L’espoir africain
17 février 2014 - Image par Romain Hainaut
Une convention, un continent.

Tout au long de la semaine dernière, la Société des étudiants africains de McGill a organisé des ateliers, des panels de discussion, ainsi que des présentations sur une variété de thèmes allant du rôle des femmes à l’importance des systèmes de télécommunications sur le continent africain. Nommé «Africa: Next Generation Convention», cet événement a débuté le lundi 6 février par un panel de discussion autour de la question suivante: «À qui l’Afrique appartient-elle?» Regroupant quatre spécialistes, dont le professeur de sciences politiques à McGill Rex Brynen, ainsi que le consule général d’Egypte Amin Meleika (membre du service diplomatique égyptien depuis 1987), le panel a abordé quatre sujets. D’abord, la position de l’Afrique dans l’ère de la mondialisation, ensuite les relations de l’Afrique avec le reste du monde et la présence étrangère sur le continent africain, puis la question de la stabilité politique mais aussi de la sécurité alimentaire, et, finalement, le rôle des organisations non gouvernementales et leur impact sur la souveraineté nationale des pays africains.

George Frederic Kamituga Kibala-Bauer, ancien vce-président à l’éducation de la Société des étudiants africains de McGill, estime que cette première session n’était pas à la hauteur de ses attentes. Tout d’abord, les intervenants ne maîtrisaient pas assez bien leur sujet. De plus, «ils auraient mieux fait de se concentrer sur l’émergence des relations économiques entre l’Afrique du sud-ouest et l’Amérique latine», commente-t-il. Un thème qui, à ses yeux, est peu mentionné par les médias internationaux malgré son importance majeure pour le futur de ces deux régions du monde. Cependant, George insiste sur le fait que ses déceptions ne sont aucunement dues à l’organisation de la convention qui respecte à merveille les buts assignés par ses promoteurs.

Quel sont les objectifs de cette convention? Pour George et son successeur, Beemnet Alemayehu, «Africa: Next Generation Convention» a pour but d’étendre les sujets abordés par la conférence de l’an dernier tout en assurant une certaine continuité. «Alors que la conférence précédente était une sorte d’expérimentation sociale, centrée sur la diaspora africaine à McGill, le but de cette année est vraiment d’entendre des personnes ayant une expertise et une expérience profondes de l’Afrique afin de confronter notre perspective académique à des situations réelles», dit Beemnet. En effet, le site Internet de la convention articule formellement cet objectif: «‘‘Africa: Next Generation Convention’’ a été créée pour offrir aux étudiants et jeunes professionnels passionnés par le continent africain une plate-forme pour discuter, créer, et découvrir, à travers l’aide de personnes qui ont fait et continuent de faire la différence sur ce continent, des façons de faire avancer l’Afrique.» Cette convention est aussi une passerelle pour la conférence de l’année prochaine. Selon Beemnet, cette troisième convention abordera les responsabilités des Africains par rapport à la politique, l’économie, l’éducation ainsi que l’environnement sur leur propre continent.

Vis à vis de l’organisation de «Africa: Next Generation Convention», les verdicts de George et Beemnet sont similaires. Les deux s’accordent pour dire que cet événement est bien mieux structuré que la convention de l’an passé. «Il est vrai que nous aimerions planifier des conférences avec des intellectuels ayant une renommé mondiale. Cependant, il faut reconnaître qu’il est déjà impressionnant pour des deuxièmes années à l’université d’organiser un tel événement», nuance Beemnet. Il conclut avec optimisme: «c’est un pas de plus dans la bonne direction.»