Au Soudan, pendant ce temps
Le Soudan est considéré comme «l’un des dix pires pays pour la liberté de la presse». En effet, selon la BBC, l’État influence ce qui est publié. Suite à l’indépendance du Soudan du Sud, les «régulateurs de la presse» ont même fermé six journaux partiellement tenus par des citoyens sud-soudanais.

Le corps d’investigation du Soudan revoit les contenus qui «transgressent la moralité et l’éthique publique, et menacent l’ordre.»

Maintenant, à McGill
C’est l’occasion d’exercer votre droit de vote, de participer à la démocratie sur le campus. Que vous soyez pour ou contre les motions présentées,  vous ne pouvez être contre le fait de pouvoir vous exprimer. Librement.

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Anthony Lecossois <![CDATA[Nouvelle alerte]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10748 2012-01-31T14:57:22Z 2012-01-31T14:54:58Z La direction de McGill vient d’annoncer le déploiement d’un nouveau système d’alerte pour prévenir étudiants, professeurs et employés lors de situations d’urgence. Le logiciel, que tous les membres de la communauté sont invités à télécharger et installer, affiche un message sur leur ordinateur personnel en cas de nécessité.
Gracieuseté Alertus Technologies
Le courriel annonçant la mise en place de ce nouveau système présentait la mesure comme l’application d’une des recommandations du rapport Jutras. Suite aux événements du 10 novembre qui avaient vu la venue sur le campus de la police anti-émeutes, le doyen de la faculté de droit avait préconisé la révision des dispositifs d’alerte.
Après le 10 novembre, l’université avait été critiquée pour ne pas avoir fait usage du système existant,  «Attention McGill», qui permet l’envoi de notifications par SMS. Selon le rapport Jutras, il n’avait pas été activé par crainte que «beaucoup plus de manifestants, dont certains étrangers à la communauté McGill qui auraient pu avoir été enclins à faire usage de la violence, soient venus sur le campus.»  Le rapport Jutras souhaitait alors la possibilité de mettre en place un système qui puisse joindre les individus dépendemment de leur localisation sur le campus.
 
Mais le nouveau système ne règle pas le problème survenu le 10 novembre. Il ajoute un nouveau moyen, somme toute similaire, de joindre étudiants, professeurs et employés. Louise Savard, directrice des services de sûreté à McGill explique qu’il «n’y a pas qu’une façon de joindre les membres de la communauté, nous utiliserons les deux systèmes simultanément.» Sur les 45 000 individus que compte l’université, 10 809 sont inscrits à Attention McGill. L’université entend toucher davantage d’individus avec Alertus.
 
Toute l’efficacité de ce dispositif repose donc sur la décision de l’individu qui l’activera ou non. L’«incident commander» sera  juge de la nécessité de faire usage du système ou non. De qui s’agit-il? Louise Savard explique qu’il s’agit de «détails techniques». «Vous n’avez pas à vous inquiéter, la situation sera bien évaluée.»
 
«L’université ne dispose pas pour l’instant des moyens techniques permettant de cibler des groupes en particulier. […] On fait des recherches pour toujours nous améliorer» rassure la directrice des services de sécurité.
 
Jason Volk, PDG de Alertus, explique que le système de notifications qu’il commercialise permet en fait de cibler des utilisateurs en particuliers, notamment suivant si ils sont présents sur le campus ou non.
 
Les balises d’urgence, un autre produit proposé par la société américaine basée dans la banlieue de Washington, permettent de prévenir les individus se trouvant à proximité. «Lorsqu’elles sont activées, nos balises clignotent et émettent une alarme sonore. Leur écran diffuse un message décrivant la situation» (voir photo ci-dessus).
 
Si le système de notifications sur ordinateur est offert à titre gratuit aux universités par Alertus Technologies, les balises, qui permettraient de suivre la recommandation du doyen Jutras, auraient un coût conséquent.
 
Pour couvrir les quelques 140 bâtiments que comptent les deux campus, le déploiement du dispositif pourrait revenir, selon nos estimations, à plusieurs centaines de milliers de dollars.
 
«Nous avons pensé à ce système, mais pour l’instant nous avons décidé de ne pas le déployer.»
 
Dans un courriel à la communauté, Michael Di Grappa, principal adjoint (finance et administration), prévenait lundi de la «très faible possibilité d’une certaine agitation sur le campus». En effet, des manifestants étudiants sont attendus ce mardi 31 janvier, notamment aux abords de la réunion du Board of Governors.
 
Louise Savard se veut rassurante, «si une situation similaire au 10 novembre survenait, le système serait activé.»
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Anabel Cossette Civitella <![CDATA[L’AÉUM se penche sur les témoignages]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10834 2012-01-31T14:51:05Z 2012-01-31T14:50:37Z Depuis le 10 janvier 2012, par la voix de Todd Plummer, vice-président aux affaires internes à l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM), les étudiants blessés par le corps policier lors des événements advenus dans la soirée du 10 novembre 2011 sont invités à partager leur témoignage. Le but: amorcer des procédures légales pour punir les abus survenus.

Sur le site de l’association étudiante, les plaignants qui sont d’accord pour exposer publiquement leur requête peuvent le faire en remplissant un formulaire. Ils doivent donner des informations personnelles qui seront éventuellement rendues publiques, présenter les détails de leur soirée, puis indiquer les témoins prêts à corroborer leurs dires.

Emily Yee Clare et Joël Pedneault sont tout deux en charge du dossier. «Il nous semblait important de faire quelque chose qui nous est propre, de ne pas simplement répéter les dires des autres» explique Emily Yee Clare. L’administration de McGill ayant produit son rapport, l’AÉUM ne voulait pas être en reste et a décidé, en décembre, d’entamer des procédures légales pour aider les gens qui avaient été blessés lors de cette soirée.

Joël Pedneault, vice-président aux affaires externes et Emily Yee Clare, vice-présidente aux affaires universitaires ont attendu que le rapport Jutras soit publié et que les «choses soient prises en main» avant de démarrer un quelconque processus. Maintenant que les procédures sont en cours, ils divulguent peu d’information. «Comme nous recueillons des témoignages sur divers fronts, il nous est impossible d’évaluer le nombre de requêtes uniquement pour le formulaire en ligne», commente Emily Yee Clare. Ils sont en discussion avec le Student Inquiry et attendent les conseils d’experts légaux avant de se prononcer sur les différents cas.

Ce qui est sûr c’est que les options possibles pour les plaignants seraient un recours collectif ou une poursuite personnelle. Au civil, le recours collectif est un processus légal très fréquent. Sans nécessairement donner plus de poids aux plaignants devant la cour, il permet de réduire les frais des demandeurs qui se regroupent pour payer les honoraires des avocats. Le recours collectif est habituellement utilisé par des consommateurs pour attaquer une compagnie.

Le recours collectif aurait comme conséquence pour les étudiants blessés de recevoir une indemnisation monétaire pour préjudices corporels. S’il y a effectivement eu des blessures, alors les policiers, ou plutôt leur employeur (la Ville de Montréal), devront payer.

Selon le Code de procédure civile du Québec, «un membre ne peut exercer le recours collectif qu’avec l’autorisation préalable du tribunal, obtenue sur requête». L’AÉUM étant en ce moment assez avare de détails, il est probable que le recours soit en voie d’être révisé par les autorités.

Toujours d’après le Code de procédure civile du Québec, si le recours collectif échoue, tous les membres liés par la requête échouent par la même occasion et ne pourront pas intenter de procès individuel.

Du côté des étudiants des cycles supérieurs, la Post-Graduate Student’s Society (PGSS) de McGill ne rapporte pas de témoins ou de membres affectés par les événements du 10 novembre. La question de recueillir des témoignages, comme le fait l’AÉUM, n’a pas été soulevée. La PGSS a néanmoins fait part de ses inquiétudes et opinions à l’administration lors d’instances officielles.

La PGSS prend d’ailleurs part à d’autres initiatives qui revoient les détails qui n’auraient pas été examinés par le rapport Jutras en décembre dernier. Ainsi, la PGSS continuera de «travailler en collaboration avec le reste de la communauté mcgilloise pour faire en sorte que le campus soit un endroit sécuritaire dans lequel les étudiants peuvent exprimer de façon pacifique leurs opinions.»

L’AÉUM continue de récolter des témoignages pour une durée déterminée, mais non communiquée. L’embauche d’un étudiant en charge uniquement de cette fonction sera discutée lors de la prochaine rencontre exécutive.

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Samuel Sigere http://www.delitfrancais.com <![CDATA[La hausse démêlée]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10820 2012-01-31T18:09:47Z 2012-01-31T14:48:20Z La semaine dernière, l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) a présenté son rapport sur la hausse des droits de scolarité et ses impacts sur le financement universitaire et le programme d’Aide financière aux études. Mandaté par la Confédération des associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), l’IRÉC dresse dans son rapport un portrait qui se veut réaliste des conséquences de la hausse des frais de scolarité.

Graphique: IRÉC
Selon le rapport, comme attendu, au terme de la hausse en 2016-2017 ce serait près de 265 millions de dollars que les universités recevraient en plus. Ces revenus viendront d’une augmentation de près de 75% du prix d’une année scolaire de trente crédits pour un étudiant à temps plein par rapport à 2012. La part des droits de scolarité dans les budgets des universités serait ainsi amenée à augmenter,  les frais de scolarité ne représentant que 21% du budget de fonctionnement d’une université. McGill, contrairement aux universités qui dépendent des frais de scolarité, tire près de 32% de l’ensemble de ses revenus actuels de placements, donations, subventions gouvernementales et ventes externes. Au terme de la hausse, le montant total annuel payé par les étudiants québécois au système universitaires augmentera de façon importante, passant de 268 millions de dollars en 2006-2007 à 665 millions de dollars en 2016-2017 et cela malgré un e baisse du nombre d’étudiants à compter de 2015.

Graphique: IRÉC
Selon les prédictions du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, la population étudiante universitaire à temps plein connaîtra une augmentation croissante jusqu’en 2015 avant de diminuer. Cependant les chiffres du gouvernement, utilisés pour créer le cadre financier du Plan de financement des universités équitable et équilibré, ne prennent pas en compte la hausse des frais de scolarité. Or, des études récentes ont démontré qu’il existe une corrélation négative entre une hausse des frais et la décision d’entreprendre des études; ainsi pour une augmentation de 1 000 dollars, il y a une baisse de 2% des inscriptions universitaires. En considérant cette donnée et le cas québécois, soit une hausse de 1 625 dollars, l’étude constate qu’il y a une surestimation de la baisse des effectifs de la part du gouvernement, écart pouvant aller jusqu’à 5 000 étudiants certaines années.

Graphique: IRÉC
L’Aide financière aux études sera aussi affectée par la hausse puisque 35% des revenus supplémentaires générés iront au financement de nouvelles bourses. En 2008-2009, 51% des étudiants bénéficiaires de l’Aide étaient aux études universitaires. Ces quatre dernières années, le nombre d’étudiants aux études supérieures ayant besoin d’aide est resté stable à 70 000, soit environ 38,5% de la population d’étudiants. La hausse des frais de scolarité et les modifications apportées à l’Aide entraineront une augmentation de 10% des bénéficiaires de prêts et de bourses, ainsi qu’une hausse du coût d’administration, non planifiées dans le plan du gouvernement. Combiné au crédit d’impôt sur les frais de scolarité, l’IRÉC établit le coût réel du programme entre 175 millions de dollars et 192 millions de dollars, ce qui est loin des 150 millions de dollars estimés par gouvernement.

Devant de tels chiffres, on pourrait se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Une hausse des frais de scolarité est-elle vraiment la réponse au sous-financement des universités quand on considère qu’elle entraîne une diminution des effectifs universitaires, et une augmentation de l’endettement étudiant? Mais la gratuité scolaire est-elle une solution ?

Graphique: IRÉC
Dans le cadre de son mandat, l’IRÉC estime que suivant l’abolition des droits de scolarité et de retour d’impôt de 20%, le manque à gagner pour les universités serait entre 176 millions de dollars et 405 millions de dollars. De plus, la gratuité scolaire entraînerait une augmentation des effectifs universitaires entre 7% et 12%, ce qui impliquerait des coûts supplémentaires pour les universités. Il n’est toutefois pas évident de prédire quelle serait la façon optimale de financer le système universitaire sans réelles études sur les besoins financiers des universités.

Entrevue avec Oscar Calderon, l’un des auteurs du rapport, disponible ici.

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Emma Ailinn Hautecoeur <![CDATA[La santé au plus offrant]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10731 2012-01-31T14:40:33Z 2012-01-31T14:40:33Z Alors que l’Europe tente de résoudre la crise de la dette, Stephen Harper doit présenter sa vision de l’économie canadienne au Forum économique mondial à Davos, cette semaine. Un de ses principaux objectifs sera de faire la promotion de l’accord de libre-échange avec son partenaire outre-Atlantique  auprès de son «auditoire» canadien. Ottawa est dans la dernière ligne droite des négociations sur l’Accord économique et commercial global (AÉCG) Canada-UE, un processus marqué par son opacité. À moins que l’opinion publique ne se fasse entendre pour exiger un véritable débat de société, on peut s’attendre à la signature du traité d’ici quelques mois.

Matthieu Santerre | Le Délit

Pourtant, l’AÉCG inquiète. Nombre d’organisations civiles l’ont condamné; certaines municipalités ont même envisagé une exemption, de peur d’assister à une arrivée massive des multinationales européennes. Mais surtout, l’AÉCG touche une corde depuis toujours sensible pour les provinces canadiennes, à savoir, la santé publique. Les changements demandés par l’UE en matière de propriété intellectuelle pourraient grandement affecter le coût des régimes d’assurance médicaments.

Perte de vitesse pour les génériques

Le gouvernement du Québec a confirmé, en date de l’écriture de cet article, que «l’UE demande, en effet, une harmonisation du régime canadien de brevet avec le sien, une prolongation de la durée de la période d’exclusivité d’utilisation des données des entreprises pharmaceutiques innovatrices et l’octroi d’un droit d’appel équitable pour ces dernières». En somme, ces propositions signifient que l’exclusivité commerciale des brevets pharmaceutiques de marque serait prolongée de trois ans et demi en moyenne, selon un rapport publié par l’Association canadienne du médicament générique (ACMG), en février 2011.

Le Canada pourrait voir le coût de sa facture «médicaments» augmenter de 2,8 milliards de dollars annuellement, soit, pour le Québec, une augmentation de 785 millions par année, toujours selon le lobby du médicament générique. Cependant, le gouvernement note que «l’étude de l’ACMG ne fait qu’évaluer les coûts possibles d’une extension des brevets, sans considérer l’apport des entreprises pharmaceutiques innovatrices à l’économie québécoise». Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D) vont jusqu’à dire que «l’industrie des médicaments génériques traîne une longue histoire d’exagération avec elle», tout en reconnaissant le fait que «le contenu final de l’entente est inconnu».

Cela fait près d’un an que les exigences européennes ont filtré de la table des négociations et il semblerait que, sur ce point, les discussions n’aient pas progressé. Daniel Charron, directeur de l’ACMG au Québec, pense que «c’est un élément qui sera négocié à la toute fin». Selon lui, rien n’est finalisé à l’heure actuelle.

Intérêts pharmaceutiques

Le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) s’inquiète lui aussi des répercussions de la «modernisation» du régime canadien de propriété intellectuelle sur l’accès aux génériques. Dans un argumentaire publié en mars 2011, le réseau soutient que «dans le cadre de l’AÉCG, les lobbies pharmaceutiques font pression pour obtenir une prolongation de la période d’exclusivité des médicaments».

Le Canada représenterait un énorme marché pour l’industrie pharmaceutique européenne. Selon monsieur Charron, celle-ci profiterait grandement de l’AÉCG. Le porte-parole avance que les compagnies pharmaceutiques sont un important lobby en Europe et que «les associations filiales au Canada, leur relayeur, ont travaillé très fort». Le lobby pharmaceutique et le gouvernement québécois misent tous deux sur la modernisation du régime de propriété intellectuelle pour stimuler la recherche et le développement des médicaments novateurs et attirer les investisseurs. «L’Histoire démontre que toutes les fois que notre propriété intellectuelle au Canada a été améliorée, cela a apporté des investissements» affirme Rx&D.

L’argumentaire de la RQIC rappelle également que Clément Gignac, alors ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) en 2010, soutenait l’expansion de l’industrie biopharmaceutique de marque au Québec, et demandait le soutien du ministre du Commerce international pour la prolongation des brevets pharmaceutiques. Selon Claude Vaillancourt, porte-parole du RQIC et co-président d’ATTAC-Québec, «la position du gouvernement québécois n’a pas changé».

Le Québec est déjà bon dernier quant à la part des médicaments génériques sur le total des médicaments prescrits. Cependant, le MDEIE soutient dans un courriel que «le Québec a l’intention de continuer à offrir à sa population un accès universel aux médicaments, brevetés ou génériques, par le biais de son régime public d’assurance médicaments, encadré par la Loi sur l’assurance médicaments et ce quel que soit le résultat des discussions avec l’UE».

Les services publics de santé privatisés?

Un autre chapitre de l’Accord de libre-échange a alerté le réseau d’organisations sociales ainsi que son partenaire national, le Trade Justice Network et d’autres organismes comme le Conseil des Canadiens. Il s’agit du chapitre sur les services publics que les gouvernements du Québec et du Canada offrent de livrer au libre-échange, ce qui pourrait potentiellement mener à la privatisation de certains de ces services.

Depuis que circulent des documents révélant la liste des services publics exemptés de l’Accord, il est possible que les pressions civiles s’intensifient pour forcer le gouvernement fédéral à tenir un débat public avant de clore les négociations. C’est en tout cas ce que demandent les organisations impliquées.

Les propositions (faites en juillet dernier par le Québec et les autres provinces) n’ayant pas été divulguées, il est impossible de savoir si ces offres sur les marchés publics touchent les services de santé. Pierre-Yves Serinet, du RQIC, pense que cela est vraisemblable. «Le hic, c’est que les documents [qui ont fait l’objet d’une fuite] ne mentionnent les services publics que de façon très superficielle» note-t-il. Contrairement aux marchés publics, pour lesquels les partenaires commerciaux doivent établir une liste de ceux qu’ils proposent d’ouvrir, les offres concernant les services n’ont pas à être spécifiées. Tout dépend cependant du débat au niveau national, à savoir ce qui est qualifié de service public, et si les gouvernements provinciaux sont ouverts à une interprétation large permettant de faire appel à l’entreprise privée pour livrer ces services. À partir du moment où cette marge de manœuvre existe, le domaine de la santé pourrait être sujet à la concurrence européenne.

Compte tenu du soutien des provinces les plus concernées (ce sont les régimes d’assurance médicaments du Québec et de l’Ontario qui seraient les plus affectés selon l’ACMG) et de la puissance notoire des lobbies pharmaceutiques, il est peu probable que le Canada fasse marche arrière sur la prolongation des brevets pharmaceutiques. Plusieurs pistes indiquent que les Canadiens devront faire face à une conjoncture défavorable pour la santé si l’AÉCG est conclu tel que négocié à l’heure actuelle.

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Francis Laperrière-Racine <![CDATA[Nonchalance branchée à Québec]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10801 2012-01-31T14:35:54Z 2012-01-31T14:35:54Z Cette année, Heather Monroe-Blum a décidé que les vacances de lecture seraient plus tôt qu’à l’habitude, mais surtout plus tôt que celles de l’ensemble des autres universités du Québec. Cette spécificité de l’Université McGill fait en sorte que les étudiants sont destinés à rester entre eux et ils ne pourront pas profiter de la semaine de vacances avec les autres universités québécoises. Cependant, Le Délit a pensé à tout et vous présente un guide de survie pour la semaine de lecture.

Avant toute chose, il faut mentionner que McGill est un point central de l’univers branché du Québec. De ce fait, il est venu à l’idée de concevoir un guide des endroits locaux et en vogue, à savoir s’il y avait d’autres endroits branchés que le Ghetto McGill, le Mile-End, Hochelaga-Maisonneuve et le Plateau. Il faut sortir de l’île pour voir qu’il existe certes d’autres quartiers vibrants. Il faut se diriger à Québec pour trouver cet endroit magique où les pots Mason sont rois et la vie de quartier aussi fleurissante qu’à Montréal.

Ne vous méprenez pas. Il ne s’agit pas d’un guide pour vous organiser pour finir toutes les lectures que vous n’aviez pas faites avant la semaine de lecture. Ce texte veut simplement vous vendre du rêve et surtout vous faire sortir de la «grand’ ville» pour vous faire découvrir les charmes cachés de la Vieille Capitale sous ses traits locaux.

En fait, il importe de noter que la scène branchée s’est développée de concert avec la scène hipster. La culture et la mode hipster sont «non mainstream», et celles de Québec se sont développées un peu plus tardivement que celle de Montréal. Les jeunes habitants de la ville ont développé une saveur bien spécifique à cette tendance branchée qui voudra certainement perdurer dans la Vieille Capitale. En fait, les quartiers chauds sont, pour la Basse-Ville, Saint-Roch et, pour la Haute-Ville, Saint-Jean-Baptiste. Là-bas, pensée indépendante, contreculture, progressisme et créativité se rejoignent pour former un tout qui se joint formidablement bien à la ville. Ces quartiers méritent d’être visités et surtout d’être vécus.

Illustration: Nicolas Quiazua

Ce guide ne veut pas vous interdire de visiter le Château Frontenac ou le Vieux-Québec, faites ce qui vous plaira. Cependant, il vise à vous faire vivre la «vraie» vie à Québec dans les quartiers habités par les locaux et non pris d’assaut par les touristes. Allez à Québec vous en serez comblé.

Saint-Roch
Premièrement, le quartier Saint-Roch tire son nom d’une chapelle construite par les Récollets sous le Régime français au début de la colonisation. Ce quartier a été l’un des plus populeux et prospères de Québec jusque dans les années 1960 au profit de l’émergence des banlieues. Le quartier est ensuite entré dans un dur déclin au profit du crime notamment jusqu’à la fin des années 1990. Cependant, depuis une quinzaine d’années le quartier se noie sous une pluie constante d’investissements de la part de la ville de Québec pour le revitaliser. Ces investissements ont porté fruit, car le quartier est désormais le plus branché de Québec chez les jeunes locaux et les jeunes professionnels de la Vieille Capitale. Les deux grandes artères du quartier, le boulevard Saint-Joseph et le boulevard Charest sont désormais totalement revitalisés et fréquentés par une classe d’individus plus aisés. Ce quartier vit présentement une vague d’embourgeoisement intensif.

Photo: Francis L. Racine

Où manger à Saint-Roch?
Le quartier de la Basse-Ville est un endroit prisé pour ses restaurants. Avec le récent embourgeoisement, le quartier a attiré un nombre important de bonnes tables de la ville de Québec. Note comme ça, la ville de Québec a le plus haut taux de restaurant par habitant en Amérique du Nord; vous serez servi!

De tous les restaurants du quartier, notamment parmi le Café du clocher penché et le restaurant Les Bossus, le restaurant-salle-de-spectacle Le Cercle est un choix à retenir. En effet, Le Cercle est spécialisé dans les tapas et les tartares. C’est un endroit extraordinaire pour passer une soirée riche en émotion. Le restaurant a notamment une excellente cave à vin pour les fins connaisseurs et les amateurs. Le Cercle est aussi une salle de spectacle de la scène alternative. Consultez leur programmation pour la semaine de lecture, car ils n’auront pas moins de six spectacles pour vous satisfaire.

Photo: Francis L. Racine

Où étudier à Saint-Roch?
Pour ne pas vous sentir trop mal de ne pas faire un peu de lecture pendant la semaine de lecture, il est conseillé d’ouvrir ses bouquins à la Brûlerie Saint-Roch pour avoir une ambiance parfaitement saine pour l’étude. Le café et les croissants sont incroyables!

Que voir à Saint-Roch pendant que l’on flâne?
Le quartier Saint-Roch est riche en petits endroits pour satisfaire son envie de flâner dans les rues et particulièrement le boulevard Saint-Joseph. Parmi les endroits où il est conseillé de s’arrêter pendant son flânage, le magasin de guitares, la boutique Philippe Dubuc, le café-lecture Fanamanga et la Galerie Morgan Bridge sont des incontournables.

Photo: Francis L. Racine

Saint-Jean-Baptiste
Le quartier Saint-Jean-Baptiste existe lui aussi depuis les premiers moments de la colonisation par la France de l’Ancien Régime. Situé en Haute-Ville, ce dernier est à proximité des centres touristiques sans avoir été trop envahi par les touristes. Ce quartier est entré dans la tendance branchée avec l’arrivée depuis quelques années d’une bonne partie de la communauté homosexuelle de Québec. La rue principale dans ce quartier est le boulevard Saint-Jean avec ses nombreux cafés, restaurants, boutiques et ses bars animés. Le quartier est dominé par l’Église du même nom qui est le point central du quartier. Si vous allez dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, sortez de l’artère principale et allez visiter les petites artères dans les quartiers résidentiels. N’ayez pas peur de l’aspect ouvrier du quartier: il s’agit en fait d’un des quartiers les plus chics de Québec.

Où manger à SJB?
La ville de Québec regorge d’excellents endroits où l’on peut satisfaire son appétit. Cependant, il existe un incontournable pour les déjeuners: le Bonnet d’âne. Cet endroit, très peu connu des touristes, est le rendez-vous des locaux qui y vont naturellement comme on va à l’épicerie. Vous y trouverez les meilleurs œufs bénédictines et ce, dans un environnement de magasin général. Cet endroit est très couru, donc il vaut mieux réserver avant de s’y présenter pour déjeuner. Parmi les autres bonnes adresses du coin, on peut noter: Lady Cookie (pâtisserie), Paingruel (boulangerie), ainsi que la plupart des restaurants de la rue Saint-Jean.

Où étudier à SJB?
Ouvrez vos livres à la Brûlerie Saint-Jean pour vous avancer un tant soit peu dans vos lectures; endroit magnifique qui fait penser à un petit bistro ou café du Mile-End. Les soupes et les sandwichs sont renversants. Très belle ambiance qui agence salle d’étude à salle d’exposition de photographies d’artistes locaux.

Que voir à SJB?
Le quartier Saint-Jean-Baptiste est niché sur le cap Diamant soumis aux bourrasques de vent. Saint-Jean-Baptiste est le quartier des flâneurs et un endroit exceptionnel pour y voir une faune diversifiée d’individus, et aussi une architecture exiguë. Les meilleurs endroits pour profiter des beautés architecturales du quartier sont sans aucun doute dans le vieux quartier ouvrier, qui n’a d’ouvrier que son nom. En effet, il a subit un vague d’embourgeoisement et il est devenu beaucoup plus familial. Vous avez, près des falaises, des points de vue à couper le souffle sur les Appalaches et le reste de la ville.

Photo: Francis L. Racine

Entrevue avec Québec t’aime

Le Délit s’est entretenu avec le chroniqueur culturel, Patrice Plante, du très en vogue blogue Québec t’aime (www.quebectaime.com), LA référence actuelle des tendances à Québec.

Le Délit: Depuis combien de temps le blogue est-il en activité et qu’est-ce qui est responsable de son grand succès?
Patrice Plante: Depuis mars 2010. La diversité et la qualité des chroniqueurs, ainsi que notre stratégie 2.0 qui nous a fait rejoindre un nombre incroyable de gens via Facebook. C’est aussi la première fois qu’un média se positionne avec un slogan qui rend la ville amoureuse de ses citoyens plutôt que l’inverse.

Enfin, l’intérêt du site pour un touriste est indéniable : tous les recoins cachés, les meilleures bouffes et les meilleures activités underground sont couvertes par nous

LD: Quelle est la spécificité du blogue Québec t’aime?
PP: Un contenu hyper original et non conventionnel. Nous ne couvrons rien de mainstream, et le faisons avec une plume et un humour qui nous place en marge du journalisme (ou plus particulièrement, nous créons un nouveau genre de journalisme qui rend la lecture divertissante, pour aller chercher le public internaute 18-34 ans).

Nous voulons faire ressortir ces artistes inconnus, souvent étudiants, ainsi que toutes ces petites choses de la vie quotidienne (photos, moments, initiatives d’étudiants ou de passionnés) qui font de Québec une ville où il fait bon vivre.

LD: Que devraient absolument visiter les étudiants de McGill s’ils viennent à Québec?
PP: La 3e avenue de Limoilou, avec ses airs de Montréal, ses gens merveilleux et son parcours incroyable pour les gourmands (cafés, boulangerie, bistro japonais, soupe et cie, fromagerie) sont des incontournables. Le Cercle doit absolument être une étape. Une marche le long de la rivière Saint-Charles, les petites rues du Vieux-Québec et de Saint-Jean-Baptiste doivent être un moment de nonchalance et de bonheur absolu. Un café au sommet de l’Astral, par un jour ensoleillé d’hiver vaut le détour. Une visite chez Francine, sur la 1re avenue, qui offre des plats de grand-mamans québécoises dans son petit resto aux allures de salon familial se doit de vous charmer. Une virée au Bateau de Nuit et au Sacrilège, et puis la poutine Ashton sauce piquante sont des classiques des locaux. De plus, il faut s’attarder pour aller au brunch au Buffet de l’Antiquaire sur Saint-Paul, le traversier de Lévis suivi d’une bière au Corsaire et surtout, surtout pas le Savini.

LD: Comment le blogue Québec t’aime peut-il leur être utile?
PP: Divisé par catégorie d’intérêt (musique, art, culture, bouffe, etc…), il permet à ces étudiants de se promener par champ d’intérêt et de découvrir ainsi ce que la ville offre de mieux, mais de façon divertissante (nous ne sommes pas un moteur de quoi faire à Québec, mais une personne curieuse peut se promener, lire, et être passionné de quelque chose, quelqu’un ou un lieu spécifique de Québec). Ça rend l’expérience de recherche plus intéressante. Pour les amateurs de bouffe, je signe d’ailleurs une chronique BEST OF P, qui recense le meilleur de Québec: le meilleur sushi, pain, café, resto «apporter votre vin», etc.

LD: Quel événement ne doit-on pas manquer à Québec durant la semaine de lecture?
PP: Vous tombez en plein pendant le Fashion Jam, à ne pas manquer toute la semaine avec les compétitions de snowboard et le plus grand événement mode du Canada le 25 février!

LD: Quel est ton restaurant et ton endroit pour flâner préférés dans Saint-Roch?
PP: Mon resto préféré, dans Saint-Roch, est l’Affaire est Ketchup. Mon endroit pour flâner est la rue Saint-Joseph au complet, avec ses boulangeries, boucheries, épiceries exotiques et ses cafés comme la Brûlerie Saint-Roch et le Nektar. Je dois vous dire que mon endroit préféré pour prendre un verre est sans aucun doute Le Cercle. Et ma nouveauté coup de cœur 2012 est le restaurant Hosaka-ya Ramen

LD: Quel est ton restaurant et ton endroit pour flâner préférés dans Saint-Jean-Baptiste?
PP: Mon resto préféré est La Chine chez Soi. Mon endroit, par excellence pour flâner est la rue de la Tourelle, la nuit. Et assurément le Bateau de Nuit et le Saint-Angèle.

LD: Comment se porte la scène underground à Québec et quels sont les meilleurs endroits?
PP: La scène underground se porte selon moi mieux que jamais, les initiatives ne cessent de se multiplier depuis l’effervescence du 400e anniversaire de la ville. Pour découvrir cette scène, rien ne bat le quartier Saint-Roch: les shows du Cercle et de l’Agitée, la galerie d’art Morgan Bridge et les initiatives comme le Festival OFF.

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Rouguiatou Diallo http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Mozart burlesque]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10722 2012-01-31T14:26:58Z 2012-01-31T14:26:46Z Du 26 au 29 janvier, Opéra McGill a mis en scène une version bien particulière du classique de Mozart, Don Giovanni. Le héro légendaire a pris diverses formes au cours des ans; il est escroc espiègle chez Tirso de Molina, il est intellectuel libertin chez Molière, ou encore romantique et épique chez Byron. Pour la troupe de Patrick J. Hansen, Don Giovanni est un vampire. Vêtu de rouge et de noir, le séducteur insatiable surprend les spectateurs lorsque, face au sabre laser du Commandeur, il l’atteint d’une morsure fatale. S’ensuit une multitude d’actes et de symboles vampiriques dans lesquels chaque séduction est un rituel: un alter ego féminin qui porte les mêmes couleurs que Don Giovanni entre sur scène d’une danse sensuelle, tout en apportant un élixir rouge au protagoniste.

Photo: Brent Calis
Celui-ci le boit et s’avance vers sa victime, contemple sa nuque et lui saute au cou, confondant morsure et baiser. Le parallèle entre le vilain pécheur et le traditionnel monstre fantastique n’est pas si farfelu. Son appétit sexuel est assimilé à une nécessité et fait écho aux paroles de Don Giovanni dans l’Acte II, scène 1, où il affirme à son valet, Leporello, qu’il ne peut abandonner les femmes car elles lui sont plus importantes que le pain qu’il mange ou que l’air qu’il respire. Cela est notamment démontré lors du dîner de la venue du Commandeur, où les plats sont des femmes transportées par Leporello ainsi que son alter ego à la table du héros. Ces instances de luxure sont banalisées chez Don Giovanni ce qui explique son rejet de la repentance: il ne peut résister à l’appel de la chair.

Photo: Brent Calis
Le thème du vampire n’est qu’un élément parmi tant d’autres que la troupe d’Opéra McGill apporte à l’œuvre de Mozart. Hansen joue sur le comique et introduit du burlesque au grand classique. Donna Elvira, traditionnellement dépeinte comme un personnage tragique ou pathétique, devient l’objet de moqueries de la part des autres personnages et du public. Accoutrée de manière cocasse avec d’étranges lunettes et un parapluie, Donna Elvira ressemble à une vieille fille désespérée. Lors du quatrième Aria, elle découvre la vraie nature de Don Giovanni, et d’un air fouineur tente de s’emparer du livre dans lequel Leporello tient les comptes des conquêtes de son maître. Cet aspect comique ainsi que l’excellente performance de Jessica Scarlato font d’elle un personnage majeur de cette version. Dans le même registre, le valet malmené de Don Giovanni se retrouve dans des situations saugrenues. La superbe prestation du baryton Peter Walker contribue à imposer le comique comme registre principal de cette interprétation. La thématique burlesque est étayée par les sabres lasers et le Commandeur-Jedi. Les costumes ne sont pas uniformes, alors que les paysans sont habillés à la façon de notre temps, prêts à assister à un mariage; Donna Anna et Don Ottavio sont les seuls à avoir maintenu des habits d’aristocrates du 18e siècle. La scène est découpée en plusieurs morceaux, avec l’orchestre au centre et des paravents multiformes et multi-usage, ce qui facilite le jeu de cache-cache entre les personnages.

Bien que ce mélange de différentes époques et de différents mondes puisse sembler chaotique, Opéra McGill parvient à maintenir l’essence et à démontrer le génie de cet œuvre à travers une interprétation moderne et burlesque, grâce à de belles performances et un talentueux orchestre symphonique.

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Isabelle Sokolnicka http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Overdose de rose]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10730 2012-01-31T14:23:39Z 2012-01-31T14:23:39Z Léa Pool (Emporte-moi, Maman est chez le coiffeur) explore cette hypothèse controversée dans L’Industrie du ruban rose, la toute dernière production de l’Office National du Film. Il était temps. Malgré l’indignation que cette question soulève, se demander si les profits provenant de la lutte contre le cancer du sein (campagnes publicitaires, marches et produits dérivés à n’en plus finir) profitent réellement et directement à la cause. Quelle cause? Celle de la recherche d’un remède à la maladie ou celle d’une nouvelle avenue de profit pour plusieurs dizaines de compagnies?

Photo: Léa Pool

Chaque année, les levées de fonds en tous genres rapportent des millions de dollars, car la cause rassemble et mobilise, tout particulièrement aux États-Unis. Par la même occasion, toutes sortes de compagnies y trouvent leur compte. Il ne faut pas être un génie en économie pour s’apercevoir qu’un aspirateur portant le signe du ruban rose se vend nécessairement mieux qu’un même aspirateur sans prétentions philanthropiques.

Pourtant, alors que l’argent s’entasse, il semble ne pas y avoir de suivi, ni de données claires concernant l’allocation des fonds, ni de détails sur la coordination des recherches ou sur les résultats obtenus. La sensibilisation au fléau du cancer du sein part d’une bonne intention, certes, mais il n’en demeure pas moins qu’elle véhicule des propos mensongers. Cette campagne semble entre autres clamer haut et fort que plus il y aura de contributions, plus grandes seront les chances d’éliminer la maladie; elle pèche aussi par omission, car on mentionne rarement –sinon jamais– la nécessité d’investir dans la prévention d‘un des cancers les plus répandus et meurtriers.

Photo: Léa Pool

En fait, la véritable hypocrisie des campagnes du ruban rose réside dans le fait que des compagnies telles qu’Avon, un des leaders en la matière, sont aussi les compagnies qui vendent des produits de beauté contenant des composants cancérigènes.
L’exploitation d’une maladie à des fins lucratives ne cesse de prendre toutes les couleurs et toutes les formes (campagnes de lutte contre le VIH, les maladies cardiovasculaires, et j’en passe). C’est, dirait-on, le capitalisme… dans toute sa splendeur.

L’Industrie du ruban rose propose un pas dans la bonne direction, celle de la mise à jour d’une hypocrisie camouflée avec ruse, un documentaire qui nous mène très certainement à réfléchir, mais qui malheureusement ne creuse pas assez loin les problématiques qu’il soulève et ne réussit donc pas à fournir les réponses concrètes et satisfaisantes auxquelles le spectateur, intrigué, s’attend. Petit budget ou trop peu de capacité d’investigation? Sans narrateur, le film manque aussi de structure et de mouvement, son idée directrice est difficile à suivre, au point que l’on a parfois l’impression de regarder des séquences en pré-montage. Les idées excellentes finissent par se perdre dans un amas de banalités qui tendent à se répéter.

L’Industrie du ruban rose
Où: Dans tous les bons cinémas
Quand: À partir du 3 février

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Samuel Sigere http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Entrevue avec Oscar Calderon]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10861 2012-01-31T18:11:24Z 2012-01-31T14:20:46Z Le Délit: En comparant votre étude et le plan de financement du gouvernement, pensez vous que le plan du gouvernement est viable ?

Oscar Calderon : Le plan de finance arrive à peu prés à 116M$ de hausse. Mais dans les calculs que nous avons fait, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y a pas vraiment de méthodologie dans le plan de financement. Ils ont omis de calculer la croissance, et si elle est calculée, il l’ont sous estimée.

LD: Vous avez mentionné dans votre rapport qu’aucune étude sur les réels besoins du système universitaire n’a été réalisée à votre connaissance. Pourquoi ? Comment expliquez-vous alors que le gouvernement puisse présenter un plan de hausse sans avoir aucune idée du montant nécessaire ?

OC : La plupart des études sur le sujet disent qu’il y a un déficit. Pour combler le déficit présentement, cela coûterait un certain montant d’argent. Est-ce que les fonds qui vont aux universités ont réellement été attribués ? Il n’y a pas d’étude qui dit les coûts pour former un étudiant.

LD: Vous avez étudié la question de la gratuité scolaire. Pensez-vous que cela soit une option viable ?

OC : C’est un choix de société. Cela serait une façon de fonctionner qui serait viable comme telle. Nous avons calculé que cela coûterait entre 2.2% et 2.7% du budget actuel du MELS. Nous ne voyons donc pas pourquoi cela serait infaisable. Je sais qu’il y a plusieurs pays où il n’y a pas de droits de scolarité. Cela reste un choix plutôt politique.

LD: Comment pensez-vous que les universités combleront leur manque à gagner sous la gratuité scolaire ?

OC : Évidemment, nous supposons que la tâche de financer incomberait au gouvernement. Il y a deux possibilités : soit les entreprises privés prendraient une part accrue dans le financement des université, soit cela serait au gouvernement de combler l’écart.

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Louis-Philippe Tessier http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Un trophée vert]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10821 2012-01-31T14:44:54Z 2012-01-31T14:15:35Z C’est en 2008 que le MCeX, le Marché climatique de Montréal, a été créé par la Bourse de Montréal en collaboration avec le Chicago Climate Exchange. Le but annoncé était d’offrir une chance aux entreprises montréalaises de relever les grands défis environnementaux de notre génération. Sur ce nouveau marché «vert», les émissions produites par les entreprises de la région métropolitaine obtiendraient un prix et pourraient être ainsi achetées ou vendues sous forme de contrats, selon la performance: les plus polluantes pourraient acheter ces contrats d’émissions, tandis que celles polluant le moins pourraient en vendre et donc se faire un profit additionnel. Malheureusement, la même année, faute de l’adoption d’un cadre réglementaire par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, cette bourse n’a pu réellement s’implanter.

En janvier 2012, Richard Bergeron, chef du parti Projet Montréal, dépose une motion pour créer une bourse du carbone pour Montréal et pour «devancer le gouvernement fédéral dans ce domaine». Monsieur Bergeron est très clair: adopter cette motion serait la meilleure façon de devenir les premiers en Amérique du nord à mettre en place un tel projet et ainsi devancer la concurrence, qu’elle soit européenne, chinoise, ou autre.

De plus, Richard Bergeron semble avoir bon espoir que la motion sera adoptée et qu’elle sera bénéfique pour Montréal et pour tous les Québécois. La différence cette fois-ci, comparé à 2008, est que le gouvernement du Québec obligerait toutes les entreprises à participer à ce nouveau marché.

Cependant, avec les récentes nouvelles concernant le départ de plusieurs grosses entreprises installées au Québec depuis des années, il serait logique de penser que la création de cette bourse serait un tantinet futile. Comment fonctionnerait cette machine marchande sans entreprises pour l’alimenter? En réponse à cette question, monsieur Bergeron indique que ces entreprises, ayant quitté le sol québécois, se sont déplacées en terres plus compétitives; vers l’Asie et l’Amérique latine. C’est pour cette raison qu’il faut «chercher des créneaux dans l’économie du futur, et non dans l’économie d’hier» précise-t-il. Comme exemple, il cite l’industrie du jeu vidéo qui est en ce moment en pleine expansion à Montréal. Le chef du parti croit «qu’il y a des domaines où ils ne peuvent pas nous concurrencer» et que c’est aux Québécois de les identifier.

Si cette bourse offre de nombreux avantages importants, ce système est très souvent critiqué, principalement parce qu’il encourage la spéculation sur le marché, mais aussi parce que le système «utilise les mécanismes du marché pour fonctionner», comme l’explique le chef de Projet Montréal. Celui-ci assure que seulement «20% à 30% du total de l’économie en cause iront aux coûts administratifs». C’est probablement l’une des raisons pour laquelle le chef du parti ne croit pas que la bourse sera très bien acceptée par la population. Il explique toutefois qu’elle pourrait agir en tant que phare, en tant que trophée que les Québécois pourraient brandir fièrement. Il croit que la clé est d’avoir l’audace d’aller de l’avant et de prendre des risques puisque ce type de marché démontre un potentiel grandissant dans le monde. Citant Barcelone, qui selon lui est présentement en train de déclasser Paris en terme d’innovation environnementale, Richard Bergeron affiche le profil d’un visionnaire réaliste ayant à cœur les intérêts environnementaux de sa ville. Pour illustrer le fond de sa pensée, celui-ci croit que cette bourse pourrait bien permettre à Montréal, et au Québec, de devenir un pôle majeur dans une économie mondiale «verte», comme Bombardier l’a fait au fil des ans dans le secteur ferroviaire et aéronautique.

C’est le 23 et 24 janvier que Richard Bergeron et son équipe ont déposé cette motion au conseil municipal de la ville de Montréal, qui a été acceptée à l’unanimité. Le ministre Arcand s’est ensuite prononcé en faveur de son adoption. Présentement, la bourse est au un stade expérimental jusqu’au début de l’année prochaine. Ensuite, elle entamera une première période de deux ans et inclura la plupart des entreprises montréalaises. Les compagnies pétrolières ne se joindront à la liste que quelques années plus tard.

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Annie Li http://ÉlénaChoquette,JérémyLeopold-Metzger,AnnieLi,MayaRiebeletMaiAnhTran-Ho <![CDATA[De l’inconstance amoureuse]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10726 2012-01-31T14:06:41Z 2012-01-31T14:05:47Z Il est rare que de nouvelles créations en danse contemporaine soient rediffusées. Foutrement, présenté au Théâtre Quat’sous, a eu cette chance après avoir été présentée en 2010 à La Chapelle.

Dans le noir, une danseuse sur pointes amorce un tour sur scène, puis, sur un air d’opéra de Puccini, fait des pas de bourrée sur place. Un homme arrive et l’imite. Ils enfilent leurs équipements sportifs Cooper, ce qui laisse présager la suite des événements. Leur parade nuptiale entomologique a lieu à trois reprises, l’homme laissant littéralement tomber la femme, mais ils finissent par se désarmer.

Photo: Tobie Marier Robitaille

Le deuxième tableau offre un contraste saisissant (la pièce entière étant d’une intensité en montagnes russes) avec le même couple, l’éclairage tamisé et la musique pour piano seul du compositeur Goldmund, laissant deviner l’intimité d’une chambre à coucher. Virginie Brunelle y intègre des portés spectaculaires et novateurs, à faire pâlir d’envie les grands chorégraphes de ballet d’aujourd’hui. Les portés au mur qui suivent apportent aussi une dimension surprenante. La chorégraphe a pensé à des détails, comme les doigts de l’homme formant un cœur sur le sexe de la femme lorsque celle-ci glisse entre ses bras. Les ondulations du dos de Simon-Xavier Lefebvre sont particulièrement charnelles et son effleurement d’un mollet féminin du bout des doigts se montre d’une belle délicatesse. On peut s’imaginer deux amoureux parfaitement complices.

La réalité s’avère tout autre. Dans la scène suivante, le même homme danse avec une danseuse différente mais portant une coupe de cheveux similaire, sous un éclairage néon bleuté. Sur la célèbre ballade «Love Hurts», l’entrejambe est plus exposé, le pied est haut, les mouvements coïtaux sont crus.

On revoit plus tard la première danseuse vêtue de ceintures lui comprimant la poitrine tel un corset. L’autre la rejoint et ensemble elles exécutent pieds nus une danse sauvage suggérant un défilé sur podium, juchées sur d’imaginaires talons hauts.

Les ceintures finissent par tomber, ce qui nous donne enfin droit à des baisers échangés entre le couple principal. Évidemment, la tendresse ne peut durer et fait place à une pluie orageuse de ceintures. L’homme reste seul à se battre contre lui-même, sur une musique pour piano préparé.

La pièce tire vers sa fin sur la chanson «To Build a Home», du Cinematic Orchestra avec Patrick Watson, ce qui illustre bien là où la chorégraphe veut en venir.

Les deux danseuses s’en tirent correctement mais sans plus au niveau de la technique sur pointes (pieds mollement pointés ici et là, arabesques en attitude qui manquent d’aplomb). Reste que c’est un rare plaisir de voir de la danse sur pointes à Montréal, sachant que peu de chorégraphes veulent fournir les efforts nécessaires. Foutrement est d’une belle physicalité, le pouvoir évocateur reposant plus sur la danse en tant que telle que sur la performance et la théâtralité, qui sont aussi bien maîtrisées soit dit en passant. Les pièces musicales et les éclairages accompagnent à merveille les intentions de la chorégraphe. Mais ce qui fait sa plus grande force est le mélange bien dosé de l’esthétique classique ponctué de trash contemporain.

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Annie Li http://ÉlénaChoquette,JérémyLeopold-Metzger,AnnieLi,MayaRiebeletMaiAnhTran-Ho <![CDATA[Après le mariage, le déluge]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10728 2012-01-31T14:01:18Z 2012-01-31T14:01:18Z Le texte, écrit en 1919 par Brecht, décrit un repas de noces rassemblant le Marié avec sa Mère et son Ami, la Mariée avec son Père et sa Sœur, et un autre couple marié (l’Homme et la Femme). Tout au long de cette soirée pénible pour tous, la scène résonne de rires gras, de moqueries cruelles, de récits stériles, et se salit de crème chantilly et d’alcool coulant à flot. Les invités finissent par s’enfuir alors que la soirée est encore bien jeune, laissant les mariés abattus. On peut facilement s’imaginer la nouveauté pour l’époque. Brecht ne fait pas dans la dentelle dans sa critique sociale de la bourgeoisie de son temps, qui comporte de multiples dénonciations: la virginité avant le mariage, la famille patriarcale, la femme au foyer, sans oublier  la cruauté et l’animalité de l’homme.

Photo: Dominique Lafond

La mise en scène, à l’exception de la direction des acteurs, laisse un sentiment d’ambivalence. La pièce démarre pourtant en grand avec l’arrivée des convives, déjà trop bruyants pour être vrais, trop grotesques pour être authentiques. Le spectateur s’attend déjà à voir jaillir les incivilités, les pulsions, les cris gutturaux et les malaises de toutes parts. Pourquoi le metteur en scène et le scénographe choisissent-ils de rajouter du symbolisme? Ce dernier, illustré par l’ésotérisme d’une grande lanterne chinoise qui clignote soudainement d’un bleu électrique pour tétaniser l’assemblée, la Mariée pratiquant la télékinésie, la Mère qui occupe le trône du Père en faisant du tricot en silence, l’arrivée impromptue d’une poupée-cadavre, le corbeau géant qui perd ses yeux ,laissant ainsi passer la lumière derrière le mur, est superflu.

Le choix des répliques présentées en boucle et la scène de la toilette semblent aussi douteux. Autant de choix de mise en scène éparpillés qui sont peut-être porteurs de sens mais qui restent trop hermétiques à la compréhension des spectateurs par rapport au texte. Ainsi, les spectateurs rendus perplexes, les moments potentiellement comiques passent inaperçus. D’un autre côté, on peut saluer le choix de ponctuer le chaos de moments silencieux suspendus dans le temps, créant des malaises sournois. La métaphore de Brecht des meubles qui se brisent tout comme les valeurs de l’époque est aussi bien transposée sur scène.

Les costumes d’époque paraissent plus appropriés à la pièce, sauf l’habit contemporain de la Femme, dont les collants d’un fuchsia agressif jurent avec le reste, et le visage poudré de l’Homme. Il faut aussi souligner l’inutilité de l’écran vidéo faisant office d’aquarium. L’environnement sonore ajoute bien à l’ambiance tout en cherchant trop à faire le tour du monde, en passant des chants bouddhistes tibétains à la musique de nô japonais.

Du côté des acteurs, chacun nous offre une performance honorable. Enrica Boucher réussit particulièrement bien à irriter dans son rôle de la Femme détestable. Le tour de chant de l’Ami, Paul Ahmarani, constitue quant à lui une belle performance.
En bref, le texte de Brecht a jadis été avant-gardiste et montre maintenant quelques rides. Heureusement, au fil des ans, il a fait d’innombrables petits et les thèmes et variations autour du mariage ont été maintes fois actualisés. Quant à Gregory Hlady, sa volonté de surligner les non-dits et d’étoffer le texte par un symbolisme appuyé est louable mais inattendue ici et se prêterait mieux à d’autres pièces.  La mise en scène souffre de sa bestialité, dénaturée par son suremballage dans un bric-à-brac confus.

La Noce de Bertolt Brecht
Où: Théâtre Prospero
1371 rue Ontario Est
Quand: jusqu’au 11 février

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Charlotte Paré-Cova http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Une comédie comme les autres]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10738 2012-01-31T13:59:17Z 2012-01-31T13:59:17Z Stephanie Plum (Katherine Heigl) est fauchée et récemment divorcée, à la dérive, quelques mois après avoir été licenciée de chez Macy’s. Elle se tourne donc vers le seul emploi qui s’offre à elle: chasseuse de primes dans l’entreprise de son cousin. Sa première cible est Joe Morelli (Jason O’Mara), un policier soupçonné de meurtre dont la tête vaut 100 000 dollars. Plum a une bonne raison de vouloir le coincer outre une récompense de 50 000 dollars. En effet, la protagoniste souhaite se venger de cet ancien «compagnon» qui l’avait séduite, puis jetée de façon cavalière à l’adolescence. La nouvelle agente de recouvrement, dont l’existence était aussi palpitante que celle de son hamster en cage, voit sa vie prendre un essor excitant. Armes, vols de voiture et filature parsèment son chemin vers Morelli, un personnage arrogant et manifestement difficile à attraper.

Photo: Films Seville

Du déjà vu
Le scénario nous rappelle inévitablement Chasseur de primes (Bounty Hunter) sorti en 2010, qui mettait en vedette Jennifer Aniston et Gerard Butler. Les rôles y étaient inversés alors que Butler tentait d’épingler Aniston dans une comédie plutôt mal ficelée. On peut dire que La Prime réussit là où Chasseur de primes a échoué: le rythme est soutenu, l’humour est plus subtil et le romantisme n’empiète pas sur l’intrigue principale. On remarque également que le style vestimentaire d’Heigl est mieux adapté aux circonstances que celui d’Aniston: des jeans plutôt qu’une mini-jupe et un chemisier ordinaire plutôt qu’un décolleté.
Même si l’on commence à connaître la recette des comédies traditionnelles américaines, on se surprend à rire face aux événements cocasses qui surviennent tout au long du film. La réalisatrice Julie Anne Robinson, connue pour avoir réalisé The Last Song et quelques épisodes de Grey’s Anatomy, nous épargne quelques clichés vers lesquels il était facile de glisser. Le jeu des acteurs, comique sans être trop caricatural, est déterminant dans cette comédie dont le propos ne réinvente rien.

On ne change pas une formule gagnante
Ce film ne présente en effet aucune nouveauté, sinon les cheveux fraîchement teints en brun de Katherine Heigl. Elle rend une prestation du même registre que tous ses rôles précédents: une femme au caractère fort et tranchant, voluptueuse et un peu maladroite. Force est d’admettre que ce type de personnage lui convient très bien et elle livre ici une performance à l’image du long-métrage dans son ensemble: plutôt bien dosée et divertissante.

La prime (One for the money)
Dans tous les bons cinémas
Depuis le 27 janvier

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Alexie Labelle http://www.delitfrancais.com <![CDATA[L’Éthiopie pointée du doigt]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10735 2012-01-31T13:56:39Z 2012-01-31T13:56:39Z Un rapport du groupe Human Rights Watch, intitulé «On attend la mort ici», déposé le 16 janvier, dénonce le projet de «villagisation» du gouvernement éthiopien faisant des remous jusqu’à Ottawa.

Le projet de villagisaton a déjà forcé le déplacement de près de 70 000 personnes indigènes de la région de Gambela et prévoit d’en déplacer jusqu’à 1,5 million d’ici 2013 à des fins purement économiques, indique le rapport de HRW. Les villageois, déplacés vers une région aride, non cultivable, vont voir leurs terres louées à des investisseurs indiens, chinois ou saoudiens, à des fins commerciales.

Photo: Archives Frontenac

L’Éthiopie dans l’embarras

Même si le plan de développement agricole commercial, d’où provient le projet de villagisation, précise que les déplacements doivent se faire sur une base volontaire, le rapport souligne une toute autre réalité: ceux qui s’y opposent se voient menacés, arrêtés ou même agressés.

De plus, Human Rights Watch dénonce le fait que le gouvernement se voie incapable de fournir les besoins essentiels aux villageois, privant ces derniers de soins de santé de base et provocant entre autres des cas de famine.

Or, la controverse entourant le projet de «villagisation» ne repose pas uniquement sur les déplacements forcés d’indigènes. En réalité, l’Éthiopie se retrouve sous les radars, car elle offre ses terres aux marchés agricoles internationaux aux dépens de ses propres fermiers. Le rapport de l’organisation indique que jusqu’à présent, 3,6 millions d’hectares de terre, équivalant à la taille des Pays-Bas, ont été mis en location. Toutefois, même si le gouvernement continue de nier l’éventuel lien entre déplacements forcés et investisseurs étrangers, d’anciens représentants du gouvernement local ont confirmé l’information à HRW.

Photo: Archives Frontenac

Des échos à Ottawa

Il est à noter que l’Éthiopie est le troisième plus grand récipiendaire d’aide étrangère canadienne, recevant près de 170 millions de dollars par année. Avec son extrême pauvreté, cet état africain figure 174e sur 187 dans l’index de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement. Ainsi, parmi les priorités de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) concernant ce pays de la Corne de l’Afrique, figurent la sécurité alimentaire, l’agriculture et le développement rural. (Pour une liste détaillée des projets actifs, la banque de projets de l’ACDI est disponible en ligne.)

Cela dit, le rapport de HRW surgit à un moment plutôt opportun: la ministre Bev Oda vient d’approuver l’allocation de millions de dollars en aide étrangère destinée à un projet d’agriculture en Éthiopie. Au sujet de leur stratégie de développement agricole, l’ACDI précise que les risques englobent les changements climatiques, les problèmes techniques liés au développement agricole, ainsi que les problèmes de gérance. Ce dernier sera davantage mis sous la loupe avec le rapport de Human Rights Watch qui dénonce les fins «secrètes» du gouvernement éthiopien et son intérêt envers les marchés agricoles internationaux.

Ainsi, cette importante somme d’argent allouée à l’Éthiopie se retrouve sous la loupe et fait des échos à Ottawa pendant que Human Rights Watch demande aux donateurs internationaux de couper toute aide étrangère jusqu’à ce que les déplacements forcés cessent.

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Thomas Simonneau http://www.delitfrancais.com <![CDATA[Le mercredi Canadien]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10766 2012-01-31T13:49:24Z 2012-01-31T13:49:24Z Ce mercredi 25 janvier aura été fort en émotions autant pour les supporters de l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal que pour Ken Holland, le manager général de l’équipe des Red Wings de Détroit depuis maintenant quatorze ans. Ce dernier avait en effet consacré sa matinée à une conférence dédiée au management sportif à la faculté de gestion Desautels avant de rejoindre ses joueurs au centre Bell pour une rencontre quasiment gagnée d’avance contre les Habs.

Photo: Gary Rush

Guru du management sportif au sein de la Ligue nationale de hockey, Ken Holland était donc un invité de classe pour l’université. Son savoir faire et son efficacité, qu’il n’a pas entièrement partagés avec les étudiants venus l’écouter, ont permis aux Red Wings de remporter huit trophées de la Division Centrale de la LNH et trois coupes Stanley. Ken Holland a également précisé à quel point la formation de nouveaux joueurs, la gestion attentive et prévoyante des finances du club ainsi qu’un sens de la compétition sont primordiaux pour parvenir au succès. En l’écoutant parler, on comprenait aussi tout de suite qu’il fallait du caractère, de l’autorité et poser des règles claires pour diriger une équipe de hockey dont la plupart des joueurs sont encore dans la vingtaine. Il avait donc choisi le cadre idéal pour faire son cours de management sportif, car c’est à McGill, en 1877, que des étudiants ont inventé les premières règles du hockey sur glace. Au-delà du lieu, le moment était aussi opportun, car à l’heure où le sport est devenu un business incontrôlable, une bonne gestion des équipes n’est pas de refus.

Quelques heures plus tard, les Canadiens devaient donc affronter les Red Wings qui enchaînaient une série de sept victoires consécutives. De leur côté, les Habs sombraient à la onzième place sur quinze de leur conférence et voyaient leur rêve de qualification pour les séries éliminatoires s’envoler. Le match s’annonçait donc tendu, sans compter que l’entraîneur de Détroit, Mike Babcock, est un ancien de McGill…

Dès le début de la partie, la foule rassemblée au Centre Bell était plutôt calme et le jeu proposé par les deux équipes, n’était pas exceptionnel. Dès la sixième minute, René Bourque ouvre le score pour Montréal suite à une action plus ou moins opportuniste qui laissait entrevoir une réponse rapide et agressive des joueurs américains. Tout le monde le sait, le sport n’est toutefois pas toujours une question de statistiques; la chance, et le fait de jouer chez soi sous la pression font parfois des miracles. Les Habs enfoncent donc le clou instantanément avec trois buts avant la fin de la première période. La deuxième période était également favorable au Canadien et le score à la fin de celle-ci (6-0) avait de quoi faire dresser les cheveux de Ken Holland et des supporters de Détroit. Finalement, le match s’est clos avec un score de 7-2 pour Montréal, après une dernière période à l’avantage des Wings (2-1).

C’était donc un mercredi mémorable pour tout amateur de hockey à Montréal et pour Ken Holland, qui n’est sûrement pas près d’oublier son passage au Québec. Mémorable non seulement pour ceux qui aiment ce sport et qui vibrent dès que le palet touche le fond du filet mais aussi peut-être pour ceux qui envisagent une carrière dans le management sportif et qui ont eu droit aux conseils d’un des hommes les plus respectés dans ce domaine.

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Annick Lavogiez <![CDATA[Au cœur du plaisir]]> http://www.delitfrancais.com/?p=10740 2012-01-31T13:45:34Z 2012-01-31T13:44:21Z An 2058. Zachary Buzz a tout quitté (ses parents, sa sœur, la ferme où il a grandi) pour être élève à l’Académie de Police de Monplaisir, «une cité tentaculaire vouée à toutes les formes de plaisirs». Dans cette société hyper surveillée, guidée soi-disant par le principe de plaisir et où évoluent des habitants étrangement déguisés en lapins géants et autres schtroumpfs, Zach fait ses premiers pas au cœur d’une justice humanoïde. Alors que le lecteur assiste aux débuts un brin chaotiques de Zach à l’Académie, le récit se perd dans différentes directions quelques peu inégales: les ébats amoureux de Zach, l’enquête de l’un de ses confrère et la vie de Niels, un jeune garçon déguisé en Justicier du Temps dont le rôle n’est pas tout à fait défini.

Gracieuseté des éditions Futuropolis
Les Règles du jeu (tome 1 de Urban) constitue l’introduction d’une série qui devrait compter jusqu’à six tomes. La multitude des thèmes traités rend sa lecture particulièrement enrichissante. Ces derniers sont tous plus actuels les uns que les autres; de l’abrutissement des masses au travail à la solitude dans la foule, la misère, le voyeurisme, la télé-réalité, etc. Si l’album n’apporte rien de nouveau en matière de réflexion sur ces thématiques, il a au moins le mérite de bien les présenter. L’opposition constante entre la violence d’un système judiciaire omniprésent et l’ambiance toute tournée vers le plaisir sous toutes ses formes est particulièrement intéressante. Un univers qui semblait loin du nôtre par son futurisme poussé à l’extrême –et ce malgré la ressemblance avec nos grandes mégalopoles, leurs grands immeubles et leur foule– finit par y ressembler étrangement.
Gracieuseté des éditions Futuropolis
Les images récurrentes d’Alice au pays des merveilles, que l’on aurait pu croire symbolisant l’inlassable quête du plaisir, sont en fait intimement liées à un système policier alarmant. L’omniprésence des écrans géants, la perte de toute intimité et l’état policier sont autant d’éléments qui provoqueront certainement chez les lecteurs attentifs une réflexion sur nos propres sociétés. Et tout cela est habilement mis en dessin par Roberto Ricci, dont le trait sûr sert le récit.

On regrettera toutefois que l’histoire ne soit pas davantage développée. En effet, il est clair que ce premier tome pose les bases d’un récit qui pourra être de qualité, mais qui, pris indépendamment, il faut l’admettre, laisse le lecteur sur sa faim. Heureusement que les personnages qui se démarquent du récit sont tous dotés d’un certain charisme. On constate également que l’entité urbaine de Monplaisir, chaleureuse force destructrice qui étouffe tout libre-arbitre et toute liberté de pensée, semble elle-même se démarquer comme un personnage intriguant.

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