Soirée d’amour et d’espoir
7 février 2017 - Image par Magali Vennin
Retour sur la vigie de solidarité pour les victimes de l’attentat de Sainte-Foy.

Le 30 janvier à 18h, des centaines de Montréalais·e·s se sont donné·e·s rendez-vous près de la station de métro Parc, unis contre l’attaque survenue le soir auparavant à Sainte-Foy, Québec, lors de laquelle un étudiant, Alexandre Bissonnette, fit irruption dans une mosquée et tua six personnes. L’assaut sur la mosquée s’est produit dans un climat de division exacerbé par la décision récente aux États-Unis de temporairement interdire l’entrée au pays aux ressortissants de sept pays musulmans.

Face au malaise suscité par ce crime de haine, plusieurs ont eu raison de craindre les conséquences de tels actes dans un pays comme le Canada où le multiculturalisme est tant célébré. Selon Katrina Brindle, étudiante en sciences politiques à l’Université McGill, l’attaque «montre que notre travail pour l’acceptation du multiculturalisme ne s’achève jamais et requiert constamment de l’amélioration».

Dès 18h, les organisateurs du rassemblement ont accueilli

«Notre travail pour l’acceptation du multiculturalisme ne s’achève jamais»

Magali Vennin

«l’amour, protège, pardonne, fait confiance, espère, et persévère. L’amour n’aura pas de fin».

Les participants se sont joints aux organisateurs pour honorer les victimes en observant un moment de silence. L’instant était sobre, mais était rempli d’un sentiment d’optimisme, d’un sentiment que ce moment n’était que passager, que nous serons plus forts. Pour Stéphanie, une jeune femme venue assister à l’événement, il était important d’être présent afin «de montrer la solidarité avec les autres». Pour elle et bien d’autres parmi la foule qui ont bravé le froid glacial ce soir, le recueillement a cédé la place à des chants de solidarité avec les victimes, la communauté musulmane, et plus largement les réfugiés. Parmi les chants, nous avions pu entendre quelques-uns répétés à peine deux jours auparavant à travers des aéroports aux États-Unis. «Pas de haine, pas de peur; les réfugiés sont bienvenue ici», scandaient plusieurs personnes dans la foule. La veillée était cruciale pour «envoyer le message que, même si des individus marginalisés sont injustement visés par la violence et l’intolérance, ils ne sont jamais, jamais seuls» a résumé Katrina.

La veillée s’est terminée aux alentours de 20h, mais une marche regroupant une cinquantaine de citoyens a s’est ensuivie au coin de la rue Jean-Talon. Lors de la marche, la fraternité et la solidarité ont été mises au premier plan alors que le groupe a continué son chemin, encouragé à maintes reprises par les klaxons d’automobilistes enthousiastes.

 
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