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Contre 11-Novembre

Le jour du Souvenir selon Démilitarisons McGill.

Luce Engérant

Vendredi soir dernier, Démilitarisons McGill (Demilitarize McGill, ndlr) organisait le troisième événement de sa campagne #RememberThis (#Rappelons-nousÇa, ndlr) avec un panel intitulé : Celebrating Resistance to Canadian Nationalism (Célébrons la résistance au nationalisme canadien, ndlr). La campagne prenait place pendant la semaine du jour du Souvenir et s’est traduite par une série d’événements contre la glorification du militarisme.

Démilitarisons McGill se fait remarquer chaque année lors de la cérémonie militaire, que ce soit par le brandissement de bannières ou l’organisation de manifestations silencieuses, et fait beaucoup parler (en bien et en mal) sur le campus. Le rassemblement défend le fait que la cérémonie, par sa mise en vedette de véhicules militaires, « n’accomplit guère (sic) à rappeler la vérité de la guerre et de la violence coloniale », mais propage plutôt une idée glorieuse des Forces armées canadiennes. 

Néanmoins, plus de 80 personnes se sont déplacées pour assister à la discussion entre Harsha Walia, activiste et auteure du livre Démanteler les frontières. Contre l’impérialisme et le colonialisme, Mostafa Henaway, activiste impliqué dans la crise des migrants et le combat contre le soutien du gouvernement canadien envers l’apartheid israélien et Freda Huson et Dini Ze Toghestiy, deux membres du clan autochtone Unist’ot’en.

Les interventions des panélistes ont servi à élargir la définition que se fait le Canadien moyen du terme « militarisme » — l’esprit de guerre canadien englobe beaucoup plus que l’image glorifiante que l’on se fait d’un soldat censé protéger son peuple. Walia affirme en effet que « le Canada est toujours dans un état de guerre », de par ses implications colonialistes et patriarcales à l’étranger – état que dénient la plupart des citoyens. 

Luce Engérant

Interventions impérialistes

Après qu’ait été posée la question « est-ce que supprimer les Forces canadiennes comme institution s’avèrerait être la fin du militarisme ?», les quatre panélistes ont ri. Les formes de militarisme au pays, soutiennent-ils, seraient partout et se traduiraient comme tout acte de violence et de contrôle exercé par les institutions gouvernementales : l’intervention impérialiste en Afghanistan, l’intervention policière lors des manifestations étudiantes, la loi C‑51, l’instauration de pipelines, le déversement des égouts dans les eaux, la Crise d’Oka, etc. 

C’est dans cette discussion, lourde d’émotions mais remplie d’humour, que les activistes ont pu partager des anecdotes personnelles des difficultés liées à la résistance. Huson a défendu le fait qu’un changement de mentalité doit s’opérer dans la population pour qu’il y ait des changements majeurs au sein de l’État – tout le monde peut y trouver son rôle, affirmait Henaway.


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