La Riposte voit rouge
20 septembre 2016 - Image par Mahaut Engérant
Leurs solutions marxistes ont le vent en poupe.

«Le capitalisme est en crise» disent-ils, et eux, ont la solution. C’est au sixième étage du Hall Building de Concordia que se sont réunis, le mercredi 14 septembre, les membres du groupe étudiant La Riposte (Socialist Fightback en anglais, ndlr) basé à Concordia et McGill, pour une conférence consacrée à la crise du capitalisme et à la révolution socialiste.

La salle est bondée. Soixante-dix personnes ont fait le déplacement, soit une des plus grandes participations que l’organisation ait enregistrée depuis sa création l’année dernière. L’assemblée est diverse. Des adhérents, bien sûr, mais aussi de nombreux curieux intéressés par la perspective proposée.

C’est Joël Bergman, militant de longue date, qui anime la rencontre, avec une présentation d’environ une heure, suivie de réponses aux questions de la salle. Au programme, Histoire, analyse et commentaires.

a-fightbackmcgillMahaut Engérant | Le Délit

Une seule solution: la révolution

La discussion se porte d’abord sur la crise de 2008. L’effondrement du crédit aux États-Unis, qui s’est rapidement propagé à travers le monde, est présenté comme la preuve de la faiblesse de la construction économique capitaliste. Bergman explique que l’endettement est un moyen de pousser artificiellement les limites naturelles du marché. La réponse proposée par les gouvernements d’alors n’est pas plus efficace, poursuit-il. Il souligne que les renflouements financiers organisés à plusieurs reprises n’ont visiblement pas engendré une baisse importante du chômage, ni même une recrudescence de la croissance.

Où est donc passé cet argent ? Pour Bergman, il n’y a aucun doute: le capital a gentiment été empoché par le patronat, qui attend de pouvoir l’investir sans risque. «700 milliards de dollars stagnent dans les banques canadiennes!» dit-il. Largement de quoi assurer une vie sans manque (et des études gratuites) pour toute la population nationale.

Bergman n’est pas dupe: il sait que l’histoire du 20e siècle est souvent utilisée par ses opposants pour discréditer ses positions. Pour lui, l’expérience soviétique a échoué parce que la révolution a eu lieu dans un pays trop faiblement industrialisé, et donc incapable de permettre l’épanouissement du socialisme. Soit. Mais, pourrait-on répondre, le communisme reste bien un système utopique, qui n’a pas démontré qu’il pouvait fonctionner dans la réalité. Bergman prend le problème dans l’autre sens: «ce n’est pas nous, mais les capitalistes qui sont utopiques» explique-t-il. «Le système actuel nous a clairement montré ses faiblesses. Penser qu’il pourrait fonctionner autrement relève de la fantaisie.» La salle est visiblement conquise.

Regain d’intérêt pour les alternatives socialistes 

Interrogée sur la forte participation à l’événement, une militante revient sur les récents problèmes économiques. «La crise nous a mis le vent en poupe» explique-t-elle. Au-delà de cela, l’excitation, puis la déception, engendrées par la candidature de Bernie Sanders aux primaires démocrates américaine ont créé une énergie que l’organisation compte bien canaliser.

Ce qui est sûr, c’est que la population étudiante s’intéresse aux alternatives socialistes. «Même ceux de McGill, qu’on pense souvent être conservateurs» ironise un militant. Fort de ses nouveaux adhérents, Socialist Fightback peut s’organiser de façon assez efficace.

De nombreux événements ouverts au public sont prévus, qui permettront de découvrir et de débattre les thèmes et propositions du groupe. Un journal francophone appelé La Riposte est aussi imprimé mensuellement. Pour le prix de deux dollars, vous pourrez y trouver des dernières informations à tendances socialistes… mais uniquement après avoir lu Le Délit bien évidemment.