La guerre en Syrie se poursuit
15 janvier 2013
60 000 morts, 500 000 réfugiés

L’année 2013 a débuté sans vrai signe d’espoir pour les Syriens qui continuent de vivre leur quotidien au son d’hélicoptères et de coups de mitraillette.  Alors que la guerre civile qui oppose le gouvernement de Bashar al-Asad aux forces rebelles entame son 19e mois, l’année 2013 a débuté sans vrai signe d’espoir pour les Syriens qui continuent de vivre leur quotidien au son des hélicoptères et des coups de mitraillette.

La télévision de CBC estime que le nombre de morts a dépassé 60 000, et que le nombre de réfugiés approche les 500 000 dans le pays du Moyen-Orient. Ces migrations causent de sérieuses tensions diplomatiques entre la Syrie et ses voisins, notamment le Liban et la Turquie.

Une opposition officielle?

Bien que la communauté internationale ait reconnu le Conseil National Syrien (CNS) en tant qu’opposition officielle, elle avait toutefois refusé de lui accorder de l’aide financière ou militaire. Après l’échec du CNS  dans sa tentative de rassembler les factions de l’opposition, la Coalition Nationale des forces de l’opposition et de la Révolution (CN) a été crée en Novembre 2012. Celle-ci rassemble le CNS et les Comités Locaux de Coordination qui dirigent l’opposition sur le terrain. Établie au Caire, elle est dirigée par l’ancien imam Moaz al-Khatib. À son tour, la CN fut reconnue en tant qu’opposition officielle par la communauté internationale. Toutefois, selon le professeur de l’Université McGill et spécialiste en affaires du Moyen-Orient Rex Brynen, la nouvelle organisation «n’a pas, à ce jour, eu plus de succès que l’ancien CNS lorsqu’il s’agit de créer une seule opposition cohérente».

Une teinte islamiste qui déplaît à l’Occident

Malgré les demandes de la CN de soutien financier et militaire, les pays occidentaux hésitent à s’engager officiellement à cet égard. Certains soulèvent la possibilité qu’une provision d’armes militaires pourrait bénéficier aux forces islamistes extrémistes.

L’organisation extrémiste Jabha al-Nusra, reconnue pour  entretenir des liens avec Al-Qaïda, s’est déclarée à l’origine de plusieurs attaques suicidaires contre des cibles gouvernementales. Rex Brynen affirme que ce groupe est un des plus radicaux du mouvement Islamiste et que son influence en Syrie est considérable. Or, M. Brynen affirme qu’«un gouvernement islamiste est une possibilité, mais il ne serait certainement pas aussi extrême que Jabha al-Nusra». Bien que M. Brynen admette la possibilité de porter au pouvoir un gouvernement islamiste suite à la chute du régime, il affirme qu’un tel gouvernement ne serait «certainement pas aussi extrême que Jabha al-Nusra». Dans une vidéo diffusée sur Internet en Novembre dernier, un combattant qui dit représenter 14 groupes militants islamistes, déclare son opposition à la CN, sous prétexte que l’organisation recèle une influence occidentale; et affirme leur détermination à créer un état islamique.

 Les rebelles gagnent du terrain

«La guerre civile ne peut prendre fin qu’avec le départ d’Asad», affirme M. Brynen dans un courriel au Délit. Hors, cette issue semble encore loin, alors que le 6 janvier dernier, le président Bashar Al-Asad a réaffirmé sont désir de rester au pouvoir. Il continue d’attribuer le conflit à des forces terroristes conspiratrices ayant infiltré le pays qu’il suffit d’éliminer pour rétablir la paix. Le controversé président a proposé un plan selon lequel il superviserait une conférence de réconciliation nationale, une élection fédérale, et un nouveau gouvernement. Bachar Al-Asad refuse cependant de dialoguer avec l’opposition armée.

Entre temps, les forces d’opposition continuent leur avancée sur le terrain. Le 24 décembre 2012, les rebelles ont pris une base aérienne dans la province d’Alep où ils ont déjà pris contrôle de trois autres bases militaires importantes au cours des mois précédents. Ils ont également assiégé l’aéroport international d’Alep.

«Il n’y a aucun doute que l’opposition est en train de gagner la guerre», écrit M. Brynen. «Je pense qu’il y a une probabilité de 50% que le régime chute dans les six prochains mois. Mais ça pourrait aussi prendre beaucoup plus longtemps.»