25 novembre 2014

25 novembre 2014

Actualités | 13 novembre 2012
Les États-Unis divisés
Retour sur les élections américaines de 2012.
Rédigé par | Image par by Lindsay P. Cameron

Durant les mois précédent le 6 novembre 2012, les nombreux sondages publiés n’ont donné d’avance déterminante à aucun des deux candidats à la course à la présidence américaine. Le suspense entourant le résultat de la présidentielle s’est maintenu jusqu’au comptage des votes lors de la soirée électorale, les résultats de l’état de l’Ohio ayant été décisifs pour la victoire du président sortant, Barack Obama.

Les états clés, dont l’Ohio, ont reçu la majorité de l’attention des campagnes respectives, puisque en théorie ce sont ces États qui, à chaque élection, peuvent faire basculer la Maison Blanche d’un camp à l’autre. Ils représentent en quelque sorte un microcosme des tendances électorales au niveau national; ce sont les électeurs indécis qui, avec leur vote, font vaciller ces états du bleu au rouge et vice versa, produisant par conséquent un résultat toujours très serré, à quelques milliers de votes près dans certains cas. C’est pourquoi à chaque élection, les candidats à la présidentielle se plient en quatre dans le but de convaincre ces électeurs potentiels qu’ils ont, avec leur bulletin de vote entre les mains, le pouvoir de faire renverser le résultat final.

Le Délit a demandé à des électeurs à la sortie des bureaux de vote dans l’État de Virginie, un autre état clé, pour quel candidat ils ont voté. Les réponses reçues représentent la bipolarité de la vie politique américaine, avec un nombre de supporteurs de Mitt Romney quasi égal à celui des supporteurs du président sortant. Les personnes interrogées ont exprimé avec conviction les raisons derrière leur choix. L’état de l’économie est l’un des facteurs les plus cités, reflétant là aussi un des enjeux clés de l’élection et des Américains en ce temps de crise. Cependant cette préoccupation commune ne semble pas réconcilier la population des États-Unis; au contraire, elle tend à diviser les Américains quant au choix des solutions à mettre en place pour résoudre la crise.

Bien que la victoire d’Obama en Virginie, de même que dans la plupart des autres «swing states», lui a permis de remporter la majorité des Grands Électeurs au niveau national, elle ne lui concède qu’une marge très mince en terme de pourcentage de vote. Le président réélu a pour mandat de représenter les 48.66% des électeurs de Virginie qui ne l’ont pas plébiscité, et il en va de même pour les 47.9% de la population américaine qui n’ont pas, eux non plus, été convaincus par sa campagne de réélection. C’est un défi de taille pour le président sortant, celui de diriger un pays profondément divisé, à la tête d’un parti minoritaire à la Chambre des Représentants au cœur d’une dépression économique.

Le choix du nouveau président américain n’a pas été la seule décision prise par la population à travers leur bulletin de vote. En effet, de nombreux référendums ont aussi été tenus ce même jour d’élection. La légalisation du cannabis à fins récréatives a été approuvée au Colorado, alors que le Maryland, le Maine et l’État de Washington ont légalisé le mariage homosexuel.

Comment le résultat de cette élection est-il perçu au nord de la frontière, à McGill, au sein d’un campus soutenant en grande majorité le vainqueur de la présidentielle?

Selon Marie, étudiante en sociologie: «L’inclusion des minorités est cruciale pour la paix aux États-Unis, une société qui est particulièrement diversifiée ethniquement. À mon avis, Obama est LE candidat qui portera une attention particulière à la représentation juste de tous et encouragera la non-discrimination». Cet enthousiasme est partagé par Thibault, citoyen américain étudiant à McGill en sciences cognitives: «Je suis content du résultat, en espérant qu’Obama pourra sortir les États-Unis de la crise». Nicholas, étudiant en histoire, est quant à lui sceptique par rapport aux grands espoirs placés sur Obama vu la conjoncture actuelle, mais voit quand même sa réélection d’un bon œil: «Au moins, maintenant, il pourra se concentrer sur son programme au lieu de penser à se faire réélire».