L’Impact pris en embuscade
28 novembre 2016 - Image par Mahaut Engérant & Louis-Philippe Trozzo
Le Bleu-Blanc-Noir assoit son autorité sur cette finale canadienne.

L’Impact de Montréal s’est imposé trois buts à deux face à son rival, le Toronto FC, mardi soir au Stade Olympique dans la première manche de la finale de l’Association de l’Est de la Major League Soccer (MLS) devant une foule record. La rencontre, qui se jouait à guichets fermés, a égalé la plus grande affluence pour un match de l’Impact avec 61 004 spectateurs, précédemment atteinte lors du match retour de la finale de la Ligue des Champions de la CONCACAF (Conderation of North, Central American and Caribbean Association Football) le 29 avril 2015. La formation montréalaise, alors dirigée par Frank Klopas, s’était inclinée face au club mexicain Club America.
Cette fois-ci, la joie était au rendez-vous pour les partisans de l’Impact, malgré un délai d’une demi-heure au coup d’envoi: le personnel du stade a dû repeindre les limites de la surface de réparation, qui, n’étant pas réglementaires, ont dû être agrandies d’environ deux mètres de chaque côté. L’incident a contraint les équipes à effectuer un second échauffement, et permis aux spectateurs retardataires de ne pas rater le début de la partie.

Une entame pleine d’autorité

Il faut croire que ce contretemps n’a pas troublé la formation de Mauro Biello, qui affichait le même onze partant que lors des trois derniers matchs. Emmené par son trio d’attaque de feu, l’Impact a d’emblée mis la pression sur la défense torontoise, qui affiche le meilleur bilan de la ligue. À la dixième minute, le capitaine Patrice Bernier a lancé Dominic Oduro dans le dos des défenseurs du Toronto FC. L’ailier a fait parler sa vitesse pour se présenter face au but de Clint Irwin, le trompant de l’extérieur du pied et faisant exploser les décibels du Stade Olympique.
À peine remis de leurs émotions, les partisans bleu-blanc-noir ont pu célébrer un deuxième but. Oduro, très en jambes, a récupéré un ballon dans le dernier tiers et a décalé Piatti sur la gauche. L’ailier argentin, auteur d’un doublé lors du dernier match de l’Impact contre le New York Red Bull, a centré vers Matteo Mancosu qui s’est imposé face à Moor et Hagglund pour crucifier le gardien torontois et porter la marque à 2-0 après seulement douze minutes. Mancosu confirme sa forme du moment, reléguant la star Didier Drogba sur le banc.
Le rythme du match s’est ensuite calmé, l’Impact se contentant de contrôler le ballon et repousser les quelques attaques torontoises en première demie, sans grande frayeur. La deuxième mi-temps a commencée de la même manière que la première: à la cinquantième minute, le défenseur gauche Ambroise Oyongo s’empare du ballon avant d’embarquer sur un raid de soliste jusqu’à l’entrée de la surface torontoise. Sa frappe, bien qu’un peu trop écrasée, trompe Irwin pour donner un avantage quasi-définitif, croyait-on, à l’Impact avant le match retour.

Un match en deux temps

A 3-0, l’Impact s’est sans doute relâché, invitant ses rivaux dans son camp. S’en remettant à leurs trois joueurs désignés, les Torontois réduisirent le score par deux fois en l’espace de cinq minutes. A la soixante-huitième minute, après un cafouillage dans la surface de l’Impact, ,Sebastian Giovinco centre vers Jozy Altidore qui a pu tromper Evan Bush à bout portant d’une tête puissante. Peu après, c’est Michael Bradley qui a ajusté le gardien américain de l’IMFC. Ces deux buts à l’étranger du Toronto FC ont terni la prestation de l’Impact, qui a pu tout de même conserver son avantage avant le match retour.

Timide dernière pour Drogba

Cette première manche de finale d’Association marquait la dernière apparition de Didier Drogba devant le public montréalais sous le maillot de l’Impact. La légende ivoirienne, à l’image de sa deuxième saison à Montréal, a semblé dépassée physiquement. Entré à la place de Mancosu à la soixante-dixième minute, Drogba a eu quelques bons ballons à exploiter, mais on a le sentiment qu’il freinait le collectif montréalais, lui qui l’a si souvent porté à bout de bras depuis son arrivée au Québec. Toujours aussi à l’aise techniquement, il a cependant voulu trop en faire pour ce dernier match à domicile et n’a pas su faire la différence.
Il lui reste encore le match retour à Toronto ce mercredi, au terme duquel l’Impact se qualifiera pour la finale de la Coupe MLS s’il évite la défaite. Ce serait la première équipe canadienne à atteindre ce stade de la compétition, et de quoi offrir à DD une sortie digne de ce nom.

 
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