Réouverture du Aquin à l’UQAM
25 janvier 2013
L'UQAM procédera a une “réouverture graduelle" de la zone dans laquelle se situent le café étudiant et des associations étudiantes.

Les gérants du Café Aquin, dans le Pavillon Hubert-Aquin, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ont pu accéder à nouveau à leurs locaux ce lundi 28 février, se conformant ainsi aux termes d’une mise en demeure.

Suite à des «graffitis comportant des propos haineux et intimidants» apposés sur les murs des corridors entourant les locaux de plusieurs associations étudiantes, l’administration de l’UQAM a décidé de fermer l’espace associatif modulaire de la Faculté des sciences humaines et de la Faculté de science politique et de droit situé au deuxième étage du pavillon Hubert-Aquin, le 20 décembre 2012.

Cette fermeture a également interdit l’accès au café Aquin, au Comité de soutien aux parents étudiants et à l’Association des étudiants handicapés.

Les employés du café ont été avertis moins de 24 heures avant l’arrivée des ouvriers et la fermeture de leur lieu de travail. Le 24 janvier, le conseil d’administration du Café Aquin sommait l’UQAM de se «conformer au plus tard le 28 janvier 2013» à la réouverture du Café Aquin en procédant au «retrait du mur temporaire érigé à l’intérieur du café», à la réouverture des «espaces associatifs adjacents» et à l’indemnisation «pour les préjudices subis et occasionnés directement par l’UQAM» totalisant 12 255 dollars.

Lundi le 28 janvier, les murets délimitant la zone de chantier ont été ouverts pour donner accès aux aires de circulation.

Deux motions remplissant toutes les conditions de la mise en demeure ont été adoptées à l’unanimité ce matin lors d’une réunion du Comité à la vie étudiante (CVE), sous-comité consultatif qui présente ses recommandations au CA de l’UQAM.

 

Café étudiant Aquin

La première motion adoptée ce matin par le CVE demande la «réouverture inconditionnelle du Café Aquin» et une «une indemnisation des employés et gestionnaires» par le Conseil d’administration.

Le local du Café Aquin fait partie du protocole d’entente entre l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM (AFESH) et l’Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED) et est gérée par un conseil d’administration indépendant, qui se définit comme une «organisation autogérée».

Depuis la fermeture du café, le Conseil d’administration de l’organisation a déclaré subir des «pertes monétaires de 3 300 dollars par semaine, dont des pertes salariales de 2 450 dollars». En date du 28 janvier 2013, les dommages représenteraient un montant de 12 255 dollars.

L’équipe de travail du café étudiant est constituée de 15 personnes. Selon les administrateurs du café, ces emplois constituent pour la plupart «la première source de revenu de ses travailleurs».

Les relations médias de l’UQAM affirment que le Café Aquin sera «rouvert intégralement au courant de la semaine» malgré la poursuite des travaux.

Le CVE, remplissant un rôle exclusivement consultatif, la motion d’indemnisation doit toujours passer par le CA, en charge de gérer le budget universitaire, afin d’y être ratifiée. Gaspar Lépine, employé du café, en entrevue avec Le Délit, affirme que suite à une  rencontre avec l’administration cette dernière semble «fermée à l’idée d’indemniser» les employés.

La zone de chantier ouverte depuis lundi, Gaspar Lépine précise que le café devrait être en mesure d’offrir ses services à partir d’aujourd’hui, une fois que les commandes seront arrivées.

Associations étudiantes

La deuxième motion adoptée lors de la réunion du CVE demande «la réouverture au plus tard au 31 janvier 2013 des locaux étudiants et des aires de circulation» et que «toute planification de travaux impliquant la fermeture de locaux ou de sections de l’université fasse l’objet d’une consultation» et requière l’approbation des parties concernées.

Les locaux des associations et groupes étudiants situés dans cette zone sont accessibles depuis mardi avec les clés utilisées par les usagers réguliers.

Le coût des travaux en cours sont inconnus mais devrait être entre 35 000 et 60 000 dollars. L’AFESH, tenue «responsable de ces actes de vandalisme», devait s’acquitter de «tous les coûts des travaux de remise en état des lieux» selon une lettre qui leur était adressée par la direction de l’UQAM.

La responsable médias de l’UQAM, Jennifer Desrochers, affirme qu’aucun changement n’a été fait de ce côté-là pour le moment, bien que la situation puisse «évoluer».«[Cette décision] est maintenue» conclut-elle en entrevue avec Le Délit.

Une lettre signée par plusieurs groupes et syndicats demande à la direction de l’UQAM de retirer la facture faite aux associations étudiantes pour des «travaux entrepris sans concertations par l’administration et pour lesquelles elles ne sont pas solliciteuses.»

«L’AFESH ne peut être retenue responsable du vandalisme commis.» René Delvaux affirme qu’il ne pense pas que l’administration enverra de facture sachant que «l’AFESH ne paiera pas cette facture» et que les recours légaux qui risquent d’être entrepris leur coûteront plus cher que les travaux eux-mêmes.

Tout devrait revenir à la normale le vendredi 1er février lorsque «les murets délimitant la zone de chantier seront démontés et retirés définitivement» conclut-elle.