Tradition 2.0
18 septembre 2012
Drôle d’époque que celle dans laquelle nous vivons, perdue entre un passé tombant dans l’oubli et un futur incertain, mais plein de promesses incroyables.

Notre génération, la «génération Y», fille de l’électronique et de l’héritage de 1968, se trouve dans la position inconfortable de toutes les générations coincées entre deux siècles, deux époques. On se rappellera du mal-être de Châteaubriand et des autres écrivains, nés au moment de la Révolution française et qui se sont retrouvés écrasés entre deux époques que tout oppose, ne trouvant leur place ni dans l’une, ni dans l’autre.
Nous, jeunes hommes et jeunes femmes nés de parents ayant, pour la plupart, connu mai 68, nous retrouvons pris dans une époque confuse dont les repères ont été inversés, où «du passé a été fait table rase», où les flux migratoires n’ont jamais été aussi élevés et aussi normalisés, où les identités ont été digérées par la machine globale.

Nous sommes la génération des «citoyens du monde» rêvés par les baby-boomers et c’est loin d’être le paradis qu’ils avaient prophétisé. A l’époque du McDonald et du kebab omniprésent, à l’époque des grands magasins et du made in China, à l’époque des OGM et de la crise pétrolière, beaucoup d’entre nous se battent pour retrouver un sentiment d’appartenance, pour revenir à l’essentiel, à la tradition.

Mais notre génération, c’est aussi la génération Internet, la génération des ordinateurs de plus en plus performants, des smart phones, de la fibre optique, des nouveaux moyens de communication et des progrès scientifique, la génération du futur en soi. Nous avons vu apparaître ces innovations, nous avons grandi avec, nous les connaissons et elles doivent devenir nos armes pour combattre le monde périmé des baby-boomers.

Ce qui incarnait notre malaise doit devenir notre force, et notre place entre le vieux monde et le futur doit se sublimer dans une symbiose entre tradition et futurisme. Au tournant du siècle dernier, dans les années 1920, une génération de jeunes artistes désabusés par la guerre ont embrassé le futur pour rompre avec la stagnation malsaine de leur époque, et on transcendé le domaine de l’Art pour rentrer dans l’universel, dans le métapolitique.

Nous devons être les futuristes du XXIème siècle, nous devons profiter des technologies à notre disposition pour rompre avec l’héritage des baby-boomers et nous ré-enraciner dans une tradition qui, pour Dominique Venner, «n’est pas le passé», mais «ce qui ne passe pas». Ce caractère essentiel de la tradition, chacun doit le retrouver et le célébrer pour le jeter, par tous les moyens à sa disposition, à la face d’un monde périmé qui avait tout fait pour l’enterrer. Le futur doit devenir vecteur de tradition, il faut renouer et s’ancrer dans un certain archaïsme pour pouvoir espérer naviguer les possibilités infinies du futur sans dériver sans but.

Un arbre ne peut pas pousser sans racine ni sans soleil, un bateau ne peut pas naviguer sans quille ni sans vent, un homme ne peut pas vivre sans tradition ni sans futur. Alors, tous à vos ordinateurs! Tous à vos livres! Tous à vos musées et à votre Histoire! Tous à vos falaises, vos montagnes, vos lacs et vos forêts! Ils ont été la «génération 68» nous seront la «génération archéofuturiste»!