L’émergence d’une culture foot au Québec
15 novembre 2016 - Image par Mahaut Engérant
L’Impact de Montréal s’invite en finale de l’Est et aspire maintenant au titre en MLS.

Alors que l’an dernier l’Impact était passé à seulement 13 minutes d’écrire une page d’histoire en devenant le premier club de soccer canadien à atteindre la finale de l’Association Est de la Major League Soccer (MLS), voilà qu’un an plus tard l’équipe montréalaise réussit l’exploit et entame sa préparation en vue de cette même finale.

De quoi pimenter davantage cet ultime duel, une autre équipe canadienne s’est invitée en finale de l’Est, le Toronto FC, grand rival de l’Impact vu sa proximité géographique et, surtout, la rivalité historique, tous sports confondus, entre les Pea Soups de Montréal et les Têtes carrées de Toronto.

Ainsi donc, la MLS pourrait couronner la première équipe canadienne de son histoire le 10 décembre prochain puisqu’il va de soi que le Canada sera représenté à la MLS Cup cette année.

Une nouvelle culture s’immisce à Montréal

Alors qu’il est coutumier de voir déferler la vague bleu-blanc-rouge sur Montréal en début d’automne avec le retour de la campagne des Canadiens, une autre vague, celle-ci bleu-blanc-noir, vient de balayer la ville. Pas moins de 50 000 fanatiques du ballon rond sont déjà détenteurs d’un billet pour le match aller du derby canadien qui se tiendra au stade olympique le 22 novembre prochain. Alors que Montréal est estimée partout à travers le monde comme étant la Mecque du hockey sur glace, l’engouement pour le soccer semble avoir pris son envol, au point de parler de l’émergence d’une véritable culture du foot.

Des tifosi chauvins, des chants bruyants, des milliers de foulards brandis dans les airs, une cloche qui retentit dans l’enceinte du stade lorsque l’Impact marque un but, un bassin de supporteurs grandissant, des ventes record, une couverture médiatique plus abondante, une académie qui progresse… autant d’éléments qui marquent la montée du soccer au Québec. Plusieurs diront que Montréal, avec son profil cosmopolite, est propice à l’émergence d’une culture foot, mais même le «Québécois de souche» s’est pris d’intérêt pour le sport. Cette année marque d’ailleurs un record d’équipe en termes de billets vendus et de détenteurs de billets de saison, la popularité de l’équipe n’étant pas étrangère à ses succès lors des deux dernières campagnes. Enfin, s’il y a bien un élément qui a contribué à mousser les ventes de billets au Stade Saputo cette année, c’est bien la venue de Didier Drogba, la légende ivoirienne et ex-vedette du géant londonien Chelsea. Ce fut véritablement un pari remporté par la direction de l’Impact puisque Drogba a su faire vibrer le Stade Saputo comme jamais auparavant, permettant d’ailleurs à l’Impact de s’imposer comme la deuxième équipe sportive en importance à Montréal.

Drogba et Montréal: un mariage agité

Jamais dans l’histoire un club montréalais n’a accueilli un tel monument sportif que Didier Drogba. Élu meilleur joueur de l’histoire de Chelsea par les supporteurs du club et considéré comme le meilleur joueur africain de l’histoire, Didier Drogba a accumulé moult titres et distinctions individuelles au cours de sa prolifique carrière. La commande était donc de taille pour un club de soccer montréalais sans grande expérience dans de tels dossiers, et ce, particulièrement vu le caractère présomptueux du personnage et sa tendance à agir à sa guise.

Les débuts de l’éléphant ivoirien auront finalement été fracassants, DD s’inscrivant au pointage à 11
reprises en seulement 9 titularisations et menant ainsi l’équipe jusqu’en demi-finale d’association en 2015. La lune de miel aura été belle et passionnelle, mais malheureusement de courte durée… Entre caprices de star, malentendus et flirts avec la retraite, Drogba aura fait le beau comme le mauvais temps au cours de son passage à Montréal.

À seulement trois victoires de voir l’Impact être sacrée championne de la MLS, le dernier chapitre de la saga Drogba reste à écrire. Que l’on fût ébloui par le talent de l’ivoirien ou rebuté par son égoïsme excessif, reste que la finale de l’Est sera fort probablement la dernière fois que cette légende du foot frôlera la pelouse montréalaise. Voilà donc une raison de plus pour aller encourager l’Impact le 22 novembre prochain. Allez Didier et allez l’Impact!

 
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