Un joueur de football des Redmen arrêté pour violence conjugale
30 septembre 2014
Le joueur purgeait une peine de prison discontinue de quatre-vingt-dix jours pour voies de faits graves.

Un joueur de football des Redmen de McGill, suspendu de l’équipe depuis le 24 septembre, a comparu en cour jeudi dernier après avoir été appréhendé la veille pour vol à main armée, menaces et de voies de faits. Bien que le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) refuse de confirmer l’identité du joueur, plusieurs sources ont rapporté qu’il s’agit de Luis-Andres Guimont-Mota, âgé de 22 ans, un porte-couleur de l’équipe de McGill.

Un agent relationniste permanent de la SPVM, Danny Ricker, a confié au Daily que : « [le 24 septembre] à 11 :45 a.m, un appel au 911 a été reçu pour violence conjugale dans un bloc appartement sur Jeanne-Mance près de Prince-Arthur. Le jeune homme de 22 ans a été arrêté. » Luis-Andres Guimont-Mota a été placé en détention provisoire après l’incident, puis libéré sous caution le 25 septembre. 

Selon Danny Richer, la victime est une jeune de femme de 21 ans à laquelle il a été conseillé d’aller voir un médecin au moment de l’arrestation. Danny Richer a confirmé que les deux individus impliqués dans l’affaire se connaissaient et d’autres sources ont rapporté que la victime est l’épouse de Guimont-Mota.

Selon un article de La Presse publié en février 2013, Guimont-Mota était en train de purger une peine de quatre-vingt-dix jours pour voies de faits graves. Le juge lui avait permis de servir sa peine les dimanches, afin de ne pas interférer avec les matchs du samedi ni avec son entraînement.

Le 24 septembre, le vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante), Olliviers Dyens, a émis un communiqué annonçant que le joueur avait été suspendu de l’équipe en attendant le verdict de la cour : « Le bureau du vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante)  enquêtera sur cette situation. […] En accord avec les valeurs et les politiques de l’Université McGill, les mesures appropriées seront appliquées ».

Dans un communiqué publié le 25 septembre, l’Association des Étudiants de l’Université McGill (AÉUM) a réagit à l’arrestation. « L’AÉUM est perturbée par la nouvelle relatant qu’un joueur de l’équipe de football les Redmen de McGill est accusé en justice pour profération de menaces, vol à main armée et agression liés à un incident de violence domestique »

La réaction de McGill a été beaucoup plus rapide que lors d’évènements récents où des joueurs de football de McGill avaient été impliqués. En juillet 2012, trois joueurs avaient été accusés pour agressions sexuelles – jusqu’en novembre 2013, l’Université n’avait pas reconnu les accusations publiquement, suscitant l’indignation de nombreux membres de la communauté mcgilloise. L’AÉUM a commenté la réaction de l’université :

«La réaction de McGill, qui a décidé de suspendre immédiatement le joueur, témoigne de la volonté de l’université à suspendre la présomption d’innocence dans l’attente que les accusations soient fondées. L’AÉUM voudrait souligner l’échec de l’Université de prendre des initiatives similaires lors de l’accusation de trois joueurs de football pour agression sexuelle l’an dernier.»

L’AÉUM a aussi relevé que l’événement coïncide avec l’élaboration d’une Politique d’Agression Sexuelle pour l’Université. « Cette suspension représente un premier pas pour réduire les dommages causés au sein de la communauté, mais l’AÉUM encourage fortement à agir, d’une façon significative et proactive, dès maintenant.»

Après l’émission du communiqué de l’AÉUM et la médiatisation des accusation à l’encontre de Guimont-Mota, Ollivier Dyens a émis un deuxième communiqué le 26 septembre, promettant une révision des règlements qui régissent la participation aux activités sportives universitaires : « L’Université a connu quelques incidents au cours des dernières années où l’information pertinente concernant certains joueurs de football n’a pas été traitée de manière appropriée. Nous assumons notre responsabilité face à ces erreurs et nous nous engageons à mieux les prévenir à l’avenir. »

Ollivier Dyens a fait savoir au Daily qu’il était encore trop tôt pour donner une échéance exacte à la révision du règlement et pour préciser qui serait impliqué. « Nous commenceront la révision très […] bientôt, parce qu’il le faut. »

Avec les dossiers de Drew Wolfson Bell, traduction par Gwenn Duval