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	<title>Le Délit &#187; Arts &amp; Culture</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Mozart burlesque</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:26:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rouguiatou Diallo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[Une version osée mais appropriée de Don Giovanni, présentée par Opéra McGill]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Du 26 au 29 janvier, Opéra McGill a mis en scène une version bien particulière du classique de Mozart, Don Giovanni. Le héro légendaire a pris diverses formes au cours des ans; il est escroc espiègle chez Tirso de Molina, il est intellectuel libertin chez Molière, ou encore romantique et épique chez Byron. Pour la troupe de Patrick J. Hansen, Don Giovanni est un vampire. Vêtu de rouge et de noir, le séducteur insatiable surprend les spectateurs lorsque, face au sabre laser du Commandeur, il l’atteint d’une morsure fatale. S’ensuit une multitude d’actes et de symboles vampiriques dans lesquels chaque séduction est un rituel: un alter ego féminin qui porte les mêmes couleurs que Don Giovanni entre sur scène d’une danse sensuelle, tout en apportant un élixir rouge au protagoniste.</p>
<p><div class="media-credit-container alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/don-giovanni.jpg"><img class="size-medium wp-image-10794" title="don giovanni" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/don-giovanni-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><span class="media-credit">Photo: Brent Calis</span></div>Celui-ci le boit et s’avance vers sa victime, contemple sa nuque et lui saute au cou, confondant morsure et baiser. Le parallèle entre le vilain pécheur et le traditionnel monstre fantastique n’est pas si farfelu. Son appétit sexuel est assimilé à une nécessité et fait écho aux paroles de Don Giovanni dans l’Acte II, scène 1, où il affirme à son valet, Leporello, qu’il ne peut abandonner les femmes car elles lui sont plus importantes que le pain qu’il mange ou que l’air qu’il respire. Cela est notamment démontré lors du dîner de la venue du Commandeur, où les plats sont des femmes transportées par Leporello ainsi que son alter ego à la table du héros. Ces instances de luxure sont banalisées chez Don Giovanni ce qui explique son rejet de la repentance: il ne peut résister à l’appel de la chair.</p>
<p><div class="media-credit-container alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/don-giovanni-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-10796" title="don giovanni 2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/don-giovanni-2-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><span class="media-credit">Photo: Brent Calis</span></div>Le thème du vampire n’est qu’un élément parmi tant d’autres que la troupe d’Opéra McGill apporte à l’œuvre de Mozart. Hansen joue sur le comique et introduit du burlesque au grand classique. Donna Elvira, traditionnellement dépeinte comme un personnage tragique ou pathétique, devient l’objet de moqueries de la part des autres personnages et du public. Accoutrée de manière cocasse avec d’étranges lunettes et un parapluie, Donna Elvira ressemble à une vieille fille désespérée. Lors du quatrième Aria, elle découvre la vraie nature de Don Giovanni, et d’un air fouineur tente de s’emparer du livre dans lequel Leporello tient les comptes des conquêtes de son maître. Cet aspect comique ainsi que l’excellente performance de Jessica Scarlato font d’elle un personnage majeur de cette version. Dans le même registre, le valet malmené de Don Giovanni se retrouve dans des situations saugrenues. La superbe prestation du baryton Peter Walker contribue à imposer le comique comme registre principal de cette interprétation. La thématique burlesque est étayée par les sabres lasers et le Commandeur-Jedi. Les costumes ne sont pas uniformes, alors que les paysans sont habillés à la façon de notre temps, prêts à assister à un mariage; Donna Anna et Don Ottavio sont les seuls à avoir maintenu des habits d’aristocrates du 18e siècle. La scène est découpée en plusieurs morceaux, avec l’orchestre au centre et des paravents multiformes et multi-usage, ce qui facilite le jeu de cache-cache entre les personnages.</p>
<p>Bien que ce mélange de différentes époques et de différents mondes puisse sembler chaotique, Opéra McGill parvient à maintenir l’essence et à démontrer le génie de cet œuvre à travers une interprétation moderne et burlesque, grâce à de belles performances et un talentueux orchestre symphonique.</p>
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		<title>Overdose de rose</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:23:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isabelle Sokolnicka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[léa pool]]></category>
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		<description><![CDATA[Rose: cette couleur symbole de la lutte contre le cancer porte en fait le chapeau d’une industrie hypocrite et mensongère.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Léa Pool (Emporte-moi, Maman est chez le coiffeur) explore cette hypothèse controversée dans L’Industrie du ruban rose, la toute dernière production de l’Office National du Film. Il était temps. Malgré l’indignation que cette question soulève, se demander si les profits provenant de la lutte contre le cancer du sein (campagnes publicitaires, marches et produits dérivés à n’en plus finir) profitent réellement et directement à la cause. Quelle cause? Celle de la recherche d’un remède à la maladie ou celle d’une nouvelle avenue de profit pour plusieurs dizaines de compagnies?</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-1.jpg"><img class="size-large wp-image-10787" title="C - ruban rose 1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-1-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Photo: Léa Pool</span></div>
<p>Chaque année, les levées de fonds en tous genres rapportent des millions de dollars, car la cause rassemble et mobilise, tout particulièrement aux États-Unis. Par la même occasion, toutes sortes de compagnies y trouvent leur compte. Il ne faut pas être un génie en économie pour s’apercevoir qu’un aspirateur portant le signe du ruban rose se vend nécessairement mieux qu’un même aspirateur sans prétentions philanthropiques.</p>
<p>Pourtant, alors que l’argent s’entasse, il semble ne pas y avoir de suivi, ni de données claires concernant l’allocation des fonds, ni de détails sur la coordination des recherches ou sur les résultats obtenus. La sensibilisation au fléau du cancer du sein part d’une bonne intention, certes, mais il n’en demeure pas moins qu’elle véhicule des propos mensongers. Cette campagne semble entre autres clamer haut et fort que plus il y aura de contributions, plus grandes seront les chances d’éliminer la maladie; elle pèche aussi par omission, car on mentionne rarement –sinon jamais– la nécessité d’investir dans la prévention d‘un des cancers les plus répandus et meurtriers.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-2.jpg"><img class="size-large wp-image-10789" title="C - ruban rose 2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-ruban-rose-2-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Photo: Léa Pool</span></div>
<p>En fait, la véritable hypocrisie des campagnes du ruban rose réside dans le fait que des compagnies telles qu’Avon, un des leaders en la matière, sont aussi les compagnies qui vendent des produits de beauté contenant des composants cancérigènes.<br />
L’exploitation d’une maladie à des fins lucratives ne cesse de prendre toutes les couleurs et toutes les formes (campagnes de lutte contre le VIH, les maladies cardiovasculaires, et j’en passe). C’est, dirait-on, le capitalisme… dans toute sa splendeur.</p>
<p>L’Industrie du ruban rose propose un pas dans la bonne direction, celle de la mise à jour d’une hypocrisie camouflée avec ruse, un documentaire qui nous mène très certainement à réfléchir, mais qui malheureusement ne creuse pas assez loin les problématiques qu’il soulève et ne réussit donc pas à fournir les réponses concrètes et satisfaisantes auxquelles le spectateur, intrigué, s’attend. Petit budget ou trop peu de capacité d’investigation? Sans narrateur, le film manque aussi de structure et de mouvement, son idée directrice est difficile à suivre, au point que l’on a parfois l’impression de regarder des séquences en pré-montage. Les idées excellentes finissent par se perdre dans un amas de banalités qui tendent à se répéter.</p>
<p><em><strong>L’Industrie du ruban rose</strong></em><br />
<strong>Où:</strong> Dans tous les bons cinémas<br />
<strong>Quand:</strong> À partir du 3 février</p>
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		<title>De l’inconstance amoureuse</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Li</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
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		<category><![CDATA[virginie brunelle]]></category>

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		<description><![CDATA[Le retour de Foutrement, chorégraphie de Virginie Brunelle, met en scène deux danseuses sur pointe et un danseur, tous en slip blanc.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est rare que de nouvelles créations en danse contemporaine soient rediffusées. Foutrement, présenté au Théâtre Quat’sous, a eu cette chance après avoir été présentée en 2010 à La Chapelle.</p>
<p>Dans le noir, une danseuse sur pointes amorce un tour sur scène, puis, sur un air d’opéra de Puccini, fait des pas de bourrée sur place. Un homme arrive et l’imite. Ils enfilent leurs équipements sportifs Cooper, ce qui laisse présager la suite des événements. Leur parade nuptiale entomologique a lieu à trois reprises, l’homme laissant littéralement tomber la femme, mais ils finissent par se désarmer.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/foutrement.jpg"><img class="size-large wp-image-10783" title="foutrement" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/foutrement-595x595.jpg" alt="" width="595" height="595" /></a><span class="media-credit">Photo: Tobie Marier Robitaille</span></div>
<p>Le deuxième tableau offre un contraste saisissant (la pièce entière étant d’une intensité en montagnes russes) avec le même couple, l’éclairage tamisé et la musique pour piano seul du compositeur Goldmund, laissant deviner l’intimité d’une chambre à coucher. Virginie Brunelle y intègre des portés spectaculaires et novateurs, à faire pâlir d’envie les grands chorégraphes de ballet d’aujourd’hui. Les portés au mur qui suivent apportent aussi une dimension surprenante. La chorégraphe a pensé à des détails, comme les doigts de l’homme formant un cœur sur le sexe de la femme lorsque celle-ci glisse entre ses bras. Les ondulations du dos de Simon-Xavier Lefebvre sont particulièrement charnelles et son effleurement d’un mollet féminin du bout des doigts se montre d’une belle délicatesse. On peut s’imaginer deux amoureux parfaitement complices.</p>
<p>La réalité s’avère tout autre. Dans la scène suivante, le même homme danse avec une danseuse différente mais portant une coupe de cheveux similaire, sous un éclairage néon bleuté. Sur la célèbre ballade «Love Hurts», l’entrejambe est plus exposé, le pied est haut, les mouvements coïtaux sont crus.</p>
<p>On revoit plus tard la première danseuse vêtue de ceintures lui comprimant la poitrine tel un corset. L’autre la rejoint et ensemble elles exécutent pieds nus une danse sauvage suggérant un défilé sur podium, juchées sur d’imaginaires talons hauts.</p>
<p>Les ceintures finissent par tomber, ce qui nous donne enfin droit à des baisers échangés entre le couple principal. Évidemment, la tendresse ne peut durer et fait place à une pluie orageuse de ceintures. L’homme reste seul à se battre contre lui-même, sur une musique pour piano préparé.</p>
<p>La pièce tire vers sa fin sur la chanson «To Build a Home», du Cinematic Orchestra avec Patrick Watson, ce qui illustre bien là où la chorégraphe veut en venir.</p>
<p>Les deux danseuses s’en tirent correctement mais sans plus au niveau de la technique sur pointes (pieds mollement pointés ici et là, arabesques en attitude qui manquent d’aplomb). Reste que c’est un rare plaisir de voir de la danse sur pointes à Montréal, sachant que peu de chorégraphes veulent fournir les efforts nécessaires. Foutrement est d’une belle physicalité, le pouvoir évocateur reposant plus sur la danse en tant que telle que sur la performance et la théâtralité, qui sont aussi bien maîtrisées soit dit en passant. Les pièces musicales et les éclairages accompagnent à merveille les intentions de la chorégraphe. Mais ce qui fait sa plus grande force est le mélange bien dosé de l’esthétique classique ponctué de trash contemporain.</p>
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		<title>Après le mariage, le déluge</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Li</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[bertolt brecht]]></category>
		<category><![CDATA[enrica boucher]]></category>
		<category><![CDATA[Gregory Hlady]]></category>
		<category><![CDATA[paul ahmarani]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre prospero]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Groupe de la Veillée rediffuse La Noce de Brecht dans une mise en scène bric-à-brac de Gregory Hlady.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le texte, écrit en 1919 par Brecht, décrit un repas de noces rassemblant le Marié avec sa Mère et son Ami, la Mariée avec son Père et sa Sœur, et un autre couple marié (l’Homme et la Femme). Tout au long de cette soirée pénible pour tous, la scène résonne de rires gras, de moqueries cruelles, de récits stériles, et se salit de crème chantilly et d’alcool coulant à flot. Les invités finissent par s’enfuir alors que la soirée est encore bien jeune, laissant les mariés abattus. On peut facilement s’imaginer la nouveauté pour l’époque. Brecht ne fait pas dans la dentelle dans sa critique sociale de la bourgeoisie de son temps, qui comporte de multiples dénonciations: la virginité avant le mariage, la famille patriarcale, la femme au foyer, sans oublier  la cruauté et l’animalité de l’homme.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/la-noce.jpg"><img class="size-large wp-image-10779" title="la noce" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/la-noce-595x396.jpg" alt="" width="595" height="396" /></a><span class="media-credit">Photo: Dominique Lafond</span></div>
<p>La mise en scène, à l’exception de la direction des acteurs, laisse un sentiment d’ambivalence. La pièce démarre pourtant en grand avec l’arrivée des convives, déjà trop bruyants pour être vrais, trop grotesques pour être authentiques. Le spectateur s’attend déjà à voir jaillir les incivilités, les pulsions, les cris gutturaux et les malaises de toutes parts. Pourquoi le metteur en scène et le scénographe choisissent-ils de rajouter du symbolisme? Ce dernier, illustré par l’ésotérisme d’une grande lanterne chinoise qui clignote soudainement d’un bleu électrique pour tétaniser l’assemblée, la Mariée pratiquant la télékinésie, la Mère qui occupe le trône du Père en faisant du tricot en silence, l’arrivée impromptue d’une poupée-cadavre, le corbeau géant qui perd ses yeux ,laissant ainsi passer la lumière derrière le mur, est superflu.</p>
<p>Le choix des répliques présentées en boucle et la scène de la toilette semblent aussi douteux. Autant de choix de mise en scène éparpillés qui sont peut-être porteurs de sens mais qui restent trop hermétiques à la compréhension des spectateurs par rapport au texte. Ainsi, les spectateurs rendus perplexes, les moments potentiellement comiques passent inaperçus. D’un autre côté, on peut saluer le choix de ponctuer le chaos de moments silencieux suspendus dans le temps, créant des malaises sournois. La métaphore de Brecht des meubles qui se brisent tout comme les valeurs de l’époque est aussi bien transposée sur scène.</p>
<p>Les costumes d’époque paraissent plus appropriés à la pièce, sauf l’habit contemporain de la Femme, dont les collants d’un fuchsia agressif jurent avec le reste, et le visage poudré de l’Homme. Il faut aussi souligner l’inutilité de l’écran vidéo faisant office d’aquarium. L’environnement sonore ajoute bien à l’ambiance tout en cherchant trop à faire le tour du monde, en passant des chants bouddhistes tibétains à la musique de nô japonais.</p>
<p>Du côté des acteurs, chacun nous offre une performance honorable. Enrica Boucher réussit particulièrement bien à irriter dans son rôle de la Femme détestable. Le tour de chant de l’Ami, Paul Ahmarani, constitue quant à lui une belle performance.<br />
En bref, le texte de Brecht a jadis été avant-gardiste et montre maintenant quelques rides. Heureusement, au fil des ans, il a fait d’innombrables petits et les thèmes et variations autour du mariage ont été maintes fois actualisés. Quant à Gregory Hlady, sa volonté de surligner les non-dits et d’étoffer le texte par un symbolisme appuyé est louable mais inattendue ici et se prêterait mieux à d’autres pièces.  La mise en scène souffre de sa bestialité, dénaturée par son suremballage dans un bric-à-brac confus.</p>
<p><em><strong>La Noce de Bertolt Brecht</strong></em><br />
<strong>Où:</strong> Théâtre Prospero<br />
1371 rue Ontario Est<br />
<strong>Quand:</strong> jusqu’au 11 février</p>
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		<title>Une comédie comme les autres</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 13:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charlotte Paré-Cova</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[jason o'mara]]></category>
		<category><![CDATA[julie anne robinson]]></category>
		<category><![CDATA[katherine heigl]]></category>

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		<description><![CDATA[Katherine Heigl joue les chasseuses de prime dans une comédie plus sympathique que surprenante.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Stephanie Plum (Katherine Heigl) est fauchée et récemment divorcée, à la dérive, quelques mois après avoir été licenciée de chez Macy’s. Elle se tourne donc vers le seul emploi qui s’offre à elle: chasseuse de primes dans l’entreprise de son cousin. Sa première cible est Joe Morelli (Jason O’Mara), un policier soupçonné de meurtre dont la tête vaut 100 000 dollars. Plum a une bonne raison de vouloir le coincer outre une récompense de 50 000 dollars. En effet, la protagoniste souhaite se venger de cet ancien «compagnon» qui l’avait séduite, puis jetée de façon cavalière à l’adolescence. La nouvelle agente de recouvrement, dont l’existence était aussi palpitante que celle de son hamster en cage, voit sa vie prendre un essor excitant. Armes, vols de voiture et filature parsèment son chemin vers Morelli, un personnage arrogant et manifestement difficile à attraper.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/one-for-the-money.jpg"><img class="size-large wp-image-10776" title="one for the money" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/one-for-the-money-595x389.jpg" alt="" width="595" height="389" /></a><span class="media-credit">Photo: Films Seville</span></div>
<p><strong>Du déjà vu</strong><br />
Le scénario nous rappelle inévitablement Chasseur de primes (Bounty Hunter) sorti en 2010, qui mettait en vedette Jennifer Aniston et Gerard Butler. Les rôles y étaient inversés alors que Butler tentait d’épingler Aniston dans une comédie plutôt mal ficelée. On peut dire que La Prime réussit là où Chasseur de primes a échoué: le rythme est soutenu, l’humour est plus subtil et le romantisme n’empiète pas sur l’intrigue principale. On remarque également que le style vestimentaire d’Heigl est mieux adapté aux circonstances que celui d’Aniston: des jeans plutôt qu’une mini-jupe et un chemisier ordinaire plutôt qu’un décolleté.<br />
Même si l’on commence à connaître la recette des comédies traditionnelles américaines, on se surprend à rire face aux événements cocasses qui surviennent tout au long du film. La réalisatrice Julie Anne Robinson, connue pour avoir réalisé The Last Song et quelques épisodes de Grey’s Anatomy, nous épargne quelques clichés vers lesquels il était facile de glisser. Le jeu des acteurs, comique sans être trop caricatural, est déterminant dans cette comédie dont le propos ne réinvente rien.</p>
<p><strong>On ne change pas une formule gagnante</strong><br />
Ce film ne présente en effet aucune nouveauté, sinon les cheveux fraîchement teints en brun de Katherine Heigl. Elle rend une prestation du même registre que tous ses rôles précédents: une femme au caractère fort et tranchant, voluptueuse et un peu maladroite. Force est d’admettre que ce type de personnage lui convient très bien et elle livre ici une performance à l’image du long-métrage dans son ensemble: plutôt bien dosée et divertissante.</p>
<p><em><strong>La prime (One for the money)</strong></em><br />
Dans tous les bons cinémas<br />
Depuis le 27 janvier</p>
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		<title>Au cœur du plaisir</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 13:44:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annick Lavogiez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[futuropolis]]></category>
		<category><![CDATA[ricci]]></category>

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		<description><![CDATA[L’univers excentrique futuriste et désabusé d’Urban, dessiné par Ricci.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>An 2058. Zachary Buzz a tout quitté (ses parents, sa sœur, la ferme où il a grandi) pour être élève à l’Académie de Police de Monplaisir, «une cité tentaculaire vouée à toutes les formes de plaisirs». Dans cette société hyper surveillée, guidée soi-disant par le principe de plaisir et où évoluent des habitants étrangement déguisés en lapins géants et autres schtroumpfs, Zach fait ses premiers pas au cœur d’une justice humanoïde. Alors que le lecteur assiste aux débuts un brin chaotiques de Zach à l’Académie, le récit se perd dans différentes directions quelques peu inégales: les ébats amoureux de Zach, l’enquête de l’un de ses confrère et la vie de Niels, un jeune garçon déguisé en Justicier du Temps dont le rôle n’est pas tout à fait défini.</p>
<p><div class="media-credit-container alignright" style="width: 221px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/urban-color-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-10759" title="urban color 1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/urban-color-1-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté des éditions Futuropolis</span></div>Les Règles du jeu (tome 1 de Urban) constitue l’introduction d’une série qui devrait compter jusqu’à six tomes. La multitude des thèmes traités rend sa lecture particulièrement enrichissante. Ces derniers sont tous plus actuels les uns que les autres; de l’abrutissement des masses au travail à la solitude dans la foule, la misère, le voyeurisme, la télé-réalité, etc. Si l’album n’apporte rien de nouveau en matière de réflexion sur ces thématiques, il a au moins le mérite de bien les présenter. L’opposition constante entre la violence d’un système judiciaire omniprésent et l’ambiance toute tournée vers le plaisir sous toutes ses formes est particulièrement intéressante. Un univers qui semblait loin du nôtre par son futurisme poussé à l’extrême –et ce malgré la ressemblance avec nos grandes mégalopoles, leurs grands immeubles et leur foule– finit par y ressembler étrangement. <div class="media-credit-container alignleft" style="width: 224px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/urban-color-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-10761" title="urban color 2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/urban-color-2-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté des éditions Futuropolis</span></div> Les images récurrentes d’Alice au pays des merveilles, que l’on aurait pu croire symbolisant l’inlassable quête du plaisir, sont en fait intimement liées à un système policier alarmant. L’omniprésence des écrans géants, la perte de toute intimité et l’état policier sont autant d’éléments qui provoqueront certainement chez les lecteurs attentifs une réflexion sur nos propres sociétés. Et tout cela est habilement mis en dessin par Roberto Ricci, dont le trait sûr sert le récit.</p>
<p>On regrettera toutefois que l’histoire ne soit pas davantage développée. En effet, il est clair que ce premier tome pose les bases d’un récit qui pourra être de qualité, mais qui, pris indépendamment, il faut l’admettre, laisse le lecteur sur sa faim. Heureusement que les personnages qui se démarquent du récit sont tous dotés d’un certain charisme. On constate également que l’entité urbaine de Monplaisir, chaleureuse force destructrice qui étouffe tout libre-arbitre et toute liberté de pensée, semble elle-même se démarquer comme un personnage intriguant.</p>
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		<title>Quand l’idée dépasse le récit</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 13:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annick Lavogiez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>
		<category><![CDATA[delcourt]]></category>
		<category><![CDATA[marc-antoine mathieu]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans nos vies hyperactives et sous pression, dans nos esprits toujours très occupés, dans notre imaginaire précipité, trois secondes constituent un laps de temps auquel nous avons tendance à n’accorder que très peu d’importance.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il serait d’ailleurs sûrement bien délicat pour la majorité d’entre nous d’imaginer tout ce qui peut réellement se passer en si peu de temps. Quant à imaginer qu’une histoire toute entière pourrait se dérouler en une si courte durée, cela semble pour le moins farfelu, voire simplement irréalisable.</p>
<p><div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-3-secondes-annick.jpg"><img class="size-large wp-image-10755" title="3 SECONDES_cs4.indd" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-3-secondes-annick-595x592.jpg" alt="" width="595" height="592" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté des Éditions Delcourt</span></div>Fidèle à son habitude de jouer avec les limites de la bande dessinée, c’est Marc-Antoine Mathieu qui a relevé récemment ce défi dans l’album Trois Secondes (Delcourt), offrant un aperçu de l’immensité des possibles contenu dans un si court instant. «Trois secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps pour une balle de revolver de couvrir un kilomètre. Le temps d’une respiration. Le temps d’une larme, d’une explosion, d’un sms.»</p>
<p>Pour nous rappeler que chaque instant a son impact sur la vie et nous pousser à être attentif aux détails (et peut-être pour nous mystifier un peu?), l’auteur français a ainsi imaginé un récit qui se déroule de reflets en reflets, tel un zoom graphique sans fin, précisément dans cet espace-temps limité, prouvant ainsi la faisabilité du projet. En une soixantaine de pages à l’organisation identique (neuf cases en noir et blanc par page qui mettent en scène des images de plus en plus détaillées, zoomées), l’énigme muette Trois Secondes présente divers personnages dont il appartient au lecteur de comprendre les actions et les relations à force d’observation attentive.</p>
<p>Défi époustouflant, fascinant –passons les adjectifs dont la presse s’est jusqu’ici délectée pour qualifier cet ouvrage–, cet album vient sans conteste d’une idée originale. Soumettre le lecteur à une foule de détails, le forcer à de multiples allers-retours entre des jeux de miroirs particulièrement réussis est en soi une excellente idée. Découper une énigme dans l’extrême détail, zoomer au ralenti jusqu’à la lune pour placer le lecteur dans la peau d’un inspecteur qui cherche un indice dans le reflet d’un reflet d’un reflet est sans conteste la confirmation que l’on peut encore faire preuve d’une immense imagination en art. Pour cela, bravo à Mathieu, qui semble ici être de la trempe des génies.</p>
<p>Ceci étant dit, au-delà de l’idée, que reste-t-il, concrètement, dans les pages que l’on feuillette, avide de comprendre une histoire pour le moins compliquée? Difficile à dire. Difficile de ne pas s’impatienter face à la complexité du récit: on aime travailler, certes, on aime réfléchir, certes, mais on apprécie moins fermer un livre en se demandant comment résumer son histoire… qu’on a en fait pas compris. Aux questions: «Qui est le destinataire de la balle? Quel scandale secoue la presse? Qui est dans l’avion?», il est difficile de répondre après une lecture légère, un peu désinvolte. Une deuxième, voire une troisième lecture s’impose pour saisir les subtilités d’un récit peut-être pris au piège dans son défi. Les lecteurs patients et avides de provocation apprécieront, enjoués par l’originalité d’un album qui ne peut pas laisser indifférent. Les autres se demanderont peut-être si nous ne sommes pas parfois un peu trop à l’affût d’une idée originale, oubliant sans doute de temps à autre ce qui fait aussi d’une histoire une bonne histoire: sa clarté.</p>
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		<title>Voir Montréal et mourir</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 13:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laure Henri-Garand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[augie march]]></category>
		<category><![CDATA[dangling man]]></category>
		<category><![CDATA[herzog]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[michel tremblay]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[nelly arcand]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
		<category><![CDATA[saul bellow]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis née et ai grandi à Montréal. J’ai été une de ces enfants que les mères de banlieues croient plongées dans la drogue et le sexe, destinées aux carrières de danseuses sexy ou gérante chez Burger King.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Montréal est pour moi une ville ancrée dans le présent, dans mon – très égocentrique – présent, dans la mesure où le fait que j’y ai grandi me donne l’impression qu’elle n’a pas existé avant moi, que toute description de son passé concerne une autre ville, une autre Montréal qui ne peut plus exister aujourd’hui.</p>
<p>D’une certaine manière, que Montréal soit si concrète signifie également qu’elle ne peut exister littérairement. Contrairement à Paris, New York ou Berlin que je n’ai pu découvrir qu’à travers le filtre envoûtant de l’écriture, Montréal m’apparaît comme trop tangible pour que quelques lettres sur une page en saisissent l’essence. C’est une erreur, évidemment. Je sais très bien que Montréal a déjà été écrite, mais ce n’est que très tard que j’ai été mise en contact avec le Montréal littéraire, grâce entre autre à Michel Tremblay et Nelly Arcan, et je peine encore à accorder leur Montréal avec la mienne, comme s’il m’était impossible d’accepter qu’on ait pu la vivre différemment que moi.</p>
<p>C’est tout de même avec une fierté ridicule que j’ai découvert, dans Un Homme en suspens (The Dangling Man), le Montréal de l’américain Saul Bellow. Né à Lachine en 1915 (le dernier enfant d’une famille russe juive tout juste immigrée au Canada) et déménagé à Chicago en 1924, Saul Bellow s’est entre autre vu remettre le prix Nobel de littérature en 1976 pour l’ensemble de son œuvre, dont les ouvrages les plus célèbres sont surtout Les Aventures d’Augie March (1953) et Herzog (1964). Un Homme en suspens (1944) est le premier roman que publie Saul Bellow et consiste en une sorte de chronique à la structure assez vague de la vie de Joseph, un jeune homme d’une vingtaine d’années, marié, qui attend plus ou moins d’être convoqué par l’armée américaine. Sans emploi, Joseph arpente les rues de Chicago pour passer le temps tandis que sa femme Iva part travailler tout les matins, assiste occasionnellement à des soirées entre amis ou en famille, et livre ses réflexions cyniques sur l’hypocrisie et le ridicule du monde dans lequel il doit vivre. La prose de Bellow (du moins dans la traduction française) est à la fois plate et fiévreuse et Joseph y apparaît tant soumis que révolté jusqu’au tout dernier moment où l’appel tant attendu de la guerre lui sert de délivrance et d’emprisonnement ultime.</p>
<p>Montréal ne joue qu’un rôle très mineur dans le récit de Bellow. Évoquée comme souvenir d’enfance, la ville où le narrateur a lui aussi grandi est la scène d’une époque passée et idéalisée –«Je n’ai jamais trouvé une autre rue ressemblant à Saint-Dominique»– où la pauvreté n’est plus source de soucis, mais permet plutôt une liberté qu’il ne retrouvera plus jamais. Bien qu’elle soit très partiellement décrite, très partiellement évoquée, la mention de Montréal dans le roman de Bellow a eu sur moi un effet très étrange, comme si c’était la première fois que mon univers était concrètement représenté dans de la « grande » littérature. Certes, je n’ai pas lu Mordecai Richler, qui possède probablement une vision plus pertinente de Montréal, mais voilà bien la preuve de la relation ambiguë que l’on peut avoir avec notre univers lorsqu’il est raconté.</p>
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		<title>Vaincre le thermostat</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 15:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emma Ailinn Hautecoeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[électronique]]></category>
		<category><![CDATA[hakim guelmi]]></category>
		<category><![CDATA[igloofest]]></category>
		<category><![CDATA[max cooper]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[sébastien léger]]></category>

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		<description><![CDATA[Igloofest: un samedi de janvier, moins vingt degrés celsius, trois DJ et dix mille danseurs effrénés]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Institution plus périlleuse  que son grand-frère le Picnic électronique,  Igloofest ne cesse d’attirer les Montréalais emmitoufflés dans leurs plus beaux habits de neige. <em>Le Délit</em> est allé rencontrer les maîtres du spectacle.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest10.jpg"><img class="size-large wp-image-10591" title="Igloofest10" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest10-595x417.jpg" alt="" width="595" height="417" /></a><span class="media-credit"><a href="http://www.delitfrancais.com/author/nicolas-quiazua/">Nicolas Quiazua</a> | Le Délit</span></div>
<p>Hakim Guelmi est un sympathique DJ de Montréal, habitué à la scène des clubs et afters. Il a déjà mixé en ouverture pour Max Cooper à Londres; ils avaient d’ailleurs fait un joli duo. «Je connaissais déjà Max. Je savais exactement ce qu’il allait jouer, ça <em>fittait</em> parfaitement» dit-il en entrevue avec <em>Le Délit</em>. Sa musique a évolué depuis qu’il a commencé il y a trois ans. Hakim est pointilleux dans sa sélection d’échantillons et l’ensemble est plus profond que ce qu’il faisait à ses débuts. Son style tech house oscille entre de nombreuses sous-catégories: «un peu progressif, un tout petit peu industriel, minimal, très <em>deep</em>, très <em>dark</em>. Un peu mélodieux aussi.» Peu importe le descriptif, la fosse s’est échauffée rapidement. Hakim Guelmi nous décrit son expérience la plus catastrophique marquée par l’échec de son ordinateur. C’est pour ça qu’il est revenu aux «traditionnels» CD pour livrer la marchandise. «Si ça m’était arrivé à Igloofest, je crois que j’aurais quitté la scène» dit-il.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest2.jpg"><img class="size-large wp-image-10593" title="Igloofest2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest2-595x432.jpg" alt="" width="595" height="432" /></a><span class="media-credit">Nicolas Quiazua</span></div>
<p>Max Cooper emprunte des mélodies à différents genres, il charme avec ses rythmes complexes mais honnêtes. Le DJ irlandais est plus réservé et plus capricieux que ses cohôtes. Cet ancien chercheur scientifique possède maintenant plus de cent compositions à son nom. Il vit de la musique et ne le regrette aucunement. Son côté mélodieux vient des leçons de piano que donnait sa mère. Pour ses performances <em>live</em>, il reprend ses morceaux qu’il adapte à l’ambiance, en l’occurrence, hivernale. «Quand je compose un morceau dans le studio, je le fais avec une personne en tête, ce que je veux qu’elle ressente. <em>Live</em>, j’y vais plutôt pour alimenter le <em>party</em>. Surtout ici, les gens doivent bouger pour se réchauffer.» Sa musique reste accessible dans sa complexité qu’il recherche sans relâche. Il s’agit de revenir au langage musical commun tout en laissant une riche possibilité d’interprétation. Un bonbon pour l’esprit, finit-il par qualifier son art.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest3.jpg"><img class="size-large wp-image-10595" title="Igloofest3" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest3-595x363.jpg" alt="" width="595" height="363" /></a><span class="media-credit"><a href="http://www.delitfrancais.com/author/nicolas-quiazua/">Nicolas Quiazua</a> | Le Délit</span></div>
<p>Sébastien Léger se donne tout entier. Il mixe des rythmes francs et cela transparaît dans l’attitude de la foule. La foule avait repris une consistance liquide. Sa techno plus évidente et accessible a clos la soirée en beauté. Différent des autres soirs de la saison Igloo aux quais du Vieux-Port, ce Samedi assumait complètement son identité techno house. Selon l’opinion générale, c’était un franc succès, «record d’affluence battu, DE-LA-BOMBE» comme l’a indiqué le DJ sur sa page Facebook<em>.</em> Les amateurs de musique électronique n’ont pas eu besoin du phénomène Justice pour être fidèles à ces rendez-vous survoltés.</p>
<p>Qui plus est, ce n’est pas un secret que les Français sont passés maîtres dans l’art des soirées électro. Et les Montréalais en redemandent toujours.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest1.jpg"><img class="size-large wp-image-10597" title="Igloofest1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest1-595x333.jpg" alt="" width="595" height="333" /></a><span class="media-credit">Nicolas Quiazua</span></div>
<p>(<em>Illustré par notre coordonnateur visuel <strong>Nicolas Quiazua</strong></em>)</p>
<p><em>Igloofest</em><strong><br />
Où:</strong> Quais du Vieux-Port<strong><br />
Quand:</strong> du 26 au 28 janvier</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest9.jpg"><img class="size-large wp-image-10599" title="Igloofest9" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Igloofest9-595x469.jpg" alt="" width="595" height="469" /></a><span class="media-credit">Nicolas Quiazua</span></div>
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		<title>La vengeance du barbier</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 14:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie ONeill</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[arts undergraduate theater society]]></category>
		<category><![CDATA[benjamin harris]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[phaedra nowak]]></category>
		<category><![CDATA[rebecca pearl]]></category>
		<category><![CDATA[sean mayes]]></category>
		<category><![CDATA[sweeney todd]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[zara jestadt]]></category>

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		<description><![CDATA[La saison hivernale de McGill débute avec Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street, la célèbre comédie musicale de Stephen Sondheim.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire de Sweeney Todd sera familière pour nombre d’entre vous qui auront vu l’adaptation cinématographique de Tim Burton. Sweeney Todd, alias Benjamin Barker, retourne à Londres suite à un exil de quinze ans, après une accusation falsifiée. En apprenant le terrible sort encouru par sa femme et sa fille, Sweeney Todd prépare sa vendetta. La troupe artistique de l’<em>Arts Undergraduate Theater Society</em> donne un portrait supérieur à celui de Tim Burton, explorant davantage les thèmes de l’histoire et étoffant beaucoup plus les terribles aventures de Sweeney Todd et de Mrs. Lovett. En fait, l’adaptation marque une autre étape dans la voie innovatrice de l’AUTS.</p>
<p><div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST4.jpg"><img class="size-large wp-image-10605" title="SONY DSC" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST4-595x398.jpg" alt="" width="595" height="398" /></a><span class="media-credit">Lindsay Cameron</span></div>La metteuse en scène Pheadra Nowak, le directeur musical Sean Mayes et la chorégraphe Rebecca Pearl ont développé la production ensemble et cette proche collaboration se manifeste par la fluidité du spectacle. Le sentiment d’appartenir à «une grande famille» se traduit par l’enchevêtrement captivant de tous les participants dans cette production. Les relations faciles entre les acteurs (et leur personnage) sont rivalisées seulement par l’enthousiasme que toute l’équipe démontre pour la production.</p>
<p>La troupe fait preuve de créativité, utilisant l’espace de la salle et jouant avec le public. Les acteurs ont des jeux variés qui façonnent une heureuse symbiose, surtout lorsqu’il s’agit des numéros chantés en duo et en groupe. Les acteurs gagnent par leurs interactions et fortifient mutuellement leurs jeux.</p>
<p>Nowak illustre habilement<strong> </strong>la dualité de l’histoire: la succession de moments humoristiques et de retombées sombres donne un goût parfait et équilibré du pessimisme et de l’optimisme que l’on trouve dans <em>Sweeney Todd</em>. La narration marque les transitions avec fluidité, ce qui enlève toute possibilité de stagnation.</p>
<p><div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST3.jpg"><img class="size-large wp-image-10607" title="SONY DSC" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST3-595x398.jpg" alt="" width="595" height="398" /></a><span class="media-credit">Lindsay Cameron</span></div>Zara Jestadt, dans le rôle de Mrs. Lovett, est la vedette du spectacle, de par son maniérisme charmant<strong> </strong>et la facilité avec laquelle elle jongle entre les éléments légers et ténébreux de la pièce. L’interprétation solide du protagoniste par Benjamin Harris est plus tempérée mais croît alors que le duo s’enfonce dans leurs desseins pervers.</p>
<p>La grève de MUNACA en automne 2011 avait menacé l’utilisation des édifices universitaires pour la représentation. L’AUTS envisageait une relocalisation à Concordia, ce qui aurait coûté cher à la troupe étudiante qui dépend largement de subventions privées. L’AUTS est en effet une organisation indépendante de l’administration universitaire et de l’AÉUM. <em>Sweeney Todd</em> est le fruit de l’effort d’étudiants de diverses facultés réunis par leur goût pour le théâtre. L’AUTS anticipe une série de représentations fructueuse pour <em>Sweeney Todd</em>, encouragée par le grand nombre de billets déjà réservés.</p>
<p><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-10609" title="SONY DSC" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST1-200x300.jpg" alt="" width="270" /></a><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST5.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-10613" title="SONY DSC" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ST5-200x300.jpg" alt=""  width="270" /></a></p>
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		<title>Et elle vit encore!</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 14:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florent Conti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[dongwon shin]]></category>
		<category><![CDATA[francesco maria colombo]]></category>
		<category><![CDATA[giuseppe verdi]]></category>
		<category><![CDATA[gregory dahl]]></category>
		<category><![CDATA[hiromi omura]]></category>
		<category><![CDATA[il trovatore]]></category>
		<category><![CDATA[laura brioli]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[opéra de montréal]]></category>
		<category><![CDATA[oriol tomas]]></category>

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		<description><![CDATA[La première d’Il Trovatore à l’Opéra de Montréal n’était ni exceptionnelle, ni médiocre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Manrico, fils prétendu de la sorcière Azucena, est un trouvère (il trovatore) bien-aimé de Leonora. Le Comte de Luna en est jaloux. Le seul obstacle est que Manrico et le Comte sont frères, mais, pis, ils l’ignorent.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ILTROV1.jpg"><img class="size-large wp-image-10576" title="ILTROV~1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ILTROV1-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Yves Renaud</span></div>
<p>L’Opéra de Montréal s’est transporté dans l’Espagne du 15<sup>e</sup> siècle pour cette œuvre de Verdi datant de 1853. Entre costumes colorés et décors sobres et modernes, Oriol Tomas met en scène un classique de la Trilogie Populaire du compositeur italien avec un souci du détail assez remarquable. Le duo coréen-japonais ténor-soprano lyrique que forment Dongwon Shin et Hiromi Omura fonctionne plutôt bien, même si l’on peut reprocher à l’interprète de Leonarda de délivrer une performance un peu trop académique, bien qu’elle fasse preuve d’une aisance surprenante lors des moments clés en soliste à l’instar d’un air «D’amor sull’ali rosee» parfaitement maîtrisé.</p>
<p>Malgré un début qui peine quelque peu, très vite tout se met en place et l’Orchestre symphonique de Montréal, dirigé par Francesco Maria Colombo, tout comme les Chœurs de l’Opéra de Montréal, livrent une prestation de qualité.</p>
<p>Dongwon Shin, surtout au troisième acte et pendant «Di quella pira, l’orrendo foco», semble avoir charmé une audience sensible à l’émotion de la voix du ténor, même si certains ont entendu des sifflets lorsque le rideau s’est baissé. Les joies de la scène.</p>
<p>Mais le tableau final et le duo baryton-mezzo-soprano entre Gregory Dahl et Laura Brioli (le Comte et Azucena) reste l’un des meilleurs moments. Nous sommes mis devant une scène finale où l’on découvre, si l’on veut bien jouer le rôle innocent conféré au spectateur, que Manrico n’est que l’instrument d’Azucena désirant venger sa mère, brûlée quelques décennies plus tôt. «Sei vendicata, o madre! E vivo ancor!» («tu es vengée ma mère! Et elle vit encore!»)</p>
<p>L’opéra est un art qui se savoure même quand on en connaît la fin. Il trovatore est sûrement l’un des plus grands classiques du romantisme, même si on peut lui préférer Nabucco ou encore Rigoletto. Les interprètes contemporains se sont fortement appropriés la façon de présenter l’œuvre, si bien que cette dernière a beaucoup changé durant les vingt dernières années.</p>
<p>Tant musicalement que sur scène, à l’instar du décor simpliste, parfois aux limites de l’épurement, cette appropriation d’une œuvre aux exigences très spécifiques peut devenir problématique. En d’autres termes, manque-t-il quelque chose à Il Trovatore, tel que présenté à l’Opéra de Montréal? Objectivement, non. Tout semble au rendez-vous.</p>
<p>Il faut se pencher sur l’alchimie entre les interprètes pour comprendre le potentiel problème. L’alchimie qui manque à la troupe nous pousse en effet à trop percevoir la représentation comme un enchainement de morceaux séparés les uns des autres, alors qu’on préférerait témoigner d’un «ensemble», comme l’opéra devrait toujours créer.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ILTROV2.jpg"><img class="size-large wp-image-10578" title="ILTROV~2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/ILTROV2-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Yves Renaud</span></div>
<p>Le professionnalisme <em>by the book</em> serait-il aujourd’hui tel qu’on en viendrait à un excès de perfectionnisme déteignant grandement sur l’émotion qui peine à ressortir au bout des quatre actes?</p>
<p>Entre les «brava» intempestifs d’un spectateur, souhaitant visiblement interrompre les scènes pour encourager le reste de la salle Wilfrid-Pelletier à applaudir à outrance, peu était laissé à l’OSM pour faire briller les dernières mesures de ces airs mondialement connus mais désormais oubliés. D’autant plus que les surtitres ont l’admirable effet de rendre dépendant le spectateur à ce qui se déroule hors de la scène afin de la comprendre. Voyez l’ironie.</p>
<p>L’opéra se vit donc presque comme un concert au Centre Bell. Pourtant, l’Opéra de Montréal nous a surpris et continuera de nous surprendre. Il Trovatore demeure une prestation éminemment construite et fidèlement donnée qui sait définitivement attirer le grand public montréalais avec sa très belle programmation.</p>
<p>On a beau dire que l’Opéra de Montréal ne surprend pas, l’expérience lyrique est si rare et tout de même d’une qualité si remarquable qu’elle s’apprécie davantage, même si l’institution montréalaise a encore du chemin à faire pour rivaliser sur la scène internationale.</p>
<p>Enrico Caruso avait un proverbe: «Les Français sont faits pour composer de la musique d’opéra, les Italiens pour la chanter, les Allemands pour la jouer, les Anglais pour l’entendre, et les Américains pour la payer.» Il serait temps de faire mentir ce cher Enrico.</p>
<p><em>Il Trovatore</em><strong><br />
Où:</strong> Salle Wilfrid-Pelletier &#8211; Place des Arts<strong><br />
Quand:</strong> du 24 au 28 janvier</p>
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		<title>Ballades et Rock ‘n’ Roll</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:56:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laure Henri-Garand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Casa Del Popolo]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[david macleod]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[sala rossa]]></category>
		<category><![CDATA[there is still time...brother]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 18 janvier la Casa del Popolo recevait David Macleod et le groupe There Is Still Time…Brother]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si la salle de spectacle de la Casa del Popolo («maison du peuple» en italien) semblait d’abord triste et silencieuse comparée au restaurant bondé que le spectateur doit traverser pour s’y rendre, ce n’était là qu’illusion, probablement causée par la tendance persistante de ce type de spectacle, dont les portes «ouvrent à 8 heures 30», à commencer près de deux heures plus tard. Cette quiétude initiale a permis néanmoins de révéler l’ambiance chaleureuse de la salle, dont les murs, des lattes de bois peintes en rouge et en blanc, sont couverts d’affiches «vintages» (d’ailleurs à vendre). Au fil des chansons –et des pintes de bières– le public s’est élargi et l’ambiance s’est réchauffée.</p>
<p><strong>David Macleod </strong></p>
<p>Jeune homme dans la trentaine, David Macleod est manifestement à l’aise sur scène, alternant entre blagues et chansons tristes, et s’adressant familièrement à un public encore modeste. L’auteur-compositeur-interprète paraît d’abord seul avec sa guitare –une Fender rouge sang là où on s’attendrait à une guitare acoustique– pour interpréter ses balades languissantes d’une voix douce et traînante qui rappelle Bon Iver, soutenue par un <em>fingerpicking</em> parfois laborieux, mais dont la répétition constante permet d’établir une sorte d’état de transe.</p>
<p>David Macleod est rapidement rejoint par une choriste à la présence un peu plus effacée, puis vers la fin par un batteur et un guitariste, qui viennent étoffer le son clair et mordant de la guitare électrique, sans toutefois changer l’essence de ses pièces. Un groupe complet l’accompagne habituellement, comme en témoignent les pièces disponibles sur son Myspace, mais l’ambiance créée par David Macleod et ses musiciens, plus proche du folk que du rock, reste envoûtante. Le public, venu en grande partie pour There Is Still Time…Brother, l’a généreusement applaudi après sa performance.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/theres-still-time-laure.jpg"><img class="size-large wp-image-10573" title="there's still time (laure)" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/theres-still-time-laure-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Mark Raweurda</span></div>
<p><strong>There Is Still Time…Brother</strong></p>
<p>Changement total de style avec There Is Still Time…Brother, un groupe à l’énergie explosive composé pour l’occasion de deux batteries, trois guitares et une guitare basse. Décidément plus rétro, There Is Still Time…Brother –un nom tiré de la scène finale du film post apocalyptique <em>On The Beach</em> (1959)– ne semble pas avoir de chanteur attitré: les quatre guitaristes, trois garçons et une fille, ont leur micro, placés à l’avant de la scène, et jouent au moins une fois comme soliste, tandis que les trois autres musiciens forment un chœur aux harmonies inventives et puissantes. Le groupe est polyvalent, passant du rock ‘n’ roll dansant aux ballades presque sirupeuses, jusqu’aux harmonies country, et ce sans aucun problème. Des quelques reprises, la plus belle est sans doute la très connue «Girl» des Beatles, que la chanteuse interprète magnifiquement d’une voix au timbre unique et étrangement obsédante. Si les voix ne sont pas toujours justes, There Is Still Time…Brother compense aisément par une énergie fiévreuse et sans retenue, qui a fait oublier à un public excité le froid glacial qui les attendait dehors aux petites heures du matin.</p>
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		<title>Électrifiés</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:49:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charlotte Paré-Cova</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[bob lutz]]></category>
		<category><![CDATA[carlos ghosn]]></category>
		<category><![CDATA[chris paine]]></category>
		<category><![CDATA[écolo]]></category>
		<category><![CDATA[elon musk]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[greg abbott]]></category>
		<category><![CDATA[voiture électrique]]></category>

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		<description><![CDATA[La revanche de la voiture électrique, réalisé par Chris Paine]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em></em>On y observe quatre joueurs qui tentent de lancer cette révolution automobile, à travers autant de victoires que de déboires. Le réalisateur trace ainsi la continuité de son film <em>Qui a tué la voiture électrique</em>? sorti en 2006.</p>
<p>On rencontre tout d’abord le légendaire vice-président de General Motors, Bob Lutz, surnommé «M. Detroit». Il souhaite corriger l’erreur commise par son groupe en 2002 avec le modèle électrique EV1. Cette gamme qui ne s’est plus vendue par souci de rentabilité, avait créé de nombreux remous à l’époque. Bob Lutz se reprend donc avec le développement d’un nouveau modèle électrique: la Volt de Chevrolet. Cette lancée est freinée en 2008 alors que GM se trouve au bord de la faillite. Le gouvernement américain vole à son secours tout en lui faisant subir de fortes pressions et en lui exigeant de rendre des comptes.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Kerry-Woo.jpg"><img class="size-large wp-image-10565" title="Kerry Woo" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Kerry-Woo-595x398.jpg" alt="" width="595" height="398" /></a><span class="media-credit">Kerry Woo</span></div>
<p>Sur une note positive, le président de Nissan, Carlos Ghosn, lance le modèle Leaf, une voiture électrique qui se veut accessible à tous. C’est selon lui ce que le public attend d’eux. Dans un créneau plus luxueux, Tesla Motors entre dans la course avec à sa tête, Elon Musk. Ce jeune entrepreneur, co-fondateur de Paypal, est acclamé pour son esprit visionnaire, autant par les médias que par les grands acteurs de l’industrie. Il a vu son image se ternir au fur et à mesure que ses «voitures de rêve» ont été retournées aux usines pour défectuosité. On suit Elon Musk, aux prises avec un divorce très médiatisé, auquel s’ajoutent ses tentatives pour rétablir sa situation financière et la confiance de ses clients.</p>
<p><strong>Un engagement mitigé?</strong></p>
<p>Le marginal Greg «Gadget» Abbott se lance dans la mêlée avec une approche plus artisanale. En recyclant et en modifiant de vieux modèles, de la Camaro à la Porsche, il fait preuve du plus grand souci écologique. Malgré leurs caractères très différents, ces quatre leaders de l’électrique ont au moins un trait commun: ils ne baissent pas les bras. Ils ont fait face à de nombreux obstacles tout au long de la course, à commencer par la crise économique de 2008 pendant laquelle ils ont tenté d’innover alors que l’économie tombe en ruine. Malgré ce ralentissement, ils ont réussi tant bien que mal à retrouver une certaine prospérité.</p>
<p>Ce documentaire captive et l’on prend goût à suivre ces quatre visionnaires sympathiques et coriaces. Bob Lutz est à lui seul un spectacle grâce à son humour décapant et son autodérision. Elon Musk surprend par sa transparence quant à ses craintes et ses interrogations. À l’opposé, Carlos Ghosn semble inébranlable et l’on cherche en vain une faille dans son approche. Les apparitions de stars hollywoodiennes telles que Danny DeVito et Adrian Grenier sont également les bienvenues tout au long du film.</p>
<p>La qualité des interventions, la beauté des images et la trame sonore du documentaire ne réussissent toutefois pas à faire oublier les nombreuses questions qui demeurent sans réponse à la fin du film. On aurait aimé en savoir plus quant à l’essor de la voiture électrique au niveau mondial, son développement et son fonctionnement. Ce portrait américain de l’industrie automobile ne souligne pas les problématiques qui expliquent la quasi-absence de voitures électriques sur nos routes.</p>
<p>Si les intervenants du documentaire s’accordent pour dire que la voiture électrique est la voie de l’avenir, personne ne sait combien de temps il lui faudra pour s’imposer. On risque donc d’attendre encore quelques années avant d’être «électrifiés».</p>
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		<title>Sans domicile fixe</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:29:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Elise Maciol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[amsterdam]]></category>
		<category><![CDATA[appartement]]></category>
		<category><![CDATA[chambre]]></category>
		<category><![CDATA[colocataire]]></category>
		<category><![CDATA[déménagement]]></category>
		<category><![CDATA[valise]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Montréalais, réjouissez -vous de votre sort! Si vous n’arrivez pas à comprendre les petites annonces immobilières remplies d’abréviations farfelues, honte à vous.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous vous plaignez de ne pas trouver l’appartement ou la chambre qui vous convienne, cessez vos jérémiades. Si vous trouvez que votre loyer actuel est trop élevé, détrompez-vous. Au moins, vous avez toujours le même toit sur la tête pour un prix raisonnable, et les fins de mois ne peuvent vous amener que quelques soucis bancaires.</p>
<p>À Amsterdam, où il n’est pas rare de devoir déménager régulièrement, l’ombre menaçante du 1er de chaque mois hante les infortunés sans cesse en quête d’un nouveau logement. Quand les petites annonces ne sont pas écrites en néerlandais abrégé, plus de la moitié d’entre elles sont des tentatives de fraude. Une fois qu’on a répondu aux annonces intéressantes, on ne reçoit d’ailleurs que le tiers de réponses. Après ça, je passe la description des visites d’une dizaine d’appartements tous plus invivables les uns que les autres, bien que leur description et leurs photos sur Internet laissaient croire à un paradis sur terre.</p>
<p>Quand on a trouvé la chambre idéale, encore faut-il que les colocataires nous choisissent parmi la foule de candidats venus pour la visite… C’est alors qu’il faut ruser et exposer mielleusement les avantages qu’aurait notre élection: on sait être discrète comme une souris quand il le faut, mais on est d’ordinaire aussi pétillante qu’un ouistiti, on prépare le saumon à l’érable et au gingembre comme une déesse, on sait dire «patte de chien» en russe comme si on était né à Moscou, on fait des massages à tomber par terre et bien plus!</p>
<p>Cependant, se décider pour une chambre moins pire qu’une autre, convaincre les colocataires qu’on est leur meilleur candidat et régler les détails administratifs et financiers, tout ça n’est que le début d’une aventure qui se répète mois après mois. Il s’agit maintenant de déménager! D’abord, il faut essayer pour la énième fois de tout faire rentrer dans ses valises, y compris les nouvelles acquisitions qui nous semblaient jusqu’ici nécessaires – petite robe noire, souvenirs, romans de gare etc. On avait oublié à quel point notre valise était petite… et c’est à en avoir des sueurs froides quand on pense que dans deux mois à peine, il va falloir faire passer ce monstre en soute! Une fois rassemblés ladite valise prête à exploser et les divers sacs qu’on a dû y ajouter en catastrophe, il faut déménager tout ça «à la hollandaise»: à vélo et sous la pluie…</p>
<p>Après avoir fait le deuil d’une colocation d’un mois si rapidement passé, il faudra vite s’adapter à de nouveaux colocataires: celui qui fait toujours sa vaisselle en retard, celui qu’on ne voit jamais, celui qui nous rend fou à force de traîner des pieds, ou encore celui qui arrive à transformer la salle de bain en une scène d’explosion nucléaire.</p>
<p>Enfin, peu importe, puisqu’un mois plus tard, tout est à recommencer.</p>
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		<title>Le Syndrome de Drapeau – Canto I</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:27:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marek Ahnee</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Carnets métèques]]></category>
		<category><![CDATA[chutes niagara]]></category>
		<category><![CDATA[enfer]]></category>
		<category><![CDATA[new york]]></category>
		<category><![CDATA[Ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[toronto]]></category>
		<category><![CDATA[tour du cn]]></category>

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		<description><![CDATA[En mai 2010, mon père m’a appelé. «T. est à Montréal, il rend visite à sa fille, il a pris ton adresse». Je n’aurais jamais pensé rencontrer T. ici, je ne savais même pas qu’il avait une fille à Westmount. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela faisait dix ans que je ne l’avais pas vu et j’avais même sans doute oublié son visage. Tout ce que je savais, c’est qu’il était un camarade de collège de mon père, et qu’il était connu dans le microcosme mauricien comme l’excentrique héritier d’une famille aristocratique hindoue, qui avait préféré le yoga aux affaires. Je redécouvris un personnage haut en couleur, mêlant malice sanskritique et gaillardise créole.</p>
<p>«On part tous pour un petit voyage cette semaine, Niagara, Toronto, Tousala&#8230; Juste deux ou trois jours. Tu sais bêta, tu fais partie de la famille, on t’emmène». Généreux T. Un vendredi après-midi j’embarque dans un 4×4 de location avec T., son épouse, sa fille, son gendre et son fils de dix ans. C’était l’occasion de sortir enfin de Montréal après une première année épuisante d’amphithéâtres bondés et de dortoirs empestant l’herbe.</p>
<p>Le périple commence mal. Nous manquons de rentrer illégalement aux USA car le GPS nous mène à Niagara New York, au lieu de nous conduire à Niagara Ontario. Une fois la route balisée, on commence un road movie pittoresque sur un long styx jalonné de Tim Horton’s. Premier arrêt: les chutes. Un lieu mythique imprimé sur tant de calendriers mauriciens, rêve et fantasme de tout Livingston du Nord. À cette première étape du voyage, c’est la fin d’un rêve, les chutes sont le dernier carré de nature d’un espace envahi par un parc d’attraction tentaculaire combinant nationalisme à fleur d’érable et consumérisme bien amerloque. T. peste, lui, après le temps: «Ayo mamao, il y a plus de vent que sur un bateau ici…»</p>
<p>Deuxième escale et noyau du voyage: Toronto. Le deuxième cercle de l’enfer. Tout semble gris. Les pancakes de l’hôtel sont fades. Chinatown ressemble à une ville de western. Les gens se bousculent à la parisienne. Un vendeur de camelote m’assaille chaque cinq minutes. Downtown Toronto est une caricature de New York. Leur Centre Eaton est à celui de Montréal ce qu’un oratoire calviniste est à une basilique baroque. Je n’arrive pas à savoir si la Tour CN est un bolet géant ou un mégalithe phallique. C’est dans ce grand tintamarre de stress et de klaxons que je retrouve une amie en stage dans la ville. «God, Toronto really sucks» conclut-elle après m’avoir fait une visite guidée de Gerrard Street.</p>
<p>Troisième escale: Ottawa. Le premier cercle du Purgatoire. Une capitale fédérale coquette et proprette. Les maisons et les magasins ont le charme de la ville de province normande où vit mon grand-père français. Un bon endroit pour passer sa retraite, en quelque sorte. Tout est propre. Et puis soudain, l’horreur! une araignée géante qui se dresse devant la cathédrale, comme pour vous rappeler que le Royaume des Cieux est encore loin.</p>
<p><em>(Fin et nuance au prochain épisode)</em></p>
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		<title>En coulisses avec Garcin</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:23:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Margaux Meurisse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert garcin]]></category>
		<category><![CDATA[le danger des images]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a de ces rencontres que vous n’êtes pas prêts d’oublier, qui vous collent à la peau comme un vêtement mouillé. C’est l’une d’entre elle qui est à l’origine de cette chronique. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À la croisée de la rue Pastoret et de la rue des Trois Rois à Marseille se niche une galerie photo bien anodine; ses grandes portes en verres, séparées par des planches de bois bleu ternies par le temps, laissent transparaître une grande enfilade. À l’intérieur se chevauchent des centaines d’ouvrages photographiques posés sur de longues tables d’apprenti, sous l’œil attentif des cadres photo suspendus au mur. Invité à la galerie pour son vernissage, on pouvait suivre dans les yeux de monsieur Garcin les traces des aventures qui ont fait de lui l’homme de 89 ans qu’il est aujourd’hui. D’origine provençale, il a apprivoisé la photographie lorsqu’il est parti à la retraite. s uns Gilbert Garcin disait: «J’ai un jour pris conscience que les situations que je ne vivrai pas, les rêves que je ne ferai pas sont innombrables. Il n’y a pas de raison à se résigner à cet état des choses.» C’est ainsi que s’est fabriqué petit à petit l’univers du photographe, un état du monde et des choses d’apparence lunaire, toujours en noir et blanc avec une charge mélancolique incroyable, une sensibilité face à la fatalité de la vie qui vous kidnappe le regard si par mégarde vous avez l’audace de vous y pencher d’un peu trop près.</p>
<p><div class="media-credit-container alignright" style="width: 238px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Le-danger-des-images.jpg"><img class="size-medium wp-image-10548" title="Le danger des images" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/Le-danger-des-images-228x300.jpg" alt="" width="228" height="300" /></a><span class="media-credit">Gabriel Garcin</span></div>Dans chacune des photographies de Monsieur Garcin, presque toutes des autoportraits, vous trouverez le photographe lui-même, sous forme miniature, se mettant en scène la plupart du temps seul et luttant, armé d’un humour absurde, contre les forces de la vie. Très épurés, ces tableaux photographiques ont pour titres: L’homme portant le fardeau du Temps soutenu par L’Espoir ou Le danger des images (visuel ci-contre). Pour réaliser ces images, nul recours à Photoshop. Le photographe construit manuellement des maquettes tout droit sorties de son imagination, découpe sa propre silhouette pour la recoller dans un autre monde, trifouille et bricole jusqu’à obtenir le résultat souhaité.</p>
<p>Dans sa boite à outils, Garcin possède une gamme d’objets symboliques qu’il réutilise à souhait pour mettre en scène le théâtre de ses songes: sa grande bobine de ficelles pour l’écoulement du temps, de grands cadres de photos d’où il contemple son passé et une série de marionnettes en papier pour peupler ses rêves.</p>
<p>L’œuvre de Garcin est en quelque sorte là pour nous rappeler qu’il est essentiel de cultiver la simplicité et la vérité en photographie, de laisser divaguer notre imagination, d’aller jusqu’au bout de notre pensée et surtout de mettre la main à la pâte! Voici une ode à notre bonne vieille technique argentique qui a tendance, de nos jours, à se faire marcher sur les plates bandes par le numérique, ce prétentieux rat de l’informatique qui nous ment!</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Voir l’histoire par derrière</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:20:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anabel Cossette Civitella</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[La sodomie chez les Grecs anciens]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On n’a pas toujours parlé d’homosexualité. Ce terme moderne n’était pas utilisé en Grèce antique, où l’ont célébrait plutôt l’amour viril entre hommes sans toutefois y attacher un concept d’identité sexuelle.</p>
<p>L’historienne Anna Clark soutient qu’à l’époque de la Grèce antique, rien n’était plus dégradant pour un homme mûr que d’être comparé à une femme. Par exemple, recevoir le sperme était réservé aux jeunes hommes, aux esclaves, aux prostitué(e)s et aux femmes. Ainsi, il est important de nuancer les différents aspects de l’homosexualité telle qu’on la conçoit aujourd’hui avant d’avancer que les institutions de la Grèce antique l’autorisaient librement.</p>
<p>De ce fait, Anna Clark suggère que les Grecs anciens exprimaient simplement leur désir pour les jeunes, garçons ou filles. Alors que les filles les plus attirantes, celles considérées comme l’élite, étaient cloisonnées dans leurs maisons, les garçons allaient à l’école et se montraient nus au gymnase. Les jeunes hommes, sans poils, avec la peau douce et le pénis délicat, avaient toutes les caractéristiques requises pour être considérés érotiques par les hommes adultes. Ils suscitaient le désir, mais cela entrainait-il nécessairement la pratique de la sodomie?</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-EROT1.jpg"><img class="size-large wp-image-10545" title="C-EROT~1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/C-EROT1-595x446.jpg" alt="" width="595" height="446" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté de Wikicommons</span></div>
<p>Pour Georges Devereux, un ethnopsychiatre, les garçons voyaient en leur amant un suppléant de leur père. Les historiens s’entendent d’ailleurs presque tous pour dire que les pratiques homosexuelles grecques avaient une fin éducative et que l’homme plus âgé devenait le modèle de son jeune amant en le prenant sous son aile. Selon Anna Clark, les jeunes étaient couverts de cadeaux et adulés par leurs aînés, sans toutefois que ce type d’échange soit considéré comme de la prostitution.</p>
<p>Afin de garder leur honneur sauf, les jeunes garçons ne devaient jamais s’adonner au sexe anal, une honte pour tout homme qui se respecte. Certains artéfacts archéologiques montrent des hommes d’âge mur s’adonnant au sexe en insérant leur pénis entre les cuisses des jeunes garçons. Toutefois, souligne Pierre-Luc Landry, les pratiques sexuelles n’étaient qu’une partie de ce qui était partagé entre les hommes: le maître enseignait ce qu’un citoyen doit savoir, notamment au sujet du comportement qu’il devra tenir.</p>
<p>Lorsque que les jeunes atteignaient la puberté, ils devenaient beaucoup moins attirants et nombre d’entre eux partaient à la recherche de leur propre jeune amant.</p>
<p>La destruction précède la création, c’est pourquoi sexe rime avec dominance et pénétration dans la Rome antique.</p>
<p>La notion de «sodomite» est, quant à elle, apparue au Moyen-Âge, alors que le concept d’homosexualité n’était certes pas le même que celui connu aujourd’hui, mais où la pénétration anale entre adultes consentants était vue comme une perversion. Le concept d’identité sexuelle nait d’une compréhension individualiste de la personne et ce n’est que plus tard, à l’époque des Lumières, que l’individu se définira en tant qu’entité à part entière, lors de l’élaboration du concept des droits individuels et de la propriété individuelle.</p>
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		<title>Dans la cour des grands</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:48:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Annie Li</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[Prends ça court! présente Québec Gold 11, une sélection des neuf court-métrages québécois les plus remarqués de l’année.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’événement ratisse large en cherchant à combler tous les goûts cinéphiles, à commencer par la danse contemporaine pour terminer par le gore. Il vient donc clore une bonne année pour les amateurs de court-métrages.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/québec-gold-ora.jpg"><img class="size-large wp-image-10419" title="québec gold ora" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/québec-gold-ora-595x328.jpg" alt="" width="595" height="328" /></a><span class="media-credit">Image tirée du film Ora du réalisateur Philippe Baylaucq</span></div>
<p>D’abord, Ora de Philippe Baylaucq. On a déjà beaucoup décrit la technique innovante de Philippe Baylaucq pour filmer la danse chorégraphiée par José Navas avec une caméra thermographique. Cette dernière donne au film des allures de documentaire animalier. L’introduction montre des cellules qui se divisent, puis des créatures aux reflets chatoyants se fondent dans un univers de fonds sous-marins avec des effets sonores d’océan et de ruissellement. On note au passage un clin d’œil au Pas de deux du grand Norman McLaren avec ses effets stroboscopiques.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/QC-Gold-Hope_1_LR.jpg"><img class="size-large wp-image-10418" title="QC Gold Hope_1_LR" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/QC-Gold-Hope_1_LR-595x334.jpg" alt="" width="595" height="334" /></a><span class="media-credit">Image tirée du film Hope du réalisateur Pedro Pires</span></div>
<p>Hope, du réalisateur prometteur Pedro Pires, un collaborateur de Robert Lepage, est inspiré de la célèbre pièce de théâtre Jimmy, créature de rêve de Marie Brassard. On y découvre un général qui, proche de la mort, rêve d’un barbier androgyne dans un salon de coiffure où les clients sont des cadavres. L’œuvre muette est tournée au ralenti, dans des tons sépia et dans une esthétique des années 50 qui témoigne de l’immense talent de Pedro Pires à la réalisation comme à la direction photo. La remarquable trame musicale originale de Robert Lepage alterne entre drones à la Godspeed You! Black Emperor et clarinette jazz.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/QC-Gold-TROTTEUR_10.jpg"><img class="size-large wp-image-10424" title="QC Gold - TROTTEUR_10" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/QC-Gold-TROTTEUR_10-595x267.jpg" alt="" width="595" height="267" /></a><span class="media-credit">Le mythique Alexis le Trotteur. Image tirée du film Le Trotteur du réalisateur Francis Leclerc.</span></div>
<p>Trotteur est une collaboration entre Arnaud Brisebois, (son premier film et scénario) et Francis Leclerc, réalisateur confirmé (Un Été sans point ni coup sûr). Le synopsis est bien sûr inspiré de la légende d’Alexis le Trotteur, selon laquelle l’homme, risée du village, affronte en duel une locomotive dans une course sous la neige. Le résultat est un élégant film onirique, embrumé, jouant avec de forts contrastes de noir et blanc, comme la fumée de la locomotive qu’on croirait dessinée au fusain. Les acteurs sont maquillés de façon à leur donner un air de personnage de bande dessinée. Une autre bande sonore marquante accompagne le film: celle de Luc Sicard avec, au violoncelle, nul autre que Claude Lamothe.</p>
<p>La Ronde est le quatrième court-métrage réalisé par Sophie Goyette, produit par micro_scope (Incendies, Monsieur Lazhar) et présenté entre autres au Festival de Locarno. Vingt-trois minutes pour décrire l’errance d’une jeune femme à la suite d’un événement décisif. L’ambiance du film est particulière; l’action se déroule à l’extérieur pendant toute une nuit, et ce dans une banlieue ensommeillée. Les objets du quotidien sont transformés en poésie nocturne, du plat congelé aux néons d’un terrain de football. Le film s’avère un peu trop chargé, multipliant les scènes et les rencontres de courte durée, comme si la réalisatrice avait voulu faire un long-métrage dans un court.</p>
<p>Ce n’est rien est un film de Nicolas Roy qui avait été sélectionné en compétition officielle à Cannes pour la palme du meilleur court-métrage. La caméra suit l’acteur Martin Dubreuil, dont la performance est convaincante, en père vivant un drame familial, pris entre sa fille et son propre père. Les thèmes lourds, la caméra réaliste, l’économie de mots, la désolation et les tons mornes et gris sont dans la même lignée des films québécois encensés par les festivals internationaux.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/quebec-gold-nostradamos.jpg"><img class="size-large wp-image-10426" title="quebec gold nostradamos" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/quebec-gold-nostradamos-595x334.jpg" alt="" width="595" height="334" /></a><span class="media-credit">Image tirée du film Nostradamos du trio de réalisateurs Bradley-Lampron-Tremblay</span></div>
<p>Sur une note plus joyeuse, Nostradamos est le court-métrage ayant gagné le concours du Festival du DocuMenteur de l’Abitibi-Témiscamingue, réalisé par le trio Bradley-Lampron-Tremblay. La ville d’Amos y est présentée comme la planche de salut lors de la fin du monde prochaine. On y fait la rencontre d’un agent immobilier faisant fortune grâce à l’immigration massive, un employé du Refuge Pageau projetant de construire une arche de Noé et un maire hilarant dans son sérieux implacable (chapeau à Ulrick Chérubin!). D’heureux moments de folie en perspective…</p>
<p>Sang froid de Martin Thibaudeau, une production de Kino Kabaret Montréal, avait remporté le prix du meilleur court métrage canadien au Worldwide Short Film Festival à Toronto. En quatre minutes, il aborde les problèmes de communication entre parents et enfants. Par le biais des regards échangés, de prises de vue à hauteur d’enfant, le réalisateur construit habilement une tension dramatique entre mère et fils.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/québec-gold-beaver-dam.jpg"><img class="size-large wp-image-10428" title="québec gold beaver dam" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/québec-gold-beaver-dam-595x333.jpg" alt="" width="595" height="333" /></a><span class="media-credit">Image tirée du film The Legend of Beaver Dam du réalisateur Jérôme Sable</span></div>
<p>Pour clore, The Legend of Beaver Dam, une comédie musicale hard rock gore à la tournure imprévisible de Jérôme Sable, saura plaire aux amateurs du genre. Il a fait partie du Toronto International Film Festival 2010 et du dernier Sundance. Il met en scène un moniteur et ses scouts autour d’un feu de camp, qui sera le théâtre d’un affrontement dégoulinant. Parions que l’efficace chanson «Stumpy Sam», au cœur du film, tournera longtemps dans vos têtes.</p>
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		<title>Thatcher, réaliste</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Laperrière-Racine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[The Iron Lady est présenté avec quelques points de rouille.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la plupart des étudiants en sciences politiques, en économie voire même en sociologie, il va sans dire que Margaret Thatcher, alias The Iron Lady (la Dame de Fer), est un incontournable. Elle est connue notamment pour ses réformes politiques, économiques et sociales au Royaume-Uni, pour ses féroces croisades contre le socialisme et l’Union Européenne, et pour les manifestations populaires à l’encontre de ses réformes. Aujourd’hui encore, les britanniques sont divisés entre admirateurs et détracteurs.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/iron-lady-1.jpg"><img class="size-large wp-image-10410" title="iron lady 1" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/iron-lady-1-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté de Alliance Film Medias</span></div>
<p>La particularité de ce film vient du fait que Margaret Thatcher est toujours en vie. Cependant, loin d’être une œuvre biographique comme a pu l’être The Young Victoria ce film raconte l’histoire d’une vieille dame aux prises avec des problèmes de démence qui revoit les scènes de son passé à travers différents objets, musiques, vidéos ou même conversations en essayant de surmonter le deuil de son époux Denis Thatcher. Meryl Streep, qui incarne Margaret Thatcher, réussit un tour de force pour nous transmettre toute la douleur liée à la perte d’un être cher, et à la poursuite de sa vie dans une solitude exiguë. La solitude et le deuil de Margaret Thatcher sont jumelés à une aggravation de la démence dont elle est victime et aux apparitions hallucinées de son défunt mari qui concordent avec les flashbacks sur sa vie précédente en tant que Dame de Fer de l’Occident.</p>
<p>C’est ainsi que la première femme ayant occupé le poste de premier ministre d’une nation occidentale est dépeinte avec énormément de plomb dans l’aile. Celle qui a fait trembler les fondements de la société britannique se montre fragile, frêle, voire même impuissante face à l’âge, tout en gardant son tact naturel.</p>
<p>L’approche empruntée par Phyllida Lloyd (réalisatrice) est touchante et surtout réaliste. Elle mène l’auditoire à saisir l’aspect éphémère de la grandeur d’un individu étant donné que le temps et la vieillesse sont les seuls gages d’égalité entre les individus. La trame narrative montre que les grands moments de la vie de la Dame de fer ont été poignants, forts et intenses. On passe de la jeunesse de madame Thatcher dans l’épicerie familiale et son entrée à Oxford, à sa première élection en tant que membre du Parti Conservateur et à son ascension vers le poste de premier ministre. Puis, des défis de l’implantation de ses politiques rigoureuses qu’elle considère «the medecine for the patient’s condition», à la victoire britannique lors de la guerre des îles Falkland (Malouines) qui aurait pu être davantage élaborée. Le film se clôt sur la chute de madame Thatcher, lorsque celle qui avait toujours préféré la compagnie des hommes a été trahie par ces derniers, assoiffés de pouvoir.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/iron-lady-2.jpg"><img class="size-large wp-image-10412" title="iron lady 2" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/iron-lady-2-595x395.jpg" alt="" width="595" height="395" /></a><span class="media-credit">Gracieuseté de Alliance Film Medias</span></div>
<p>La pièce maîtresse du film est sans aucun doute la performance époustouflante de Meryl Streep (lauréate des Golden Globes en tant que meilleure actrice dans un film dramatique) En effet, Meryl Streep livre une performance touchante et saisissante d’une Margaret Thatcher vieillissante, qui nous fait ressentir toute la fragilité d’une femme qui fit trembler les fondations du Royaume-Uni. On sent une profonde appropriation et connaissance du personnage par Meryl Streep. Par ailleurs, son interprétation de la Dame de Fer nous présente un côté plus humain et sensible de cette femme considérée comme froide et insensible à cause de ses politiques publiques.</p>
<p>Somme toute, si vous attendiez un récit biographique de la vie de Margaret Thatcher vous allez être déçu; et si vous vous informez davantage vous trouverez peut-être l’erreur historique qui s’est glissée dans un des flashbacks.</p>
<p>Le Délit vous conseille d’aller voir le film en anglais pour voir le jeu de Meryl Streep, américaine, interprétant une femme à l’accent britannique prononcé.</p>
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		<title>Le combat du peuple</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Simonneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts & Culture]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique internationale]]></category>
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		<description><![CDATA[rÉvolution: Bilan et perspectives du printemps arabe]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Un an déjà qu’un vent de démocratie souffle sur la Tunisie ainsi que le monde arabe et déstabilise les systèmes totalitaires en place.» Voilà comment le Collectif Tunisien au Canada introduisait son événement «rÉvolution», qui se déroulait dimanche dernier au Cinéma du Parc. Le plus étonnant tout d’abord, c’est qu’on avait le sentiment que ce véritable vent de démocratie avait trouvé refuge au sein de la population tunisienne expatriée au Québec, et cela alors que le pays traverse encore une période de transition difficile. En effet, l’heure était à la réjouissance, beaucoup de jeunes se trouvaient parmi la centaine de personnes venues assister aux projections, aux expositions et aux conférences qui évoquaient, on l’aura compris, la révolution de jasmin. La première conférence, intitulée «Défis socio-économiques et modèle d’avenir» a tout de suite mis l’accent sur le fait que la Tunisie est en plein processus révolutionnaire encore aujourd’hui et que beaucoup reste à faire pour qu’elle devienne un pays stable et économiquement soutenable. De nombreuses personnalités telles que Mohamed Balgouthi, Mohamed Mabrouk, Nancy Neamtan ou encore Fathi Chamkhi ont mené une discussion tournée vers l’espoir et la volonté du peuple tunisien, tout en précisant que les répercussions de la chute du président Ben Ali posent de graves problèmes démographiques, sociaux et économiques dans l’immédiat.</p>
<div class="media-credit-container aligncenter" style="width: 605px"><a href="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/tunisie.jpg"><img class="size-large wp-image-10406" title="tunisie" src="http://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2012/01/tunisie-595x446.jpg" alt="" width="595" height="446" /></a><span class="media-credit">Photo: Sarra Guerehani</span></div>
<p>De nombreuses régions, notamment l’Ouest rural, restent très pauvres et la dette souveraine pèse fortement sur les ménages les plus démunis. En effet, environ 18,5% du PIB est consacré au remboursement de la dette et la Tunisie continue à emprunter à des taux d’intérêts élevés pour parvenir à rembourser. La corruption, quant à elle, a été de qualifiée de «goutte d’eau dans l’océan de problèmes que le gouvernement doit résoudre actuellement», rappelant ainsi que la Tunisie traverse une période extrêmement difficile. Cependant, certains indicateurs soulignent que ce cercle vicieux peut être arrêté.</p>
<p>Les interlocuteurs de cette conférence ont effectivement insisté sur le fait que l’investissement étranger reprend petit à petit malgré tout et que les exportations offshores ont augmenté de 15% en 2011. En plus de cela, la famille Trabelsi et le président Ben Ali lui-même détiendraient l’équivalent de vingt milliards de dollars d’avoirs à l’étranger qui appartiennent de droit à la population tunisienne et devraient lui être retournés. La situation est donc très complexe et il est évident que toute révolution est synonyme de violence, de haine et de tragédies humaines, mais que l’espoir et le dévouement démocratique conduiront vers une évolution et une Tunisie juste et autonome dans le futur.</p>
<p>C’est donc après cette conférence animée qu’aurait dû être projeté le documentaire Al Sharara (2011) réalisé par Mongi Farhani à propos de la première étincelle qui a déclenché la révolution à Sidi Bouzid. Des problèmes qualifiés de «hors de contrôle» par le comité organisateur nous ont privés de cette projection tant attendue. Le film a été remplacé par un autre documentaire intitulé Le Combat de la dignité (2008). Ce court-métrage, filmé clandestinement dans le bassin minier dans la ville de Redeyef pendant le soulèvement populaire du 7 avril 2009, met en perspective la répression incessante du régime. À la sortie du film, son réalisateur a été obligé de s’exiler en France pour ne pas être persécuté par les autorités tunisiennes. Le témoignage de Leila Khaled, dont l’époux et le fils ont été incarcérés à la suite de cette manifestation, est très émouvant et illustre le désarroi d’une population au bord du gouffre. Les conditions de leur détention, les tortures et les séquelles sont la marque d’un régime autoritaire sans pitié, malheureusement peu médiatisé avant janvier 2010. À la fin du documentaire, madame Khaled évoque même la possibilité d’un changement en ajoutant que «2010 sera l’année de la jeunesse». Il est donc évident que la révolution tunisienne n’est pas survenue par hasard et que le fait que le régime autoritaire ait fermé les yeux sur le malheur de son propre peuple est à l’origine même de sa chute.</p>
<p>La discussion autour de la «rÉvolution», consacrée à un des événements majeurs du XXIe siècle, a donc eu le mérite de rassembler de nombreux tunisiens et autres intéressés pour apprendre, discuter et former sa propre opinion. Les petits stands dans le cinéma et les expositions d’artistes talentueux ont également donné une ambiance festive à ce rassemblement, histoire probablement de saluer et de se réjouir d’un succès démocratique encore embryonnaire mais tout de même prometteur.</p>
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