Décentraliser, dérégulariser
20 janvier 2015
L’AÉUM tient son conseil législatif en présence de la principale Suzanne Fortier.

Entre décentralisation et austérité, Assemblée Générale et frais de scolarité, les discussions du premier conseil de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM) du semestre d’hiver, tenu le 14 janvier dernier, donnent le ton pour 2015.

Le conseil s’est ouvert sur l’intervention traditionnelle de la principale, Suzanne Fortier, venue accompagnée d’Ollivier Dyens, le vice-principal adjoint. Après quelques mots en français et un message de circonstance sur «les événements troublants» qui ont marqué ce début d’année, la principale est revenue sur les priorités de son mandat, rappelant à l’envie que les «étudiants sont l’élément central de notre communauté» et que l’administration fait de son mieux pour communiquer avec les organes étudiants, fierté poussée jusqu’à la blague: «nous n’avons pas encore utilisé les textos, mais je pense qu’on le fera bientôt». Interrogée sur l’ouverture à la communauté montréalaise et québécoise de McGill, Madame Fortier répond à coups d’exemples d’initiatives étudiantes, citant la clinique mobile de la Faculté de chirurgie dentaire pour les sans-abris, ou encore le projet d’un centre entrepreneurial à Lac-Mégantic. Des initiatives qui, volens nolens, n’ont pas attendu l’aval de l’administration pour exister.

En accord avec le gouvernement

Une question sur l’austérité a assombri quelque peu la jovialité avec laquelle la principale s’exprimait. Selon Mme Fortier, elle «ne peut pas s’opposer» à la politique de rigueur suivie par le gouvernement libéral, les fonctionnaires étant trop nombreux à ses yeux, et la Province vivant «au-dessus de ses moyens». Mais la principale ne se contente pas d’être en accord avec la politique budgétaire de M. Couillard, elle souhaiterait pour McGill «d’avoir moins d’interférences avec le gouvernement», notamment au niveau des frais de scolarité des étudiants internationaux. Madame Fortier explique insister auprès du gouvernement pour changer le fonctionnement de la redistribution des suppléments forfaitaires payés par les étudiants internationaux. Actuellement, ces suppléments seraient entièrement reversés entre les différentes universités du Québec, ce contre quoi l’administration de McGill voudrait instaurer un plafond, afin de conserver plus de revenus au sein de l’Université.

Quant à l’argent généré par la prochaine hausse des frais de scolarité des étudiants français, Suzanne Fortier explique que trois options sont envisagées pour le redistribuer. Soit il serait partagé entre les universités via un fond d’égalisation, soit il serait entièrement gardé par le trésor québécois, soit il resterait à McGill. Il va sans dire qu’aux yeux de la principale, c’est la dernière option qui semble la plus intéressante, affirmant que l’argent serait reversé au fonds des bourses de l’Université.

Un nouveau Comité de nomination

Après ces quelques annonces, la principale s’est retirée et a laissé la trentaine de représentants étudiants à ses rapports et ses motions. La motion votée à l’unanimité ce soir-là concernait la composition du Comité de nomination — organe essentiel au fonctionnement de l’AÉUM, qui décide aussi bien de la nomination du directeur général de scrutin que de l’attribution des SSMU Awards (récompenses de l’AÉUM, ndlr) —, comité sur lequel siègeront désormais quatre membres de la communauté étudiante et quatre conseillers de l’AÉUM, au lieu de l’ensemble de l’exécutif et trois conseillers. Par ailleurs, la présidence de ce groupe sera assurée par le directeur général. Selon Claire Stewart-Kanigan, la v.-p. aux affaires universitaires, cette nouvelle composition permettra de mieux répartir les pouvoirs et «d’augmenter l’objectivité du Comité».

Une AG en mars

Autre fait remarquable de ce conseil, la présidente Ayukawa mentionne dans son rapport au conseil que l’Assemblée Générale du semestre d’hiver aurait lieu juste après la semaine de relâche, au début du mois de mars, au lieu du 11 février. Ainsi, elle coïncidera avec la période de campagne électorale de l’AÉUM, moment d’émulation pour la vie politique mcgilloise. Cette nouvelle date permettra aussi de donner plus de temps à l’AÉUM pour organiser logistiquement un rendez-vous qui semble déjà attendu par plusieurs groupes étudiants. En effet, Ayukawa explique «qu’il y aura probablement une nouvelle motion très controversée à l’ordre du jour». Le 22 octobre dernier, lors de l’Assemblée Générale, près de 750 personnes s’étaient déplacées au pavillon Shatner alors qu’une motion sur le conflit israélo-palestinien y était en discussion, du jamais vu dans l’histoire récente de l’AÉUM.