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Sandwich impromptu

Les artistes Louis Bouvier et Hank Bull détonnent à la galerie de l’UQAM.

Adrien Baudet

Louis Bouvier est un Montréalais en maîtrise d’arts visuels et médiatiques à l’UQAM. « Des rencontres improbables entre différents objets et images provenant d’époques et de cultures variées », c’est ainsi que l’artiste définit son exposition TOUT n’est pas un sandwich, qui côtoie les œuvres de l’installation Connexion, du canadien Hank Bull, dans un ensemble artistique présenté par la galerie de l’UQAM jusqu’au 5 décembre. 

L’unique pièce de l’exposition de Louis Bouvier comporte des objets divers : photo-dessins, sculptures, un tableau lumineux… Cependant, leurs dispositions et contenus sont surprenants. Les tableaux sont à terre, les photos-dessins placées derrières des étagères où sont posés d’autres objets plus communs, ce qui semble aller à l’encontre de la conception que nous avons des œuvres d’art comme étant « précieuses ». 

Louis Bouvier utilise des moyens classiques pour transmettre son message, mais la façon dont ils sont disposés sort de l’ordinaire. En effet, nous remarquons certaines références artistiques, comme par exemple un objet qui se présente comme une des horloges de La persistance de la mémoire de Salvador Dali, coulant sur le bord d’une étagère. Mais l’objet est petit, placé dans un coin et n’est pas très esthétique. L’artiste utilise également des références de la pop-culture colorée des années 1960 en juxtaposition avec des objets plus classiques et sombres.  Dommage qu’aucune explication ne soit fournie mis à part une phrase expliquant l’essence de l’exposition à l’entrée, ce qui rend la compréhension de certains objets très difficile pour les dilettantes. 

Adrien Baudet

L’exposition Connexion

Hank Bull, artiste canadien originaire d’Alberta, était membre d’un réseau mondial d’artistes produisant des œuvres collectives à distance dans les années 1970.  Il fait aujourd’hui partie d’organismes dédiés à la diffusion de l’art contemporain. Ainsi, nous sentons dans son art des influences culturelles, artistiques et même politiques asiatiques mais également polonaises. L’exposition Connexion présente de nombreux objets en tous genres : des photographies, des affiches et piles de journaux, des vidéos et divers objets de communication des années 1970, entre autres, mais aussi des sons et des ombres chinoises. À travers de nombreuses collaborations avec des artistes du monde entier, l’objet semble être la mise en valeur d’un réseau artistique international. Hank Bull utilise les moyens de communication comme forme d’art.

Nous découvrons tout d’abord un mur de photographies, affiches et dessins plutôt organisé dans une pièce où les œuvres sont disposées de manière épurée. Ensuite, nous nous retrouvons face à un bureau très chargé et rempli de « désordre organisé » avec des sons, dont celui de la fameuse vidéo Chaise à porteurs embouteillée HP. La disposition des objets est parfois surprenante, mais reflète bien le fait qu’il s’agit d’archives et que de nombreuses œuvres sont le résultat d’un travail collectif. Il est important de noter que toutes ces collaborations ont eu lieu bien avant l’avènement d’internet. Les moyens de communication exposés apparaissent ainsi comme une forme d’art, notamment par le fait qu’ils sont obsolètes. 


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