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Un code de conduite étudiant dénoncé par les étudiants

Un élève de McGill en cour contre le nouveau Code de Conduite de l’Étudiant

Alors que le Code de conduite de l’étudiant de l’Université McGill s’apprête à être révisé, les modifications qui y seront apportées continuent à faire couler de l’encre. Un étudiant de l’université, Eli Freedman, a décidé d’aller jeter sa colère sur papier en déposant un grief contre ce Code de conduite en voie d’être modifié.

Eli Freedman était présent lors de la manifestation du 10 novembre 2011 en marge de l’occupation du bâtiment James. « C’était un jour dramatique pour plusieurs étudiants alors que la police est intervenue lors d’une manifestation pacifique », explique-t-il. Après une manifestation ayant eu lieu dans la ville de Montréal contre la hausse des frais de scolarité annoncée par l’ancien gouvernement Charest, certains étudiants ont occupé le pavillon James, qui héberge l’administration de l’université. Certains d’entre eux sont entrés dans le bureau de la directrice de l’université, Heather Munroe-Blum, qui était alors absente. Les policiers de l’escouade anti-émeute sont ensuite intervenus et un protocole provisoire sur les manifestations et l’occupation de l’université a été adopté.

Pour faire la lumière sur les événements et changer la manière d’intervenir de l’université lors de ce type de situation, la principale Monroe-Blum a confié l’affaire au professeur Christopher Manfredi. L’enseignant a émis un rapport en octobre dernier après avoir assisté à la tenue de quatre assemblées publiques sur la liberté d’expression. Dans son rapport, Christopher Manfredi a, entre autres, conclu qu’une révision du Code de conduite de l’étudiant était nécessaire.

Pour Eli Freedman, ce changement représente une atteinte à la liberté d’expression et à certains droits de l’Homme. Il croit aussi que la modification aura un effet intimidateur et que, s’il est adopté, il jettera un froid sur les futures manifestations publiques d’étudiants. « Avec ces modifications du Code de conduite, les étudiants vont certainement être moins enclins à manifester, car les conséquences seront plus grave », déplore M. Freedman. Pour lui, le protocole adopté après le 10 novembre 2011 est un symbole de la vision de l’université des manifestations publiques, qui, selon lui, sont perçues comme une menace : « Les manifestants se sentent comme des terroristes sur leur propre campus », dit-il.

L’étudiant qui termine son baccalauréat en philosophie a suivi les étapes du protocole et lu le rapport Manfredi pour enfin décider la semaine dernière d’aller de l’avant et d’envoyer un grief contre la modification de la loi au Sénat, prévue à la fin du mois de janvier. « Je sens que plusieurs personnes me [soutiennent]. Or, j’ai entrepris moi-même les démarches », a t‑il affirmé au Délit, admettant avoir reçu certains conseils juridiques gratuits de certains avocats. Eli Freedman a donc mis ses intentions sur papier, avec l’aide de certains professeurs et espère avoir un impact sur l’administration, même s’il est très pessimiste à ce propos. Il participera également à une manifestation contre la modification du Code de l’étudiant de l’université qui aura lieu le 31 janvier prochain au Sénat.


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