Surfer pour mieux feuilleter
22 septembre 2015
Éditorial.
Mahaut Engérant | Le Délit

Mercredi dernier, Guy Crevier, président et éditeur de La Presse annonçait que le journal quotidien «papier sera remplacé par La Presse+ du lundi au vendredi dès le 1er janvier». En d’autres termes, le journal étant connu pour avoir la plus grande salle de nouvelles du Québec, n’imprimera plus de publication tous les jours, mais uniquement à la fin de semaine. Une version quotidienne de La Presse sera disponible via l’application gratuite pour tablette La Presse+ et le site internet du journal. Il ne s’agira pas là d’une succession de «post», mais d’un véritable numéro quotidien: le contenu et la forme persiste; seule le médium change, semble nous dire Guy Crevier.

Les contestataires n’ont pas tardé à se faire entendre. La mort du papier, la fin d’une profession, un triste exemple donné par un journal vieux de 131 ans, une nouvelle stratégie conjuguée uniquement au futur proche… Beaucoup d’inquiétudes – ironie du sort! – publiées sur la toile.

Il est normal de douter de cette stratégie soit disant durable alors que tout change si vite sur Internet. Il est légitime de regretter l’âge d’or de la presse papier et cette époque où le bruit des pages fraiches était un son familier de chaque matin.

Mais quel espoir que celui donné par La Presse+! En cette période que beaucoup ont nomme «celle de la mort lancinante des journaux», La Presse offre une perspective qui nuance ces discours noirs rabâchés depuis des années à chaque conférence sur le journalisme. Un des principaux journaux québécois a donc su muter pour prendre place dans le XXIe siècle. «Trente mois après son lancement, La Presse+ est plus performante que La Presse papier après 131 ans d’existence. Parallèlement, La Presse+ obtient un vif succès auprès des annonceurs qui l’ont adoptée rapidement comme véhicule publicitaire», explique Guy Crevier. Longtemps décrit comme ennemi à la force de frappe destructrice, c’est le web qui sauverait finalement le papier par les revenus et l’audience qu’il génère.

Le Délit prend la vague

À l’échelle du Délit cette mutation se fait aussi sentir. Le nombre de nos publications imprimées a été diminué de 6 000 à 5 000 exemplaires par semaine cette année et les revenus issus de la publicité papier ralentissent. Nous devons aussi nous lancer dans ce virage numérique. Ainsi, l’optimisation de notre présence sur internet sera l’objectif du Délit cette année.

En février dernier, Le Délit a lancé son application disponible sur iTunes.

Début septembre, l’équipe éditoriale du Délit élisait Matilda Nottage comme première coordonnatrice multimédias, chargée de créer des contenus plus adaptés au web.

Il y a une dizaine de jours, l’équipe du Délit écoutait les conseils de Thomas de Lorimier, chef de la production web de La Presse –justement venu nous aider à améliorer notre stratégie sur les réseaux sociaux.

Hier soir, le Service des Archives de l’Université de McGill tenait un évènement de lancement pour la digitalisation des archives du Délit et du Daily, entre autres. Autrefois enfermés dans d’énormes grimoires entassés dans les sous-sols du bâtiment de l’AÉUM, nos plus vieux numéros seront disponibles sur internet. 

Et aujourd’hui autour de midi, après plus d’un mois de travail, Le Délit lance son nouveau site internet. Nous souhaitions un site modernisé, mettant en valeur nos visuels, et offrant une navigation épurée et facilitée.

Ce mouvement est loin d’être réussi et achevé. Il se développera sur le reste de l’année. Le but n’est d’évidemment pas de délaisser notre format papier dont nous avions revisité l’esthétique l’année dernière, mais de nous adapter et d’être plus complets. Depuis 1977, Le Délit était la tranche d’informations à tremper dans votre café du mardi matin. Dès maintenant il vous suivra tout au long de la semaine dès qu’un moment d’inattention vous soufflera d’effleurer votre écran.

Assez d’encre a coulé, nous vous laissons agiter vos pouces, pianoter votre clavier, cliquer, surfer, partager, et on l’espère «aimer».