Être «moins cave», devrait-ce être gratuit?
22 septembre 2014
L’Université Populaire de Montréal souligne ses 5 ans.

Le lancement des activités de l’UPop Montréal a pris la forme d’une double célébration, mercredi dernier au Cabaret du Mile End. L’organisme à but non lucratif fêtait sa cinquième année d’existence en plus de lancer officiellement le recueil d’essais Libres d’apprendre dirigé par l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois.

L’UPop Montréal s’inspire du mouvement alternatif des universités populaires en Europe. L’objectif? Offrir à la population un accès libre et gratuit à des contenus d’éducation variés, et ce dans des endroits conviviaux tels des bibliothèques, cafés et musées. Les cours sont donnés par des citoyens bénévoles ayant à cœur le partage du savoir pour tous. L’organisme se donne comme mandat de permettre une meilleure compréhension du monde, de créer un espace de socialisation et de stimuler les échanges. «On veut fabriquer un laser capable de pulvériser le capitalisme», ajoute Étienne Lepage, enseignant en écriture dramatique et membre du conseil d’organisation de l’UPop.

Sous le thème «5 ans à se coucher moins cave», l’UPop a dévoilé les six cours qui seront offerts à la population montréalaise cet automne.  «Marx & Co.» se veut une relecture des écrits du philosophe Karl Marx ou du «vieux barbu», comme le surnomme le professeur Pierre Beaudet, qui assurera les séances. Dans un tout autre registre, les passionnés d’animaux trouveront leur compte avec «Zoopop» dans lequel des intervenants aborderont des questions d’éthique animale.

Pour une éducation gratuite

Dans une table ronde animée par l’animateur radio d’ICI Radio-Canada Première, Jean-Sébastien Girard, Gabriel-Nadeau Dubois a expliqué avoir eu l’idée de Libres d’apprendre en réponse au sommet sur l’enseignement supérieur tenu en février 2013. Il en avait résulté une indexation des droits de scolarité de 3% par an. L’ancien porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) avait alors été déçu, comme plusieurs, du dénouement des discussions. «Le sommet s’est réglé en une journée, ‘’bing-bang’’ on a annexé. On n’a pas parlé de ce dont on aurait dû parler», déplore-t-il en faisant référence au concept de gratuité scolaire, sujet principal de son deuxième livre.

Sous la forme de plaidoyers pour la gratuité, Libres d’apprendre regroupe des textes de 15 collaborateurs, dont notamment  la journaliste au Devoir Francine Pelletier et l’actrice et réalisatrice Micheline Lanctôt. Gabriel Nadeau-Dubois avoue que les discussions auxquelles il a participé au long du processus de création du recueil ont pu, sans changer son opinion sur la gratuité scolaire, altérer son jugement: «Ironiquement, j’ai diminué mes exigences. J’ai réfléchi au fait que le projet de la gratuité ne peut pas tout régler dans les universités et dans les problèmes de l’éducation.» Il pense entre autres à l’enjeu du décrochage scolaire, surtout au niveau secondaire.

Questionné par Jean-Sébastien Girard sur la récente nomination de l’ex-ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport Line Beauchamp (en place lors du Printemps étudiant de 2012) comme représentante du Québec à l’UNESCO, Gabriel Nadeau-Dubois lui a souhaité la meilleure des chances. Il a également soulevé l’idée de faire parvenir son nouveau livre au ministre actuel, Yves Bolduc.

Développer l’esprit critique

Micheline Lanctôt, aussi présente lors du lancement de l’UPop, s’est exprimée au sujet de l’importance de l’esprit critique: «Sans une information de fond, les opinions, ça vaut ce que ça vaut. Ça vaut de la poutine!»  Celle qui joue Élise dans la populaire série télévisée Unité 9 soutient qu’une analyse profonde est la base pour développer l’esprit critique. «Il faut se sensibiliser au fait qu’il n’y a aucune certitude ou vérité absolue dans la vie. Renseignez-vous», conclue-t-elle.