Gisement de pétrole sous McGill
25 octobre 2016 - Image par Ronny Al-Nosir
Les travaux seraient en réalité un chantier pétrolier, a révélé l’administration.

Dans un courriel à la communauté mcgilloise, l’administration a dévoilé que les travaux actuellement en cours autour du campus ont pour but la découverte  d’un «monstre réservoir de pétrole», selon la formule de la principale, docteur Fartier. Apparemment, une étude menée cet été a conclu qu’une entreprise de forage avait «une chance infime» de tomber sur un gigantesque gisement d’or noir. «Évidemment, nous avons foncé», poursuit Fartier, «nous ne pouvions pas laisser passer notre chance».

Le message annonce donc que les travaux ne s’arrêteront pas «tant que nous n’aurons pas touché au but». Bien que de nombreuses voix se soient élevées récemment pour souligner les multiples inconvénients liés aux chantiers, dont le bruit, les échafaudages périlleux et le cauchemar qu’est devenu Sherbrooke, l’administration est «certaine» d’œuvrer «pour le bien de tous». «Pensez-y», a dit Fartier lors d’une conversation téléphonique avec le Délit, «avec tout le fric qu’on va se faire, on va enfin pouvoir s’offrir un chauffage digne de ce nom. Au besoin, on brûlera du fioul. Et avec l’indépendance financière, fini les partenariats avec les conglomérats énergétiques! Ces écolos-fanatiques de Divest McGill nous laisseront enfin en paix».

Par contre, l’administration a refusé de répondre à nos questions concernant l’état des travaux. «Vous n’avez pas de devoirs à faire?» nous a lancé Fartier, avant de raccrocher subitement. Les ouvriers sur McTavish, eux, ont bien voulu nous parler. «Non, toujours pas de pétrole. Mais l’autre jour on a buté sur des sépultures. Il paraît que c’était des terres iroquoises, avant, par ici. On ne savait pas trop quoi en faire, donc on a ré-enseveli tout ça sous Quesada». Le puits fera bientôt plusieurs centaines de mètres de profondeur, selon l’ingénieur de service, Monsieur Trudeau (aucune relation avec le Premier Ministre). «S’il y a réellement un gisement, on ne devrait pas tarder à l’atteindre. Sinon on se mettra à la fracturation hydraulique».

Et le coût d’une telle opération? Pour l’instant, nous n’avons pas obtenu de chiffres concrets. En revanche, une source au gouvernement municipal nous indique que le maire serait intéressé par une participation à l’effort, en échange d’une partie des revenus. «Ça ferait vraiment notre affaire. Vous connaissez l’état déplorable de nos finances, une découverte pareille serait une aubaine inespérée». Cette même source a évoqué un contrat de plusieurs dizaines de dollars.

Il semblerait donc que les travaux ne soient pas près de se terminer. En même temps, l’arrivée de l’hiver devrait rendre le forage plus compliqué. Avec un peu de chance, d’ici aux périodes de grand froid les raffineries seront en marche et leurs fumées nous tiendront chaud. 

 
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