Sotchi, les jeux de la polémique
21 janvier 2014 - Image par Cécile Amiot
Du 7 au 23 février, c’est dans la petite ville russe de Sotchi, entre la Mer Noire et le massif du Caucase, qu’auront lieu les Jeux olympiques d’hiver.


Avec un budget de plus de 50 milliards de dollars, les Jeux de Sotchi seront les plus coûteux de l’histoire. Pourtant, les Jeux d’hiver engendrent habituellement moins de dépenses que ceux d’été, qui accueillent plus d’athlètes et nécessitent plus d’infrastructures en raison de ses quarante-cinq épreuves contre une quinzaine pour ceux d’hiver.

Toutefois, pour ces épreuves hivernales, les Russes sortent le grand jeu. Deux sites sont en préparation; un premier parc olympique avec un stade, deux palais des glaces, une aréna et un centre de curling. Le second site alpin accueillera entre autres les compétitions de ski alpin, de ski de fond, de luge, de bobsleigh et de skeleton. Les deux sites comprennent bien évidemment un village olympique chacun.

Rien que la construction du stade olympique, avec son dôme de verre qui offre aux spectateurs une vue sur les montagnes, a couté un milliard de dollars. De plus, on rapporte que l’organisation des jeux a requis l’aménagement de 30 000  nouvelles chambres d’hôtel, la rénovation de près de 240 installations, la construction de 1000 kilomètres de routes et de nouvelles lignes de chemin de fer, ainsi que l’adaptation de l’aéroport au trafic aérien international. Le géant russe se met en scène de façon grandiose.

«Cherchez l’erreur!», dénonce Romain Roult, professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, dans un article d’Actualités UQAM: «des médias russes rapportent qu’entre 30 et 50% des fonds publics auraient été détournés.»

En plus du scandale économique, les Organisations non gouvernementales (ONG) comme Amnistie Internationale accusent le manque d’engagement des commanditaires contre les «lois anti-gays», ainsi que «[le non respect du] droit du travail russe, les discriminations et les attaques contre la liberté de la presse», comme l’énumérait Minky Worden de Human Rights Watch dans un communiqué de presse de novembre dernier. Amnistie multiplie ses actions de campagne contre la violation des droits humains en Russie: une pétition à l’attention du président Poutine circule par exemple sur Internet.  À McGill, le club Amnistie Internationale «tiendra des sessions de signature de pétitions durant la période olympique pour profiter de l’attention qui sera portée sur la Russie à ce moment là», comme le signale Clara Wilson, sa Vice-présidente aux finances.

McGill à Sotchi

Sur une autre note, certains athlètes de McGill auront l’opportunité de participer aux Jeux en février au sein de l’équipe féminine de hockey

Parmi nos trois athlètes sélectionnées, Charline Labonté a déjà participé aux Jeux trois fois (à Salt Lake City en 2002, Turin en 2006 et Vancouver en 2010). Catherine Ward a été médaillée d’or à Vancouver, et, pour Mélodie Daoust, c’est une première sélection olympique. «C’est un rêve devenu réalité», a-t-elle déclaré au McGill Athletics Magazine.

Comme le dit Jill Barker, responsable des communications pour McGill Athletics and Recreation, et éditrice de  leur magazine: «on est très fiers, et puis c’est toujours marrant de regarder les Jeux et de reconnaître quelqu’un». En plus des trois athlètes, au moins quatre autres mcgillois partiront à Sotchi, dont l’entraîneur Mike Babcock qui préparera l’équipe olympique canadienne de hockey, et trois administrateurs. «On a le soutien de McGill», affirme Jill Barker. Ils sont optimistes et confiants face aux Jeux.