TEDxMcGill: de l’inspiration à l’action
21 mars 2016 - Image par Inès Léopoldie-Dubois
Des présentations qui ébauchent une révolution conceptuelle.

«Bousculer le statu quo et soulever des questions»: tel était l’objectif du TEDx McGill 2016 qui a eu lieu samedi 19 mars au Salon 1861, une ancienne église sulpicienne convertie en auditorium. Huit intervenants de marque, tous aussi passionnés qu’originaux, nous ont présenté tour à tour leurs projets, idées, créations artistiques ou encore découvertes scientifiques, qui viennent défier les paradigmes dominants.

Place à la jeunesse et aux communautés

Comme le veut la tradition TED talk, chaque présentation avait pour but de faire passer un message clair, simple et à allant l’encontre de nos préconceptions.

À l’issue des conférences, il ne fait aucune doute que l’acteur principal de la révolution conceptuelle du 21e siècle est la jeunesse. «Le monde a toujours évolué grâce aux jeunes», affirme Thione Niang, en citant des figures politiques comme Malcom X ou Martin Luther King, qui dès leur plus jeune âge ont rejoint des mouvements activistes. Le parcours de Thione Niang lui-même est exemplaire. Quittant la pauvreté de son village sénégalais pour rejoindre les États-Unis avec vingt dollars en poche, il devient en moins de cinq ans président du Mouvement national des étudiants démocrates (Young Democrats for America College Caucuses, ndlr) — mouvement stratégique de la campagne électorale de Barack Obama. Il ne s’arrête pas là. À la tête de plusieurs projets — dont Give1 Project, implanté dans 32 pays — Niang s’efforce désormais de fournir aux jeunes l’opportunité de devenir des membres actifs de leur communauté.

La jeunesse à la tête de projets innovants, c’est également le modèle incarné par Salima Visram. Fraîchement diplômée de McGill, Salima dirige aujourd’hui The Soular Backpack — sa société d’entrepreunariat social qui compte délivrer plus de 5000 sacs à dos accumulateurs d’énergie solaire à des enfants pour qui l’éducation est souvent freinée par la pauvreté. 

Tout comme Salima, mettre les communautés et leurs besoins au premier plan des débats sociaux et politiques est la solution envisagée par Henry Mintzberg, professeur émérite de gestion ayant beaucoup écrit sur l’entrepreunariat social. Selon lui, il faut se débarrasser de la dichotomie réductrice entre privé (entreprises) et public (institutions) et venir la balancer avec un troisième secteur crucial, mais négligé: le secteur «pluriel», qui comprend associations, mouvements sociaux, etc.

Inès Léopoldie-Dubois

Toujours plus loin, toujours plus créatif

Du haut de ses 17 ans, Panayotis Pascot répète avec détermination la citation de Xavier Dolan: «Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais.» En effet, tout paraît possible pour ce jeune humoriste, qui, il y a peu de temps encore, peinait à faire décoller les vues sur ses vidéos YouTube. C’est en contactant de manière incessante les personnes qui l’inspirent qu’il réussit à décrocher en septembre 2015 une place au «Petit Journal» — émission française très appréciée tant par la jeunesse que par les autres générations.   

«Rêver et oser»: Moon Ribas, elle aussi, épouse cette idée. Son rêve est ambitieux et singulier: être connectée à notre environnement, non pas en le modifiant, mais en nous modifiant grâce à la technologie. En effet, Moon possède des implants dans son corps, qui lui font ressentir les vibrations terrestres et lui permettent d’être en symbiose avec la nature. Elle se définit comme cyborg et défend le «cyborgisme»: une philosophie respectueuse de l’environnement, qui entrevoit un futur avec des êtres humains technologiques qui seraient capables de s’éclairer ou voler,  sans recourir aux technologies actuelles, fortes consommatrices d’énergie. Elle se projette même plus loin que la Terre, en travaillant actuellement sur un projet qui lui permettrait d’être en connexion sismique avec la Lune.

L’espace était aussi le thème de la dernière présentation, donnée par Dr. David Shoemaker. Cent ans après les prédictions d’Einstein sur l’existence de trous noirs, l’équipe scientifique du Dr. Shoemaker a réussi en 2015 à détecter pour la première fois des ondes gravitationnelles.

Cette découverte sans précédent ébranle les théories scientifiques et suggère qu’explorer le cosmos, le comprendre, et l’intégrer à nos problématiques actuelles, c’est aussi contribuer au «changement de paradigme».