Un fédéralisme européen?
7 avril 2017
La relation politique entre le Québec et le Canada est ambiguë.

L’histoire du Québec est profondément lié à la recherche d’une reconnaissance: depuis la conquête de la Nouvelle-France en 1763 par les Canadiens anglophones, suite à la bataille des plaines d’Abraham, il n’a cessé d’être question pour les «canadiens français» — aujourd’hui québécois — de faire valoir leurs droits et leur culture. Cependant, la seule province francophone étant le Québec, il a toujours été difficile de faire entendre la voix québécoise. Celle-ci, a toujours couru le risque d’être submergée par celle des anglophones, ces derniers voulant davantage servir leurs propres intérêts.

Cependant, à partir de 1960, les choses changent au Québec et le contexte dans lequel s’inscrit la Confédération canadienne est transformé. Le Québec n’est plus une province composée de canadiens français pauvres, catholiques et cultivant la terre; dans les années 1960 commence la Révolution tranquille: après le «baby boom», la population francophone grandit. L’ouverture de l’Université de Montréal et de l’UQAM permet la formation d’une élite intellectuelle francophone : 70% de la population québécoise est désormais urbaine. Par conséquence, en parallèle à cet essor démographique urbain et culturel, nait une nouvelle idéologie populaire: celle du développement. Le Québec — après avoir longtemps réclamé son indépendance — désire le respect et la conservation de sa culture singulière. Cette idéologie est un nationalisme considéré comme modéré. Conscient de son histoire, le Québec, tient à ses origines et à sa culture pour laquelle il s’est tellement battu. Néanmoins, le Québec tient à son ouverture d’esprit et est partisan de l’interculturalisme. Les québécois pensent que la préservation de la culture ne doit pas entraver le développement économique et l’accomplissement du rayonnement québécois. Depuis les années 60, le Québec a pris conscience de sa valeur, de ses capacités, et ne veut en aucun cas régresser vers un conservatisme rural catholique.

Par contre, comme le Québec est une province ayant une culture minoritaire au sein de la fédération, le gouvernement fédéral canadien pourrait aller à l’encontre des intérêts des québécois. Ainsi, le premier ministre du Québec, en 1980, a tenu à demander à ce dernier l’octroi de droits en raison de son statut particulier. Le Québec veut pouvoir faire ses lois, percevoir ses impôts, établir ses relations extérieures (avec l’immigration, par exemple), tout en maintenant une association économique comprenant l’utilisation de la même monnaie que le Canada.

La Révolution tranquille a permis au Québec de s’affirmer en tant que nation et culture. Contrairement au reste du Canada, qui perçoit le fédéralisme à la manière de Pierre Elliott Trudeau ou MacDonald, les Québécois conçoivent le fédéralisme à la manière de l’Union Européenne: ce n’est rien d’autre qu’une entente entre gouvernements et cultures fortes dans un but de développement économique. 

 
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