L’insouciance oubliée
18 octobre 2016 - Image par Magdalena Morales

Après  Le Jeune Poète, Damien Manivel nous propose un second long-métrage — Le Parc— pour une édition 2016 du Festival du nouveau cinéma haute en émotions. Avec un budget minuscule, ce réalisateur en herbe revisite avec vivacité la banalité d’un flirt estival avec un regard presque «Grimm-esque» du conte. Plongé dans l’atmosphère frivole et agréable d’un parc, le spectateur retrouve deux adolescents dont la beauté s’explique par la maladresse et l’innocence des acteurs qui les jouent. Manivel nous leurre avec un cliché d’amour naïf: les premiers instants hésitants d’une première rencontre laissent vite cours à une complicité florissante emplie de baisers tendrement maladroits. Bercé par le bruit du vent et aux confins des arbres vêtus, c’est un amour plein de promesses qui suit les heures de la journée.

Mais telle une comptine fantastique d’été, l’obscurité qui s’avance au crépuscule dévoile un second décor étrange et surréel à la fois. Un nouvel amour et les espoirs d’une belle journée se retrouvent dissous par la nuit. Effleurant le songe et ce qui pourrait nous en échapper, les regrets et les inquiétudes prennent le dessus dans ce parc. Après nous avoir livrés à un bain de jouvence, Damien Manivel, artiste à suivre de près, nous laisse seul à regretter notre insouciance. 

 
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