Un plan pour l’élaboration de politiques durables
18 septembre 2012 - Image par Lindsay P. Cameron
Est-il possible de réconcilier innovation scientifique et volonté politique?

Le vendredi 14 septembre, étudiants, professeurs, chercheurs, industriels et leaders gouvernementaux du Québec se sont réunis à McGill à l’occasion du «Dialogue Science et Politique». Cet événement, organisé pour une troisième fois cette année, a pour objectif «l’échange d’idées sur les enjeux politiques et scientifiques qui affectent le Québec».

Un des thèmes abordés portait sur les politiques de développement durable.

Le secteur des technologies vertes et durables est en plein essor. Un des principaux défis d’aujourd’hui est d’établir de bonnes politiques pour promouvoir ces nouvelles technologies. Michel Lachance (directeur de Bioproduits industriels et technologies vertes, Centre Québécois de Valorisation des Biotechnologies), Roger Gaudreault (directeur corporatif, Développement scientifique et innovation, Cascades Canada) et Velma McColl (directrice, Earnscliffe Strategy Group) animaient vendredi un débat sur la question.

Les intervenants identifient quatre principaux éléments qui compliquent la mise sur le marché des innovations écologiques: la réglementation, l’entrepreneur, l’acheteur et le consommateur. La réglementation doit être revue et élargie. Aujourd’hui, «ça peut prendre des années au gouvernement à définir la bonne réglementation», a souligné Roger Gaudreault. Il est aussi important d’avoir de bons entrepreneurs: «des spécialistes et pas simplement des industriels qui ont un MBA», comme l’a souligné Michel Lachance. L’acheteur doit lui, être bien informé. Enfin le public doit être éduqué. Les consommateurs entendent trop souvent parler de «technologies vertes» ou produits «bio» et trop peu d’entre eux savent réellement ce que comprennent ces catégories. Un sentiment de méfiance se développe alors et les produits perdent de leur crédibilité.

En bref, pour Velma McColl, la promotion de nouvelles technologies durables doit se faire dans «un écosystème fort d’universitaires et d’hommes d’affaires» (traduction de l’anglais). Il faut «amener les gens à se parler et à travailler ensemble dans un but commun». Pour Michel Lachance la coordination est essentielle: «quand on est obligé de faire affaire avec quatre ministères qui ont des visions différentes, on perd du temps». «Il est important de [développer des systèmes de partenariats], et d’aider les entrepreneurs à améliorer les possibilités de collaboration et d’alliances». Une bonne politique devrait pouvoir faciliter tous ces éléments, et permettre avant tout de gagner du temps.
Quel rôle le gouvernement doit-il jouer? «Le système gouvernemental est vieux et dépassé», croit Velma McColl. Le système doit être amélioré et surtout d’autres acteurs doivent intervenir. Pour Roger Gaudreault, le gouvernement doit «aider, mais il ne doit pas être le principal acteur». En fait, selon Michel Lachance, l’État a un «devoir d’exemplarité»: il doit montrer l’exemple en encourageant l’innovation dans le secteur du développement durable.

Aujourd’hui, «les technologies durables émergent en tant que secteur économique fort», a souligné Velma McColl. Elles représentent le futur et ont un «énorme potentiel». Il n’est plus uniquement honorable d’investir dans le secteur des technologies vertes et durables, mais c’est désormais un secteur rentable. Le crédit d’impôt et les prix de mérite peuvent de plus motiver les investisseurs. Il serait dommage de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout de projets de développement durables simplement parce que le cadre politique ne le permet pas.

Ces thématiques sont connues; rien de réellement nouveau n’a été soulevé à cette conférence sur le développement durable. Néanmoins cet événement a permis d’identifier et de synthétiser les principaux défis à surmonter dans ce secteur au cours des prochaines années, et a amené des individus aux horizons différents à réfléchir ensemble sur des questions qui nous concernent tous.