Un visionnaire du mouvement
24 janvier 2017 - Image par Vittorio Pessin
Tomer Heymann retrace les pas d’Ohad Naharin à travers ses envoûtantes chorégraphies.

Mr. Gaga est un film captivant par sa beauté en tant que chef-d’œuvre cinématographique mais aussi par sa profondeur de par le message qu’il transmet. Un message qui incite à laisser son corps s’exprimer pour transformer tout mouvement en art. C’est là le but même de Ohad Naharin, le chorégraphe israélien au centre de Mr. Gaga, qui ne nous emmène pas seulement à la découverte de son parcours mais aussi là où toutes ses œuvres débutent, au cœur de son imagination et de sa créativité débordante.

Le calme avant la révélation

Tomer Heymann, le réalisateur du film, commence par aborder la vie de Naharin avant qu’il ne parte pour New York, où il trouvera sa voie. Ce début de film est plus classique; les images de la vie de Naharin, pendant son service militaire par exemple, sont alternées avec celles de ses chorégraphies, qui relatent à leur manière ses différentes expériences.

En ce début de film, le spectateur ne fait que suivre  simplement, lentement mais sûrement, les traces d’un grand chorégraphe en devenir. Et c’est là que le film prend un tournant, au même moment où Naharin pose ses valises à New York. Le film s’accélère comme s’il s’adaptait au rythme fou de la ville, qui attire le talent d’artistes venant des quatre coins du monde. Cette section du film dépeint l’un des moments les plus touchants, une scène d’origine dans laquelle Naharin joue de la guitare et chante dans son bain, permettant au spectateur de s’identifier à ce jeune homme, le montrant plus humain que jamais.

Heymann dresse un portrait très humain de ce génie de la danse

À partir de là, tout tourne autour du mouvement, toujours le mouvement, Naharin utilise ce mot plus encore que le mot danse, faisant ressortir le côté animal de cet art. Il dira même plus tard: «Nous apprenons à aimer notre sueur, nous découvrons notre passion de bouger et de la relier à l’effort, nous découvrons à la fois l’animal en nous et le pouvoir de notre imagination».

À la recherche du mouvement parfait

Tout en continuant à suivre le parcours de Naharin dans sa carrière en tant que chorégraphe, Heymann dresse un portrait à la fois très humain de ce génie de la danse très exigeant et toujours à la recherche de la perfection. L’un des danseurs dans le film mentionne même le fait que le réalisateur criait certaines de ses instructions aux danseurs pendant la représentation. Cependant le plus impressionnant dans toutes les chorégraphies présentées dans le film est le fait qu’il utilise des actions de la vie quotidienne, que chacun a eu l’occasion de vivre, et les transforme en art. Au point où même l’action de tomber demande de l’entrainement, afin de devenir un mouvement de danse fantastique et envoutant.

Le documentaire finit sur une douce note en montrant Naharin avec sa fille, donnant encore une autre image de lui, dans ce cas-ci, celle d’un père transmettant sa passion à son enfant, petit à petit. 

 
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