L’Assemblée générale (AG) a commencé vers 12h30 et a duré jusqu’à 13h30, jusqu’au vote de levée de cours, obtenu à l’unanimité, pour l’ensemble des étudiants représentés par l’Association. L’AG a repris lorsque l’annonce de la levée complète des cours a été confirmée.
Le conseil exécutif de l’AFESH a présenté la position de la grève générale illimitée avec les arguments traditionnels : injustifiée, inéquitable, immorale. François Desrochers, exécutant de l’AFESH, a prévenu l’assemblée que si la hausse n’est pas bloquée, le mouvement étudiant mourra à cause du changement de garde dans les associations; il a appelé à la montée aux barricades sans tarder. La grève est donc, pour l’exécutant, un ultimatum pour le gouvernement.
Les interventions abondaient pratiquement toutes dans le même sens : « Le capitalisme est en crise et la marchandisation de l’éducation est un moyen pour relancer le capitalisme » et « il s’agit d’une lutte étudiante contre le patronat. »
Cependant, le débat n’a pas pris la tournure que plusieurs intervenants souhaitaient. En effet, une doctorante en sociologie a demandé des explications sur les tenants et aboutissants du mouvement après le déclenchement de la grève générale illimitée à savoir quels seront les actions et les événements organisés; les rencontres de négociations et les autres activités pour aider les étudiants. De plus, elle a souhaité « ne pas se faire fourrer par la FEUQ et la FECQ comme la dernière fois. Faisant référence à la « trahison » de la FEUQ et la FECQ à l’ASSÉ en 2005. Aucune réponse n’est venue de l’exécutif qui préférait voter la grève pour « discuter de ça après le vote. » Du même souffle, le même François Desrochers a enjoint les étudiants à être solidaire pour initier une nouvelle Révolution tranquille.
Par la suite, une jeune femme du programme de géographie s’est prononcée contre la grève et a subit les conséquences de son geste. En effet, plusieurs intervenants ont profité de leur intervention pour lancer des flèches à son intervention. Les partisans du « contre » n’étaient pas bienvenus. Le débat a pris une tangente particulière lorsqu’une femme a demandé aux gens contre la grève de se manifester au micro pour détruire leurs arguments. Un homme a lancé des flèches aux étudiants de sexologie pour leur continuel refus de la grève. Une étudiante en sexologie a répliqué qu’elle voulait d’entendre de vrais arguments pour la grève au lieu de « chialer sur le gouvernement Charest. » D’ailleurs, la dernière intervention proposait que le mouvement étudiant talonne le gouvernement dans ses bureaux et bloque ses institutions.
Bref, la grève générale illimitée a été adoptée par 80% des étudiants présents (727 pour, 182 contre, 22 abstention). De ce fait, dès le plancher atteint de 20 000 étudiants répartis dans 7 associations sur 3 campus différents, tous les étudiants représentés par l’AFESH seront en grève générale illimitée. L’AFESH s’attend à ce que ce plancher soit atteint au plus tard le 20 février prochain.
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Le discours porté par les participants reflétait une rhétorique anticapitaliste. « La lutte étudiante, c’est aussi la lutte des classes », avançait une étudiante en sociologie de l’UQAM. Parmi les nombreux tracts distribués, un en particulier clamait que « Le capitalisme n’est pas en crise ; le capitalisme, c’est la crise ». Ainsi, la manifestation mettait davantage l’accent sur les faille du système capitaliste que sur la hausse des frais de scolarité.
Peu après midi, les manifestants ont marché sur le campus de McGill, faisant irruption dans la bibliothèque McLennan. Alors que les étudiants à l’intérieur demeuraient impassibles, les travailleurs de MUNACA applaudissaient et encourageaient ces derniers : « Keep on going guys, this is the same fight » a même scandé un employé de la bibliothèque. La foule s’est ensuite déplacée dans le bâtiment de l’AÉUM afin de continuer à propager leur message.
Jim Nicell, vice-principal (University Services), a envoyé à midi un courriel pour prévenir qu’un groupe d’environ 100 étudiants se dirigeaient vers le campus de McGill et précisait: « la manifestation est pacifique ».
La manifestation survient alors que plusieurs associations étudiantes sont en processus pour voter en faveur d’une grève générale. La manifestation poursuit son chemin vers l’UQAM.
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Victor Silvestrin-Racine | Le Délit
À environ 30 minutes de train de banlieue de la ville de Hong Kong, la douane chinoise semble probablement aussi épeurante que celle des États-Unis, mais une fois franchie (malgré quelques incompréhensions sur une question de visa avec la douanière et un ami français contraint de retourner à Hong Kong puisque détenant un passeport français), peu de villes ne laissent aussi perplexe. Je m’explique. Près de 3,6 millions de personnes habitent la ville et celle-ci a connu dans les dernières années un développement phénoménal grâce aux investissements massifs dans les usines de la région. C’est d’ailleurs dans cette région qu’est fabriquée la grande majorité des produits «made in China». Elle est donc une plateforme majeure de l’économie mondiale et des échanges commerciaux. De plus, grâce à sa proximité avec Hong Kong, elle suit le développement de cette dernière et fait figure de porte de sortie pour les produits chinois à l’exportation ou porte d’entrée pour les produits mondiaux à l’importation.
Cette position est favorable aux échanges internationaux et donc des gens de partout viennent y investir ou y faire des affaires. De plus, lorsque l’on visite la ville, on doit s’arrêter à Window of the World, parc d’attraction qui regroupe les principaux monuments mondiaux dans quelques centaines de mètres carrés, on peut donc y prendre un café devant la Tour Eiffel, à côté du Taj Mahal ou de la Maison Blanche. Ce parc donne donc la chance aux habitants de la ville de voyager un peu, moyennant 140 yuans (22 dollars CAN) et donne une impression d’ouverture au monde à ses visiteurs. Mais lorsque l’on s’y promène, c’est une ville des plus tranquille et des plus paisible dans laquelle des avenues d’au moins six voies se promènent entre les immeubles immenses et les gratte-ciels.Seul problème: où sont les trois millions d’habitants de la ville? Shenzhen est tellement étendue qu’elle laisse l’image d’une ville fantôme. Dans certains quartiers à grands immeubles, on peut s’y promener pendant plusieurs minutes sans rencontrer âme qui vive. Les arbres sur les trottoirs étouffent le bruit ce qui rend la ville véritablement paisible et tranquille (ennuyante?). Ceux qui ont déjà écouté des films qui se passent en URSS ou en Allemagne de l’est peuvent avoir l’image de ces rues grandissimes, mais où rien ne semble jamais arriver…
Lorsque le touriste a le sentiment d’être le seul à fouler le sol de la ville, c’est peut-être là, la différence entre une ville dortoir et une ville vivante et plaisante à vivre. Les villes parfaites et calmes sont nettement plus ennuyantes et, malgré ce qu’on peut reprocher à certaines cités au sujet de la propreté ou de la vie de quartier (hmm hmm Montréal), les villes comme Shenzhen doivent faire un effort pour non seulement s’internationaliser, mais donner aussi une véritable qualité de vie à ses citoyens, pas seulement la possibilité de magasiner et de se promener en voiture.
]]>Christopher Bangs, de l’enquête indépendante étudiante, a fait remarquer que l’utilisation de gaz lacrymogènes a été confirmée, contrairement à ce que le Doyen Jutras disait dans un courriel à Bangs: « Je n’ai trouvé aucune évidence de l’utilisation de gaz lacrymogène, excepté la mention de la bombe à irritants chimiques, que j’ai mentionné dans mon rapport. » L’utilisation de gaz lacrymogènes est confirmé par l’utilisation de l’appellation « CS » en pages 6 et 8 du rapport.
Il y a une mention en page sept d’utilisation de « bâton« , mais pour le reste, toutes les armes utilisées ont été remplacées par des blancs dans le rapport (voir pages 2, 3, 7). Même chose pour le poivre de cayenne, il n’est pas spécifié que la police a eu recours à son utilisation étant donné que toutes les mentions de « jet de » sont suivies d’un blanc.
Un autre fait intéressant, le rapport mentionne la présence du groupe Black Bloc, nom ne faisant pas référence à un groupe particulier, mais plutôt à une frange anarchiste qui a pour tactique de semer la zizanie dans les manifestations de toute sorte (page 6).
Christopher Bangs dit ne pas avoir retenu d’écart particulier avec les récits des étudiants qui ont témoignés pour l’enquête:
“In terms of what matched up with our report, we are still finalizing it. But I think I can say that we haven’t heard any of our respondents mention trying to take police officers’ shields. Nothing striking stood out as contrary to anything people said, though.”
Le rapport focus sur le fait qu’un étudiant aurait essayé d’empoigner le bouclier d’un des policier pour justifier plusieurs méthodes de défense violentes (page 2, 3, 6, 7).
Les deux demandes qui ont été refusées par la SPVM (les raisons données étant qu’ils ne peuvent divulguer les appels à l’aide faits à la police):
» Compte rendu écrit ou audio des appels 911 en provenance de l’Université de McGill ou ayant comme objet la manifestation et l’occupation du bâtiment d’administration James du 10 novembre 2011
Compte rendu écrit ou enregistrement audio des communications entre membres de la police concernant les événements qui ont eu lieu sur le campus de McGill ou entre les rues le 10 novembre 2011″
Le rapport, en pdf, avec les passages importants surlignés:
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Matthieu Santerre | Le DélitLe néolibéralisme se traduit par une recherche insatiable de profit pour le bien personnel. Le SOPA et le PIPA sont supposés empêcher le piratage des idées mais sont en fait un exemple de protection, à l’extrême, de l’idée de propriété privée. Un idéal qui entre en plein dans la ligne de mire des projets de loi proposés par le congrès.
Pourtant, à la base, les droits de propriété intellectuelle sont un moyen d’encourager la création en protégeant les auteurs, compositeurs et autres types de créateurs. Dans leur sens le plus définitif, les droits de propriété empêchent quiconque veut emprunter un élément d’une création qui ne lui appartient pas de s’en servir pour s’inspirer.
Des poursuites intentées par des grosses maisons de production comme Walt Disney contre de petits producteurs qui auraient emprunté le personnage de Blanche-Neige sont l’exemple d’un déséquilibre dans la protection des libertés individuelles.
Gratuité dangereuse
En parlant de hausse, parlons de gratuité. Le Délit révise l’étude sur la hausse des frais de scolarité faite par l’Institut de recherche en économie cette semaine. Après la manifestation devant les bureaux du ministère de l’éducation cette semaine, il semble clair que ni l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (l’ASSÉ) ni sa sous faction, la CLASSE, ne se laisseront marcher sur les pieds.
Cela dit, la gratuité scolaire n’apporterait pas que du bon. Selon l’IRÉC, le coût de la gratuité scolaire est évalué entre 176 et 405 millions de dollars. Par contre, ces chiffres ne prennent pas en compte l’augmentation du nombre d’inscriptions à l’université, une augmentation à prévoir car la gratuité scolaire attirera certainement plus d’effectifs sur les bancs de l’école. Ce manque à gagner, il va bien sûr falloir le combler. Deux choix: le gouvernement ou les entreprises privées paient.
Le secteur privé à l’université, on le voit déjà au sein des unités de recherche. Par contre, une université uniquement subventionnée par des compagnies signifie nécessairement une perte d’indépendance de la dite institution. Par exemple, une compagnie pharmaceutique qui paie pour les installations des étudiants en pharmacie s’assure une main d’œuvre plus tard. Finie la recherche sur les réels bienfaits d’un médicament vendu hors de prix, finie l’université maîtresse de son propre savoir.
Au Soudan, pendant ce temps
Le Soudan est considéré comme «l’un des dix pires pays pour la liberté de la presse». En effet, selon la BBC, l’État influence ce qui est publié. Suite à l’indépendance du Soudan du Sud, les «régulateurs de la presse» ont même fermé six journaux partiellement tenus par des citoyens sud-soudanais.
Le corps d’investigation du Soudan revoit les contenus qui «transgressent la moralité et l’éthique publique, et menacent l’ordre.»
Maintenant, à McGill
C’est l’occasion d’exercer votre droit de vote, de participer à la démocratie sur le campus. Que vous soyez pour ou contre les motions présentées, vous ne pouvez être contre le fait de pouvoir vous exprimer. Librement.
Sur le site de l’association étudiante, les plaignants qui sont d’accord pour exposer publiquement leur requête peuvent le faire en remplissant un formulaire. Ils doivent donner des informations personnelles qui seront éventuellement rendues publiques, présenter les détails de leur soirée, puis indiquer les témoins prêts à corroborer leurs dires.
Emily Yee Clare et Joël Pedneault sont tout deux en charge du dossier. «Il nous semblait important de faire quelque chose qui nous est propre, de ne pas simplement répéter les dires des autres» explique Emily Yee Clare. L’administration de McGill ayant produit son rapport, l’AÉUM ne voulait pas être en reste et a décidé, en décembre, d’entamer des procédures légales pour aider les gens qui avaient été blessés lors de cette soirée.
Joël Pedneault, vice-président aux affaires externes et Emily Yee Clare, vice-présidente aux affaires universitaires ont attendu que le rapport Jutras soit publié et que les «choses soient prises en main» avant de démarrer un quelconque processus. Maintenant que les procédures sont en cours, ils divulguent peu d’information. «Comme nous recueillons des témoignages sur divers fronts, il nous est impossible d’évaluer le nombre de requêtes uniquement pour le formulaire en ligne», commente Emily Yee Clare. Ils sont en discussion avec le Student Inquiry et attendent les conseils d’experts légaux avant de se prononcer sur les différents cas.
Ce qui est sûr c’est que les options possibles pour les plaignants seraient un recours collectif ou une poursuite personnelle. Au civil, le recours collectif est un processus légal très fréquent. Sans nécessairement donner plus de poids aux plaignants devant la cour, il permet de réduire les frais des demandeurs qui se regroupent pour payer les honoraires des avocats. Le recours collectif est habituellement utilisé par des consommateurs pour attaquer une compagnie.
Le recours collectif aurait comme conséquence pour les étudiants blessés de recevoir une indemnisation monétaire pour préjudices corporels. S’il y a effectivement eu des blessures, alors les policiers, ou plutôt leur employeur (la Ville de Montréal), devront payer.
Selon le Code de procédure civile du Québec, «un membre ne peut exercer le recours collectif qu’avec l’autorisation préalable du tribunal, obtenue sur requête». L’AÉUM étant en ce moment assez avare de détails, il est probable que le recours soit en voie d’être révisé par les autorités.
Toujours d’après le Code de procédure civile du Québec, si le recours collectif échoue, tous les membres liés par la requête échouent par la même occasion et ne pourront pas intenter de procès individuel.
Du côté des étudiants des cycles supérieurs, la Post-Graduate Student’s Society (PGSS) de McGill ne rapporte pas de témoins ou de membres affectés par les événements du 10 novembre. La question de recueillir des témoignages, comme le fait l’AÉUM, n’a pas été soulevée. La PGSS a néanmoins fait part de ses inquiétudes et opinions à l’administration lors d’instances officielles.
La PGSS prend d’ailleurs part à d’autres initiatives qui revoient les détails qui n’auraient pas été examinés par le rapport Jutras en décembre dernier. Ainsi, la PGSS continuera de «travailler en collaboration avec le reste de la communauté mcgilloise pour faire en sorte que le campus soit un endroit sécuritaire dans lequel les étudiants peuvent exprimer de façon pacifique leurs opinions.»
L’AÉUM continue de récolter des témoignages pour une durée déterminée, mais non communiquée. L’embauche d’un étudiant en charge uniquement de cette fonction sera discutée lors de la prochaine rencontre exécutive.
]]>Devant de tels chiffres, on pourrait se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Une hausse des frais de scolarité est-elle vraiment la réponse au sous-financement des universités quand on considère qu’elle entraîne une diminution des effectifs universitaires, et une augmentation de l’endettement étudiant? Mais la gratuité scolaire est-elle une solution ?
Dans le cadre de son mandat, l’IRÉC estime que suivant l’abolition des droits de scolarité et de retour d’impôt de 20%, le manque à gagner pour les universités serait entre 176 millions de dollars et 405 millions de dollars. De plus, la gratuité scolaire entraînerait une augmentation des effectifs universitaires entre 7% et 12%, ce qui impliquerait des coûts supplémentaires pour les universités. Il n’est toutefois pas évident de prédire quelle serait la façon optimale de financer le système universitaire sans réelles études sur les besoins financiers des universités.Entrevue avec Oscar Calderon, l’un des auteurs du rapport, disponible ici.
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Matthieu Santerre | Le DélitPourtant, l’AÉCG inquiète. Nombre d’organisations civiles l’ont condamné; certaines municipalités ont même envisagé une exemption, de peur d’assister à une arrivée massive des multinationales européennes. Mais surtout, l’AÉCG touche une corde depuis toujours sensible pour les provinces canadiennes, à savoir, la santé publique. Les changements demandés par l’UE en matière de propriété intellectuelle pourraient grandement affecter le coût des régimes d’assurance médicaments.
Perte de vitesse pour les génériques
Le gouvernement du Québec a confirmé, en date de l’écriture de cet article, que «l’UE demande, en effet, une harmonisation du régime canadien de brevet avec le sien, une prolongation de la durée de la période d’exclusivité d’utilisation des données des entreprises pharmaceutiques innovatrices et l’octroi d’un droit d’appel équitable pour ces dernières». En somme, ces propositions signifient que l’exclusivité commerciale des brevets pharmaceutiques de marque serait prolongée de trois ans et demi en moyenne, selon un rapport publié par l’Association canadienne du médicament générique (ACMG), en février 2011.
Le Canada pourrait voir le coût de sa facture «médicaments» augmenter de 2,8 milliards de dollars annuellement, soit, pour le Québec, une augmentation de 785 millions par année, toujours selon le lobby du médicament générique. Cependant, le gouvernement note que «l’étude de l’ACMG ne fait qu’évaluer les coûts possibles d’une extension des brevets, sans considérer l’apport des entreprises pharmaceutiques innovatrices à l’économie québécoise». Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D) vont jusqu’à dire que «l’industrie des médicaments génériques traîne une longue histoire d’exagération avec elle», tout en reconnaissant le fait que «le contenu final de l’entente est inconnu».
Cela fait près d’un an que les exigences européennes ont filtré de la table des négociations et il semblerait que, sur ce point, les discussions n’aient pas progressé. Daniel Charron, directeur de l’ACMG au Québec, pense que «c’est un élément qui sera négocié à la toute fin». Selon lui, rien n’est finalisé à l’heure actuelle.
Intérêts pharmaceutiques
Le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC) s’inquiète lui aussi des répercussions de la «modernisation» du régime canadien de propriété intellectuelle sur l’accès aux génériques. Dans un argumentaire publié en mars 2011, le réseau soutient que «dans le cadre de l’AÉCG, les lobbies pharmaceutiques font pression pour obtenir une prolongation de la période d’exclusivité des médicaments».
Le Canada représenterait un énorme marché pour l’industrie pharmaceutique européenne. Selon monsieur Charron, celle-ci profiterait grandement de l’AÉCG. Le porte-parole avance que les compagnies pharmaceutiques sont un important lobby en Europe et que «les associations filiales au Canada, leur relayeur, ont travaillé très fort». Le lobby pharmaceutique et le gouvernement québécois misent tous deux sur la modernisation du régime de propriété intellectuelle pour stimuler la recherche et le développement des médicaments novateurs et attirer les investisseurs. «L’Histoire démontre que toutes les fois que notre propriété intellectuelle au Canada a été améliorée, cela a apporté des investissements» affirme Rx&D.
L’argumentaire de la RQIC rappelle également que Clément Gignac, alors ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) en 2010, soutenait l’expansion de l’industrie biopharmaceutique de marque au Québec, et demandait le soutien du ministre du Commerce international pour la prolongation des brevets pharmaceutiques. Selon Claude Vaillancourt, porte-parole du RQIC et co-président d’ATTAC-Québec, «la position du gouvernement québécois n’a pas changé».
Le Québec est déjà bon dernier quant à la part des médicaments génériques sur le total des médicaments prescrits. Cependant, le MDEIE soutient dans un courriel que «le Québec a l’intention de continuer à offrir à sa population un accès universel aux médicaments, brevetés ou génériques, par le biais de son régime public d’assurance médicaments, encadré par la Loi sur l’assurance médicaments et ce quel que soit le résultat des discussions avec l’UE».
Les services publics de santé privatisés?
Un autre chapitre de l’Accord de libre-échange a alerté le réseau d’organisations sociales ainsi que son partenaire national, le Trade Justice Network et d’autres organismes comme le Conseil des Canadiens. Il s’agit du chapitre sur les services publics que les gouvernements du Québec et du Canada offrent de livrer au libre-échange, ce qui pourrait potentiellement mener à la privatisation de certains de ces services.
Depuis que circulent des documents révélant la liste des services publics exemptés de l’Accord, il est possible que les pressions civiles s’intensifient pour forcer le gouvernement fédéral à tenir un débat public avant de clore les négociations. C’est en tout cas ce que demandent les organisations impliquées.
Les propositions (faites en juillet dernier par le Québec et les autres provinces) n’ayant pas été divulguées, il est impossible de savoir si ces offres sur les marchés publics touchent les services de santé. Pierre-Yves Serinet, du RQIC, pense que cela est vraisemblable. «Le hic, c’est que les documents [qui ont fait l’objet d’une fuite] ne mentionnent les services publics que de façon très superficielle» note-t-il. Contrairement aux marchés publics, pour lesquels les partenaires commerciaux doivent établir une liste de ceux qu’ils proposent d’ouvrir, les offres concernant les services n’ont pas à être spécifiées. Tout dépend cependant du débat au niveau national, à savoir ce qui est qualifié de service public, et si les gouvernements provinciaux sont ouverts à une interprétation large permettant de faire appel à l’entreprise privée pour livrer ces services. À partir du moment où cette marge de manœuvre existe, le domaine de la santé pourrait être sujet à la concurrence européenne.
Compte tenu du soutien des provinces les plus concernées (ce sont les régimes d’assurance médicaments du Québec et de l’Ontario qui seraient les plus affectés selon l’ACMG) et de la puissance notoire des lobbies pharmaceutiques, il est peu probable que le Canada fasse marche arrière sur la prolongation des brevets pharmaceutiques. Plusieurs pistes indiquent que les Canadiens devront faire face à une conjoncture défavorable pour la santé si l’AÉCG est conclu tel que négocié à l’heure actuelle.
]]>Avant toute chose, il faut mentionner que McGill est un point central de l’univers branché du Québec. De ce fait, il est venu à l’idée de concevoir un guide des endroits locaux et en vogue, à savoir s’il y avait d’autres endroits branchés que le Ghetto McGill, le Mile-End, Hochelaga-Maisonneuve et le Plateau. Il faut sortir de l’île pour voir qu’il existe certes d’autres quartiers vibrants. Il faut se diriger à Québec pour trouver cet endroit magique où les pots Mason sont rois et la vie de quartier aussi fleurissante qu’à Montréal.
Ne vous méprenez pas. Il ne s’agit pas d’un guide pour vous organiser pour finir toutes les lectures que vous n’aviez pas faites avant la semaine de lecture. Ce texte veut simplement vous vendre du rêve et surtout vous faire sortir de la «grand’ ville» pour vous faire découvrir les charmes cachés de la Vieille Capitale sous ses traits locaux.
En fait, il importe de noter que la scène branchée s’est développée de concert avec la scène hipster. La culture et la mode hipster sont «non mainstream», et celles de Québec se sont développées un peu plus tardivement que celle de Montréal. Les jeunes habitants de la ville ont développé une saveur bien spécifique à cette tendance branchée qui voudra certainement perdurer dans la Vieille Capitale. En fait, les quartiers chauds sont, pour la Basse-Ville, Saint-Roch et, pour la Haute-Ville, Saint-Jean-Baptiste. Là-bas, pensée indépendante, contreculture, progressisme et créativité se rejoignent pour former un tout qui se joint formidablement bien à la ville. Ces quartiers méritent d’être visités et surtout d’être vécus.
Ce guide ne veut pas vous interdire de visiter le Château Frontenac ou le Vieux-Québec, faites ce qui vous plaira. Cependant, il vise à vous faire vivre la «vraie» vie à Québec dans les quartiers habités par les locaux et non pris d’assaut par les touristes. Allez à Québec vous en serez comblé.
Saint-Roch
Premièrement, le quartier Saint-Roch tire son nom d’une chapelle construite par les Récollets sous le Régime français au début de la colonisation. Ce quartier a été l’un des plus populeux et prospères de Québec jusque dans les années 1960 au profit de l’émergence des banlieues. Le quartier est ensuite entré dans un dur déclin au profit du crime notamment jusqu’à la fin des années 1990. Cependant, depuis une quinzaine d’années le quartier se noie sous une pluie constante d’investissements de la part de la ville de Québec pour le revitaliser. Ces investissements ont porté fruit, car le quartier est désormais le plus branché de Québec chez les jeunes locaux et les jeunes professionnels de la Vieille Capitale. Les deux grandes artères du quartier, le boulevard Saint-Joseph et le boulevard Charest sont désormais totalement revitalisés et fréquentés par une classe d’individus plus aisés. Ce quartier vit présentement une vague d’embourgeoisement intensif.
De tous les restaurants du quartier, notamment parmi le Café du clocher penché et le restaurant Les Bossus, le restaurant-salle-de-spectacle Le Cercle est un choix à retenir. En effet, Le Cercle est spécialisé dans les tapas et les tartares. C’est un endroit extraordinaire pour passer une soirée riche en émotion. Le restaurant a notamment une excellente cave à vin pour les fins connaisseurs et les amateurs. Le Cercle est aussi une salle de spectacle de la scène alternative. Consultez leur programmation pour la semaine de lecture, car ils n’auront pas moins de six spectacles pour vous satisfaire.
Que voir à Saint-Roch pendant que l’on flâne?
Le quartier Saint-Roch est riche en petits endroits pour satisfaire son envie de flâner dans les rues et particulièrement le boulevard Saint-Joseph. Parmi les endroits où il est conseillé de s’arrêter pendant son flânage, le magasin de guitares, la boutique Philippe Dubuc, le café-lecture Fanamanga et la Galerie Morgan Bridge sont des incontournables.
Saint-Jean-Baptiste
Le quartier Saint-Jean-Baptiste existe lui aussi depuis les premiers moments de la colonisation par la France de l’Ancien Régime. Situé en Haute-Ville, ce dernier est à proximité des centres touristiques sans avoir été trop envahi par les touristes. Ce quartier est entré dans la tendance branchée avec l’arrivée depuis quelques années d’une bonne partie de la communauté homosexuelle de Québec. La rue principale dans ce quartier est le boulevard Saint-Jean avec ses nombreux cafés, restaurants, boutiques et ses bars animés. Le quartier est dominé par l’Église du même nom qui est le point central du quartier. Si vous allez dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, sortez de l’artère principale et allez visiter les petites artères dans les quartiers résidentiels. N’ayez pas peur de l’aspect ouvrier du quartier: il s’agit en fait d’un des quartiers les plus chics de Québec.
Où manger à SJB?
La ville de Québec regorge d’excellents endroits où l’on peut satisfaire son appétit. Cependant, il existe un incontournable pour les déjeuners: le Bonnet d’âne. Cet endroit, très peu connu des touristes, est le rendez-vous des locaux qui y vont naturellement comme on va à l’épicerie. Vous y trouverez les meilleurs œufs bénédictines et ce, dans un environnement de magasin général. Cet endroit est très couru, donc il vaut mieux réserver avant de s’y présenter pour déjeuner. Parmi les autres bonnes adresses du coin, on peut noter: Lady Cookie (pâtisserie), Paingruel (boulangerie), ainsi que la plupart des restaurants de la rue Saint-Jean.
Où étudier à SJB?
Ouvrez vos livres à la Brûlerie Saint-Jean pour vous avancer un tant soit peu dans vos lectures; endroit magnifique qui fait penser à un petit bistro ou café du Mile-End. Les soupes et les sandwichs sont renversants. Très belle ambiance qui agence salle d’étude à salle d’exposition de photographies d’artistes locaux.
Que voir à SJB?
Le quartier Saint-Jean-Baptiste est niché sur le cap Diamant soumis aux bourrasques de vent. Saint-Jean-Baptiste est le quartier des flâneurs et un endroit exceptionnel pour y voir une faune diversifiée d’individus, et aussi une architecture exiguë. Les meilleurs endroits pour profiter des beautés architecturales du quartier sont sans aucun doute dans le vieux quartier ouvrier, qui n’a d’ouvrier que son nom. En effet, il a subit un vague d’embourgeoisement et il est devenu beaucoup plus familial. Vous avez, près des falaises, des points de vue à couper le souffle sur les Appalaches et le reste de la ville.
Le Délit s’est entretenu avec le chroniqueur culturel, Patrice Plante, du très en vogue blogue Québec t’aime (www.quebectaime.com), LA référence actuelle des tendances à Québec.
Le Délit: Depuis combien de temps le blogue est-il en activité et qu’est-ce qui est responsable de son grand succès?
Patrice Plante: Depuis mars 2010. La diversité et la qualité des chroniqueurs, ainsi que notre stratégie 2.0 qui nous a fait rejoindre un nombre incroyable de gens via Facebook. C’est aussi la première fois qu’un média se positionne avec un slogan qui rend la ville amoureuse de ses citoyens plutôt que l’inverse.
Enfin, l’intérêt du site pour un touriste est indéniable : tous les recoins cachés, les meilleures bouffes et les meilleures activités underground sont couvertes par nous
LD: Quelle est la spécificité du blogue Québec t’aime?
PP: Un contenu hyper original et non conventionnel. Nous ne couvrons rien de mainstream, et le faisons avec une plume et un humour qui nous place en marge du journalisme (ou plus particulièrement, nous créons un nouveau genre de journalisme qui rend la lecture divertissante, pour aller chercher le public internaute 18-34 ans).
Nous voulons faire ressortir ces artistes inconnus, souvent étudiants, ainsi que toutes ces petites choses de la vie quotidienne (photos, moments, initiatives d’étudiants ou de passionnés) qui font de Québec une ville où il fait bon vivre.
LD: Que devraient absolument visiter les étudiants de McGill s’ils viennent à Québec?
PP: La 3e avenue de Limoilou, avec ses airs de Montréal, ses gens merveilleux et son parcours incroyable pour les gourmands (cafés, boulangerie, bistro japonais, soupe et cie, fromagerie) sont des incontournables. Le Cercle doit absolument être une étape. Une marche le long de la rivière Saint-Charles, les petites rues du Vieux-Québec et de Saint-Jean-Baptiste doivent être un moment de nonchalance et de bonheur absolu. Un café au sommet de l’Astral, par un jour ensoleillé d’hiver vaut le détour. Une visite chez Francine, sur la 1re avenue, qui offre des plats de grand-mamans québécoises dans son petit resto aux allures de salon familial se doit de vous charmer. Une virée au Bateau de Nuit et au Sacrilège, et puis la poutine Ashton sauce piquante sont des classiques des locaux. De plus, il faut s’attarder pour aller au brunch au Buffet de l’Antiquaire sur Saint-Paul, le traversier de Lévis suivi d’une bière au Corsaire et surtout, surtout pas le Savini.
LD: Comment le blogue Québec t’aime peut-il leur être utile?
PP: Divisé par catégorie d’intérêt (musique, art, culture, bouffe, etc…), il permet à ces étudiants de se promener par champ d’intérêt et de découvrir ainsi ce que la ville offre de mieux, mais de façon divertissante (nous ne sommes pas un moteur de quoi faire à Québec, mais une personne curieuse peut se promener, lire, et être passionné de quelque chose, quelqu’un ou un lieu spécifique de Québec). Ça rend l’expérience de recherche plus intéressante. Pour les amateurs de bouffe, je signe d’ailleurs une chronique BEST OF P, qui recense le meilleur de Québec: le meilleur sushi, pain, café, resto «apporter votre vin», etc.
LD: Quel événement ne doit-on pas manquer à Québec durant la semaine de lecture?
PP: Vous tombez en plein pendant le Fashion Jam, à ne pas manquer toute la semaine avec les compétitions de snowboard et le plus grand événement mode du Canada le 25 février!
LD: Quel est ton restaurant et ton endroit pour flâner préférés dans Saint-Roch?
PP: Mon resto préféré, dans Saint-Roch, est l’Affaire est Ketchup. Mon endroit pour flâner est la rue Saint-Joseph au complet, avec ses boulangeries, boucheries, épiceries exotiques et ses cafés comme la Brûlerie Saint-Roch et le Nektar. Je dois vous dire que mon endroit préféré pour prendre un verre est sans aucun doute Le Cercle. Et ma nouveauté coup de cœur 2012 est le restaurant Hosaka-ya Ramen
LD: Quel est ton restaurant et ton endroit pour flâner préférés dans Saint-Jean-Baptiste?
PP: Mon resto préféré est La Chine chez Soi. Mon endroit, par excellence pour flâner est la rue de la Tourelle, la nuit. Et assurément le Bateau de Nuit et le Saint-Angèle.
LD: Comment se porte la scène underground à Québec et quels sont les meilleurs endroits?
PP: La scène underground se porte selon moi mieux que jamais, les initiatives ne cessent de se multiplier depuis l’effervescence du 400e anniversaire de la ville. Pour découvrir cette scène, rien ne bat le quartier Saint-Roch: les shows du Cercle et de l’Agitée, la galerie d’art Morgan Bridge et les initiatives comme le Festival OFF.
Bien que ce mélange de différentes époques et de différents mondes puisse sembler chaotique, Opéra McGill parvient à maintenir l’essence et à démontrer le génie de cet œuvre à travers une interprétation moderne et burlesque, grâce à de belles performances et un talentueux orchestre symphonique.
]]>Chaque année, les levées de fonds en tous genres rapportent des millions de dollars, car la cause rassemble et mobilise, tout particulièrement aux États-Unis. Par la même occasion, toutes sortes de compagnies y trouvent leur compte. Il ne faut pas être un génie en économie pour s’apercevoir qu’un aspirateur portant le signe du ruban rose se vend nécessairement mieux qu’un même aspirateur sans prétentions philanthropiques.
Pourtant, alors que l’argent s’entasse, il semble ne pas y avoir de suivi, ni de données claires concernant l’allocation des fonds, ni de détails sur la coordination des recherches ou sur les résultats obtenus. La sensibilisation au fléau du cancer du sein part d’une bonne intention, certes, mais il n’en demeure pas moins qu’elle véhicule des propos mensongers. Cette campagne semble entre autres clamer haut et fort que plus il y aura de contributions, plus grandes seront les chances d’éliminer la maladie; elle pèche aussi par omission, car on mentionne rarement –sinon jamais– la nécessité d’investir dans la prévention d‘un des cancers les plus répandus et meurtriers.
En fait, la véritable hypocrisie des campagnes du ruban rose réside dans le fait que des compagnies telles qu’Avon, un des leaders en la matière, sont aussi les compagnies qui vendent des produits de beauté contenant des composants cancérigènes.
L’exploitation d’une maladie à des fins lucratives ne cesse de prendre toutes les couleurs et toutes les formes (campagnes de lutte contre le VIH, les maladies cardiovasculaires, et j’en passe). C’est, dirait-on, le capitalisme… dans toute sa splendeur.
L’Industrie du ruban rose propose un pas dans la bonne direction, celle de la mise à jour d’une hypocrisie camouflée avec ruse, un documentaire qui nous mène très certainement à réfléchir, mais qui malheureusement ne creuse pas assez loin les problématiques qu’il soulève et ne réussit donc pas à fournir les réponses concrètes et satisfaisantes auxquelles le spectateur, intrigué, s’attend. Petit budget ou trop peu de capacité d’investigation? Sans narrateur, le film manque aussi de structure et de mouvement, son idée directrice est difficile à suivre, au point que l’on a parfois l’impression de regarder des séquences en pré-montage. Les idées excellentes finissent par se perdre dans un amas de banalités qui tendent à se répéter.
L’Industrie du ruban rose
Où: Dans tous les bons cinémas
Quand: À partir du 3 février
Oscar Calderon : Le plan de finance arrive à peu prés à 116M$ de hausse. Mais dans les calculs que nous avons fait, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y a pas vraiment de méthodologie dans le plan de financement. Ils ont omis de calculer la croissance, et si elle est calculée, il l’ont sous estimée.
LD: Vous avez mentionné dans votre rapport qu’aucune étude sur les réels besoins du système universitaire n’a été réalisée à votre connaissance. Pourquoi ? Comment expliquez-vous alors que le gouvernement puisse présenter un plan de hausse sans avoir aucune idée du montant nécessaire ?
OC : La plupart des études sur le sujet disent qu’il y a un déficit. Pour combler le déficit présentement, cela coûterait un certain montant d’argent. Est-ce que les fonds qui vont aux universités ont réellement été attribués ? Il n’y a pas d’étude qui dit les coûts pour former un étudiant.
LD: Vous avez étudié la question de la gratuité scolaire. Pensez-vous que cela soit une option viable ?
OC : C’est un choix de société. Cela serait une façon de fonctionner qui serait viable comme telle. Nous avons calculé que cela coûterait entre 2.2% et 2.7% du budget actuel du MELS. Nous ne voyons donc pas pourquoi cela serait infaisable. Je sais qu’il y a plusieurs pays où il n’y a pas de droits de scolarité. Cela reste un choix plutôt politique.
LD: Comment pensez-vous que les universités combleront leur manque à gagner sous la gratuité scolaire ?
OC : Évidemment, nous supposons que la tâche de financer incomberait au gouvernement. Il y a deux possibilités : soit les entreprises privés prendraient une part accrue dans le financement des université, soit cela serait au gouvernement de combler l’écart.
]]>En janvier 2012, Richard Bergeron, chef du parti Projet Montréal, dépose une motion pour créer une bourse du carbone pour Montréal et pour «devancer le gouvernement fédéral dans ce domaine». Monsieur Bergeron est très clair: adopter cette motion serait la meilleure façon de devenir les premiers en Amérique du nord à mettre en place un tel projet et ainsi devancer la concurrence, qu’elle soit européenne, chinoise, ou autre.
De plus, Richard Bergeron semble avoir bon espoir que la motion sera adoptée et qu’elle sera bénéfique pour Montréal et pour tous les Québécois. La différence cette fois-ci, comparé à 2008, est que le gouvernement du Québec obligerait toutes les entreprises à participer à ce nouveau marché.
Cependant, avec les récentes nouvelles concernant le départ de plusieurs grosses entreprises installées au Québec depuis des années, il serait logique de penser que la création de cette bourse serait un tantinet futile. Comment fonctionnerait cette machine marchande sans entreprises pour l’alimenter? En réponse à cette question, monsieur Bergeron indique que ces entreprises, ayant quitté le sol québécois, se sont déplacées en terres plus compétitives; vers l’Asie et l’Amérique latine. C’est pour cette raison qu’il faut «chercher des créneaux dans l’économie du futur, et non dans l’économie d’hier» précise-t-il. Comme exemple, il cite l’industrie du jeu vidéo qui est en ce moment en pleine expansion à Montréal. Le chef du parti croit «qu’il y a des domaines où ils ne peuvent pas nous concurrencer» et que c’est aux Québécois de les identifier.
Si cette bourse offre de nombreux avantages importants, ce système est très souvent critiqué, principalement parce qu’il encourage la spéculation sur le marché, mais aussi parce que le système «utilise les mécanismes du marché pour fonctionner», comme l’explique le chef de Projet Montréal. Celui-ci assure que seulement «20% à 30% du total de l’économie en cause iront aux coûts administratifs». C’est probablement l’une des raisons pour laquelle le chef du parti ne croit pas que la bourse sera très bien acceptée par la population. Il explique toutefois qu’elle pourrait agir en tant que phare, en tant que trophée que les Québécois pourraient brandir fièrement. Il croit que la clé est d’avoir l’audace d’aller de l’avant et de prendre des risques puisque ce type de marché démontre un potentiel grandissant dans le monde. Citant Barcelone, qui selon lui est présentement en train de déclasser Paris en terme d’innovation environnementale, Richard Bergeron affiche le profil d’un visionnaire réaliste ayant à cœur les intérêts environnementaux de sa ville. Pour illustrer le fond de sa pensée, celui-ci croit que cette bourse pourrait bien permettre à Montréal, et au Québec, de devenir un pôle majeur dans une économie mondiale «verte», comme Bombardier l’a fait au fil des ans dans le secteur ferroviaire et aéronautique.
C’est le 23 et 24 janvier que Richard Bergeron et son équipe ont déposé cette motion au conseil municipal de la ville de Montréal, qui a été acceptée à l’unanimité. Le ministre Arcand s’est ensuite prononcé en faveur de son adoption. Présentement, la bourse est au un stade expérimental jusqu’au début de l’année prochaine. Ensuite, elle entamera une première période de deux ans et inclura la plupart des entreprises montréalaises. Les compagnies pétrolières ne se joindront à la liste que quelques années plus tard.
]]>Dans le noir, une danseuse sur pointes amorce un tour sur scène, puis, sur un air d’opéra de Puccini, fait des pas de bourrée sur place. Un homme arrive et l’imite. Ils enfilent leurs équipements sportifs Cooper, ce qui laisse présager la suite des événements. Leur parade nuptiale entomologique a lieu à trois reprises, l’homme laissant littéralement tomber la femme, mais ils finissent par se désarmer.
Le deuxième tableau offre un contraste saisissant (la pièce entière étant d’une intensité en montagnes russes) avec le même couple, l’éclairage tamisé et la musique pour piano seul du compositeur Goldmund, laissant deviner l’intimité d’une chambre à coucher. Virginie Brunelle y intègre des portés spectaculaires et novateurs, à faire pâlir d’envie les grands chorégraphes de ballet d’aujourd’hui. Les portés au mur qui suivent apportent aussi une dimension surprenante. La chorégraphe a pensé à des détails, comme les doigts de l’homme formant un cœur sur le sexe de la femme lorsque celle-ci glisse entre ses bras. Les ondulations du dos de Simon-Xavier Lefebvre sont particulièrement charnelles et son effleurement d’un mollet féminin du bout des doigts se montre d’une belle délicatesse. On peut s’imaginer deux amoureux parfaitement complices.
La réalité s’avère tout autre. Dans la scène suivante, le même homme danse avec une danseuse différente mais portant une coupe de cheveux similaire, sous un éclairage néon bleuté. Sur la célèbre ballade «Love Hurts», l’entrejambe est plus exposé, le pied est haut, les mouvements coïtaux sont crus.
On revoit plus tard la première danseuse vêtue de ceintures lui comprimant la poitrine tel un corset. L’autre la rejoint et ensemble elles exécutent pieds nus une danse sauvage suggérant un défilé sur podium, juchées sur d’imaginaires talons hauts.
Les ceintures finissent par tomber, ce qui nous donne enfin droit à des baisers échangés entre le couple principal. Évidemment, la tendresse ne peut durer et fait place à une pluie orageuse de ceintures. L’homme reste seul à se battre contre lui-même, sur une musique pour piano préparé.
La pièce tire vers sa fin sur la chanson «To Build a Home», du Cinematic Orchestra avec Patrick Watson, ce qui illustre bien là où la chorégraphe veut en venir.
Les deux danseuses s’en tirent correctement mais sans plus au niveau de la technique sur pointes (pieds mollement pointés ici et là, arabesques en attitude qui manquent d’aplomb). Reste que c’est un rare plaisir de voir de la danse sur pointes à Montréal, sachant que peu de chorégraphes veulent fournir les efforts nécessaires. Foutrement est d’une belle physicalité, le pouvoir évocateur reposant plus sur la danse en tant que telle que sur la performance et la théâtralité, qui sont aussi bien maîtrisées soit dit en passant. Les pièces musicales et les éclairages accompagnent à merveille les intentions de la chorégraphe. Mais ce qui fait sa plus grande force est le mélange bien dosé de l’esthétique classique ponctué de trash contemporain.
]]>La mise en scène, à l’exception de la direction des acteurs, laisse un sentiment d’ambivalence. La pièce démarre pourtant en grand avec l’arrivée des convives, déjà trop bruyants pour être vrais, trop grotesques pour être authentiques. Le spectateur s’attend déjà à voir jaillir les incivilités, les pulsions, les cris gutturaux et les malaises de toutes parts. Pourquoi le metteur en scène et le scénographe choisissent-ils de rajouter du symbolisme? Ce dernier, illustré par l’ésotérisme d’une grande lanterne chinoise qui clignote soudainement d’un bleu électrique pour tétaniser l’assemblée, la Mariée pratiquant la télékinésie, la Mère qui occupe le trône du Père en faisant du tricot en silence, l’arrivée impromptue d’une poupée-cadavre, le corbeau géant qui perd ses yeux ,laissant ainsi passer la lumière derrière le mur, est superflu.
Le choix des répliques présentées en boucle et la scène de la toilette semblent aussi douteux. Autant de choix de mise en scène éparpillés qui sont peut-être porteurs de sens mais qui restent trop hermétiques à la compréhension des spectateurs par rapport au texte. Ainsi, les spectateurs rendus perplexes, les moments potentiellement comiques passent inaperçus. D’un autre côté, on peut saluer le choix de ponctuer le chaos de moments silencieux suspendus dans le temps, créant des malaises sournois. La métaphore de Brecht des meubles qui se brisent tout comme les valeurs de l’époque est aussi bien transposée sur scène.
Les costumes d’époque paraissent plus appropriés à la pièce, sauf l’habit contemporain de la Femme, dont les collants d’un fuchsia agressif jurent avec le reste, et le visage poudré de l’Homme. Il faut aussi souligner l’inutilité de l’écran vidéo faisant office d’aquarium. L’environnement sonore ajoute bien à l’ambiance tout en cherchant trop à faire le tour du monde, en passant des chants bouddhistes tibétains à la musique de nô japonais.
Du côté des acteurs, chacun nous offre une performance honorable. Enrica Boucher réussit particulièrement bien à irriter dans son rôle de la Femme détestable. Le tour de chant de l’Ami, Paul Ahmarani, constitue quant à lui une belle performance.
En bref, le texte de Brecht a jadis été avant-gardiste et montre maintenant quelques rides. Heureusement, au fil des ans, il a fait d’innombrables petits et les thèmes et variations autour du mariage ont été maintes fois actualisés. Quant à Gregory Hlady, sa volonté de surligner les non-dits et d’étoffer le texte par un symbolisme appuyé est louable mais inattendue ici et se prêterait mieux à d’autres pièces. La mise en scène souffre de sa bestialité, dénaturée par son suremballage dans un bric-à-brac confus.
La Noce de Bertolt Brecht
Où: Théâtre Prospero
1371 rue Ontario Est
Quand: jusqu’au 11 février
Du déjà vu
Le scénario nous rappelle inévitablement Chasseur de primes (Bounty Hunter) sorti en 2010, qui mettait en vedette Jennifer Aniston et Gerard Butler. Les rôles y étaient inversés alors que Butler tentait d’épingler Aniston dans une comédie plutôt mal ficelée. On peut dire que La Prime réussit là où Chasseur de primes a échoué: le rythme est soutenu, l’humour est plus subtil et le romantisme n’empiète pas sur l’intrigue principale. On remarque également que le style vestimentaire d’Heigl est mieux adapté aux circonstances que celui d’Aniston: des jeans plutôt qu’une mini-jupe et un chemisier ordinaire plutôt qu’un décolleté.
Même si l’on commence à connaître la recette des comédies traditionnelles américaines, on se surprend à rire face aux événements cocasses qui surviennent tout au long du film. La réalisatrice Julie Anne Robinson, connue pour avoir réalisé The Last Song et quelques épisodes de Grey’s Anatomy, nous épargne quelques clichés vers lesquels il était facile de glisser. Le jeu des acteurs, comique sans être trop caricatural, est déterminant dans cette comédie dont le propos ne réinvente rien.
On ne change pas une formule gagnante
Ce film ne présente en effet aucune nouveauté, sinon les cheveux fraîchement teints en brun de Katherine Heigl. Elle rend une prestation du même registre que tous ses rôles précédents: une femme au caractère fort et tranchant, voluptueuse et un peu maladroite. Force est d’admettre que ce type de personnage lui convient très bien et elle livre ici une performance à l’image du long-métrage dans son ensemble: plutôt bien dosée et divertissante.
La prime (One for the money)
Dans tous les bons cinémas
Depuis le 27 janvier
Le projet de villagisaton a déjà forcé le déplacement de près de 70 000 personnes indigènes de la région de Gambela et prévoit d’en déplacer jusqu’à 1,5 million d’ici 2013 à des fins purement économiques, indique le rapport de HRW. Les villageois, déplacés vers une région aride, non cultivable, vont voir leurs terres louées à des investisseurs indiens, chinois ou saoudiens, à des fins commerciales.
L’Éthiopie dans l’embarras
Même si le plan de développement agricole commercial, d’où provient le projet de villagisation, précise que les déplacements doivent se faire sur une base volontaire, le rapport souligne une toute autre réalité: ceux qui s’y opposent se voient menacés, arrêtés ou même agressés.
De plus, Human Rights Watch dénonce le fait que le gouvernement se voie incapable de fournir les besoins essentiels aux villageois, privant ces derniers de soins de santé de base et provocant entre autres des cas de famine.
Or, la controverse entourant le projet de «villagisation» ne repose pas uniquement sur les déplacements forcés d’indigènes. En réalité, l’Éthiopie se retrouve sous les radars, car elle offre ses terres aux marchés agricoles internationaux aux dépens de ses propres fermiers. Le rapport de l’organisation indique que jusqu’à présent, 3,6 millions d’hectares de terre, équivalant à la taille des Pays-Bas, ont été mis en location. Toutefois, même si le gouvernement continue de nier l’éventuel lien entre déplacements forcés et investisseurs étrangers, d’anciens représentants du gouvernement local ont confirmé l’information à HRW.
Des échos à Ottawa
Il est à noter que l’Éthiopie est le troisième plus grand récipiendaire d’aide étrangère canadienne, recevant près de 170 millions de dollars par année. Avec son extrême pauvreté, cet état africain figure 174e sur 187 dans l’index de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le développement. Ainsi, parmi les priorités de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) concernant ce pays de la Corne de l’Afrique, figurent la sécurité alimentaire, l’agriculture et le développement rural. (Pour une liste détaillée des projets actifs, la banque de projets de l’ACDI est disponible en ligne.)
Cela dit, le rapport de HRW surgit à un moment plutôt opportun: la ministre Bev Oda vient d’approuver l’allocation de millions de dollars en aide étrangère destinée à un projet d’agriculture en Éthiopie. Au sujet de leur stratégie de développement agricole, l’ACDI précise que les risques englobent les changements climatiques, les problèmes techniques liés au développement agricole, ainsi que les problèmes de gérance. Ce dernier sera davantage mis sous la loupe avec le rapport de Human Rights Watch qui dénonce les fins «secrètes» du gouvernement éthiopien et son intérêt envers les marchés agricoles internationaux.
Ainsi, cette importante somme d’argent allouée à l’Éthiopie se retrouve sous la loupe et fait des échos à Ottawa pendant que Human Rights Watch demande aux donateurs internationaux de couper toute aide étrangère jusqu’à ce que les déplacements forcés cessent.
]]>Guru du management sportif au sein de la Ligue nationale de hockey, Ken Holland était donc un invité de classe pour l’université. Son savoir faire et son efficacité, qu’il n’a pas entièrement partagés avec les étudiants venus l’écouter, ont permis aux Red Wings de remporter huit trophées de la Division Centrale de la LNH et trois coupes Stanley. Ken Holland a également précisé à quel point la formation de nouveaux joueurs, la gestion attentive et prévoyante des finances du club ainsi qu’un sens de la compétition sont primordiaux pour parvenir au succès. En l’écoutant parler, on comprenait aussi tout de suite qu’il fallait du caractère, de l’autorité et poser des règles claires pour diriger une équipe de hockey dont la plupart des joueurs sont encore dans la vingtaine. Il avait donc choisi le cadre idéal pour faire son cours de management sportif, car c’est à McGill, en 1877, que des étudiants ont inventé les premières règles du hockey sur glace. Au-delà du lieu, le moment était aussi opportun, car à l’heure où le sport est devenu un business incontrôlable, une bonne gestion des équipes n’est pas de refus.
Quelques heures plus tard, les Canadiens devaient donc affronter les Red Wings qui enchaînaient une série de sept victoires consécutives. De leur côté, les Habs sombraient à la onzième place sur quinze de leur conférence et voyaient leur rêve de qualification pour les séries éliminatoires s’envoler. Le match s’annonçait donc tendu, sans compter que l’entraîneur de Détroit, Mike Babcock, est un ancien de McGill…
Dès le début de la partie, la foule rassemblée au Centre Bell était plutôt calme et le jeu proposé par les deux équipes, n’était pas exceptionnel. Dès la sixième minute, René Bourque ouvre le score pour Montréal suite à une action plus ou moins opportuniste qui laissait entrevoir une réponse rapide et agressive des joueurs américains. Tout le monde le sait, le sport n’est toutefois pas toujours une question de statistiques; la chance, et le fait de jouer chez soi sous la pression font parfois des miracles. Les Habs enfoncent donc le clou instantanément avec trois buts avant la fin de la première période. La deuxième période était également favorable au Canadien et le score à la fin de celle-ci (6-0) avait de quoi faire dresser les cheveux de Ken Holland et des supporters de Détroit. Finalement, le match s’est clos avec un score de 7-2 pour Montréal, après une dernière période à l’avantage des Wings (2-1).
C’était donc un mercredi mémorable pour tout amateur de hockey à Montréal et pour Ken Holland, qui n’est sûrement pas près d’oublier son passage au Québec. Mémorable non seulement pour ceux qui aiment ce sport et qui vibrent dès que le palet touche le fond du filet mais aussi peut-être pour ceux qui envisagent une carrière dans le management sportif et qui ont eu droit aux conseils d’un des hommes les plus respectés dans ce domaine.
]]>On regrettera toutefois que l’histoire ne soit pas davantage développée. En effet, il est clair que ce premier tome pose les bases d’un récit qui pourra être de qualité, mais qui, pris indépendamment, il faut l’admettre, laisse le lecteur sur sa faim. Heureusement que les personnages qui se démarquent du récit sont tous dotés d’un certain charisme. On constate également que l’entité urbaine de Monplaisir, chaleureuse force destructrice qui étouffe tout libre-arbitre et toute liberté de pensée, semble elle-même se démarquer comme un personnage intriguant.
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