L’agriculture urbaine: une révolution?
31 janvier 2017 - Image par Mahaut Engérant
Les fermes Lufa cultivent des fruits et des légumes sur les toits .

Alors que la population mondiale continue de croître, la superficie des terres arables disponible diminue. La consommation éthique, écologique et respectueuse de l’environnement devient une nouvelle tendance rendue possible grâce aux innovations permettant de réduire la quantité d’énergie et de pesticides consommés par  l’agriculture dans les pays développés.

L’innovation devient donc la clé d’un développement durable. Les fermes Lufa, créées par Mohamed Hage en 2009 répondent tout à fait au défi que posent la croissance démographique et la production agricole. Ces fermes urbaines, mises en place sur des toits d’immeubles, prouvent qu’il est possible de produire en quantité suffisante tout en réduisant la consommation d’énergie nécessaire à la production agricole. 

Un fonctionnement ingénieux

Les fermes Lufa utilisent des procédés technologiques qui réduisent l’impact environnemental des cultures, comme la récupération d’eau de pluie et le compostage de déchets organiques. La première ferme construite à Montréal en 2010, d’une surface de 312 000 pieds carrés, utilise une méthode appelée hydroponie et un système qui recycle la totalité des eaux d’irrigation. Le système hydroponique accélère le processus de maturation des fruits et permet ainsi plusieurs récoltes par an. Le bémol est que cette technologie empêche les produits d’être certifiés biologiques. Toutefois, le fondateur justifie ce choix plutôt qu’un autre par le fait qu’il minimise l’impact environnemental. Les fermes Lufa utilisent deux fois moins d’énergie qu’une serre standard au sol. En cultivant sur les toits, elles utilisent des terres perdues pour en faire des surfaces productives. De plus, les contrôles biologiques utilisés sont des insectes «bénéfiques» telles les coccinelles, pour lutter contre les nuisibles.

Pour leurs prochaines serres, l’équipe pense adopter un chauffage de biomasse plutôt que du gaz naturel, lors des nuits hivernales. Une décision encore plus écologique…

Leurs produits ont une fraicheur inégalée

Une éthique respectée

«Nous cultivons là où les gens vivent et le faisons durablement.» Les fermes Lufa produisent des aliments frais, locaux et responsables pour une population urbaine en employant des techniques les moins polluantes et les plus naturelles possibles. Ces serres permettent de nourrir près de 2000 personnes à Montréal, et ont des partenariats avec des artisans locaux, pour permettre aux consommateurs d’accéder à des produits variés comme du miel, du pain frais etc. La proximité des fermes permet de réduire les transports et donc les émissions. Ces sèves urbaines écologiques émettent et polluent moins, comparées aux autres fermes urbaines à Montréal. De plus, leurs produits ont une fraicheur inégalée.

Respect de l’environnement 

Le concept séduit et devrait s’étendre. Le consommateur sait d’où viennent ses légumes, qui sont cueillis au jour le jour, puis livrés dans un point de collecte sélectionné lors de l’inscription. Les points de collectes quadrillent une bonne partie de Montréal, et sont aussi divers que le café voisin ou votre studio de yoga. Il suffit d’apporter des sacs réutilisables pour récupérer ses produits.

L’abonnement est hebdomadaire, toutefois il est possible de suspendre sa commande ponctuellement si vous n’êtes pas en mesure de la récupérer. Il faut un minimum de 15$ par commande chaque semaine et trouver des recettes adaptées aux produits de saison.

Il existe actuellement deux fermes à Montréal, une à Boston et trois autres devraient voir le jour sur les toits montréalais. 

 
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