Il y a 100 ans, la révolution de février
22 février 2017 - Image par Vittorio Pessin
La Riposte socialiste a fêté les cent ans de la révolution russe ce weekend.

Cent ans, ça se fête. La Riposte socialiste (Socialist fightback en anglais, ndlr) ne s’en est pas privé d’ailleurs. En effet, il y a tout juste un siècle, à une semaine près, la Russie entamait sa première révolution moderne réussie, celle qui mit un terme définitif au tsarisme. Celle aussi qui, quelques mois plus tard, a engendré la révolution bolchévique, appelée «le plus grand événement de l’Histoire humaine» par les militants de l’organisation.

Quand la Russie se mets en branle

Il y a cent ans donc, en pleine Première Guerre mondiale, les femmes russes sortirent dans la rue à l’occasion de la journée internationale des femmes, pour demander du pain. Ne rencontrant aucune résistance, le mouvement réapparut le lendemain, cette fois soutenu par les hommes et dix fois plus puissant. Le tsar, qui vivait tranquillement avec l’élite militaire, n’était pas au courant de ce qui se tramait.

Le troisième jour de la mobilisation, le tsar fut averti. Intransigeant, il demanda aux gardes d’ouvrir le feu. Quelques dizaines de personnes moururent, mais la plaie est bien plus profonde. Incertains de quel parti prendre, les militaires de Petrograd (aujourd’hui appelée Saint-Pétersbourg, ndlr) se mutinèrent. La révolution se propagea à travers le corps militaire et, après avoir tenté de préserver sa position, le tsar Nicolas II se vit obligé d’abdiquer en faveur d’un gouvernement provisoire.

Celui-ci gouvernera, tant bien que mal, pendant quelques mois avant d’être reversé en octobre par le Parti bolchévique, principalement mené par Lénine et Trotsky.

Une fête en grande pompe

C’est donc la révolution qu’a permis à Lénine d’accéder au pouvoir que fêtent les marxistes de la Riposte. Pour se faire, ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère.

Un amphithéâtre de deux-cents personnes, quasiment rempli, a été réservé par l’organisation pour deux jours de présentations et de festivités. Des bus bondés en provenance de Toronto et des États-Unis ont amené des militants de l’organisation pour assister à cet événement qui compte parmi les plus grands de son existence.

Les conférenciers étaient, eux aussi, d’un certain prestige. Venu de Grande-Bretagne, l’ouverture était assurée par Alan Woods, politologue marxiste de renom, qui est le porte-parole de la Tendance marxiste internationale (TMI), organisation à laquelle appartient La Riposte, et qui compte plusieurs milliers d’adhérents dans une trentaine de pays à travers le monde. Était aussi présent Hubert Prévaud, rédacteur au journal Révolution, venu tout droit de France pour parler des «perspectives de la révolution aujourd’hui».

La lutte finale

Que l’on soit d’accord ou pas avec les positions de La Riposte, on ne peut nier que l’organisation a le vent en poupe. Cet événement en est la preuve: comparé à l’année dernière, la célébration de l’anniversaire de la révolution de février a attiré quasiment deux fois plus de personnes. En outre, les événements organisés de façon presque hebdomadaire attirent fréquemment la cinquantaine d’intéressés.

Cette radicalisation à gauche de la jeunesse n’est pas nouvelle: les étudiants ont tendance a être plus progressistes que leurs parents, surtout dans les périodes de crises économiques. Or, entre le chômage, la précarité, ou les tensions accrues sur le plan international, la situation actuelle est pour le moins propice à de tels mouvements.

La révolution n’est peut-être pas pour demain, mais La Riposte y travaille sans relâche.

 
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