C’était la Belle Époque
20 septembre 2016 - Image par Henri de Toulouse-Lautrec
Henri de Toulouse-Lautrec nous introduit au Paris de la fin-de-siècle.

Salons, Moulin Rouge, Montmartre, absinthe… Toulouse-Lautrec a étreint la vie de Bohème. Il a traduit son expérience à travers ses œuvres, lithographies, dessins, et peintures, que le Musée des Beaux Arts de Montréal nous fait redécouvrir. Toulouse-Lautrec affiche la Belle-Époque, exposée jusqu’au 30 octobre, nous fait mettre un pied dans le Paris de la fin du 19e siècle. À travers plus de 90 estampes et affiches, on se balade dans l’univers de l’artiste.

Né en 1864, Henri de Toulouse-Lautrec grandit au sein d’une famille noble. Il souffrait d’une maladie des os due à la consanguinité, cas fréquent à cette époque et dans ce milieu. Cela bloqua sa croissance, et le traumatisa. Il décida de devenir artiste quelques années après la découverte de sa maladie. Son infirmité le força à arrêter l’équitation, discipline qu’il aimait et pratiquait depuis sa jeunesse. On retrouve cette passion à travers ses nombreuses lithographies de courses de chevaux. Sur Les Jockeys (1882), on retrouve le style impressionniste, avec une huile sur toile faite de touches de couleurs.

Toulouse-Lautrec n’est pas particulièrement associé à un mouvement artistique. On retrouve donc dans cette exposition des œuvres aux styles qui peuvent différer. Certaines représentent des personnes aux traits marqués, avec des visages très reconnaissables, comme Miss May Belfort en Cheveux (1895). Au contraire, sur les affiches, les traits sont plus évasifs, moins spécifiques. Lautrec a produit également beaucoup d’affiches pour des théâtres parisiens, notamment des affiches présentant la Goulue, danseuse qui inventa le french-cancan pour l’iconique Moulin Rouge.

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Représentations authentiques

«J’ai tâché de faire vrai et non idéal» a dit Toulouse-Lautrec. Il étudie scrupuleusement les foules qui fréquentent les théâtres, cabarets et maisons closes. Il représente la bourgeoisie de l’époque et les milieux dépravés. Il procède de façon presque caricaturale, avec des ombres et des couleurs presque expressionnistes, soulignant les traits prononcés de cette population. Ces représentations illustrent de manière authentique la Bohème de la fin du 19e siècle, et son mode de vie décadent pour les artistes de l’époque. Le vice était son ami, et celui-ci finit par le tuer. Il mourut de la syphilis, probablement contractée par la fréquentation de prostituées, et l’alcoolisme n’arrangea pas son état de santé.

Fascination pour les femmes

Les femmes furent le sujet de beaucoup d’œuvres de Lautrec. Elles étaient omniprésentes dans son monde: danseuses, prostituées, serveuses. À cette époque, une femme de bonne famille ne sortait pas en public, encore moins de nuit. Celles que Lautrec représente ne sont que les infréquentables de jour, mais elles furent ses muses. Lautrec se prit d’affection pour quelques unes d’entre elles, dont Jane Avril, une célèbre danseuse de cabaret de l’époque. Il tomba sous son charme. Il créa pour elle quelques affiches de spectacle où l’on peut la voir sur scène, représentée avec une grande sensibilité pour les détails. Ces images sont faites pour, et illustrent, le regard masculin sur ces femmes de la nuit, les dépravées.

L’exposition nous présente plusieurs aspects de l’œuvre de l’artiste. Elle est surtout basée sur les dessins et lithographies de Lautrec, mais on y trouve également quelques photos et petits films de l’époque, ainsi que des œuvres de ses confrères et des huiles sur toiles. La musique diffusée est bien en accord avec l’époque. On regrette seulement que l’exposition ne soit pas très grande, ce qui ne nous laisse qu’un court moment, mais cependant intense, dans la Belle-Époque. 

 
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