Kareem Ibrahim, président de l’AÉUM
21 octobre 2015 - Image par Eléonore Nouel
La plus importante association étudiante de McGill se bat contre coups du sort et erreurs passées.

Le Délit (LD):  Après la démission surprise de la directrice générale de l’AÉUM et de la vice-présidente interne, ainsi que le départ pour congé paternel du gérant du bâtiment Shatner, comment s’organise le fonctionnement quotidien de l’AÉUM?

Kareem Ibrahim (KI): On a divisé les responsabilités des trois postes entre les cadres de la manière la plus sensée possible. Par exemple, pour ce qui est du bâtiment Shatner on a délégué cela à notre v.-p. aux clubs et services, Kimber Bialik, et à notre chef de sécurité M. Wallace Sealy, parce que ce sont ceux qui sont le plus au courant de ces sujets. Malheureusement, on ne peut confier ces responsabilités à de potentiels nouveaux membres, car cela prendrait trop de temps de recruter et former de nouveaux employés. C’est plus simple de le faire nous-même, même si ça reste vraiment difficile: à ce point-ci, on se retrouve à travailler 80 heures par semaine.

LD: Des candidats pour le poste de v.-p.  aux affaires internes? (Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 30 octobre.)

KI: Ça fait un peu de temps que c’est ouvert (depuis le 9 octobre, ndlr). J’ai déjà fait plusieurs signatures. Je ne peux pas vous dire qui, mais heureusement il y a beaucoup de candidats.

LD: Quant à la recherche d’un nouveau directeur général? (Une agence de chasseurs de têtes a été mandatée.)

KI: Ça avance bien, on a déjà défini le profil recherché avec une compagnie externe, Kenniff & Racine. On espère que cela va bien se passer, c’est un peu cher, mais on voulait vraiment faire un bon recrutement et cette compagnie a une garantie de six mois de bonne performance. Donc si la personne recrutée ne travaille pas bien on pourra aller voir Kenniff & Racine et leur demander un autre candidat.

«C’est plus simple de le faire nous-même, même si ça reste vraiment difficile: à ce point-ci, on se retrouve à travailler 80 heures par semaine.»

LD: Comment comptez-vous gérer l’intégration en milieu d’année de deux nouveaux arrivants aussi importants?

KI : Je suis chargé des ressources humaines donc je les formerai avec notre conseillère aux ressources humaines, Marie-Hélène Reid. Cela va probablement prendre entre un et six mois pour former nos nouveaux employés à plein temps. Pour le nouveau v.-p. aux affaires internes, on espère que cela ne va pas prendre trop de temps, la personne élue commencera à travailler le 1er janvier, mais on pourra commencer à la former dès novembre – toutefois elle ne sera pas encore payée.

LD: Au cours de l’année entière quelles conséquences est-ce que cela aura sur la politique de l’AÉUM? Certains objectifs seront-ils priorisés par rapport à d’autres?

KI: On a beaucoup de chance d’avoir une équipe vraiment compétente cette année. Ça serait difficile pour n’importe quelle équipe de gérer ces départs; mais on se débrouille bien. Par exemple, Kimber Bialik (v.-p. aux clubs et services, ndlr) a pris en charge Four Floors et le listserv (liste de diffusion, ndlr). Donc pour l’instant on ne laisse rien tomber.  Ce n’est pas réaliste de dire que l’année va se passer tranquillement et on va faire le plus d’efforts possibles pour que tous les services et projets de l’AÉUM restent en place. Par exemple, je vais implémenter une politique d’équité à l’embauche à l’AÉUM. Si je réussis, j’aurai fait un bon travail, mais aucune promesse (rires).

LD: N’avez-vous pas peur que ces déboires récents décrédibilisent l’AÉUM encore plus auprès du corps étudiant?

KI: La crédibilité de l’AÉUM dans la communauté étudiante est quelque chose qui m’importe énormément, mais je trouve tellement injuste de voir que des événements hors de notre contrôle ont durement affecté nos activités. En communiquant toutes nos réussites et fautes aux étudiants, on va être capables de leur faire savoir qu’étant donnée la situation dans laquelle nous sommes, on a tout de même réussi à maintenir nos activités normales. Cette année certains cadres se retrouvent surchargés, mais ils font de leur mieux pour remplir toutes leurs responsabilités. Ils ont plus de travail que l’année passée alors que certains aspects de leur portfolio avaient été négligés les années précédentes.

«La crédibilité de l’AÉUM dans la communauté étudiante est quelque chose qui m’importe énormément, mais je trouve injuste de voir que des événements hors de notre contrôle ont durement affecté nos activités.»

LD: Comment voulez-vous mieux répartir les responsabilités au sein de l’AÉUM?

KI: On va revoir notre constitution ce deuxième semestre. On va vraiment regarder les différents dossiers et déterminer ce qu’il faut ajouter, enlever, échanger entre les cadres parce qu’il y a des portfolios qui sont vraiment énormes par rapport à d’autres. Aussi, on ne veut isoler aucun thème dans aucun dossier, par exemple l’équité est aujourd’hui réservée au v.-p. aux affaires universitaires et on veut s’assurer que ces thèmes soient bien distribués.

LD: Le concept de “mémoire institutionnelle” a toujours été en central à l’AÉUM (sachant que de nouvelles équipes exécutives sont élues chaque année) et est à nouveau au cœur de l’actualité. L’AÉUM envisage-t-elle des mesures concrètes pour remédier à ce problème récurrent?

KI: Je suis content que vous me posiez cette question. C’est un sujet qui me passionne, car le changement de nos exécutifs chaque année déstabilise beaucoup l’organisation. Alors j’ai l’intention, avec notre conseillère aux ressources humaines, de faire un plan vraiment complet pour intégrer la nouvelle équipe. J’ai déjà demandé à nos cadres de préparer un guide pour leur successeur. En commençant plus tôt et en le faisant peu à peu, on peut vraiment y ajouter plus de détails et d’informations. Chaque année, on a des problèmes avec cela et cette année-même on a trois cadres qui n’ont reçu aucun document de leurs prédécesseurs.

«On a dû trouver $150 000 dans notre budget»

LD: Dans un contexte d’austérité, alors que certaines organisations mcgilloises, telle CKUT, vont organiser un référendum pour augmenter leur redevance l’année prochaine, l’AÉUM envisage-t-elle de faire de même?

KI: On a l’intention de faire un référendum, car on a eu des problèmes financiers cette année, à cause d’un budget salarial mal géré les années passées. On a dû trouver $150 000 dans notre budget et on a été obligés de se séparer de quelques employés étudiants. Ça fait depuis très longtemps que l’on n’a pas fait d’augmentation.

LD: Qui est responsable de ces $150 000 manquants?

KI: Le problème a déjà été résolu. Ce qui s’est passé c’est que le v.-p. aux finances et opérations n’avait pas du tout accès à l’information salariale parce que notre département aux ressources humaines avait l’impression qu’il était illégal de lui communiquer ce budget. J’ai vérifié avec nos avocats qui m’ont assuré qu’on peut distribuer ces informations au sein de l’AÉUM, et surtout à notre v.-p. aux finances. C’était vraiment stupide qu’il ne puisse pas être au courant des affaires de salaires; maintenant qu’il y a accès on espère ne pas se retrouver dans une telle situation.

Eléonore Nouel