Parlons de sexe
14 février 2017 - Image par Mahaut Engérant

Il est partout, dans les médias, dans les films, sur les affiches et cette semaine dans Le Délit.

En parler, le décortiquer, le célébrer, le comprendre, mais aussi le vivre. En parlant de sexe, nous parlons de ses tabous, de ses limites, des étoiles de mers qui attendent que le temps passe, du harcèlement, de la pornographie, de ses problèmes, du consentement et de ses fantasmes.

Le sexe passionne. Moins de deux jours après la diffusion de notre sondage sur la question, plus de 140 témoignages furent recueillis.

Peut-on encore appeler ça «faire l’amour»?

La surexposition au sexe, le tournant numérique et la performance sont aujourd’hui trois enjeux qui dictent notre code de conduite. À travers ces lunettes, à travers les partenaires, on se découvre, on se construit et se reconstruit, on tourne la page et on recommence. Grâce aux avancées technologiques, l’artefact se numérise, il est devenu une image, un nude qu’on envoie et qu’on oublie. Mais qui finira un jour par nous rattraper. Qui sait, un jour nous n’auront plus besoin des uns des autres, trouver quelqu’un n’aura jamais été aussi facile, mais garder ce quelqu’un n’aura jamais été aussi compliqué. Le sentiment perd tranquillement sa place dans l’acte. Peut-on encore appeler ça «faire l’amour»?

Parler de sexe, oui, est facile, certes. Mais qu’en est-il de la pudeur? De ceux qui refusent de se conformer à cette hypersexualisation rampante? Lutter contre ces nouveaux standards devient une tâche de plus en plus ardue. La preuve, ici, une femme couverte choque souvent plus qu’un corps dénudé. Peu importe les époques, le temps et les moeurs, le contrôle du corps reste au centre de la question. Est-ce qu’on est vraiment libre de choisir? Comment séparer nos désirs des normes imposées par la société? Peut-on se défaire de ces normes sans être marginalisé?

L’équipe du Délit n’a pas la prétention de pouvoir répondre à toutes ces questions, mais à travers notre dossier spécial, nous avons voulu dévoiler le sujet pour l’exposer à ses contradictions et à son caractère éphémère, le temps d’un numéro. 

 
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