Des nouvelles du PQ
16 septembre 2014 - Image par Frédérique Lefort
Le Parti Québécois divisé à l’approche de la course à la chefferie.

Suite à la défaite électorale d’avril dernier et à la démission de l’ancienne première ministre Pauline Marois, le Parti Québécois (PQ) élira prochainement un nouveau chef. Le parti est cependant divisé quant aux stratégies à adopter, notamment à propos d’un de ses objectifs les plus importants: la souveraineté. Un référendum a-t-il sa place dans la prochaine campagne? Avec seulement 25 % des votes pour le PQ en avril dernier, on peut se demander si c’est vraiment ce à quoi aspirent les Québécois. Ce n’est pas une première dans le genre pour le PQ. Les élections de mars 2007 avaient pris une tournure semblable: le parti avait récolté 28 % des votes, alors enregistré comme le pire résultat depuis les débuts du parti.

La dernière campagne électorale péquiste a été marquée par la Charte des valeurs québécoises, l’adhésion de Pierre-Karl Péladeau au parti et la possibilité d’un référendum. Les déclarations séparatistes de PKP ont laissé croire qu’une victoire majoritaire du gouvernement Marois rimerait avec référendum. Par la suite, les propos de l’ex-première ministre n’ont pas été clairs sur le sujet, ce qui n’a qu’accru les doutes des Québécois, note Éric Bélanger, professeur de sciences politiques à McGill, spécialisé en politique québécoise.

Il y a donc un décalage temporaire entre les aspirations nationales des péquistes et les désirs d’environ 75 % de la population québécoise. Même au sein du Parti Québécois, il y a division sur l’imminence d’un référendum. D’un côté, l’ancien chef du PQ, Lucien Bouchard, prétend que «la souveraineté, c’est pour les calendes grecques». Lors de la dernière campagne, mettre le sujet sur la table n’a qu’entrainé une baisse de votes pour le Parti Québécois. Pour le moment, le Québec doit concentrer ses ressources sur d’autres priorités, telles que l’éducation, la santé, l’économie et les ressources naturelles, dit-il en déplorant le manque de programme économique du Parti Québécois. D’autre part, Jean-François Lisée et Bernard Drainville, députés péquistes, pensent que ressortir la carte du référendum dans la prochaine campagne électorale signifierait dérouler le tapis rouge pour l’arrivée des libéraux. Les sondages sont en effet peu prometteurs pour le grand rêve souverainiste. Selon M. Drainville, il serait plus prudent pour le Parti Québécois d’entrer au pouvoir aux prochaines élections sans mention de référendum, puis, au début de son second mandat, en déclencher un. D’ailleurs, comme il l’avait déjà affirmé dans «Indépendance 2025: un plan sur 10 ans», les Québécois ne veulent plus d’ambiguïté sur la tenue d’un référendum lors d’une prochaine campagne électorale. Les résultats des dernières élections provinciales ont été clairs à ce sujet. La députée péquiste Martine Ouellet croit au contraire que l’intérêt pour un Québec libre est toujours présent. Le découragement de ses collègues péquistes se fonde sur des sondages récents, mais comme elle l’affirme, les sondages ont lieu dans un certain espace-temps et les résultats évoluent en tout temps.

Il semble que la nouvelle génération n’ait pas autant à cœur le projet souverainiste que la précédente. Toutefois, la possibilité d’informer et d’éduquer les jeunes sur le sujet n’est pas exclue et pourrait effectivement changer la donne. Un projet à long terme, qui rayerait le référendum des priorités immédiates. 

Selon les écrits de M. Lisée, la nouvelle priorité sera peut-être l’identité québécoise, l’histoire et la langue française. Tenter de corriger l’effet «corrosif» d’un «pouvoir libéral prolongé» sur le Québec, pour reprendre ses mots.

Le Parti Québécois n’a personne à sa tête depuis le 7 avril dernier. On connaitra son prochain chef en avril 2015. Reste à voir qui sera en mesure de se lancer dans la course.