Études autochtones à McGill
1 octobre 2013 - Image par Alexis de Chaunac
Après plusieurs années d’attente, un programme pourrait voir le jour en 2014.

McGill mettra sur pied un nouveau programme d’ici la rentrée automnale de 2014 portant sur les études autochtones nord-américaines.

Une session informative intitulée «McGill’s Vision: Indigenous Studies Program» s’est tenue le mercredi 25 septembre dans le cadre de la semaine des Premières Nations. Y ont été présentés les résultats d’un forum consultatif qui s’est penché sur la question de la création d’un programme d’études autochtones. Haley Dinel, sénatrice, et Joey Shea, vice-présidente aux affaires universitaires, ont co-présidé cette discussion, accompagnées du professeur Will Straw, directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill.

 

 À quoi ressemblerait ce programme? 

Lors du forum consultatif qui s’est déroulé fin novembre 2012, les participants, en majorité des étudiants mais aussi des membres de faculté et de l’administration, ont été rassemblés dans des groupes de réflexion. Ils ont discuté des différents enjeux et facettes que prendraient le programme une fois mis en place. Comment sera composé le corps enseignant? Quelle terminologie sera utilisée pour définir le programme? Quels défis institutionnels devront être affrontés? Ces questions ne sont pas restées sans réponse, puisque les participants ont proposé de nombreuses idées. Une grande majorité d’entre eux a par exemple soulevé l’importance d’offrir des cours de langue dans des langues des Premières Nations, des Inuits ou des Métis. L’accent a aussi été mis sur le fait que la terminologie choisie devrait refléter la diversité des peuples à travers le Canada, de même que sur l’importance d’avoir une diversité des méthodes d’enseignement, tel que de l’enseignement sur le terrain.

Tous les participants se sont accordés sur l’importance de l’existence d’un tel programme. «On a des programmes d’études à McGill sur toutes sortes de cas, de régions, de cultures: études islamiques, études juives, études québécoises, études canadiennes, mais il n’y a rien sur les peuples ou les cultures autochtones nord-américaines», a rapporté Nicolas Magnien, coordonateur du conseil exécutif de Kanata, un des groupes étudiants impliqués dans les questions autochtones à McGill, dans une entrevue téléphonique avec Le Délit. «D’autre part, ce serait intéressant pour la communauté, l’administration, et même pour la communauté à l’extérieur de McGill, parce que ça représenterait une certaine forme de reconnaissance de la part d’une institution aussi importante que McGill. On a le devoir d’être le plus expressif possible par rapport à ce genre de sujet, d’offrir le plus d’opportunités possibles pour apprendre ce qui s’est passé dans l’histoire de ce pays et savoir quels sont les enjeux aujourd’hui».

 

McGill, une exception

Concordia, l’Université de Toronto (UofT) et l’Université de Colombie-Britannique (UBC) sont quelques universités parmi tant d’autres au Canada qui offrent un programme axé sur les études autochtones. McGill fait donc figure d’anomalie parmi ces institutions réputées du Canada.

Cela fait pourtant depuis début 2000 que l’idée de ce projet circule au sein de la communauté mcgilloise, mais ce n’est réellement que ces dernières années que des efforts conséquents ont été observés. De nombreux étudiants se sont impliqués activement dans le développement de ce programme d’études, notamment certains représentants de l’Association Étudiante de l’Université McGill (AÉUM), de même que des membres de divers groupes mcgillois, tel le «Social Equity and Diversity Education office» (SEDE).

Quant aux délais pour la mise en place du programme, Nicolas Magnien soutient qu’ils ne sont pas dus à un manque de volonté, mais à l’aspect bureaucratique de l’Université: « Je ne peux pas dire que j’ai ressenti une opposition de la part de l’administration. Au contraire, il y a vraiment un engouement, un intérêt pour le sujet à travers toute la communauté.» Par ailleurs, Will Straw admet qu’il faut adapter le projet à cette complexité bureaucratique. «L’objectif final est de créer une majeure, mais pour l’instant on travaille pour créer une mineure: on va y aller à pas de fourmis».