Les macs et le printemps érable
2 octobre 2012 - Image par Romain Hainault
De l’incompatibilité du carré rouge et du F bleu.

J’ai passé la dernière session d’hiver au pays des scones, de la reine, et … de la pluie! Depuis mon retour d’Angleterre à McGill, j’ai vécu un choc. Eh non, il n’a pas été causé par l’omniprésence des bottes de pluie Hunter, des leggings ou des lunettes hipster, mais bien par l’invasion des indésirables Macs dans les salles de cours! Les utilisateurs PC ne sont plus que marginaux. Les Macs ont toujours été assez présents, mais je le réalise encore plus en comparaison avec mon expérience à l’étranger. À l’Université de Nottingham, nous étions entre trente et soixante élèves par classe et la grande majorité prenait des notes à la main. Il était tellement peu fréquent de voir quelqu’un prendre des notes à l’ordinateur que je ne pourrais même pas dire s’il y avait accès à Internet dans les salles de classe. À McGill, c’est la situation inverse. Dans mes classes, jusqu’à deux fois plus nombreuses, je peux compter avec les doigts de mes deux mains les gens qui ne prennent pas leurs notes sur un Mac. Chaque jour, je suis impressionnée de voir à quel point les ordinateurs servent à presque tout sauf prendre des notes: Facebook, Twitter, Skype, jeux en ligne et j’en passe! J’ai l’impression des fois d’être la seule à écouter en classe, et ce, quand je ne suis pas distraite à regarder les photos des gens autour de moi.

En deux ans et demi d’études universitaires, je n’étais jamais allée sur Internet pendant un cours. Pour vous prouver que je ne suis pas totalement technophobe, j’ai dernièrement fait l’acquisition d’un téléphone Android, mon premier téléphone cellulaire, je dois l’avouer! J’ai donc tenté l’expérience d’aller naviguer sur le web lorsque j’étais en cours. Résultat: je n’étais pas vraiment attentive… pour ne pas dire pas du tout. Je n’ai même pas parlé du «textage» qui est tout aussi omniprésent. Dans mon cas, dès que je réponds à un message texte, je ne peux rien faire d’autre en même temps. Les étudiants seraient-ils donc très doués pour le multi-task?

Je vous fais part de tout cela, car depuis mon retour, ce phénomène me fait repenser à la lutte étudiante dont on vient à peine de sortir. À mon avis, qu’on ait été d’un côté ou de l’autre du conflit, le point central du débat venait de la profonde volonté d’étudier à l’université. Il y a de cela peu de temps, il y avait des milliers de jeunes dans les rues qui manifestaient pour, entre autres, avoir accès aux études supérieures. En contrepartie, d’autres voulaient pouvoir accéder à leur cours. Peut-être me direz-vous que vous trouvez le lien entre l’utilisation d’Internet et des cellulaires en classe et la crise étudiante difficile à établir. Le voici: je trouve contradictoire et préoccupant qu’on puisse accorder tant d’importance à l’éducation universitaire et en même temps accorder si peu d’attention en classe. Le conflit étudiant me fait réfléchir à l’importance que l’on accorde à la qualité de ce qu’on apprend en cours.

Peut-être est-ce parce que les profs mettent du matériel en ligne, il semble moins important d’être attentif tout le long du cours. Mais peut-être qu’il faudrait surtout remettre en question la pertinence du Wifi accessible dans les salles de cours. Chose certaine, en plus d’être un manque de respect pour le prof et une nuisance pour les études, il est très difficile de se concentrer quand on peut voir tout ce qui se passe sur les ordinateurs de tout le monde pendant un cours.. Étant donné que nous payons pour étudier et que nous prenions plusieurs années de notre vie à le faire, ne devrions-nous pas tenter de tirer un maximum de notre expérience universitaire? Alors, si vous avez votre éducation à cœur, allez-vous y réfléchir la prochaine fois avant d’aller sur Facebook en classe?