Une histoire de QE
29 septembre 2015
Retour sur une méthode de redressement économique.

Considéré comme une des armes les plus puissantes des banques centrales en temps de crise, le QE, assouplissement quantitatif (Quantitative easing, ndlr) a un seul et unique but: stimuler l’économie par la libération de capitaux privés. Ce mécanisme, utilisé tour à tour par la Banque du Japon, la Banque d’Angleterre, la Banque centrale américaine («Fed», ndlr) et dernièrement la Banque centrale européenne (BCE), est en théorie très simple.

Crise de liquidité

Le marché obligataire est un marché sur lesquels les compagnies peuvent «vendre de la dette» avec un intérêt et une date d’échéance, c’est à dire s’endetter auprès de tous types d’investisseurs, et les entreprises en ont vitalement besoin pour financer leurs nouveaux projets.

En temps de crise, les investisseurs, et tout particulièrement les plus réticents au risque, se séparent généralement de tous leurs actifs (éléments de leur patrimoine, ndlr) à risque pour se refugier vers des actifs dits «sans risque» comme la dette souveraine des pays développés. Cela a pour effet direct de créer une crise de liquidités sur le marché obligataire, c’est à dire que plus personne n’achète ou vend quoi que ce soit. Si les compagnies ne peuvent plus accéder à ce type de marché, il leur faut soit se tourner vers d’autres solutions de financement pour leurs projets, soit tout simplement les abandonner. Si les compagnies ne peuvent plus s’endetter, on assiste généralement à une chute brutale de la croissance telle que celle de 2008.

Éléments de définition

C’est dans ce contexte que l’assouplissement quantitatif entre en jeu. Les banques centrales vont alors créer de la monnaie pour racheter de la dette souveraine, et ainsi augmenter la demande pour cette dernière. Avec une offre constante, cette demande additionnelle va faire augmenter les prix de la dette souveraine. Si les prix augmentent, le rendement relatif de la dette souveraine va quant à lui baisser.

Cela a pour effet de forcer les investisseurs à se tourner vers des marchés plus risqués comme le marché des actions, mais aussi le marché obligataire celui des produits dérivés. En théorie, ce mécanisme devrait permettre aux compagnies de pouvoir de nouveau s’endetter et ainsi reprendre leurs projets.

Pour et contre

Quand il s’agit de commenter l’efficacité de l’assouplissement quantitatif, les économistes ont du mal à tomber d’accord. En plus de stimuler l’économie, le QE aurait pour atout de faire baisser le coût de l’emprunt pour les entreprises ainsi que donner plus de confiance aux investisseurs. Dans le camp du contre, on trouve des arguments tout aussi valables: le risque d’une inflation galopante, celui d’une augmentation irrationnelle et possiblement spéculative des prix sur le marché des actions (si certains pensent qu’une majorité des investisseurs vont être forcés à quitter le marché de la dette souveraine, et ainsi acheter et vendre de façon spéculative), et enfin la quantité de risque d’envergure macroéconomique prise par la banque centrale…

D’autant plus qu’en réalité, si on regarde les impacts du QE sur l’économie réelle, les résultats sont eux aussi mitigés. Les pays comme le Royaume-Uni et les États-Unis se sont définitivement sortis de la crise, mais lorsque l’on observe l’état de la zone Euro, et celui du Japon, on peut encore espérer que les banques centrales trouveront bientôt une solution un peu plus efficace pour stimuler leurs économies respectives.