Entrevues Élections: PLQ-McGill
25 mars 2014 - Image par Cécile Amiot
Entrevue avec Stéphane Stril, président du Parti libéral québécois-McGill (PLQ McGill) et membre de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec.


Dans le cadre de sa couverture des élections provinciales 2014, Le Délit vous offre sa 2série d’entrevues. Entrevue avec Stéphane Stril, président du Parti libéral québécois-McGill (PLQ McGill) et membre de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec. 

Le Délit (LD): Le Parti Québécois (PQ) a annoncé récemment la création du livre blanc de la jeunesse. Quelle est l’opinion du PLQ par rapport à ce livre blanc et que compte faire le PLQ comme initiative touchant les jeunes en général?

Stéphane Stril (SS): Pour le livre blanc, je n’ai pas vraiment de réponses à vous donner, mais pour les jeunes en général, la première chose c’est l’éducation. On ne va pas rentrer dans le débat sur le financement des universités encore une fois, parce que je crois que le financement de l’éducation c’est la clé pour le succès. On est tous d’accord je crois pour dire qu’il y a un sous-financement dans les universités.  L’éducation c’est la meilleure façon de garder les jeunes, de les former pour qu’ils aient un meilleur emploi quand ils quittent l’université; il faut les garder à l’école et éviter le décrochage scolaire. Nous pensons aussi qu’il faut réduire la bureaucratie pour réinvestir dans les services; je crois que c’est des coupes de quelque chose comme 200 millions de dollars, au niveau de l’éducation secondaire. […] Le programme du PLQ, surtout sur le côté social, à mon avis, touche plus les jeunes que celui du PQ, par exemple pour la Charte [des valeurs]. Je pense que la Charte, ce n’est pas un projet qui attire les jeunes, je pense que c’est un programme d’une autre génération. Dans les derniers sondages, on a vu que les jeunes, pour une première fois, du moins depuis que je me souviens, appuient en majorité le PLQ, ce qui est assez surprenant. La commission jeunesse du parti libéral est très forte. On n’a pas aliéné les jeunes.

LD: On a l’impression que depuis le Sommet sur l’éducation de 2013, le débat sur l’éducation est tombé dans l’oubli, qu’il est un peu mort. Qu’est-ce que le PLQ compte faire pour relancer le débat sur l’éducation postsecondaire, sur tous les thèmes qu’on a pu aborder durant le Sommet en deux jours?

SS: Je ne pense pas que le PLQ soit prêt à refaire une hausse des frais de scolarité. Je ne crois pas que ce soit dans les plans du parti pour le moment de relancer le débat.

LD: Et si on s’éloigne des frais de scolarité et qu’on parle de qualité d’éducation, d’accessibilité sous d’autres formes, est-ce que le PLQ compte quand même relancer la discussion, une espèce de réflexion sur l’éducation postsecondaire?

SS: J’espère bien. Honnêtement, je n’ai pas de réponse là-dessus. C’est un sujet dont on n’entend pas du tout parler durant la campagne, qui est vraiment oublié, c’est peut-être aussi une raison pourquoi je n’ai pas de réponses à donner là-dessus.

LD: Cette année il y a le vote sur les campus qui a été instauré. Est-ce que le PLQ pense que c’est une bonne façon d’aller chercher les jeunes, est-ce que ça va encourager les jeunes à aller voter? En complément à cela, quelles seraient les autres façons de motiver les jeunes à ce qu’ils aillent voter?

SS: La loi, quand elle est passée, le Parti libéral avait voté pour, je pense qu’elle a fait totale unanimité à l’Assemblée nationale. Je pense que c’est essentiel que les jeunes puissent aller voter. Le fait que les jeunes puissent voter sur le campus fait en sorte que les jeunes qui sont des régions par exemple puissent voter pour leur région et sans être obligé de revenir chez eux pour le jour du vote. Ensuite il faut que ce soit bien communiqué parce que beaucoup ne savent pas comment ça marche, je crois que beaucoup pensent qu’on peut voter pour la circonscription de l’université alors que non. En fait, tu votes pour la circonscription où tu as ton domicile fixe. Ensuite je pense que tous les jeunes doivent voter, c’est indispensable. À mon avis, il faut aussi faire comprendre aux jeunes l’importance du vote, faire comprendre que tous les votes comptent. Il y a plusieurs circonscriptions qui ont été gagnées ou perdues par des petites marges de 100 votes; ce n’est rien du tout! 100 personnes qui ne se sont pas levées, qui ne sont pas allées voter, et c’est 100 jeunes qui ne sont pas allés voter à mon avis.

LD: Il semble que le PLQ sous Jean Charest avait décidé lors des dernières élections de 2012 ne pas appliquer cette formule de faire voter les jeunes sur les campus. Pourquoi?

SS: Aux dernières élections, c’était un peu trop tôt. Le projet, deux mois avant l’élection, les gens ne voulaient pas le mettre dans les campus alors que ce n’était pas préparé. Sauf qu’ensuite, dès que l’élection était finie, la loi a été votée par tous les partis.

LD: Cette semaine, ça fait la une des journaux, il y a beaucoup d’allophones ou d’anglophones du reste du Canada qui demandent leur droit de vote. McGill est assez concerné par la question, car beaucoup de jeunes peuvent s’inscrire à la liste électorale du Québec car ils y restent depuis au moins six mois. Qu’est-ce que le PLQ pense de cela?

SS: Chaque électeur qui a le droit de vote, et des Ontariens qui ont aussi le droit de vote [car ils sont ici depuis plus de six mois], peuvent voter. Ce n’est pas au PQ de décider de qui a le droit de vote ou pas, c’est le directeur général des élections (DGE), et la loi est claire,  ils ont le droit de vote. Le DGE a précisé qu’il n’y avait pas de faute électorale qui avait été commise et il n’y a pas non plus une si grosse augmentation du nombre d’inscriptions […].

LD: Y a-t-il d’autres associations à McGill, pour le PQ ou d’autres partis provinciaux?

SS: Il y a une association souverainiste à McGill et il y a eu un PQ McGill il y a longtemps. Mais pour l’instant, on est les seuls. Nous on aimerait bien qu’il y en ait d’autres pour faire des débats à McGill. Ce serait intéressant. À l’UdeM il y en a, à Concordia il [n’]y a rien. À l’UQAM il n’y en a pas parce qu’ils n’ont pas le droit de s’associer à un parti politique.