Casse-Noisette, ballet féérique
15 janvier 2013 - Image par Fernand Nault
Un grand classique non revisité.

Lorsque les premiers flocons de neige viennent à tomber et que le mois de décembre vient de commencer, la grande valse des réjouissances de Noël est lancée. L’une des plus oniriques est sans doute le ballet Casse-Noisette. Inspiré du conte d’Ernst Hoffmann Casse-Noisette et le Roi des rats, sur une musique de Pyotr Tchaïkovski et une chorégraphie originale du français Marius Petipa, ce ballet familial enchante petits et grands. Fernando Nault, qui adapta cette pièce pour les Grands Ballets Canadiens de Montréal, explique ainsi l’engouement général pour Casse Noisette: «La fusion du réalisme et du fantastique provoque chez les petits comme chez les grands un plaisir fou et grandissant depuis maintenant plus de cent ans». Et effectivement, Casse-Noisette remplit la Salle Wilfrid-Pelletier chaque année à la période de Noël depuis 1964.

Un conte de Noël
Ce conte féérique met en scène Clara, qui à la veille de Noël reçoit de la part de son parrain, un docteur un peu magicien, un casse-noisette (le mécanisme est déguisé dans une poupée à l’effigie d’un soldat), et de la part de ses grands-parents, une paire de souliers magiques. Ces deux cadeaux exceptionnels lui feront vivre une soirée inoubliable. Pendant la nuit, alors que l’enfant s’est endormie, son casse-noisette entre les bras, Clara est assaillie par une armée de rats. Le docteur enchanteur donne alors vie à Casse-Noisette, qui sort vainqueur d’un féroce combat contre le Roi des Rats, grâce à l’intervention héroïque de sa belle. Effectivement, la fillette lance sur le monstre l’un de ses souliers ensorcelés qui anéantit le souverain. Clara et son Prince s’envolent alors pour le Royaume des Friandises, empli de Fée Dragée, d’Anges bonbon-mousse et autres Bergers en Massepain.

Les raisons d’un enchantement
Si ce ballet enchante les générations, c’est probablement parce qu’il met en scène des danseurs de tous âges, les benjamins ayant tout juste sept ans. Les enfants sont omniprésents, tour à tour farceurs, espiègles ou malicieux. Chacun de leurs pas chassés est empreint d’une technicité ahurissante pour des danseurs si jeunes, menés par une Clara à la grâce époustouflante. Les enfants ne sont pourtant pas les seuls personnages attachants, la Reine des Neiges d’une beauté glaciale entourée de ses Flocons de neige, le Roi du Pays des Bonbons aux allures de clown bienheureux et ses pitreries incessantes, ou encore les Gouttes de Rosée confèrent à ce ballet de Noël son atmosphère magique.
Ce spectacle, pensé pour les enfants, offre aux plus petits la possibilité d’écouter avant chaque représentation, le Casse-Noisette et le Roi des Rats d’Hoffmann, lu par le comédien Jacques Piperni. À cette occasion, un enfant est tiré au sort, et devient pour deux heures la Souris du Jour. Cet enfant a la chance de rejoindre sur scène le Régiment des Rats au cours du premier acte.
Le succès de ce Casse-Noisette réside également dans la beauté des costumes et des décors. Avec des robes à paniers en tutus couleur du temps, des tuniques indiennes en tenues de matriochka, François Barbeau, le concepteur des costumes, offre un véritable défilé de vêtements aux coloris à la fois tendres et chamarrés. Les décors, imaginés par Peter Horne, transportent le spectateur qui, sans même s’en rendre compte, voit se succéder l’intérieur d’une maison cossue, le Pays des Neiges et le Royaume des Friandises.
Enfin, l’orchestre exécute avec brio les partitions de Tchaïkovski, égrenant pour notre plus grand plaisir les notes connues de tous. Dirigé par Earl Stafford, chef d’orchestre invité pour l’occasion, l’Orchestre des Grands Ballets Canadiens de Montréal nous fait ainsi croire le temps d’une soirée à notre potentiel mélomane. Si vous l’avez manqué cette année, rattrapez-vous l’année prochaine!